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« J’ai
toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne
voit rien. On entend rien. Et cependant, quelque chose rayonne en
silence... »
Antoine de Saint Exupéry, « Le petit prince »
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Les
sables libyens
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Sable
de Tmassah |
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C’est
un sable très gros, de couleur claire, blond, plutôt
translucide avec des gains presque ronds.
La
petite densité des grains lui donne un aspect de semoule.
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Au
coucher du soleil, la lumière rasante créait des ombres portées
très contrastées. Nous avons beaucoup joué avec ce sable. On
l’a touché, fait glisser dans nos mains, entre nos doigts,
pris en photo. Son aspect et son touché « semoule »
éveillait notre curiosité ! C’était aussi notre première
vraie entrée dans le désert et c’était une façon de vérifier
que l’on ne rêvait pas, que l’on était bien là. |
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Sable
du volcan Waw An Namus |
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Ce
n’est pas du sable mais de petits morceaux de scories,
basaltes, dus à l’activité volcanique (voir l’onglet
« géologie ») . Ce sont des « grains »
très gros et qui sont mélangés à de petites pépites
d’olivine. C’est un matériaux très léger. En dessous de
cette couche de scories, nous retrouvons le sable « blanc »
et fin que l’on a rencontré avant d’arriver au volcan. Cela
créait des nuances de gris très fines. Nous avons appelé ce mélange
de gros grains noirs et de sable blanc « le sable poivre
et sel ». |
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Nous
avons été étonnés de voir que les endroits ou nous passions
et repassions redevenaient noirs. Le vent se chargeait de faire
disparaître les milliers de traces de roues des 4x4 qui zébraient
cette étendue noire. |
C’était
cette noirceur qui rendait le paysage très étrange. Le
contraste entre le noir, le « bleu » des lacs et la
végétation autour de ces lacs était vraiment saisissant. Le
sable nous renvoyait la chaleur, c’était assez oppressant.
Nous regardions de tous nos yeux ce paysage hallucinant,
incongru. Je pense que le volcan Waw An Namus est l’un des
plus beaux et plus étonnants endroits sur Terre. |
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Sable
du bivouac aux fossiles |
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Le
sable du bivouac le soir de l’éclipse était très fin. C’était
la première fois que l’on rencontrait du sable aussi fin et
aussi blanc. L’endroit était très surprenant puisque jonché
de divers fossiles : des huîtres, des coquillages, des
algues « incrustées » dans la pierre. Les roches
blanches dans le sol avaient été sculptées par le vent et le
sable, elles avaient un aspect un peu diaphane et tranchant,
comme des silex. |
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C’était
un sable extrêmement doux et qui se comportait comme de l’eau :
il « coulait ». C’était un paysage de dunes aux
courbes très douces et de plateau calcaire. C’était un
endroit magnifique qui couronnait la merveilleuse journée que
nous avions passé. |
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Sable
de l’erg Awbari |
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L’erg
Awbari est sans doute le paysage qui nous a le plus marqué :
c’est une mer de sable à perte de vue. |
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C’est
le sable le plus fin qu’on ai trouvé sur notre itinéraire.
Il est d’une finesse et d’une douceur incroyable. Nous étions
arrivé sur les lieux au couchant et la lumière du soleil déguisait
la réelle couleur du sable. Il est ocre, presque orange.
Les
ombres et la lumière soulignaient la succession de ces petites
montagnes de sable. Les ondulations très fines des vaguelettes,
le tranchant du sommet des dunes, le moindre creux, la moindre
rondeur est magnifié par la lumière du soleil couchant.
C’est très sensuel, et on resterait des heures à contempler
les nuances infinies de ces immenses dunes. |
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Autour
des lacs, on retrouve le même sable ocre agrémenté de petits
grains de sable ronds. Il a d’ailleurs un comportement très
étrange : des sortes de « falaises »
miniatures, à l’échelle d’un bras d’homme,
s’effondrent petit à petit, centimètres après centimètres,
créant des petites rivières de sable aux pieds de ces « falaises ».
C’est comme si, avec un peu d’imagination, on assistait à
la formation des falaises d’Etretat en accéléré. La
physique du sable est décidément étonnante ! |
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« Mais
alors qu’il est si simple de résumer le Sahara à du sable et des
cailloux, ce n’est qu’en allant à sa rencontre que l’on peut
mesurer la richesse d’un tel lieu. »
Fredéric,
membre de M78, participant au voyage.
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Géologie
du lieu de l'éclipse
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La
journée du mercredi 29 mars 2006 a été pour nous tous exceptionnelle.
L’éclipse totale a été évidemment le principal évènement de cette
journée. Au cours de l’après midi, nous avons aussi visité
le volcan Waw an Namus qui, a lui seul, constitue une expérience
rare.
Pas
facile de trouver des informations précises sur ce volcan, tout le monde
s’accorde à dire que Namus veut dire moustique, que ce volcan semble éteint
depuis environ 5000 ans et que le climat aride dans cette région limite
l’érosion, ce qui peut le faire paraître plus « jeune »
qu’il n’est réellement.
Nous
avons tous remarqué que ce
volcan ne domine pas tellement les environs, et qu’il faut réellement
se trouver sur la bordure de la caldeira pour comprendre à quoi nous
avons affaire.
Il
apparaît surtout une grande dépression de 4x3 km environ d’une
profondeur de 100 m avec au centre un piton qui a une hauteur de 120m.
Autour du piton central, 3 petits lacs entourés d’une végétation
fournie forment 3 petits oasis qui tranchent fortement sur le sol d’un
noir très profond.
Le
sol est constitué de basalte très sombre qui contraste fortement avec le
sable du désert environnant. En se penchant un peu plus en détail sur ce
sol, on trouve facilement des cristaux d’olivine, non ce n’est pas de
l’émeraude !
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L’olivine se trouve de façon très habituelle dans les
roches volcaniques
« Minéral
caractéristique des laves basiques (basaltes à olivines) et des roches
grenues ultrabasiques (péridotites et gabbros) »
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Après une petite hésitation,
nous descendons dans le volcan. Ah! quelle euphorie de courir dans le sable
noir. La question est « pourrons nous atteindre les lacs ? »,
malgré la menace annoncée des moustiques. Arrivés en bas, en effet, les
escadrons de volatiles commencent à apparaître. Plus on s’approche de
l’eau et plus il y en a. Notre cortège s’effiloche et seul un petit
groupe parvient sur le bord du lac, mais il n’est pas possible de s’éterniser,
les moustiques s’énervent et piquent sans sommations les bras dénudés.
C’est l’heure de la retraite et comme d’habitude c’est là que les
ennuis commencent. La remontée s’avère être bien pénible, dans le sol
meuble, on monte de 20 cm à chaque pas et on redescend de 10 avec le sable
qui s’effondre. Avec le basalte noir qui rayonne sa chaleur et le vent qui
ne vient plus nous rafraîchir dans cette cuvette, on se paye une bonne suée
pour sortir de là !
Mais au sommet les chauffeurs
nous amènent de l’eau fraîche et finalement, nous nous asseyons une dernière
fois sur le rebord du volcan pour contempler ce panorama d’exception.

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Je me demande un peu ce qui s’est passé ici quand ce
volcan était actif, vu la taille de cette dépression, cela a dû être un
sacré bazar ! Aucun témoignage historique n’est remonté jusqu’à
nous d’une éruption de ce volcan, bien qu’il a pu être en activité du
temps des pharaons. C’est vrai qu’il est un peu isolé cet endroit, à 600
km à vol d’oiseau de la mer.
Difficile de s’imaginer en effet ce qui s’est passé
ici. Cette immense dépression est en réalité une caldeira qui résulte de
l’effondrement de la chambre magmatique. A la suite des éruptions qui se
sont produites dans le passé, la chambre magmatique qui se trouvait sous le
volcan s’est vidée puis effondrée. Ensuite un reliquat d’activité a
formé le piton central, qui lui possède un cratère en son centre. Ensuite
le volcan s’est assoupi, jusqu’à quand ? L’eau chaude des lacs
nous prouve que tout n’est pas complètement refroidi là-dessous !

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Après avoir roulé, guerre plus d’une heure après la
visite du volcan, nous nous sommes arrêtés dans un nouvel endroit magnifique,
constitué d’une sorte de plateau érodé où se détachaient quelques pitons
isolés. En terme géologique, il s’agit d’une structure aclinale (ou
tabulaire): un plateau érodé où ne subsistent que des buttes témoins.
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Nous avons stationné les 4x4 au
pied du plateau et nous avons gravi
les pentes pour essayer de trouver un point de vue plus dégagé. Nous avons
vite remarqué que le plateau était calcaire, signe que jadis une mer chaude et
peu profonde existait à cet endroit. Comme pour confirmer cette idée, nous
avons trouvé plein d’huîtres fossilisées, carrément des gisements. Les
plaques de calcaire ont des formes bizarres, sculptées par le vent et le sable.
Certaines ont la forme d’aiguilles ou de plaques très fines, fragiles, elles
cassent sous nos pas. D’autres font un bruit métallique quand on les choque,
ce sont des sonolithes.
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Une fois arrivé sur le haut du
plateau, nous avons eu effectivement une vision très sympathique des environs,
des restes du plateau original et des dunes qui ondulent parmi ces structures.
Se dégage de tout cela une étrange harmonie.
Dans ce ciel toujours aussi
bleu, la lumière commence à baisser doucement à mesure que le soleil se
rapproche de l’horizon.
C’est l’heure de la
contemplation, nous nous asseyons dans le sable et attendons le coucher du
soleil. Les ombres s’allongent, la chaleur se fait moins pressante. Nous le
regardons descendre progressivement et comme un grand acteur qui joue les dernières
scènes de son spectacle, nous sommes déjà près à l’applaudir pour le numéro
fantastique qu’il nous a joué aujourd’hui. Et l’acteur ne rate pas sa sortie car au dernier moment il
nous gratifie d’un joli petit rayon vert !
Nous recherchons ensuite sa
comparse du jour la Lune, mais elle, plus discrète, quitte la scène sans nous
dire au revoir ! Malgré des recherches aux jumelles, nous ne parvenons pas
à apercevoir le moindre croissant (âgé de moins de 10h, nos chances de
l’apercevoir étaient quasi nulles).
Ce soir là tout le monde se
sentira plus décontracté, nous avons vu cette éclipse dont nous rêvions
depuis si longtemps, les chauffeurs ont réussi leur principale mission qui était
de nous acheminer sur les lieux de l’éclipse dans les temps. Après les
tensions de la veille et la pagaille du lendemain, c’est la soirée la plus
sympathique. Après dîner, les chauffeurs nous invitent à boire le thé et
chantent ensemble des airs de leur pays. Nous aussi sommes amenés à pousser la
chansonnette.
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Tout cela s’est passé la même journée, le 29 mars 2006. Une journée
que je n’oublierais jamais…
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