
Cet accessoire est une précieuse option que je vous conseille vivement. Elle procure un réel confort d’observation. On dispose ainsi d’un véritable suivi motorisé d'environ 1h20. Une mise en station sommaire ultra-rapide est tout à fait suffisante pour une utilisation en visuel. Si sa conception peut sembler ardue, sa réalisation est des plus basique et son coût dérisoire.
concept de baseLes planchettes équatoriales fonctionnent toutes sur le même principe,
décri en détail sur de nombreux sites. |
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Plusieurs type de planchettes sont possibles.
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Les plus basiques comprennent une rotule sur l’axe de rotation au sud et un secteur semi-circulaire au nord. Si la fabrication est des plus rudimentaire, elles ont le défaut d’un encombrement plus important si on veut (et on doit) respecter que la position du centre de gravite passe par l’axe de rotation. |
Pour gagner en compacité sur le même principe, il suffit de mettre un deuxième secteur
circulaire au sud à la place de la rotule. On positionne ainsi la hauteur de l’axe de rotation à sa guise. |
Une belle alternative est de transformer le secteur circulaire nord par 2 petites portions de « coniques » verticales, c'est le VNS (Vertical Nord Sector). Ainsi, les galets porteurs - qui peuvent être motorisés - sont à l’horizontal. Mécaniquement, ça travaille mieux. Si on souhaite faire l’entraînement horaire par les galets, l’implantation de la motorisation est facilitée. Enfin, l’ensemble gagne encore en compacité. |
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Il y a 3 façons de reprendre les efforts générés par le poids
de l’instrument par les galets de roulement. |
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Deux possibilités s’offrent à nous :
- soit on motorise directement un ou plusieurs des galets porteurs.
L’entraînement se fait par simple friction. Il n’y à rien à débrayer
en fin de course et à la réinitialisation du système.
- Soit par un entraînement direct sur un autre secteur circulaire,
généralement par vis sans fin ou par secteur lisse et écrou
« tireur ». Si cette option garantit la transmission, elle oblige un système
de débrayage en fin de course.
La plate-forme est conçue avec un angle de 45° pour l’axe de rotation horaire et cela pour 2 raisons. D’abord, l’instrument étant destiné à voyager, il doit permettre quelques variations de latitude. Ainsi en région parisienne, il suffit de rehausser les 2 pieds nord pour incliner la plate-forme de 4 ° supplémentaires. En voyage dans le sud de l’Europe, on rehaussera le pied au sud. Ensuite, un angle de 45° est bien plus facile à tracer pour la construction.
Pour nos STROCK, j’ai choisi de faire un VNS avec une motorisation par les galets.
Cela me semble aller avec le souci de compacité et de rationalisation qui a toujours
été de mise lors de la conception de l’instrument optique.
La plate-forme se compose de 2 parties.
- L’embase supérieure sert de socle au télescope. Elle est équipée en face supérieure
de son pivot central et des 3 patins de téflon. Sur la face inférieure se trouvent le secteur
semi–circulaire sud et les 2 secteurs verticaux nord. Tout le secret de cette machine réside
dans ces 3 éléments. Mais qu’on se rassure, le procédé de fabrication est des plus simple,
comme nous le verrons plus loin.
- La base inférieure est équipée des galets de roulement. Leurs positions relatives
conditionnent un fonctionnement correct de la machine. Un de ces galet est motorisé et
transmet le mouvement horaire par simple friction. Un boîtier de piles et une électronique
sommaire de commande trouvent leur place ici. 3 pieds réglables en hauteur assurent une bonne
assise avec le sol.
Pour respecter les principes isostatiques, nous allons bloquer 5 degrés de liberté, le 6ème
resté libre assurera la rotation de l'ensemble. On considère que chaque galets bloque 1
dégré de liberté. Il nous faut donc 5 galets en tout. 1 sera placé sous chaque secteur
vertical, 2 répartis sur le champ du secteur semi-circulaire sud et 1 en en butée, sur sa face plane.
Leur emplacement permettra un débattement de 20°, conrrespondant à 1h20 de suivi.
J’ai cherché la simplicité maximale. Ici, pas de moteur pas-à-pas ou autre complexité électronique d’asservissement. On utilise un moteur à courant continu associé à une grosse démultiplication par cascade d’engrenages. Le moteur tournant à bon régime, on dispose pleinement de son couple et de sa régularité de mouvement. Un variateur de tension basique permet le réglage fin de l’entraînement.
Se reporter au plan coté pour le traçage et la découpe de la planche. Bien repérer l’axe longitudinal, l’emplacement du pivot et des 3 patins de téflon qui devront correspondre à la surface de frottement du dessous du rocker.
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Découper selon le plan coté ces 2 planchettes. La découpe de la «conique» doit être la plus généreuse possible, de l’ordre de 4-5 mm. Sa forme définitive s’obtiendra plus tard. Visser, coller à l’Epoxy sur champ ces 2 secteurs bien d’équerre sur la planchette.
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Tracer et découpez ce secteur. Là aussi, la découpe circulaire doit être un peu plus généreuse que la cote finale théorique de 135 mm de rayon. La finition de ce secteur ce fera ultérieuement par ponçage. Scier, raboter ou limer à 45° la corde du secteur afin qu’il s’applique bien sur la planchette. Débiter les 2 goussets en s’appliquant à la réalisation de l’angle à 45°. Coller, visser ces goussets sur le secteur, puis l'ensemble obtenu sur la planchette en vérifiant bien la position par rapport à l’axe longitudinal, la corde doit être perpendiculaire. |
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Pour ce faire, nous allons faire un montage pour matérialiser l’axe de rotation horaire. |
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On va poser le coté d’une ponceuse à bande sur une planchette et on va vérifier soigneusement
la perpendicularité de la semelle de ponçage. Un simple bridage par appui à la main doit suffire pour tenir
la machine bien calée sur sa planchette.
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Pour le secteur sud, on calera verticalement le tasseau sur la planche de base. Il faudra juste faire
attention à caler tout ce montage pour travailler que sur le bord de la ponceuse, afin de ne pas être
gêné par la planchette elle-même. |
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Pour solidifier ces surfaces, nous allons les durcir en imprégnant les champs des secteurs de CTP
avec de l’Epoxy après les avoir um peu humidifiés avec de l’alcool à brûler. Passer un chiffon légèrement
imbibé d’alcool sur la surface encollée pour bien faire pénétrer la résine dans le bois. Recommencer
jusqu'à être certain que tous les trous soient comblés.
Une fois bien sec, réutiliser le montage pour une finition très légère du ponçage.
C’est de la peau de fesse !
Tracer et découper la planche selon le plan coté. Repérer l’axe longitudinal et les 2 axes des galets des secteurs verticaux nord. Ils doivent converger vers le point matérialisant l’extrémité du cône, en dehors de la planche. |
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Il nous faut partir de cet élément pour dimensionner les positions respectives des autres composants. La hauteur de l’axe de sortie déterminera la hauteur de l’axe des galets nord, donc la hauteur totale du système en fonction de leur diamètre retenu. L’implantation des galets sud devra assurer l’horizontalité de la planchette supérieure.
J’ai choisi d’utiliser un servo-moteur de radio-modélisme pour son faible encombrement, sa tension d’utilisation de l’ordre de 5 V et de sa démultiplication intégrée. Voici la méthode de modification.
Il faut ouvrir le servo pour effectuer quelques opérations. |
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Il faut se procurer 3 petits roulements à billes de 6 à 8 mm de diamètre externe. Une auscultation sérieuse d’une vieille imprimante ou photocopieur est une mine inépuisable de petits composants intéressants, roulements, visserie, connecteurs, interrupteurs… |
Un peu de calcul s’impose ici.
Nous connaissons maintenant 4 données :
- la vitesse sidérale (Vs), ne chipotons pas et prenons 1tr/24h soit 1tr/1440 mn .
- le diamètre (D) légèrement approximatif des 2 secteurs sud (ce sont des coniques…).
Il est matérialisé par le trait rouge du schéma du paragraphe « position des galets sur les secteurs ». Certains anglo-saxons appellent ce cercle le TNBC (True North Bearing Circle). Dans notre cas, il mesure 716 mm.
- Le diamètre (d) des paliers nord. Dans mon cas, 8 mm.
- La vitesse de rotation (Vm) de notre moto-réducteur. Il faut chronométrer le temps en seconde nécessaire pour effectuer 10 tours, le moteur étant alimenté par une pile de 4,5 V. Il suffit de diviser 600 par la valeur mesurée pour avoir sa vitesse en tr/mn.
La vitesse de rotation du galet (Vg) est donc dans ce cas :
D /(d x Vs) soit 0,062 tr/mn ou encore 16 mn/tr, à un poil près.
On constate que ce résultat est bien inférieur à la vitesse mesurée de notre moto-réducteur. Il nous faut donc ajouter une démultiplication supplémentaire dont le rapport exact est de Vg/Vm.
Pour ce faire, nous allons utiliser la démultiplication d’un deuxième servo-moteur. Dans mon cas, j’ai conservé l’intégralité de la cascade de pignons pour avoir en sortie un vitesse de l’ordre de 10 mn/tr. La vitesse sera modifié par une légère baisse de la tension, soit :
10 x 4,5 / 16 = 2,8 V. Mon moteur travaille encore dans une plage correcte de fonctionnement. On aurait pu envisager de diminuer le diamètre du galet.
Il faut retourner à nos travaux de chirurgie et disséquer un deuxième servo :
- on ne conserve que les éléments supérieurs du boîtier correspondant à la démultiplication.
- On récupère le pignon de sortie du moteur.
- Comme pour la première intervention, on ôte les 2 butées de débattement et le potentiomètre.
On possède entre les mains un joli réducteur qui a le bonheur de s’adapter parfaitement sur notre moto-réducteur.
On assure la transmission mécanique entre ces 2 éléments comme suit :
- Manchonner à force un axe (tige en laiton ou corde à piano) dans le pignon récupéré sur le 2ème servo. Une petite soudure ou un collage peut être nécessaire.
- Manchonner à force cet axe équipé du pignon sur l’axe de sortie du premier moto-réducteur. Cette opération est grandement facilité par la présence d’un trou taraudé en son milieu, prévu initialement pour la fixation des guignols de commande du servo. Un collage peut s’avérer nécessaire. Bien régler la hauteur du pignon pour qu’il s’engrène bien.
- Se débrouiller d’une façon ou d’un autre pour assurer le guidage de cet axe au niveau du boîtier de démultiplication. J’ai prolongé un peu cet axe pour qu’il vienne se loger dans le trou d’un palier existant.
- Raccorder les 2 éléments, moto-réducteur et démultiplication en utilisant les grandes vis d’assemblages existantes et quelques points de colle cyano.
Il suffit de manchonner à force le galet sur l’axe de sortie.
La motorisation est finie et peut être installée sur la planchette. Le couple est énorme, le moteur ne calera pas !
NOTA : on voit que sur le même principe, on aurait pu attaquer le bloc de démultiplication à un autre
étage de la cascade d’engrenage et modifier en conséquence le rapport de réduction. Il suffisait de manchonner à
force l’axe de liaison métallique directement sur le pignon de son choix en perçant et faisant déboucher le trou
de son palier du boîtier en plastique. Dans ce cas, les 2 éléments ne seraient pas alignés entre eux, mais ça
n’aurait aucune conséquence fâcheuse.
Les 2 galets doivent avoir une longueur suffisante pour permettre le glissement des secteurs verticaux lors de la rotation. Ils sont positionnés au centre des secteurs pour utiliser l'intégralité du débattement disponible. La motorisation est placée à champ sur la planche inférieure. Ainsi, elle est bien protégée. Je l’ai fixée par 2 petites équerres en alu. J’aurai pu aussi la coller directement sur la planchette inférieure avec du scotch double face. Il faut juste s’assurer de la bonne orientation de l’axe des galets et du moto-réducteur vers le sommet virtuel du cône de référence.
3 roulements à billes sont ici aussi nécessaires. J’ai choisi des roulements de roller, très largement
surdimensionnés dans notre cas. Mais à cet emplacement nous n’avons pas de contrainte de dimension… |
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Il nous faut être en mesure de faire varier la tension d’alimentation du moteur. Qu’on se rassure, ici,
point d’électronique complexe. |
- On constate que le système d’entraînement est tributaire de la qualité de l’adhérence du galet moteur sur le secteur lisse. Pour augmenter le « grip », j’ai collé à la néoprène une bande de caoutchouc récupérée sur une chambre à air de vélo. D’autres solutions sont possibles. A voir aussi au niveau du galet d’entraînement, en utilisant ceux d’une d’imprimante par exemple…
- Il est confortable de mettre 2 butées de débattement en fin de course pour éviter les déraillements intempestifs. Ca peut être 2 petites vis ou n’importe quoi fixé à 2 extrémités de son choix des secteurs lisses.
- Coller 3 patins de téflon sur la planchette supérieure et matérialiser l’axe de rotation vertical du télescope par une vis M4 (idem que pour le socle du télescope).
- Mettre 3 inserts filetés M8 sous la planchette inférieure dans lesquels on placera des vis qui feront office de pieds réglables.
- Pour faciliter la mise en station, je vous conseille vivement de coller une boussole sur la planchette inférieure (scotch double face) en l’orientant précisément sur l’axe longitudinal.
Il ne reste plus qu’a passer du verni, de la peinture ou de la lasure sur votre œuvre pour aller l’étrenner !
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Pour du visuel, ne nous prenons pas le choux. On cherche juste à garder l’objet dans le champ de
l’oculaire un gros paquet de minutes. |
Ces deux réglages fait, vous n’avez plus qu’à poser le télescope dessus, caler le système sur sa butée à l’est, mettre en route le moteur et observer dans le plus parfait des conforts.
Le potentiomètre permettra d’affiner et d’ajuster précisément la vitesse de rotation.
Vous pourrez toujours affiner la mise en station par la célèbrissime méthode de Bigourdan si le besoin s’en fait sentir
(s’écrire le petit protocole qui va bien).