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Quand l'univers se limite à la Voie Lactée Au coeur de Sgr A* (VI) Au centre du disque nucléaire composé de gaz et de poussière qui se trouve au centre de la Voie lactée, la NASA a découvert une structure de 10 pc de diamètre dont la partie centrale s'est évaporée. Cette région émet un rayonnement ultraviolet intense et des particules animées de vitesses relativistes. Grâce au réseau de radiotélescopes du VLA c'est dans cette cavité centrale que les radioastronomes ont découvert la petite structure spiralée, dont les deux bras semblent s'étendre à partir d'un nuage de gaz et de poussières d’environ 1 pc de rayon. Le bras nord de la structure en spirale émet un rayonnement intense et continu entre 20 et 300µ. Ce rayonnement est induit par des grains de poussières portés entre 50 et 100 K. Le parsec central dans lequel se trouve la source Sgr A* brille avec une luminosité estimée entre 10 et 20 millions fois celle du Soleil !
On pense que la structure en spirale représente le disque d'accrétion d'un trou noir qui reste invisible. On suppose que la matière s'engouffre en spirale vers cet objet massif et compact, ce qui provoquerait les effets dynamiques et relativistes que l'on constate. A l'heure actuelle les astronomes ne peuvent s'expliquer l'origine de cette cavité centrale ni sa persistance dans une région si chaotique sans invoquer un trou noir supermassif [11].Par ailleurs, on a découvert que le disque d'accrétion entourant le trou noir de Sgr A* produisait des étoiles massives. Or tous les astronomes considèrent généralement qu'un disque protostellaire ne peut pas résister aux forces de marées engendrées par un trou noir et devrait se disperser au lieu de s'effondrer sur lui-même. C'est pourtant ce qu'on observe autour de Sgr A*. Il semblerait que la gravité régnant dans le nuage dense de poussière soit suffisante pour vaincre les forces de marées du trou noir. Ce disque est très massif et contient des millions de masses solaires. IRS16 et les autres sources X Indice de l'existence présumée du trou noir supermassif, le réseau VLA a également mis en évidence que Sgr A*, proche de IRS16 est tellement turbulent que les vents stellaires soufflent à 1500 km/s, étirant l'atmosphère de l'une des étoiles sur plus de 0.5 a.l., créant un véritable cataclysme cosmique ! Non loin de là, sur une distance d’environ deux années-lumière, les vents stellaires acquièrent progressivement une vitesse phénoménale, passant de 150 à plus de 700 km/s ! A côté de cela, l'intense Sgr A* présente une remarquable stabilité; il n'a pas subi le moindre déplacement en sept ans d'observation[12]. C'est pourquoi certains astrophysiciens suggèrent que de tels effets ne peuvent être provoqués que par un objet massif et ponctuel de 107 M¤ contenu dans IRS16 elle-même et dont l’influence s’étend sur environ 2 pc. Mais le spectre[13] de Sgr A* ne coïncide pas avec celui de IRS16 et ni l’un ni l’autre ne présentent les fameuses émissions X et gamma caractéristiques de l’interaction du milieu avec un trou noir. Les objet que nous observons émettent très peu de radiations thermiques alors que le disque d'accrétion d'un trou noir devrait fortement émettre dans le proche infrarouge. L'explosion des étoiles devrait également produire des sursauts d'éclats bien visibles. Selon l’astrophysicien A.Goldwurm[14] et ses collègues du CEA de Saclay, les mesures effectuées en lumière X permettent aujourd’hui de conclure que Sgr A* n’est pas associé au trou noir potentiel de la Voie Lactée car le vrai centre correspondant à Sgr A* n’émet pas fortement, et rarement au-dessus de 30 KeV. Par ailleurs la luminosité des rayons X durs de Sgr A* est de 4x107 fois plus faible que la valeur estimée du disque d'accrétion d'un trou noir d'un million de masses solaires. Aussi, même s’il est situé pratiquement au centre géométrique de la Voie Lactée, cet objet n’est plus le candidat espéré et les astrophysiciens ont recherché la signature du trou noir dans la banlieue de Sgr A*.[15]
Parmi les 60 sources de rayonnements X identifiées par le satellite SIGMA entre 1990 et 1993, seule GRS 1716-249 a été détectée[16] à 175.8 ± 3.3 KeV et présente un spectre similaire à celui de Cygnus X-1, le candidat au titre de trou noir le plus populaire. Les autres sources atteignant 35 KeV sont probablement associées à des étoiles neutrons binaires et des pulsars X. GRS 1915+105 reste un autre candidat galactique très sérieux. A l’image de Cygnus X-1, une étoile bleue, en fait une nova X, elle perd son atmosphère au profit d’un minuscule objet très massif, vraisemblablement un trou noir de 10 masses solaires, dont l’horizon des événements, c’est-à-dire la limite de Schwarzschild ne devrait pas dépasser 15 km de diamètre. Cette source émet un jet de particules ainsi que des bulles de matière condensée à une vitesse de l'ordre de 92% de celle de la lumière provoquant des effets relativistes sur le rayonnement : les bulles semblent se déplacer deux fois plus vite que la lumière ! Ces bulles sont éjectées à plus de 10000 UA ou 1". La source est tellement massif qu'elle arrache également de la matière de l'étoile voisine. L'objet est situé à 40000 a.l. Animation à voir : zoom sur le trou noir de GRS 1915+105 Une animation du CfA/U.Harvard (.mov de 6 MB)
Une
autre source gamma très intense a été observée en 1990 à 300 années-lumière du
centre géométrique de la Voie Lactée, c'est le "Grand Annihilateur",
un microquasar du nom de code 1E 1740.7-2942. Banale source X du catalogue Einstein qui
fit un premier recensement des sources X du ciel, elle présente un tout
autre tempérament en rayonnement gamma. Observée durant près de 2 ans par les
satellites SIGMA franco-russe et CGRO américain, cette région témoigne
de l'annihilation de particules et d'antiparticules en émettant des
photons gamma d’une énergie de 0.511 et 1.81 MeV[17].
Par ailleurs le VLA a découvert deux jets de plasma s'échappant de l'objet central, comme s'ils étaient émis par un disque d'accrétion. Mais parmi ces rayonnements arrachés à la matière, il manque les intenses émissions X durs et le spectre gamma si caractéristiques de l'interaction du trou noir avec son environnement. De plus il est trop loin de Sgr A* ou des sources gamma GRS pour subir leur influence. S'il s'agit d'un trou noir, il n'a rien à voir avec ces structures. Cela dit, rien n'indique que le trou noir prédit par la théorie ne se trouve pas au centre de la Voie Lactée, en particulier dans le parsec central caché par IRS16. En effet, dans un espace de 4” d’arc, IRS16 est seule responsable de l’ionisation de la matière sur environ 1 parsec. Si les sources qu’il contient sont constituées d’étoiles bleues de magnitude 8 approchant 35000 K, il dispose de la luminosité requise et peut correspondre à l’objet que nous cherchons. Si le champ gravitationnel d’IRS16 ne correspond pas exactement aux effets de marées constatés, pas plus qu’avec la densité des nuages protostellaires présents autour de lui, il ne semble accepter aucune autre alternative que le trou noir. Ces quelques observations mettent toutes en évidence des effets relativistes qui semblent confirmer l'existence d'objets hypermassifs au centre des galaxies, consolidant les théories cosmologiques. Le noyau garde également une activité stellaire à l'instar des bras de la Voie Lactée, on y trouve des régions HII et des étoiles supergéantes. Cette matière ne se concentre pas seulement dans Sgr A* mais également dans d'autres régions proches, telle Sgr B ou E situées également sur le disque incliné. Le traitement informatique des images infrarouges du satellite IRAS a permis aux astronomes de découvrir que la source IRS16 était en réalité constituée de 24 sources distinctes, la plupart formant de petits amas d’étoiles brillantes de type spectral B0; IRS5 est un nuage protostellaire et la source IRS7 éloignée de quelques centaines d'années-lumière est une étoile supergéante. Le centre de notre Galaxie n'est donc pas uniquement constitué de vieilles étoiles et de poussières. Il continue à produire de nouvelles étoiles[19].
La
tâche actuelle des plus grands instruments (VLT de 8m, VLA de 27
antennes, VLBI) consiste à localiser les sursauts d'éclats qui
témoigneraient de l'éclatement d'une étoile lorsqu'elle franchirait
le seuil du trou noir. A ce jour aucun phénomène de ce genre n'a été
décelé, renforçant l’idée que le noyau de la Voie lactée est peu
énergétique. D'autres programmes recherchent des étoiles en mouvements
rapides ou des effets de lentilles gravitationnelles qui trahiraient
l'influence du trou noir galactique. Enfin, n'oublions pas le Télescope
Spatial Hubble qui permet d'observer l'univers avec un autre regard depuis
1994. Compte tenu que la position des sources gamma est connue avec une
incertitude qui reste actuellement supérieure à 0.3" d'arc pour Sgr
A*, l'excellence définition du successeur du télescope Hubble, le JWST (ex-NGST), permettra certainement de résoudre bien des mystères. Prochain chapitre Les amas ouverts, les amas globulaires et les Nuages de Magellan
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