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L'univers des galaxies

Trois galaxies elliptiques, M87 alias Virgo A de l'amas de la Vierge avec en-dessous à sa droite NGC 4478 qui présente une subtile structure interne et NGC 4476. Document Robert Gendler.

La formation des galaxies elliptiques (VII)

Les deux processus de stripping (balayage du gaz par les vents stellaire et intra-amas) n'affectent que le gaz des galaxies et ne perturbent pas les étoiles tandis que les interactions gravitationnelles violentes perturbent la masse d'une galaxie, et donc y compris ses étoiles et leur taux de formation, ce qui explique la transformation morphologique radicale que connaissent certaines galaxies en interactions à l'image de celles présentées ci-dessous à différents stades du processus de fusion.

Mais une analyse détaillée de différents types de galaxies d'amas montre que les spirales sont plus affectées par le processus de stripping que les elliptiques et qu'en passant près du centre des amas, les gaz et même les étoiles sont littéralement arrachés des galaxies comme nous venons de l'expliquer.

Du fait que l'univers observable contient une plus grande proportion de galaxies spirales que d'elliptiques (77 % contre ~20 % selon le SDSS), on pourrait penser que le processus de balayage du gaz interstellaire a moins d'effet que l'interaction gravitationnelle entre galaxies. Pour appuyer cette idée, on constate que de grandes galaxies contiennent plusieurs noyaux ou d'innombrables étoiles bleues dans leurs bras ou dans leur anneau extérieur, signes évidents qu'elles ont cannibalisé de plus petites galaxies (fusion mineure).

Bien que l'hypothèse du mergeur décrite page précédente explique assez bien les propriétés qualitatives des galaxies elliptiques, certains détails ne peuvent s'expliquer par cette seule théorie. Ainsi, la densité spatiale du bulbe des galaxies spirales est inférieure à celle des elliptiques. Sachant qu'une relaxe violente préserve la densité spatiale, les résidus des galaxies ayant fusionnées présentent une densité trop faible pour expliquer la densité des galaxies elliptiques. De plus, le nombre d'amas globulaires par unité de luminosité est supérieur pour les elliptiques que pour les spirales. Enfin, en raison des vitesses relatives élevées des galaxies au sein des amas, les mergeurs devraient être moins nombreux dans ces environnements alors que ce sont les régions où le pourcentage de galaxies elliptiques est le plus élevé.

A lire: Dynamique du gaz et formation stellaire

dans les galaxies elliptiques et les galaxies à haut redshift

par Lauriane Delaye, Obs.Paris, 2009

Comment dès lors expliquer qu'une fusion puisse aboutir à la formation d'une galaxie elliptique ? Des experts en simulations numériques se sont penchés sur ce problème. On constate que si effectivement la densité spatiale stellaire est préservée durant la fusion, cette contrainte ne s'applique pas au gaz interstellaire. En effet, le gaz peut dissiper l'énergie, créant des courants vers le coeur de la galaxie. Les étoiles qui seraient créées durant ce processus peuvent augmenter localement la densité stellaire et en théorie produire un noyaux elliptique. Les interactions induites par ces étoiles en formation peuvent également générer un nombre d'amas globulaires différent dans les spirales et les elliptiques.

Les observations faites grâce aux télescopes spatiaux indiquent que les galaxies en collisions peuvent générer un grand nombre d'amas stellaires, jeunes et compacts. Si ces amas peuvent survivrent à l'environnement chaotique des chocs de marées et à la perte de masse, ils pourraient devenir les germes des vieux amas globulaires qu'on observe dans le halo des galaxies elliptiques.

Au-dessus du centre, la radiogalaxie 4C 73.08 située dans le Dragon. Il s'agit d'une galaxie elliptique géante. Document NASA/ESA/STScI.

Finalement, le problème de la vitesse élevée des galaxies au sein des amas peut être résolu en tenant compte de l'évolution hiérachique des stuctures. Ainsi, les amas de galaxies sont les derniers objets à se former; d'abord les galaxies se forment et se rassemblent dans de petits groupes qui fusionnent ensemble pour former un plus grand amas de galaxie. Les mergeurs qui ont donné naissance aux elliptiques qu'on retrouve au coeur des amas de galaxies étaient probablement réunies bien plus tôt en petits groupes (avec de faibles vitesses de dipersions), avant que l'amas ne forme une seule structure relaxée, dite virialisée (cf. le théorème du viriel).

Bien entendu, dans l'Univers où toutes les structure se forment hiérarchiquement, tous les objets se forment par fusion ou coalescence de plus petites stuctures. Partant de ce point de vue, il peut être plus raisonnable de ne pas se demander si les mergeurs ont formé les elliptiques, ce qui paraît évident, mais plutôt quel type de mergeur forme les elliptiques ? En effet, cette nuance est basée sur les observations indiquant que les galaxies elliptiques des amas ont dû se former très tôt, peut-être même antérieurement à la formation des disques des galaxies massives. Si c'est le cas, les fusions de ces très anciennes galaxies étaient probablement très différentes de celle des galaxies qu'on observe aujourd'hui à courte distance, ce que nous validerons un peu plus loin.

C'est parce que le temps d'effondrement d'une galaxie est plus rapide dans les régions galactiques très denses que les elliptiques d'amas et du champ (les isolées) se forment sur des échelles de temps différentes et auraient, dans l'hypothèse des fusions par mergeur, des ancêtres différents.

Les elliptiques d'amas pourraient se former par l'assemblage rapide de nombreuses petites galaxies, tandis que les elliptiques du champ se formeraient selon un processus plus classique de fusion majeure ou mineure. Mais il s'agit toujours d'hypothèses de travail. La question de savoir si les galaxies elliptiques se sont ou non formées à partir de fusions majeures reste ouverte, et ce depuis bientôt un demi-siècle. 

C'est justement pour essayer de répondre à cette question que des chercheurs ont récemment proposé une nouvelle théorie.

La métamorphose des galaxies

A présent que nous avons décrit tous les aspects visibles des galaxies et expliqué les mécanismes de leurs interactions éventuelles, on peut essayer de répondre à une question difficile : pourquoi les galaxies ont-elles des formes aussi si différentes ? Est-ce un phénomène intrinsèque lué à leur évolution ou extrinsèque et le résultat d'une collision par exemple ?

Si un spécialiste dirait que les galaxies changent de forme en fusionnant avec de plus petites qui finissent par modifier leur taille et leur forme au fil du temps - ce que nous avons démontré tout au long de cet article -, cette théorie qui est encore largement acceptée par la communauté scientifique fait toutefois de moins en moins l'unanimité quand on observe l'évolution du noyau des galaxies.

Récemment deux théories ont éré proposées pour expliquer la métamorphose des galaxies.

La migration des étoiles

Schéma de l'évolution des galaxies. Tout d'abord la galaxie est dominée par la composant du disque (à gauche) qui prend de l'importance au fil du temps. Ensuite la formation active d'étoiles se produit dans l'immense réservoir de poussières et de gaz concentré au centre de la galaxie (centre). Finalement, la galaxie est dominée par le bulbe stellaire constitué d'étoiles âgées et devient une galaxie elliptique ou lenticulaire (à droite). Document NAOJ.

En 2015, une équipe de chercheurs dirigée par Steve Eales de l'Université de Cardiff publia dans les "MNRAS" les résultats de l'analyse de 10000 galaxies extraites des sondages photographiques Herschel-ATLAS et spectrométriques GAMMA. Il ont démontré que 83 % de toutes les étoiles formées depuis le Big Bang étaient initialement localisées dans des galaxies en forme de disque (c'est-à-dire concrètement des spirales). Or, de nos jours seuls 49 % des étoiles existantes évoluent dans des galaxies en forme de disque, toutes les autres étant dans des galaxies de forme ovale (c'est-à-dire concrètement des elliptiques).

Ce résultat suggère que les galaxies subissent une métamorphose massive en passant d'une forme spiralée à elliptique au cours du temps. Si comme nous l'avons expliqué une collision entre galaxies peut déclencher cette transformation, il est également possible qu'un processus plus doux comme la migration des étoiles du disque vers le centre engendre également cette transformation.

Selon Eales, "de nombreuses personnes prétendent que cette métamorphose s'est déjà produite, mais en combinant les données de Herschel et Hubble, pour la première fois nous avons été capables de mesurer l'étendue de cette transformation [...] Les galaxies sont les éléments de base de l'univers, donc cette métamorphose représente réellement l'un des changements les plus importants dans leur apparence et leurs propriétés au cours des 8 milliards d'années".

Mais si cette étude renforce la théorie de la métamorphose des galaxies, elle n'explique pas pourquoi ce phénomène se produit, une question à laquelle essaya de répondre peu après une autre équipe d'astronomes.

L'action explosive des nouvelles étoiles

Dans une étude publiée en 2017 dans les "Astrophysical Journal Letters", l'équipe dirigée par le post-doctorant Ken-ichi Tadaki du NAOJ en poste à l'Institut Max Planck en Allemagne, a décrit les résultats d'une étude du coeur de plusieurs galaxies massives visant à mieux comprendre comme elles se sont transformées.

Grâce aux photos en haute résolution prises par le Télescope Spatial Hubble combinées aux images reconstruites par le réseau submillimétrique ALMA, les chercheurs ont pu étudier les nuages froids de gaz et de poussière où se forment les étoiles dans 25 galaxies massives située à z=2.5 soit environ 11 milliards d'années-lumière du Soleil. A cette distance, elles nous apparaissent comme elles étaient à peine 3 milliards d'années après le Big Bang. Par un heureux hasard, cette époque coïncide avec la période du pic de formation des galaxies. Autrement dit, la majorité des galaxies que nous observons aujourd'hui se sont formées à cette époque.

Ainsi que nous l'avons expliqué, jusqu'à présent les astronomes pensaient que les galaxies elliptiques massives se sont formées suite à la collision de disques galactiques car toutes les simulations montrent que deux galaxies spirales par exemple entrant en collision finissent par former une seule galaxie géante mais de forme elliptique. Mais selon Tadaki, "il existe peut-être une trajectoire alternative" et la future collision programmée entre la Voie Lactée et M31 par exemple prévue d'ici quelques milliards d'années (cf. page 3) ne va peut être pas suivre le scénario prévu.

Les images de galaxies situées à environ 11 milliards d'années-lumière analysées par l'équipe de Ken-ici Tadaki. Documents ALMA (ESO/NAOJ/NRAO) et NASA/ESA/STScI.

Les chercheurs ont découvert que ces galaxies ancestrales étaient dominées par la composante du disque alors que les spirales et les lenticulaires sont dominées par leur bulbe central, ce que l'équipe de Eales précitée avait déjà constaté. Les images d'ALMA ont montré qu'il y avait des réservoirs massifs de gaz et de poussière à proximité du coeur de ces galaxies, ce qui a coïncidé avec le taux très élevé de formation d'étoiles à cette époque reculée.

Mais pour exclure la possibilité que cette intense période de formation stellaire soit le résultat de fusions de galaxies, l'équipe a également utilisé les données du VLT de l'ESO pour confirmer qu'il n'y avait aucune trace de collision avec des galaxies massives à cette époque. Comme l'a expliqué Tadaki: : "nous avons obtenu une preuve ferme que des noyaux galactiques denses peuvent se former sans collisions galactiques. Ils peuvent également se former suite à une intense formation stellaire au cœur de la galaxie".

Ces résultats pourraient conduire les astronomes à reviser leurs théories actuelles sur l'évolution galactique et la manière dont se forment le bulbe central et les bras spiralés. Cela pourrait également conduire à une refonte des modèles concernant l'évolution cosmique et, qui sait, les modèles de notre propre Galaxie. Cela pourrait même conduire les astronomes à revoir ce qu'il adviendra dans quelques milliards d'années, lorsque la Voie lactée entrera en collision avec M31.

Comme d'habitude, plus nous explorons l'Univers profond, plus il se révèle. Avec toutes ces révélations contredisant nos connaissances,,il faudra bien que les astronomes revoient leur copie et proposent de nouvelles théories.

Modèle de la formation et de l'évolution galactique

Les différents scénarii que nous avons évoqués montrent clairement que l'histoire des galaxies est complexe, déterrminée par de nombreux évènements combinant différents types de structures, chimies et populations stellaires, des galaxies d'amas et du champ.

Comme toujours, la réalité est plus complexe que la théorie. Dans les faits, les données observationnelles ne sont pas aussi évidentes que celles prédites par les modèles décrivant la structure hiérachique des galaxies.

Document J.Kromendy adapté par l'auteur.

On peut toutefois résumer la formation et l'évolution des galaxies à partir de deux approches résumées dans le tableau de gauche : il y a d'une part l'évolution séculaire interne des galaxies et d'autre part les effet de l'environnement.

La première méthode utilisée par les astrophysiciens consiste à se concentrer sur les évènements initaux formant les protogalaxies (en bleu) depuis l'effondrement des grands nuages de gaz après le découplage et la formation ultérieure des étoiles de Population III et les conséquences qu'entraînèrent leurs interactions et leurs fusions (vert), y compris au sein des amas.

Mais les galaxies peuvent évoluer d'une autre manière, ce qu'on appelle l'évolution séculaire interne. Ce processus a longtemps été négligé en raison du manque de preuves observationnelles mais également de la faible puissance des ordinateurs jusqu'à la fin des années 1970. C'est John Kromendy de l'Université du Texas qui fut l'un des premiers astronomes à démontrer l'importance de ce processus.

L'évolution séculaire interne se manifeste lorsque les composantes internes d'une galaxie interagissent entre elles (en rouge). C'est notamment par ces mécanismes qu'une galaxie acquiert sa barre nucléaire ou ses bras spiralés dont la vitesse de rotation angulaire est différente de celle des autres éléments de la galaxie, la forçant à évoluer.

Les observations ainsi que les simulations numériques à N corps ont montré que l'évolution séculaire explique de nombreux détails de la structure des galaxies, y compris la formation des "grumeaux" sombres dans les bras proches du noyau (par exemple M64 surnommée "l'oeil noir", alias NGC 4826 entrevue précédemment) dont les propriétés sont identiques à celle de la matière du disque et différentes de celle du bulbe.

Après avoir expliqué comment les galaxies se forment et évoluent, terminons cette revue en décrivant comment se sont formées les protogalaxies, c'est-à-dire les toutes premières galaxies apparues pendant les Ages Sombres, quelque part entre 300000 ans et 1 milliard d'années après le Big Bang.

Naissance des protogalaxies

Nous savons aujourd’hui que la classification de galaxies de Hubble correspond à différentes stades d'évolutions[18] qui dépendent des interactions de la galaxie avec son milieu, y compris avec les autres membres de l'amas. Mais cette séquence évolutive n'explique pas comment sont nées les galaxies.

Les étapes clés de l'évolution générale de l'Univers. Document S.G. Djorgovksi/Caltech Digital Media Center adapté par l'auteur.

Pour connaître l'origine des galaxies et la manière dont elles ont évolué, nous devons nous tourner vers les cosmologistes et les physiciens qui étudient les premiers instants de l'Univers lorsque celui-ci baignait dans une soupe de particules et de rayonnement de très haute énergie. C'est en effet aussi loin dans le temps qu'il faut remonter pour trouver les protagonistes de cette histoire. La clé de l'évolution des galaxies notamment repose sur ce qui s'est produit quelques instant après la formation de l'Univers, à travers ce que les cosmologistes appellent l'équation d'état de l'Univers.

Comme en thermodynamique classique, il s'agit de contrainte sur un mélange, dans ce cas-ci entre la pression et la densité d'énergie de l'Univers, définie par trois composantes : l'énergie, la matière et le vide y compris l'effet de la constante cosmologique sur le taux d'expansion.

Le modèle faisant consensus est le modèle cosmologique du Big Bang allié aux théories de l'inflation et ΛCDM[19]. Le sujet étant vaste, nous le détaillerons en cosmologie où nous détaillerons également la formation des galaxies.

Les galaxies primordiales contenaient beaucoup de gaz ionisé formé à l'époque de la recombinaison et de la réionisation de l'Univers, deux phases importantes qui débutèrent vers 380000 ans après le Big Bang comme l'explique le schéma présenté à droite.

Environ 100 millions d'années après le Big Bang, vers z=30 lorsque la gravitation vainquit l'énergie du rayonnement, la masse de Jeans était de l'ordre de 1012 M et était matérialisée par des nappes de gaz diffus d'environ 150000 années-lumière de diamètre; il s'agissait des prémices des protogalaxies. En leur sein, le même effondrement s'est produit, des zones plus froides et plus denses mesurant tout au plus une fraction d'année-lumière se sont effondrées, donnant naissance aux premières étoiles hypergéantes bleues et chaudes. En quelques dizaines ou centaines de millions d'années, ces étoiles instables ont explosé en supernovae, rejetant dans l'espace leurs gaz et leurs métaux lourds qui sont venus enrichir le milieu interstellaire et le coeur des protogalaxies et des quasars, alimentant la deuxième génération d'étoiles.

Vers 1 milliard d'années après le Big Bang, les régions HII actives des premières galaxies donnèrent naissance à beaucoup d’étoiles très lumineuses qui consumèrent rapidement tout leur hydrogène et leur hélium.

Les premières galaxies étaient formées 2 milliards d'années après le Big Bang, vers z=3 alors que les grandes galaxies comme la Voie Lactée mirent entre 7 et 8 milliards d'années pour se former. C'est également vers z=3 qu'on retrouve la concentration maximale de quasars et les plus anciens amas globulaires.

On estime que le taux de production des étoiles atteignit son paroxysme entre 3 et 4 milliards d'années après le Big Bang. Depuis, en moyenne il est devenu au moins cent fois plus faible et continue à diminuer.

Echantillon de galaxies similaires à la Voie Lactée analysées au cours du sondage SDSS 3D et classées en fonction de leur âge. Document Frontier Fields/NASA/ESA/STScI adapté par l'auteur.

Si ces premières galaxies existent encore, sous l'effet des interactions gravitationnelles, elles ont probablement fusionné avec de plus grandes galaxies et présentent aujourd’hui une population de vieilles étoiles (Population II) à laquelle se mêle de grandes quantités de poussière, leur donnant une coloration rougeâtre; elles se sont transformées en elliptiques géantes et beaucoup se sont rassemblées dans le coeur des galaxies.

Les galaxies elliptiques géantes constituent souvent les membres les plus brillants des amas riches extragalactiques. On a d’abord cru qu’elles avaient une structure et une dynamique similaires à celles des étoiles. Mais elles tournent sur elles-mêmes beaucoup plus lentement qu’un corps fluide, et leur dynamique apparaît vraisemblablement liée à un équilibre triaxial (d’où leur forme ellipsoïdale).

Des simulations indiqueraient que ces galaxies qui présentent pour la plupart une forte concentration centrale sont pour certaines le résultat de l’interaction de galaxies spirales qui se sont relaxées au terme d’un mouvement graduellement amorti. Ces interactions ont dissipé le gaz qu'elles contenaient dans l'espace, contribuant au gaz chaud intra-amas, le restant formant de nouvelles étoiles[20].

Dans d'autres exemples, ainsi que nous l'avons expliqué, c'est la pression dynamique qui a vidé les galaxies spirales de leur gaz et donc de leurs étoiles potentielles, précipitant leur vieillisement sous forme de galaxies elliptiques. Si les galaxies elliptiques pululent dans l'Univers, elles restent six fois moins nombreuses que les galaxies spirales.

Quant aux plus petites galaxies (naines), vu leur faible masse, elle se sont perdues dans les amas et les courants galactiques et finirent par fusionner avec la galaxie hôte qui les captura.

Il y a aussi les petites galaxies irrégulières qui soit résultent d'une collision et finiront en elliptique soit elle n’ont pas eu la masse suffisante pour développer des bras spiraux. Les étoiles naissent et meurent en désarticulant continuellement les champs gravitationnels.

Enfin, les galaxies naines qui contiennent de nombreuses étoiles bleues sont peut-être les résidus de galaxies peu structurées qui ont été disloquées par l’explosion des étoiles de la première génération. La plupart d’entre elles sont relativement jeunes, distances de quelques milliards d’années-lumière tout au plus.

En guise de conclusion

Si nous comprenons globalement comment se forment les galaxies, de nombreuses questions restent en suspens concernant.leur cinématique et notamment la formation précise des bras spiraux, de la barre nucléaire, des anneaux extérieurs et des coquilles multiples qui font encore l'objet de discussions et de tentatives de simulations. En effet, l'étude de la formation et de l'évolution des galaxies cache encore des zones d’ombres car les observations se sont longtemps limitées au spectre visible. Or comme nous l'avons expliqué, depuis l’avènement des satellites et des gigacams CCD, les astronomes sont en mesure de sonder le ciel profond dans des rayonnements inaccessibles aux moyens traditionnels, en infrarouge, dans les rayonnements X et gamma, là où le décalage spectral enregistre ses plus grands records, à deux doigts de la main du Créateur.

Grâce à ces outils et en collaboration avec les physiciens et les cosmologistes, l'astronome est capable de mieux comprendre la diversité des corps célestes et est aujourd'hui mieux placer qu'hier pour assembler ce puzzle astronomique qui nous paraît tous les jours à la fois plus cohérent mais également plus complexe. La recherche continue.

Ceci étant dit, l'univers des galaxies va bien au-delà de ces descriptions. Nous détaillerons dans d'autres articles la structure des amas de galaxies dont beaucoup contiennent des lentilles gravitationnelles et donc également de la matière sombre, la structure de l'Univers à grande échelle caractérisée par les superamas de galaxies et passerons également en revue les découvertes récentes concernant notamment quelques galaxies exceptionnelles par la taille, la masse, la luminosité ou la morphologie.

Pour plus d'informations

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La structure de l'Univers 

La cinématique des galaxies (simulations)

Download (articles historiques)

NGC-IC2000 catalog revised (.xls de 5.1 MB)

NGic, un programme de Sylvain Riballet et Elisei Damien (Exe de 910 KB)

Bases d'images et de données

Hubble legacy Archive (base de données d'images brutes)

Hubble site gallery

Heck Yeah Galaxies

Celestial atlas, C.Seligman

Base de données SIMBAD (~8 millions d'objets)

ALADIN Lite

Sloan Digital Sky Survey (SDSS release 14)

Palomar Sky Survey (POS, DSS)

Catalog of Rich Clusters of Galaxies (Abell, 4073 amas)

Cosmic Flow 2 (plus de 8000 galaxies)

Herschel-ATLAS (~250000 galaxies)

GAMMA (~300000 galaxies)

The 2dF Galaxy Redshift Survey (2.2 millions de galaxies)

Zsolt Frei galaxy catalog (113 galaxies)

Stellarium (logiciel de planétarium)

WordWide Telescope

WikiSky (Sky-Map)

Google Sky

Galaxy Zoo (identifier les galaxies)

A catalog of elliptical galaxies with shells, David Malin et Dave Carter, ApJ, 274, 15 Nov 1983, p534-540

Arp Atlas de C.Seligman

Atlas of peculiar galaxies, Halton Arp, IPAC/Caltech, 1966

Catalogue NGC/IC

Catalogue NGC/IC (fichier Excel d'environ 14600 objets)

Catalogue NGC, John Dreyer,1888

Wolfgang's Steinicke's database (NGC/IC révision 2000)

Steve Gottlie (notes sur les objets NGC)

Le catalogue NGC interactif en ligne, SEDS

Catalogues de William Herschel (Royal Society)

Catalogue de Mille Nouvelles Nébuleuses et Amas d'Etoiles, 1786

Catalogue de deux Milles Nouvelles Nébuleuses et Amas d'Etoiles, 1789

Catalogue de 500 Nouvelles Nébuleuses, Etoiles Nébuleuses, Nébuleuses Planétaires et Amas d'Etoiles, 1803

Catalogue de Nébuleuses et d'Amas d'Etoiles, 1863

Logiciels de simulation

Colliding galaxies, Pixel Gravity, EtiC

Galaxy 3D screensaver, Galaxy Collider, Gravit

Universe Sandbox2, Space Engine

Winding, Galaxie spirale (pour anciens OS compatibles Windows XP)

Simulations des collisions galactiques

Milky Way vs Andomeda As Seen from Earth, HubbleCast (YouTube) 

Galaxy Collisions - Simulation vs Observations, STScI (YouTube)

NASA supercomputer simulation of colliding galaxies (YouTube)

Cosmic Colliding Galore!, Hubble Site

Galaxy Collision, ESO/NCSA

Models of Merging Galaxies, Chris Mihos, Case Western Reserve University

Articles de John Dubinsky

Ressources

Comment calculer les distances extrêmes ? (activer la traduction), YouTube

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Disques et Barres dans les Galaxies Elliptiques (PDF), Bulletin 25, CFHT, 2010

Dynamique du gaz et formation stellaires dans les galaxies elliptiques et les galaxies à haut redshift Lauriane Delaye, Obs.Paris, 2009

Evolution des galaxies - Interactions, fusions, et accretion de gaz (thèse), Frédéric Bournaud, LERMA, 2006

Les galaxies dans leur contexte cosmologique (PDF, Cours M2), David Elbaz, CEA

Properties of galaxies (PDF, Cours 386C), J.Kormendy, U.Texas

Cours d'astronomie (PDF, Cours C4, niveau Master), F.Combes, Obs.de Paris-Meudon

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A propos du Mont Palomar

Hale Telescope, Caltech

Palomar skies (blog)

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Revues

Espace & Astrophysique

Ciel & Espace

Pour la Science

Sky & Telescope

Livres en français

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Galaxies et Cosmologie, Françoise Combes et Misha Haywood, Ellipses, 2009

Mystères de la formation des Galaxies. Vers une nouvelle physique?, Françoise Combes, Dunod, 2008

A la découverte des galaxies, Alessandro Boselli, Ellipses Marketing, 2007

Etoiles et galaxies, N.Audard et al., Hachette, 2004

J'observe les objets de Messier, O'Meara, Broquet Lavoie, 2002

Les objets de Messier, Bernard Guillaud-Saumur et Olivier Réthoré, Masson, 1995; Dunod, 2002

Les objets de Messier, Antoine Broquet, Broquet Lavoie, 1995

Astrophysique - Galaxies et Cosmologie, Françoise Combes et al., InterEditions/Editions du CNRS, 1991

Galaxies, Timothy Ferris, Mazarine, 1983

Etoiles et galaxies, Thornton Page, Marabout Université, MU 110, 1966

Livres en anglais

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The Milky Way - An Insider's Guide, William Waller, Princeton University Press, 2013

Local Group Cosmology, s/Dir David Martinez-Delgado, Cambridge U.Press, 2013

The Multiwavelength Atlas of Galaxies, Glen Mackie, Cambridge University Press, 2011

Galaxy Formation and Evolution, Houjun Mo, Frank van den Bosch et Simon White, Cambridge University Press, 2010

Galaxy Formation and Evolution, Hyron Spinrad, Springer Praxis Books, 2005/2010

Galactic Dynamics, James Binney et Scott Tremaine, Princeton Series in Astrophysics, 2008

Galaxies in the Universe, Linda S. Sparke et John S. Gallagher, Cambridge University Press, 2007

The de Vaucouleurs Atlas of Galaxies, Ronald J.Buta et al., Cambridge University Press, 2007

Galaxy Formation, Malcolm S. Longair, Springer-Verlag, 2000/2007

Astrophysics of Gaseous Nebula and Active Galactic Nuclei, D.E. Osterbrock/G.J. Ferland, University Science Books, 2005

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Galactic Astronomy, James Binney et Michael Merrifield, Princeton Series in Astrophysics, Princeton Series in Astrophysics, 1998

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The Color Atlas of Galaxies, James D. Wray, Cambridge University Press, 1988

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The Virial Theorem in Stellar Astrophysics, George W. Collins, Pachart Publ. House, 1978

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The Realm of the Nebulae, Edwin Hubble, Yale University Press, 1935/1985.

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[18] J.Peebles et al., Nature, 381, 1996, p489 - A.Dressler, Nature, 379, 1996, p613.

[19] J.Silk, Physics Today, April 1987, p28.

[20] D.Merritt, Science, 259, 1993, p1867.


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