Les NEO (Near-Earth Objects)
Dans cette partie consacrée aux NEO,
le visiteur trouvera des données et des informations sur les astéroïdes
et sur les comètes qui s'approchent de la Terre. Toute l'actualité
peut être consultée sur le site de l' Australian
Spaceguard Survey (actualité générale) et sur Asteroid/Comet
Connection (actualité plus technique).
Pour ce qui est du nombre d'objets connus, les choses se sont compliquées depuis quelques années car nous sommes passés du stade artisanal au stade industriel avec la découverte de plusieurs centaines de nouveaux NEA (Near-Earth Asteroids) par an (438 en 2003, 537 en 2004, 628 en 2005, 640 en 2006 et 648 en 2007). Le nombre, totalement inimaginable il y a 25 ans, de 5000 NEA a été atteint fin novembre 2007 (avec 2007 WF55 découvert par LINEAR). Les 4000 avaient été atteints en mai 2006, les 3000 en septembre 2004, les 2000 en septembre 2002, les 1000 en avril 2000 et les 500 en mai 1998. En neuf ans et demi, le nombre d'objets connus a été multiplié par 10. Pas moins de 80 nouveaux NEA ont été découverts durant la première quinzaine de novembre 2007 (lettre V), soit plus de 5 par jour en moyenne. Cela confirme que les nouveaux venus sont des objets parmi des dizaines de milliers d'autres qui sont désormais accessibles. Les objets minuscules (avec H > 22.0) pullulent.
Les NEC (Near-Earth Comets), elles, restent rares puisque seulement 148 (dont une soixantaine de fragments de la comète 73P/Schwassmann-Wachmann 3, brisée en 1995 et en passe de désintégration totale) sont retenues le 3 octobre 2008 dans la liste du JPL, la plus ancienne étant P/Halley. On entend par NEC les comètes périodiques avec une période de révolution inférieure à 200 ans et dont la distance périhélique est inférieure à 1.30 UA.
Les NEA et les NEC forment ensemble les NEO (Near-Earth Objects) qui bénéficient depuis le début des années 1990 d'une attention toute particulière, à la fois des astronomes du monde entier, mais aussi des militaires américains qui ont trouvé avec eux "l'ennemi extérieur" dont ils avaient bien besoin pour remplacer leur ennemi héréditaire traditionnel devenu défaillant. En mars 2007, la NASA a publié son Report to Congress sur les NEO : "Near-Earth Object - Survey and Definition - Analysis of Alternatives".
LA LISTE DES NEA CONNUS peut être consultée ci-dessous. Elle est divisée en douze listes partielles (annuelles depuis 2000) consultables séparément. La douzième concerne les découvertes 2008. Fin 2007, 5054 NEA étaient répertoriés par le Minor Planet Center.
- liste des NEA numérotés
(871 objets fin septembre 2008) (4
nouveaux en septembre)
découvertes
et numérotations // statistiques
// les
noms (liste chronologique
// liste alphabétique)
listes
par a, par
e, par i,
par q, par
Dm, par H, par
noms et désignations provisoires
- liste des NEA non numérotés
découverts de 1960 à
1997 (182 objets)
- liste des NEA non numérotés
découverts en 1998 et 1999 (263 objets)
- liste des NEA non numérotés
découverts en 2000 (237 objets)
- liste des NEA non numérotés
découverts en 2001 (335 objets)
- liste des NEA non numérotés
découverts en 2002 (397 objets)
- liste des NEA non numérotés
découverts en 2003 (396 objets) (2003
JC11 ajouté en juillet 2008)
- liste des NEA non numérotés
découverts en 2004 (491 objets) (distribution
des découvertes par quinzaines)
- liste des NEA
non numérotés découverts en 2005 (610 objets)
(distribution des découvertes
par quinzaines)
- liste des NEA non numérotés
découverts en 2006 (633 objets) (distribution des
découvertes par quinzaines)
- liste des NEA non numérotés
découverts en 2007 (648 objets) (distribution
des découvertes par quinzaines)
- liste des NEA non numérotés
découverts en 2008 (546
objets) (distribution
des découvertes par quinzaines)
408
NEA ont été découverts durant le premier semestre 2008
(record absolu)
Ces
listes donnent successivement les renseignements suivants :
Pour les listes ci-dessus, j'utilise la classification du Minor Planet Center qui considère comme Apollos les objets avec q < 1.000 UA et les Amors ceux avec q > 1.000 UA. Il en existe une seconde, utilisée par le JPL et d'autres équipes, moins satisfaisante, qui considère comme Apollos les objets qui ont q < 1.017 UA, l'aphélie de la Terre. Avec cette définition, les Apollos sont beaucoup plus nombreux (puisque les NEA qui ont q compris entre 1.000 et 1.017 UA font alors partie de ce type) au détriment des Amors. A l'origine, étaient considérés comme Apollos les objets qui pénètrent à l'intérieur de l'orbite terrestre (qui a q = 0.983 et Q = 1.017 UA du fait de son excentricité e = 0.017). Cette classification, probablement la meilleure, est aujourd'hui abandonnée.
Les couleurs utilisées dans les listes ont toutes une signification que le visiteur découvrira avec un minimum d'attention. Les EGA (Earth-Grazing Asteroids avec une distance minimale Dm à l'orbite terrestre < 0.100 UA) sont en bleu s'ils ont Dm < 0.010 UA (orbites de quasi-collision OQC), en jaune s'ils ont Dm compris entre 0.010 et 0.050 UA et en vert s'ils ont Dm compris entre 0.050 et 0.100 UA. Les deux premières couleurs correspondent aux TFAP (Très Fortes Approches Possibles) et la troisième aux FAP (Fortes Approches Possibles).
On voit donc que les approches possibles à la Terre inférieures à 0.100 UA (15 millions de kilomètres en gros) sont très nombreuses, puisque 57 % des NEA connus sont aussi des EGA. Le 3000e EGA a été identifié en mars 2008. La grande majorité des NEA minuscules (H > 22.0) découverts sont aussi des EGA, ce qui est logique dans la mesure où ils doivent s'approcher près de la Terre pour être repérés. En 2007, on a dépassé le pourcentage de 60 % d'EGA. Liste des EGA numérotés avec Dm < 0.00667 UA (50 objets).
Au total, d'après le Minor Planet Center, ce sont 5602 NEA qui sont recensés au 3 octobre 2008. Ils se répartissent de la manière suivante : 478 Atens (8.53 %), 2765 Apollos (49.36 %) et 2359 Amors (42.11 %). Le premier NEA à orbite rétrograde a été découvert en novembre 2007 seulement. C'est 2007 VA85, un objet de type Amor 4 (avec q = 1.102 et Q = 7.206 UA), avec a = 4.154 UA, e = 0.735 et i = 132.5°. Il s'agit très probablement d'une comète dégazée ou en sommeil. Il a H = 15.1 et avec un type physique C, supposé le plus probable, son diamètre pourrait être de l'ordre de 5 km. On connaît donc un seul objet sur plus de 5000 NEA recensés qui ait une orbite rétrograde, tout à fait caractéristique d'une comète à courte période.
Les éléments des nouveaux NEA et les éphémérides sont actualisés quotidiennement. Il existe également The NEO Confirmation Page qui prévient les observatoires des nouveaux objets à observer pour confirmer leur nature de NEO. Quasiment tous les anciens objets repérés finissent par être réobservés. Coup sur coup, en septembre et octobre 2007, on a retrouvé les deux NEA perdus les plus anciens : 6344 P-L et 5025 P-L, objets du Palomar-Leiden Survey de 1960, perdus depuis 47 ans.
La liste des Near-Earth Comets (NEC) permet de connaître les éléments orbitaux des comètes qui sont actuellement retenues dans la liste du JPL. 73P/Schwassmann-Wachmann 3, qui est repassée près de la Terre en mai 2006, est en voie de désintégration totale avec une soixantaine de fragments dont certains ne dépassent pas 50 mètres de diamètre et dont beaucoup ne survivront pas au passage au périhélie. C'est 109P/Swift-Tuttle qui est actuellement, de loin, la plus menaçante pour la Terre. Une approche très serrée à la Terre aura lieu le 14 août 2126. Deux autres comètes numérotées sont sur une orbite de quasi-collision avec la Terre : 55P/Tempel-Tuttle qui la comète mère des Léonides, célèbre essaim de météores qui a déjà rencontré la Terre à plusieurs reprises, notamment en 1833, 1866 et 1966 et 26P/Grigg-Skjellerup. A noter que la fameuse comète 3D/Biela a été rajoutée en 2005 à la liste. En effet, il n'est pas exclu qu'un ou même plusieurs fragments minuscules aient survécu à la désintégration de cette comète au XIXe siècle.
L'un des sites de base pour (presque) tout savoir sur les NEO est celui du Jet Propulsion Laboratory qui donne une multitude de renseignements. On y trouve surtout la liste complète des NEO (NEA, PHA et NEC) qui permet d'apprécier les éléments orbitaux sous différentes formes possibles (classement par nom, par a, e, i, etc.). On peut obtenir notamment les listes constamment actualisées classées par MOID, c'est-à-dire par ordre d'approches à l'orbite terrestre pour la période actuelle.
Plusieurs autres listes sont à consulter régulièrement pour tous ceux qui veulent avoir des données constamment mises à jour. J'en rappelle ci-dessous quelques-unes particulièrement utiles et intéressantes.
Near Earth Objects - Dymamic Site (NeoDys) de l'Université de Pise, qui contient tous les éléments orbitaux, les approches passées et futures et les données physiques des NEA.
Liste des objets dangereux PHA (Potentially Hazardous Asteroids) du Minor Planet Center. Ce sont ceux dont l'orbite s'approche à moins de 0.050 UA de la Terre et qui ont H < 22.1 (valeur qui correspond à un diamètre moyen de 100 mètres à 200 mètres selon le type physique et l'albédo). Cette liste contient les éléments orbitaux de 979 PHA (soit 17.48 % du total). Il faut signaler que le nombre de PHA est légèrement supérieur selon le JPL : 987 PHA (17.62 %), soit 8 de plus. Ainsi, près de 1 NEA sur 5 est un PHA (voir la distribution pour les 5000 premiers NEA et la progression des découvertes), ce qui est une proportion très importante. Il faut signaler cependant que le pourcentage des PHA est continuellement et sérieusement en baisse, du fait que l'on découvre de plus en plus de NEA minuscules, qui ne peuvent être des PHA par définition puisqu'ils ont H > 22.0.
Plus fortes approches passées observées des NEA (avec distance minimale à la Terre < 0.010 UA) et des comètes (avec distance minimale à la Terre < 0.10 UA). Cette dernière liste montre clairement que c'est la fameuse comète D/Lexell (1770 L1) qui a été le premier PHO (Potentially Hazardous Object) menaçant pour la Terre avec l'approche record du 1er juillet 1770 (0.0151 UA, soit 2.26 millions de kilomètres).
Toutes les approches passées et à venir inférieures à 0.20 UA connues à ce jour pour la période 1900-2178 sont recensées chronologiquement dans une liste mise à jour en permanence par le Minor Planet Center. A ce degré d'approche moyenne, cette liste devient pléthorique avec plusieurs milliers d'approches recensées. Bernard Guillaud-Saumur a établi des listes pour les 1000 plus fortes approches d'astéroïdes à la Terre et les oppositions correspondantes pour les prochaines années (voir ses résultats pour 2008 et 2009).
Les approches des PHA inférieures à 0.050 UA jusqu'à la fin de 2178 sont classées par Dm croissant dans une liste qui est examinée à la loupe par les spécialistes, mais qui reste relativement rassurante pour l'instant dans la mesure où aucun PHA connu n'est sur une orbite de collision calculée. L'un d'entre eux préoccupe cependant les astronomes : 99942 Apophis qui a 400 mètres de diamètre (H = 19.2) et pour lequel une approche à 34 700 km du centre de la terre (soit 28 000 km de la surface terrestre) est prévue en avril 2029. Cet objet, actuellement du type Aten (a = 0.923 UA) et qui va devenir du type Apollo après l'approche de 2029 (a = 1.125 UA), pourrait s'avérer réellement dangereux au cours des prochains siècles. Apophis était l'un des dieux destructeurs de la mythologie égyptienne. (Un article paru dans L'Astronomie d'octobre 2005, pp. 488-492, parle de l'histoire et de l'avenir de cet astéroïde exceptionnel. Il est intitulé Apophis, l'astéroïde qui fait peur).
La multiplication des découvertes de PHA entraîne
obligatoirement une densification de cette liste. Ainsi six très fortes
approches (à moins de 0.0080 UA) sont
calculées pour la période 2008-2030 :
- 0.003704 UA le 29 janvier 2008 pour 2007 TU24
(objet Ap.2 avec H = 20.3)
- 0.006124 UA le 23 novembre 2021 pour 1994 WR12
(objet Aten avec H = 22.0)
- 0.007852 UA le 17 octobre 2023 pour 1998 HH49
(objet Ap.2 avec H = 21.3)
- 0.002654 UA le 7 août 2027 pour 1999
AN10 (objet Ap.1 avec H = 17.9)
- 0.006239 UA le 26 octobre 2028 pour 1997 XF11
(objet Ap.1 avec H = 16.9)
- 0.0002318 UA le 13 avril 2029
pour Apophis (objet
Aten avec H = 19.2)
Et, bien sûr, tout cela n'est qu'un début, et ne préjuge
en rien des siècles futurs. Les approches à trois zéros
(0.000xxx UA) vont se multiplier.
On peut aussi consulter utilement l' Impact Risk Page du JPL (qui recense actuellement 214 NEA) qui est corrélée à l'échelle de Torino (révisée en 2005). Quelques NEA ont deux approches très serrées possibles (inférieures à 0.010 UA) et sont particulièrement dangereux pour l'avenir. Il ne faut jamais oublier cependant qu' orbite de collision ne veut pas dire collision prochaine, mais seulement que les orbites de la Terre et de l'astéroïde ont un point de croisement commun. Pour qu'il y ait collision, il faudrait que les deux astres se présentent simultanément à ce point de croisement. On sait aujourd'hui qu'une collision avec un objet de dix mètres (H = 27.5) se produit quasiment annuellement, mais l'énergie dégagée est insignifiante à l'échelle terrestre et dans la majorité des cas l'objet est totalement détruit durant la traversée de l'atmosphère.
Le nombre des astéroïdes et des comètes connus augmente rapidement depuis la mise en place des stations automatiques de détection. La progression mensuelle, depuis avril 1995, du nombre d'objets répertoriés peut être visualisée dans la liste Archive Statistics du Minor Planet Center. Fin septembre 2008, il y a 192 280 astéroïdes numérotés, (liste complète), parmi lesquels 97 466 (soit 50.69 % du total) découverts par le seul LINEAR entre 1997 et 2008. Plus de 150 000 autres sont en attente de numérotation (car observés à au moins deux oppositions). Au total, on a atteint en février 2008 le nombre de 400 000 astéroïdes recensés, nombre qui va exploser ces prochaines années (423 000 sont répertoriés en septembre 2008). Il ne faut jamais oublier que, fin 2000, moins de 20 000 objets étaient numérotés, ce qui montre bien que le monde des astéroïdes est entré dans une ère nouvelle.
Pour tout savoir sur les astéroïdes connus fin 2003, il faut consulter le Descriptif du monde des astéroïdes, le document mis au point par Gérard Faure. Les graphiques correspondants montrent parfaitement la distribution des astéroïdes dans le Système solaire. On peut aussi consulter The Near-Earth Asteroids Data Base de l'EARN (European Asteroid Research Node) et notamment les Physical parameters of NEO pour connaître les diamètres, les types physiques et les périodes de rotation. Certains NEA sont doubles et parmi eux Hermes et Apollo. En février 2008, l'équipe de l'observatoire d'Arecibo a découvert que l'objet de type Amor 153591 2001 SN263 est triple : le corps principal a environ 2 km de diamètre et ses satellites ont 1 km et 300 mètres. Ce système triple est le premier découvert parmi les NEA et va être étudié avec beaucoup d'attention.
La progression des découvertes des différents types de NEA par observatoires est également tenue à jour quotidiennement dans une liste spéciale. Sept surveys spécialisés se partagent actuellement les découvertes : six américains (LINEAR, qui s'est taillé la part du lion entre 1996 et 2004, Catalina, Mt. Lemmon, LONEOS, Spacewatch et NEAT) et un australien (Siding Spring) (bilan des dix dernières années). Un huitième, avec l'aide d'un nouveau télescope situé à Haleakala (dans l'île Maui, archipel d'Hawaii) et spécialement conçu pour ce genre de recherches, le Pan-STARRS, devrait révolutionner la découverte des petits NEA à partir de 2009. A noter que l'Europe est totalement inexistante dans ce domaine de la recherche. Au sujet de ces découvertes de NEA, on peut également consulter le document d'Alain Maury : The Spaceguard Survey : Discovery statistics at the end of 2007 (actualisé depuis 2002), ainsi que son article paru dans la revue L'Astronomie de janvier 2001 : A la recherche des astéroïdes géocroiseurs...
Cette augmentation vertigineuse des objets connus (et numérotés dans une moindre mesure) rappelle une chose : le nombre d'astéroïdes est quasi infini et un recensement complet restera tout à fait impossible. C'est vrai aussi pour les NEO. Croire à la possibilité d'un recensement complet est utopique et le danger d'un impact ne pourra jamais être totalement écarté. D'autant plus, comme je l'explique dans LA MENACE DU CIEL, que nous sommes rentrés pour quelques milliers d'années dans une période de pollution cosmique plus intense qu'en période normale, suite à la désintégration récente (quelques dizaines de milliers d'années) d'un objet d'envergure (probablement un ancien Centaure) dans le Système solaire intérieur.
On connaît plus de 120 objets issus de cette désintégration (peut-être causée par une approche rasante à Mercure), parmi lesquels P/Encke et Hephaistos, le fragment principal qui donne son nom à cette famille. La dispersion de tous ces fragments est rapide du fait d'approches (serrées souvent) aux planètes et de perturbations différentes. Il faut noter que de très nombreux fragments de cette famille frôlent l'orbite terrestre, et que certains d'entre eux finiront par heurter la Terre si rien n'est fait pour les dévier de leur course quand cela s'avérera nécessaire. En 2007, on a peut-être identifié le corps parent de Ogdy : il s'agirait de l'objet 106538 2000 WK63 (lire Searching for the parent of the Tunguska cosmic body), mais en fait plusieurs autres membres de la famille sont des suspects possibles.
Il est une chose qu'il faut savoir : le renouvellement des NEO (NEA et NEC) est permanent. Des objets disparaissent (collision, désintégration, émiettement, éjection), d'autres les remplacent, venus de l'extérieur du Système solaire (Ceinture de Kuiper et Nuage de Oort et dans une deuxième phase Centaures). On connaît des objets sur des orbites transitoires entre la phase Centaures et la phase NEO, notamment Damocles, dont le périhélie est actuellement proche de l'orbite de Mars. Chaque très forte approche à Uranus fait diminuer la distance périhélique. La prochaine aura lieu en 3342 et q passera de 1.56 à 1.53 UA. Dans quelques milliers d'années, Damocles, dont le diamètre avoisine 15 km, pourrait devenir dangereux pour Mars et ensuite pour la Terre. En cas d'impact, sa masse et sa vitesse combinées seraient largement en mesure de causer une extinction, sinon totale, du moins partielle sur notre planète. L'histoire est un éternel recommencement...
La mise en place de SPACEGUARD était une nécessité. Félicitons-nous qu'une telle mesure ait été prise par les astronomes et les militaires américains (les Européens, eux, se rangeant totalement derrière le "bouclier" américain pour ne pas avoir à investir dans des programmes de recherche). C'était le devoir minimum de notre génération, la première à pouvoir recenser les NEO les plus importants dans leur quasi-totalité, pour éventuellement parer en temps utile à un impact calculé. Il en va de l'avenir de nos sociétés civilisées sous leur forme actuelle.
Le premier "ennemi extérieur" a été identifié en 2002 seulement : il s'agit de 29075 1950 DA, objet de taille kilométrique pour lequel un impact possible a été calculé pour le 16 mars 2880. Nos successeurs auront ainsi largement le temps de le dévier de sa route dangereuse si le besoin s'en fait vraiment sentir. Mais il faut savoir que fin 2007, le 500e NEA par ordre de Dm croissant avait 0.0067 UA, le 1000e 0.0168 UA et le 2000e 0.0478 UA, ce qui montre bien l'extraordinaire danger potentiel que constituent les astéroïdes qui frôlent la Terre à l'échelle de 10 000 ans. D'autres menaces plus pressantes que celle représentée par 1950 DA se présenteront durant les décennies et les siècles à venir. Désormais les PHA ne sont plus pris à la légère, et cela est une attitude de bon sens, une attitude responsable aussi. La B612 Foundation étudie tous les scénarios possibles pour parer à un impact calculé et détourner (plutôt que détruire) l'objet menaçant.
Car, quoi qu'en disent ceux qui ne connaissent pas les données du problème, il y a réellement menace. 5054 NEA étaient répertoriés fin 2007 et nos successeurs en connaîtront 100 000 à la fin du siècle (et même davantage si les progrès technologiques suivent le rythme qu'il ont connu depuis un quart de siècle). D'ici là, un nouveau Toungouska est loin d'être exclu. Il est certain que d'autres "ennemis extérieurs" auront été répertoriés, et détournés (ou détruits) si l'urgence l'exige. N'oublions jamais que près de 1 NEA sur 5 est un PHA, un objet dangereux pour la Terre à moyen terme (quelques centaines ou milliers d'années) et que plus de 1 NEA sur 10 est un OQC (objet sur une orbite de quasi-collision avec la Terre).
En conclusion, je rappellerai une
évidence : la menace du ciel est une réalité
d'hier, d'aujourd'hui et de demain... Une réalité de toujours,
en fait, comme je l'explique dans LA MENACE DU CIEL,
qui a souvent eu dans le passé et qui pourrait avoir encore des conséquences
incommensurables.
INFORMATIONS SUR INTERNET
Eight
Planets and New Solar System Designations (Astronomy Picture of the
Day Archive, septembre 2006)
What to do before
the asteroid strikes (Discover, novembre 2007)
All About Asteroids (document
space.com)
NewScientistSpace
- Comets & Asteroids (New Scientist, octobre 2007)
Predicting Apophis' Earth Encounters
in 2029 and 2036 (neo.jpl.nasa.gov, novembre 2007)
Predicting
the Earth encounters of 99942 Apophis (published paper JPL)
Mostly
dormant comets and their desintegration into meteoroid streams : a review
(Earth Moon Planet, octobre 2007)
NASA Studies Manned
Asteroid Mission (space.com, 16 novembre 2006)
1999
KW4 not a threat to Earth - at least for a thousand years (spacedaily.com,
16 novembre 2006)
Revised asteroid
scale aids understanding of impact risk (eurekalert.org, avril 2005)
How a Near-Earth
Object impact might affect society (article de Clark Chapman, janvier
2003)
Asteroid 2004 MN4 (neo.jpl/news)
Near-Earth Asteroid 2004
FH (neo.jpl/news)
Information on Near-Earth
Object AL00667 (Australian Spaceguard Survey, 20 février 2004)
Is the Sky Falling ?
(Skeptical Inquirer, may/june 1997)
Summer
Meteor Shower (Perseids) (science.nasa.gov, 19 juillet 2002)
Meteor
Storm Forecast (Leonids) (science.nasa.gov, 9 octobre 2002)
A
Rare Meteor Shower (Tucanides) (science.nasa.gov, 28 février
2003)
NASA's
New Asteroid Sentry Stands Watch (space.com, 14 mars 2002)
Asteroid buzzes
Earth from "blind spot" (newscientist.com, 15 mars 2002)
Caveat Impactor
(2002 NT7) (science.nasa.gov, 26 juillet 2002)
Earth's little brother
found (2002 AA29) (BBC News Online, 21 octobre 2002)
2002 AA29 Animations (neo.jpl.nasa.gov,
3 janvier 2003)
A UK Flotilla to Study
Earth-Grazing Asteroids (The Royal Astronomy Society, 1er avril 2003)
Reaching for the Asteroids
(The Royal Astronomy Society, 1er avril 2003)
The Curious
Tale of Asteroid Hermes (science.nasa.gov, 31 octobre 2003)
NASA Scientists Use Radar
to Detect Asteroid Force (neo.jpl.nasa.gov, 5 décembre 2003)
QUELQUES PHOTOGRAPHIES
Astronomy Picture
of the Day Archive (toutes les photos du ciel)
Planetary Photojournal de
la NASA
Our Busy Solar
System (Astronomy Picture of the Day Archive)
Asteroid 2007 TU24
Passes the Earth (Astronomy Picture of the Day Archive)
Asteroid Eros Reconstructed
(Astronomy Picture of the Day Archive)
Toutatis (neo.jpl.nasa)
Toutatis Nears Planet
Earth (Astronomy Picture of the Day Archive)
Asteroid 1998 KY26
(Astronomy Picture of the Day Archive)
Approaching Asteroid
Itokawa (Astronomy Picture of the Day Archive)
The missing craters
of asteroid Itokawa (Astronomy Picture of the Day Archive)
A Year of Assessing
Astronomical Hazards (Astronomy Picture of the Day Archive)
Crumbling Comet Schwassmann-Wachmann
3 Approaches (Astronomy Picture of the Day Archive)
Schwassmann-Wachmann
3 : Fragment B (Astronomy Picture of the Day Archive)
Comet Borrelly's Nucleus
(Astronomy Picture of the Day Archive)
Halley's Nucleus :
An Orbital Iceberg (Astronomy Picture of the Day Archive)
Comet Wild 2's Nucleus
from Stardust (Astronomy Picture of the Day Archive)
The nucleus of Comet
Tempel 1 (Astronomy Picture of the Day Archive)
Comet Holmes over Hungary
(Astronomy Picture of the Day Archive)
The Dust and Ion Tails
of Comet Hale-Bopp (Astronomy Picture of the Day Archive)
The Leonid Comet
(Astronomy Picture of the Day Archive)
A Sky Filled with Leonids
(Astronomy Picture of the Day Archive)
Leonids from Leo
(Astronomy Picture of the Day Archive)
Periodic Comet Swift-Tuttle
(Astronomy Picture of the Day Archive)
Comet 57P Falls to
Pieces (Astronomy Picture of the Day Archive)
Raining Perseids
(Astronomy Picture of the Day Archive)
A String of Pearls
(Astronomy Picture of the Day Archive)
Springtime Comet Fever
(Astronomy Picture of the Day Archive)
Comet NEAT Passes an
Erupting Sun (Astronomy Picture of the Day Archive)
The Regolith of Asteroid
Eros (Astronomy Picture of the Day Archive)
Liens vers Page d'accueil // Partie impactisme // Sites Internet