Les NEO (Near-Earth Objects)


Dans cette partie consacrée aux
NEO, le visiteur trouvera des données et des informations sur les astéroïdes et sur les comètes qui s'approchent de la Terre. Toute l'actualité peut être consultée sur le site de l' Australian Spaceguard Survey (actualité générale) et sur Asteroid/Comet Connection (actualité plus technique). Un résumé assez complet de l'histoire des NEA est disponible sur le site de l'Union Astronomique Internationale (article : Near Earth Asteroids Milestones).

Pour ce qui est du nombre d'objets connus, on est passé depuis 1998 au stade industriel avec la découverte de plusieurs centaines de nouveaux NEA (Near-Earth Asteroids) par an (994 en 2012, voir la distribution par quinzaines et par types). Le nombre historique, inimaginable il y a 25 ans, de 10 000 NEA a été atteint en août 2013. Les 9000 avaient été atteints en août 2012, les 8000 en juin 2011, les 7000 en juin 2010, les 6000 en février 2009, les 5000 en novembre 2007, les 4000 en mai 2006, les 3000 en septembre 2004, les 2000 en septembre 2002, les 1000 en avril 2000 et les 500 en mai 1998. Cela confirme que les nouveaux venus sont des objets parmi des dizaines de milliers d'autres qui sont accessibles. Les objets minuscules (avec H > 22.0) pullulent. Il est bien clair, aujourd'hui, que les 20 000 NEA sont un objectif possible pour l'an 2025. Les 11 000 NEA ont été atteints en mai 2014.

Les NEC (Near-Earth Comets), elles, restent rares puisque seulement 165 (dont une soixantaine de fragments de la comète 73P/Schwassmann-Wachmann 3, brisée en 1995 et en passe de désintégration) sont retenues le 31 juillet 2014. On entend par NEC les comètes périodiques avec une période de révolution inférieure à 200 ans et dont la distance périhélique est inférieure à 1.30 UA. Il faut signaler que des objets enregistrés d'abord comme des astéroïdes sont ensuite catalogués comme des comètes (très peu actives).

Les NEA et les NEC forment ensemble les NEO (Near-Earth Objects). Fin 2013, 10 482 NEA étaient répertoriés par le Minor Planet Center et 1574 NEA étaient numérotés (listes des éléments orbitaux, des découvertes, des noms, de la distribution par types orbitaux et sous types, et de la progression des numérotations). On a découvert 1037 nouveaux NEA en 2013, (soit une moyenne journalière extraordinaire de 2.84 objets) parmi lesquels 88 PHA (voir la distribution par quinzaines et par types). Depuis le début de 2014, 699 nouveaux NEA ont été découverts, parmi lesquels 53 PHA (voir la distribution par quinzaines et par types). Alain Maury, sur son site, a publié des statistiques concernant les découvertes de NEO avec des graphiques qui permettent de visualiser différents paramètres : 2011 NEO statistics. Pour connaître la signification des désignations provisoires, il faut consulter le tableau explicatif.

Le Minor Planet Center recense 11 180 NEA le 31 juillet 2014, dans trois listes différentes. Ils se répartissent ainsi : 869 Atens (7.77 %), 5558 Apollos (49.71 %) et 4753 Amors (42.51 %). Parmi ces objets, il y a 1499 PHA (Potentially Hazardous Asteroids) qui représentent 13.41 % du total (liste des PHA actuellement numérotés et leur distribution dans l'espace). Les PHA sont les NEA dont l'orbite s'approche à moins de 0.050 UA de l'orbite terrestre et qui ont H < 22.1 (H = 22.0 correspond à un diamètre moyen de 130 mètres, mais avec une fourchette de 100 mètres à 200 mètres selon le type physique et l'albédo, voir les équivalences H/d) ). Le 1000e PHA a été découvert en décembre 2008. Ainsi, plus de 1 NEA sur 7 est un PHA, ce qui est une proportion importante. Il faut signaler cependant que le pourcentage des PHA est constamment en baisse, du fait que l'on découvre de plus en plus de NEA minuscules, qui ne peuvent être des PHA par définition puisqu'ils ont H > 22.0. A noter que les objets de type Atira (qui ont leur orbite totalement intérieure à celle de la Terre) sont considérés comme faisant partie du type Aten, ce qui est tout à fait logique, puisqu'ils circulent sur une orbite avec un demi-grand axe a inférieur à 1.00 UA.

Les éléments des nouveaux NEA sont actualisés quotidiennement. Il existe également The NEO Confirmation Page qui prévient les observatoires des nouveaux objets à observer pour confirmer leur nature de NEO. Quasiment tous les anciens objets repérés finissent par être réobservés. En septembre et octobre 2007, on a retrouvé les deux NEA perdus les plus anciens : 6344 P-L (pas encore numéroté) et 5025 P-L (numéroté en novembre 2011 avec le numéro 306367 et qui a reçu le nom de Nut), objets du Palomar-Leiden Survey de 1960, perdus depuis 47 ans.

L'un des sites de base pour (presque) tout savoir sur les NEO est celui du Jet Propulsion Laboratory qui donne une multitude de renseignements. On y trouve surtout la liste complète des NEO (NEA, PHA et NEC) qui permet d'apprécier les éléments orbitaux sous différentes formes possibles (classement par nom, par a, e, i, etc.). On peut obtenir notamment les listes constamment actualisées classées par MOID, c'est-à-dire par ordre d'approches à l'orbite terrestre pour la période actuelle.

Le Minor Planet Center publie aussi des listes sur les approches passées et à venir :

Liste des plus fortes approches passées observées (objets ayant reçu une désignation provisoire) des NEA (avec distance minimale à la Terre < 0.010 UA). Cette liste est devenue pléthorique mais elle concerne des objets minuscules. A noter l'impact de 2008 TC3 le 7 octobre 2008 (voir la trace de l'impact dans l'atmosphère terrestre, le documentaire Choc d'astéroïdes et l'article The recovery of asteroid 2008 TC3). Cet impact a été suivi deux jours plus tard de l'approche très serrée de 2008 TS26 (0.000090 UA du centre de la Terre, soit à 7000 km de la surface terrestre). Dans les deux cas, il s'agissait d'objets ayant H > 30.0, c'est-à-dire de deux ou trois mètres de diamètre, sans aucune menace pour la Terre. Le premier NEA découvert en 2014, 2014 AA, a heurté la Terre le 2 janvier et s'est désintégré dans l'atmosphère. Il avait lui aussi deux ou trois mètres de diamètre. Ce genre de collision se produit en fait pratiquement une fois par semaine, mais n'est pas observé avant la collision. (A noter que le petit astéroïde qui a explosé au-dessus de Chelyabinsk en 2013 n'a pas reçu de désignation provisoire puisqu'il n'a pas été enregistré avant l'impact).

– Plus fortes approches observées des comètes (avec distance minimale à la Terre < 0.10 UA). A noter l'approche du 12 mai 2006 de la comète 73 P/ Schwassmann-Wachmann (et de ses multiples fragments). Cette liste rappelle que c'est la comète D/Lexell (1770 L1) qui a été le premier PHO (Potentially Hazardous Object) menaçant pour la Terre avec l'approche record du 1er juillet 1770 (0.0151 UA, soit 2.26 millions de kilomètres).

Les approches passées et à venir inférieures à 0.20 UA connues pour la période 1900-2178 sont recensées dans une liste mise à jour en permanence. A ce degré d'approche moyenne, cette liste devient pléthorique avec plusieurs centaines d'approches recensées.

– Les approches des PHA inférieures à 0.050 UA sont classées par Dm croissant dans une liste qui reste rassurante pour l'instant dans la mesure où aucun PHA connu n'est sur une orbite de collision calculée. L'un d'entre eux préoccupe cependant les astronomes : 99942 Apophis pour lequel une approche à 38 500 km du centre de la terre (soit 32 000 km de la surface terrestre) est prévue en avril 2029. Cet objet, actuellement du type Aten (a = 0.923 UA) et qui va devenir du type Apollo après l'approche de 2029 (a = 1.125 UA), pourrait s'avérer dangereux en 2036, lors de son approche suivante à la Terre.

On peut consulter l' Impact Risk Page du JPL (qui recense actuellement 508 NEA) corrélée à l'échelle de Torino. Quelques NEA ont deux approches très serrées possibles (< 0.010 UA) et sont particulièrement dangereux pour l'avenir. Il ne faut jamais oublier cependant qu' orbite de collision ne veut pas dire collision prochaine, mais seulement que les orbites de la Terre et de l'astéroïde ont un point de croisement commun. Pour qu'il y ait collision, il faudrait que les deux astres se présentent simultanément à ce point de croisement. On sait aujourd'hui qu'une collision avec un objet de dix mètres (H = 27.5) se produit quasiment annuellement, mais l'énergie dégagée est insignifiante à l'échelle terrestre et dans la majorité des cas l'objet est totalement détruit durant la traversée de l'atmosphère.

Le nombre des astéroïdes et des comètes connus augmente rapidement depuis la mise en place des stations automatiques de détection. La progression mensuelle, depuis avril 1995, du nombre d'objets répertoriés peut être visualisée dans la liste Archive Statistics du Minor Planet Center. En juillet 2014, il y a 401 810 astéroïdes numérotés (liste complète), parmi lesquels 141 815 (soit 35.29 % du total) découverts par LINEAR. Le nombre d'objets numérotés a décuplé en huit ans et le nombre de 250 000 a été atteint en septembre 2010 (voir la progression des numérotations). Les 400 000 ont été atteints en juillet 2014. Plus de 130 000 autres sont en attente de numérotation (car observés à au moins deux oppositions). On avait atteint en février 2008 le nombre de 400 000 astéroïdes recensés, les 500 000 l'ont été seulement deux ans plus tard, en février 2010 et les 600 000 en décembre 2012). Plus de 1 million d'astéroïdes sont potentiellement observables lors de leurs approches favorables et seront enregistrés au cours des prochaines années.

La progression des découvertes des différents types de NEA par observatoires est actualisée quotidiennement dans une liste spéciale. Dix surveys spécialisés se sont partagés ou se partagent encore actuellement les découvertes : huit américains : Spacewatch (le pionnier, opérationnel depuis 1989 et toujours performant), LINEAR, LONEOS, NEAT (tous les trois désormais hors-circuit), CATALINA, Mt. Lemmon (associé du précédent), Pan-STARRS (qui a démarré en 2010), DECam au Chili (qui démarre en 2014) et un australien : Siding Spring (associé de Catalina mais aussi désormais hors-circuit). En 2010, la sonde américaine WISE (Wide-Infrared Survey Explorer) a découvert 129 NEO dans l'infrarouge, et a repris du service fin 2013 après deux ans d'hibernation. L'Europe est quasi inexistante dans ce domaine de la recherche, seul le La Sagra Sky Survey découvre quelques NEA en Andalousie. Voir le palmarès des 10 dernières années pour comprendre le désintérêt de l'Europe.

La liste suivante donne les membres possibles de la famille Hephaistos, de loin la plus dangereuse pour la Terre durant les prochains millénaires. Il faut savoir que la Terre est dans une période de pollution cosmique depuis la désintégration du corps parent de la famille Hephaistos qui comporte au moins plusieurs milliers de membres, quelques-uns de taille kilométrique, des centaines de taille hectométrique et d'innombrables mini-fragments plus petits. Trois planètes sont concernées par de possibles retombées : Mercure, Vénus et la Terre.

Pour connaître l'histoire des deux premiers siècles de découvertes d'astéroïdes, lire l'article paru en janvier 2001 dans la revue l'Astronomie. Les 160 premières années, de 1801 à 1959, ont permis aux chasseurs d'astéroïdes (visuels puis photographes) et aux observatoires spécialisés de se mettre en évidence. Aujourd'hui quasiment oubliés, ils font partie de l'histoire des petites planètes. Gustav Witt, avec la découverte d'Eros en 1898, a été le premier d'une très nombreuse série d'astronomes découvreurs de NEA. On peut lire aussi une version plus complète mise à jour : L'histoire des petites planètes. Et aussi l'article paru dans L'astronomie de novembre 2013 : Les noms des astéroïdes, mis à jour fin 2013.


QUELQUES PHOTOGRAPHIES


Our Busy Solar System  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Asteroid Eros Reconstructed  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Toutatis  (neo.jpl.nasa)
Asteroid 1998 KY26  (Astronomy Picture of the Day Archive)
The missing craters of asteroid Itokawa  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Lutetia : The largest asteroid yet visited  (Astronomy Picture of the Day Archive)
P/2010 A2 : Unusual asteroid tail implies powerful collision  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Schwassmann-Wachmann 3 : Fragment B  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Comet Borrelly's Nucleus  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Halley's Nucleus : An Orbital Iceberg  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Comet Wild 2's Nucleus from Stardust  (Astronomy Picture of the Day Archive)
The nucleus of Comet Tempel 1  (Astronomy Picture of the Day Archive)
700 kilometers below comet Hartley 2  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Comet Holmes over Hungary  (Astronomy Picture of the Day Archive)
The Dust and Ion Tails of Comet Hale-Bopp  (Astronomy Picture of the Day Archive)
The Leonid Comet  (Astronomy Picture of the Day Archive)
A Sky Filled with Leonids  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Periodic Comet Swift-Tuttle  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Comet 57P Falls to Pieces  (Astronomy Picture of the Day Archive)
The meteor of 1860  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Fireball over Edmonton  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Le météore du Montana de 1972  (youtube.com)
Raining Perseids  (Astronomy Picture of the Day Archive)
A String of Pearls  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Springtime Comet Fever  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Comet NEAT Passes an Erupting Sun  (Astronomy Picture of the Day Archive)
The Regolith of Asteroid Eros  (Astronomy Picture of the Day Archive)
Asteroid 2012 DA14 passes the Earth  (Astronomy Picture of the Day Archive)
The great Russian meteor of 2013
 (Astronomy Picture of the Day Archive)
Chelyabinsk meteor flash
 (Astronomy Picture of the Day Archive)
Leonids over Monument Valley
 (Astronomy Picture of the Day Archive)

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