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Astronomie Amateur & Observation Visuelle

Eclipses de Soleil

Eclipse 2019

Une aventure exceptionnelle avec les copains du club dans la Puna Argentine pour l'éclipse totale de Soleil du 2 juillet. 3 semaines d'un périple aventureux autant que passionnant, des paysages grandioses, un peuple chaleureux, des campements bien râpeux, un passage à presque 5000m, et en point d'orgue, cette magnifique éclipse en fin de journée, à 10° au-dessus de l'horizon façonné par les proches sommets andins. Des conditions météo parfaites pour cette observation réalisée avec la Swarosky 80ED. Bien moins explosive que les précédentes, moins étendue et moins structurée, elle n'en offrait pas moins deux superbes éventails de jets polaires et un festival de protubérances à l'approche du 3° contact. Le spectacle s'acheva avec la disparition de l'astre cornu derrière les sommets où tourbillonnaient des embruns neigeux.

dessin eclipse de soleil 2019 totalite
dessin eclipse de soleil 2019
dessin eclipse de soleil 2019

Eclipse 2017

Avec le club, nous avons observé cette éclipse dans l'état de l'Oregon à la fameuse OSP, la star party de l'Oregon.
Cependant, l'excentrement du site nous fait perdre trente secondes d'observation. C'est pourquoi la veille au soir, nous quittons les lieux avec Pierre, Cyrillounet et Elyane et remontons vers la ligne de centralité et nous installons sur un flanc de colline désert au bord d'une piste. Alors que nous nous attendions à une déferlante humaine, nous sommes ici seuls au monde.
La nuit est magique, on dort à la belle étoile, l'oeil scotché sur une voûte céleste enchanteresse. Réveillé dès l'aube, tout semble m'échapper, comme si j'étais passé en mode automatique. Pierre égrène : cinq... quatre... trois... deux... un... zéro... moins un... moins deux... moins trois... top, premier contact vu ! Premier dessin, celui du Soleil tout juste touché, avec deux chapelets de belles taches et quelques facules. J'entame le second dessin illustrant les collines boisées alentours. Les suivants témoignent de l'avancée de Séléné dont on perçoit nettement le relief au niveau du limbe.
Je veux jouir pleinement de la totalité avec une vision préparée aux basses lumières. Pour cela, je délaisse l'observation directe du Soleil et je chausse mes lunettes " oeil-de-chat " un quart d'heure avant la conjonction. Elles sont bricolées avec des caches en forme de fente étroite ne laissant passer que le strict minimum de lumière.
Je me jette à la dernière fraction seconde sur la lunette pour saisir fugacement le dernier grain de Bailly, sublime : alors qu'il étincelle, la couronne diffuse déjà ses lueurs, magnifiée d'une protubérance et d'un liseré irrégulier de chromosphère rose électrique.
Deux panaches principaux d'un côté, un de l'autre dessinent une pointe de flèche - ou la tête du renard du Petit Prince. Des plumets évanescents s'enchevêtrent dans cette structure vif-argent délicatement diaphane. Les jets polaires en larges queues de paon sont d'une complexité remarquable. Je saute de la lunette L80x25 au télescope T250x125, ce dernier offrant une vision détaillée avec une texture filandreuse affirmée. Vaste et complexe à la fois, elle surpasse les autres éclipses que j'ai pu contempler.
Les secondes s'égrainent et, machinale, la main trace sur le papier des lignes tremblotantes et imprécises : je n'y arrive pas et ça m'échappe ! Il faut se ressaisir. Tant bien que mal, l'esquisse prend forme et se précise. Le chronomètre défile et je ne me polarise que sur la couronne, cherchant à noter et mémoriser le maximum de détails. Cent vingt et une secondes, pas une de plus...
Au troisième contact, je jette sur le papier avec frénésie cette vision mémorisée avant qu'elle ne se dilue de mon esprit.
C'est fini, je suis vidé mais radieux. J'imagine qu'au même instant, des millions de photos ont été prises, mais nous sommes probablement bien peu à avoir immortalisé cette éclipse à la pointe du crayon. On se donne rendez-vous pour celle de juillet 2019 au Chili !

Epilogue : Sur le vol du retour vers la France, on contemple par le hublot la féérie d'une nuit électrique où dansent et virevoltent les aurores boréales.

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Eclipse 2012

L'éclipse totale de Soleil de 2012 fut un bon prétexte pour aller courir l'aventure en Australie avec les copains du club, sur un parcours de 4500km reliant Sydney à Cairns.
Craignant une affluence (qui n'aura pas lieu), nous décidons d'investir les lieux l'avant-veille de l'évènement. Sur la base d'images d'archives météo, Jean Marc Lecleire que nous retrouvons sur place a jugé opportun de quitter le littoral de Port Douglas préférant l'arrière-pays - ce qui s'est avéré judicieux. Nous prenons le temps de dénicher un lieu d'observation idéal, avec un horizon bien dégagé à l'est et en hauteur, où l'on peut vivre pépère le temps de l'attente, dans ce foutu pays où le rhum est autant hors de prix que peu goûtu.
Réveil en fanfare dès 3 heures du matin pour monter les instruments, les régler, profiter quelques instants des merveilles australes quand déjà pointe l'aube. Sauf quelques cirrus, le ciel est dégagé et seule une fine bande nuageuse s'accroche au loin sur les collines. L'horizon s'éclaircit, rosit puis jaunit et de derrière ces nuées, émerge un Soleil déjà entammé, les bords bien cabossés par la turbulence.
A intervalles pifométriquement réguliers, je dessine l'avancée de la Lune devant le Soleil, masquant progressivement des groupes de tâches solaires, bien visibles à la L80x40 et filtre polyamide. La gorge se serre davantage avec l'évolution du phénomène. L'ambiance devient magique, la lumière du jour naissant s'accoquinant à merveille avec les facéties lumineuses de l'éclipse. C'est blafard, électrique, mais avec des teintes un peu chaudes. Ca s'accélère, ça bascule, les ombres volantes s'agitent follement. Le paysage se fait décor de théâtre, la couronne devient visible, l'ombre se jette sur nous, j'arrache le filtre, saisis les grains de Bailly, la chromosphère rose fuchsia s'affirme sur ces formidables perles de lumières et l'image sublime du Soleil noir irradié s'étale sur cette portion de nuit circumsolaire au même instant où crépite dans mon cul les appareils photos de Jean-Marc dans une cadence inimaginable.
Je déguste cette éclipse explosive, violente, très dense et contrastée, la basse couronne étant particulièrement lumineuse et les panaches partant de toutes parts. La chromosphère et de nombreuses protubérances sont très visibles. Le dessin est périlleux car les 120 secondes de totalité sont comptées, la perception du phénomène évolue rapidement selon la position des deux astres entre eux et en fonction de l'adaptation en vision crépusculaire. Je prends 15 secondes pour observer la basse couronne et la chromosphère au T400-cx80. La vision est extraordinaire, d'une intensité incomparable, avec des détails aussi évidents que surprenants. De suite, je constate que je me suis trompé de programme : je n'aurais du dessiner qu'une portion de Soleil avec le maximum de résolution en privilégiant le gros télescope, car ce genre d'observation est rare. Je note une légère lumière cendrée. Je mémorise deux formations turbulentes au voisinage des deux protubérances les plus remarquables, ainsi qu'une sensation de voiles filamenteux enchevêtrés de façon assez complexe.
Je me délecte quelques poignées de secondes sur le tableau surréaliste du paysage qu'on embrasse d'un large regard quand déjà on annonce le troisième contact dans moins de quinze secondes. Je me replonge dans l'oculaire de la lunette et tente de mémoriser le maximum d'informations, de noter avec le plus de précision les trop nombreuses caractéristiques que je découvre quand déjà la chromosphère s'affirme davantage et le flash insupportable du retour du Soleil annonce la fin du phénomène, accompagnée d'une clameur collective comparable à celle d'un troupeau de bestiaux ravis.
Très vite, je dessine et tente de reproduire au mieux la vision fugitive qui déjà s'évanouit dans mon esprit. En quelques minutes, j'aurai épuisé mon souvenir et il faut s'en tenir là au risque de s'égarer. Le reste n'est que fignolage et peaufinage.
C'est fini, je suis vidé, ce fut extraordinaire. J'ai vraiment apprécié cette belle éclipse si particulière (elles le sont toutes !)
Décidemment, 2012 aura été marqué par les jeux de cache-cache qu'offre la mécanique planétaire : une occultation de Jupiter, une éclipse partielle de Lune, le transit de Vénus et la totale du Soleil, la besace est bien pleine !

dessin eclipse de soleil 2012 chapelet dessin eclipse de soleil 2012 totalite

Eclipse 2009

De retour en Chine pour l'éclipse du siècle, celle du 22 juillet 2009 et encore une fois, un formidable périple organisé par la SAF. En fin de période de mousson, le lieu d'observation est très délicat à choisir. Les statistiques météo nous font préférer la proche région de Shanghai. Fort judicieusement, nous avons prévu un bus pour disposer d'une certaine latitude de mobilité afin d'ajuster notre position au dernier moment. La veille de l'éclipse, un violent orage éclate comme l'annoncent les prévisions. Il est impératif de bouger vers le Sud-ouest à 300 km de là. Une couverture nuageuse nous prive du lever de soleil mais en montant dans le ciel, il apparait enfin dans une zone épargnée. Le premier contact est détecté à la seconde près mais à 30 mn du 2ème contact, des voiles d'altitude pommelés filtrent un soleil déjà bien entamé par la Lune. La lumière baisse et l'allumage de l'éclairage au sodium de l'aire d'autoroute où nous sommes nous prive de l'ambiance si particulière de cette lumière blafarde caractéristique avant la totalité. Les planètes et les étoiles sont invisibles. En revanche, les 2ème et 3éme contacts sont magnifiques, atténués tout en douceur par ces nuages. J'ai pu observer sans filtre à la L80x20 le dernier rai de lumière et la fabuleuse apparition de la chromosphère rose. Seule la très basse couronne transperce et irradie les proches nuées, attestant d'un flux lumineux certain. Il est quasi impossible d'en deviner la forme générale et les extensions des divers plumets, se noyant, se modifiant et s'emmêlant au gré de l'évolution rapide des nuages. Au moment du maximum, l'envie de tout arrêter me prend devant cette esquisse qui m'échappe. C'est alors qu'apparait une magnifique protubérance sur une chromosphère qui ne fait que s'étendre à l'approche du 3ème contact, me redonnant l'envie de poursuivre ce travail et retranscrire cette vision peu banale. Le diamant est splendide, suivit d'un beau chapelet de grains de Bailly, facile à suivre sans filtre pendant de nombreuses secondes. Bien que sur le coup, j'ai ressenti une certaine déception devant ce spectacle gâché par les nuages, je le savoure d'avantage à postériori, heureux d'avoir été parmi les rares privilégiés à l'avoir vu dans son intégralité.

dessin eclipse de soleil 2009 totalite

Eclipse 2008

Eclipse du 2 août 2008, observée en Chine lors d'un mémorable périple organisé par la SAF sur la route de la soie. Une éclipse d'une rare beauté tant par l'étendue de sa couronne légèrement dissymétrique, que par cette remarquable protubérance, ces superbes couleurs crépusculaires dans le désert de Gobi.
J'ai tenté durant ces trop rapides 120 secondes, un dessin à la L80x20 qui ne peut être qu'une pâle évocation et non une reproduction fidèle du phénomène.
Installé depuis le matin sous un soleil de plomb, je scrute avec angoisse un petit nuage qui petit à petit, ne fait que grossir durant la journée. A 10 mn de la totalité, le fin croisant est masqué. Je prends la décision de courir vers une zone encore ensoleillée située à 1000 mètres de là. Mais la totalité approchant, ce coquin se dégonfle et la zone que je viens de quitter est à présent dégagée alors que je suis toujours sous le couvert ! Instant d'abattement total car il n'est plus temps de revenir. Mais enfin, à quelques poignées de secondes de la totalité, le ciel se dégage aussi pour moi. Il est impossible de décrire l'émotion ressentie en ce moment précis et je crois avoir perdu une bonne dizaine de secondes à m'en remettre, avant de me jeter fébrilement sur la feuille de papier blanc. Avec frénésie, je note la forme générale de la couronne joliment dissymétrique, mémorise les contours des diverses extensions, apprécie la différence entre les plumets au nord plus courbés que ceux du sud. Je note une étoile du Cancer vers l'ouest. Au fil du temps, la vision s'améliore sensiblement. Aux derniers instants, une magnifique protubérance et une fine chromosphère rose vif m'apparaissent franchement.

dessin eclipse de soleil 2008 totalite

Eclipse 2006

Eclipse totale du 26 mars 2006, dans le désert Libyen, au sud est du volcan Waw Enamous. Une aventure exceptionnelle que nous avons vécue avec 14 copains(es) du club. Découverte d'un pays, du Sahara, d'un autre mode de vie. Course effrénée des 4x4 dans la poussière pour être présent sur le site au bon moment. Une ambiance indescriptible, assombrissement du ciel, apparition de Vénus, des ombres volantes partout, les premiers grains de Bailly, arrachage des filtres et ça y est ! Couronne solaire énorme, nombreuses protubérances dont la visibilité évoluera au fil du phénomène selon de déplacement de la lune.
J'ai tenté ce croquis, évoquant à l'ère du numérique une astronomie d'une autre époque, ambiance 1900, à l'oculaire de la longue vue L80 pour la couronne et de l'ETX x100 pour les protubérances. Les 4 minutes sont passées comme un éclair. Je n'ai eu le temps que de marquer au mieux le contour des différents panaches. Tout de suite après la totalité, l'image encore en mémoire, j'ai apporté la texture particulière et les finitions pour ce résultat étrange...

dessin eclipse de soleil 2006 totalite

Eclipse 2005

Eclipse annulaire du 3 octobre 2005, à Alcala del Jucar en Espagne sur la ligne de centralité. Photomontage réalisé à partir de 3 clichés pour couvrir l'intégralité du chapelet et d'un pour le paysage. Canon EOS 10, zoom 100-300 calé sur 135 mm à F/D 8, filtre Astrosolar. Programmé pour 9 surimpressions par image à 6 minutes d'intervalle. Dommage que ma montre n'était pas précisément à l'heure pour saisir le moment exact de la centralité.

photo chapelet eclipse annulaire de soleil 2005

Eclipse 1999

11 Aout 1999, ma première éclipse totale avec les copains du club, celle qui déclenchera l'envie d'en voir bien d'autres. Nous partîmes la veille au soir sous une météo d'apocalypse pour camper directement sur place, près de Beauvais au petit hameau de la Houssoye, quasiment sur la ligne de centralité.
A dix heures du matin, le ciel est toujours bouché. On aperçoit vers l'ouest une minuscule trouée bleue. Il y a déjà beaucoup de monde le long des routes. On trouve un champ fraîchement moissonné où nous nous installons. A travers une bonne couche de nuages, on voit le soleil se faire écorner. Çà y est, c'est parti. La tension monte, elle est palpable. Le coin de ciel bleu s'élargit de plus en plus. Puis çà y est, çà bouge, Le soleil est dans le grand bleu à T - 40 minutes ... A quelle joie ! MAGNITUDE 78 verra l'éclipse 1999 !
La tension accumulée depuis plusieurs jours crève d'un coup laisse place à une autre bien plus intense et profonde : celle d'être à quelques minutes de voir le prodigieux spectacle d'une éclipse totale. Dans les télescopes, on peut voir le relief lunaire et sur le croissant de lumière, quelques belles tâches, témoins d'une grande activité solaire. La lumière change d'abord de façon imperceptible. Elle devient différente, indescriptible. Vénus est visible comme un fin croissant. Puis, tout s'accélère, la luminosité s'effondre, les teintes deviennent blafardes, verdâtres, irréelles, comme si on était éclairé par une petite lampe à arc qui s'éloignerait. Il ne reste plus dans le ciel de plus en plus sombre qu'une griffe de lumière éblouissante.
Tout est paré : autour du cou, les jumelles, à ma gauche la longue vue avec filtre pour suivre les dernières secondes, à ma droite l'ETX 90 grossissement de cent fois pour voir la chromosphère et les protubérances. Le cône d'ombre arrive, obscurcissant brutalement le ciel à l'Ouest. Il ne reste qu'un filet de lumière dans la longue vue. Au télescope, l'oculaire est embrasé. Puis, la lumière semble vaciller dans celui-ci, comme s'il contenait une formidable chandelle que l'on soufflerait. Je peux enfin m'en approcher graduellement. Dernier flash! Quelques grains de Baily, et, instant magique, tout est là ! C'est gigantesque ! Le soleil noir est en feux ! Des arcs, des jets, des tarabiscotages en tout genre, des formes étranges et colorées d'un rose électrique se détachent sur le fond rayonnant de la couronne. Tout cela est diaphane, transparent, comme une fumée de cigarette teintée, mais net, contrasté, parfaitement dessiné et figé devant moi. Le temps passe, impalpable. Un coup dans la longue vue où j'arrache d'un coup le filtre. Là, j'ai du champ visuel et je peux voir s'étendre la couronne sur plusieurs diamètres solaires. Mais déjà, la couronne semble ondoyer quand soudain, une prodigieuse lumière déchire le disque au bord supérieur droit et oblige instantanément à se retirer des instruments et remettre les filtres. C'est fini ! Cet incroyable spectacle a débuté sous les nuages, il s'achève de même, sous d'épais cumulus. Décidément, nous avons eu une sacrée chance. Nous étions à l'extrême limite Est pour voir l'intégralité de l'éclipse.
Moralité, il FAUT voir la prochaine éclipse totale de soleil...
Chiche?

photo chapelet eclipse annulaire de soleil 1999

Eclipse 1994

Eclipse de mai 1994, sur la colline de la Revanche à Elancourt dans la lumière du couchant. Ce chapelet est réalisé à partir de 2 clichés pris avec un Canon EOS 10 et zoom 100-300 USM calé sur 300 mm, simplement filtré avec 2 polarisants. Ce Boîtier programmable bien pratique permet d'effectuer automatiquement 9 surimpressions par image selon un intervalle préalablement défini.

photo chapelet eclipse partielle de soleil 1994