Pour moi qui avait hésité à venir
Françoise |
Pour
moi qui avais hésité à venir, passionnée que j’étais de vieilles
pierres…mais pas d’étoiles, la promesse d’un retour par Leptis
Magna, joyau architectural de l’Antiquité entre tous, avait finalement
emporté ma décision à participer à ce voyage.
Je ne sais pas si ce fut une « révélation
du ciel » mais au fond, j’ai ressenti bien plus que ce que les
sites archéologiques m’auraient offert : l’impression de
participer à un événement de l’univers.
Déjà, des images plein les yeux, la première
nuit à la belle étoile, avec au-dessus de soi comme un feu d’artifice
de perles de culture qui ne retomberaient jamais, une autre nuit où un
croissant de lune horizontal se détachait dans un ciel sombre, regardant
un coucher de soleil orange avec des palmiers comme dessinés en
filigrane... une image sortie de la calligraphie des « Mille et une
nuits »…
Puis arriva le grand jour : des centaines de
personnes sur un plateau dénudé et vierge sur 360 degrés, entre sable
et ciel, rien, seulement nous tous, venus du bout du monde pour quatre
minutes de communion dans le « grand frisson ».
J’ai d’abord ressenti : la baisse de
la température, que notre Pierre avec son calculomètre manuel mesurait
scrupuleusement toutes les dix minutes, comme un chercheur de la NASA sur
la Lune, le silence qui monte afin d’aider à la concentration, la
baisse de la luminosité, comme un film tourné en nuit américaine, où
l’atmosphère devient sombre comme avec des nuages….mais sans
nuages…, la fébrilité à se rapprocher toujours plus du grand moment.
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Et puis j’ai vu : la couronne solaire,
dont on me disait qu’elle était incroyable, géniale, extraordinaire,
pas possible, les larmes de Marthe, la stupéfaction de Serge comme si
c’était la première fois, béat et…silencieux (si, si !), l’étonnement
de nos chers touaregs qui étaient comme au cinéma, et ensuite l’empressement pour ne rien rater encore, à mesure
que la lune passait son chemin, les uns allant de leur télescope à celui
de l’autre, qui grossissait encore plus l’image. J’ai vu aussi le
bonheur des consorts, maris et femmes comme moi, étonnés eux-mêmes de
leur émotion, si grande …j’en avais la chair de poule, nous
avions tous la chair de poule.
Et
puis, ce fut fini et c’était
comme après les résultats du grand oral : on avait réussi, on y était
allés, les langues s’exprimaient à qui avait vu cela, et toi, t’as
vu ? Oui, oui et même que…On se regardait, incrédules d’y avoir
été… c’était déjà fini …il fallait encore en parler pour
que cela dure …Cela a duré longtemps. Mais c’était fini ;
heureusement les images, plus permanentes, et splendides autrement, que
nous eûmes du désert, ensuite, ont aidé à faire notre deuil, de par
leur majesté. |

Leptis Magna
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sabratah
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