PLANETAIRE & SOLEIL


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"Art astro"

C’est en 1996 qu’au club MAGNITUDE 78, nous nous sommes lancés dans la création d’une exposition sur le système solaire. A cette occasion, j’ai réalisé les fonds de 13 panneaux de 70 x 110 cm. Ces dessins sont peints à l’aérographe sur papier Canson noir d’après photos. Les réhauts sont fait aux pinceaux ou aux crayons de couleur.
On reconnaît Mercure, Vénus, la Terre, la Lune et Mars. L’image de Jupiter est exécutée sur 2 panneaux, soit une dimension finale de 140 x110 cm. Enfin, Saturne et Neptune.










"A la lumière d'un doute"

Nouméa 2013-2014, Florence Guiliani m’a fait l’honneur de participer à l’exposition d’art contemporain « à la lumière d’un doute » dont elle est l’organisatrice et le commissaire. Exposée au mois de novembre au Château Hagen, mon installation a pris ses quartiers d’été dans la case principale du centre culturel Tjibaou jusqu’au mois de mai 2014. Constituée de multiples vues de détail incrustées sur fond d’éclipse partielle de Lune de 2012, c’est un carré de deux mètres de coté réalisé par l’assemblage de 70 feuilles de papier photo réunies par des petits anneaux métalliques.


dans les combles du chateau Hagen, puis l'installation dans la case kanaké n°3 du centre culturel Tjibaou.









Mercure




Valdrôme 2012, rencontres Astrociel, le 20 août 2012. Ce diable de Nicolas ne s'arrête jamais. Le Soleil déjà bien levé, il continue à observer ce qui est encore observable avec son T400, doté d'un filtre polarisant pour améliorer le contraste avec les cibles en quadrature par rapport au Soleil. Après Jupiter, et les Pléiades, il pointe avec succès Mercure, quasiment en quartier parfait. Il est étonnant de discerner quelques variations d'albédo. Très rapide croquis pris juste sur le point du départ. Il faudra y revenir, le sujet le mérite !



La Foa le 6 septembre 2014 au T400-c. Avec 22,4°, Mercure est proche de son élongation maximale (26,4°) et le tropique du Capricorne offre le meilleur point du vue possible. Mais c'est sans compter avec la météo capricieuse de cette période, et de la turbulence particulièrement marquée. Mais cela m'a invité à faire ce dessin qui ne montre principalement ces défauts. Cependant à bien y regarder, dans le bouillonnement de l'image apparaît souvent et aux mêmes endroits quelques variations d'albédo.



La Foa le 5, 11 et 19 septembre 2015 au T400-cx300. Avec 27°, 26° et 20° d'élongation pour 7,3, 8 et 9,3 arcsec de diamètre apparent, c'est un plaisir de voir Mercure si haut dans le ciel dans les lueurs crépusculaires. L'on distingue quelques variations d'albédo. Mais ce passage est rapide et en dure que quelques semaines.



Vénus


fin de liste des dessins de Vénus




Le 6 avril 2007. Première tentative de dessin de la surface nuageuse de Vénus, G=300x. Bien qu’à cette date, la planète soit assez grosse (14’’), son observation est fortement dégradée par une importante turbulence. Grâce à l’ajout du filtre UHC-S, toujours disponible sur le T250, j’améliore sensiblement la perception de fines nuances présentes sur le disque planétaire. S’il est relativement aisé de déterminer leurs positions, leurs contours restent particulièrement délicats à bien cerner.

Soirée du 29 février 2012, journée rare car bissextile, mais aussi parce que voila bien longtemps que je n’avais observé, faute d’une météo dégradée, et de flemme les rares fois où celle-ci s’améliorait. Je suis en place au crépuscule, avec un bel alignement sur l’écliptique : Vénus qui éclate, plus loin Jupiter un peu moins fier, sur le méridien très haut dans le ciel, un beau quartier de Lune à proximité d’Aldébaran et à l’horizon, déjà la lueur orangée de mars. Vénus est une cible bien délicate qui ne m’est pas familière. On sent qu’il se passe des choses à la surface mais ça ne me parait jamais évident. Tantôt je saisis des sortes de zébrures dans un sens, tantôt dans un autre. Les seules choses qui semblent évidentes sont les zones claires vers les pôles. Ici, le T400-c est poussé à 460x avec un filtre violet.

Le 16 mars 2012 au crépuscule, je profite des derniers instants de l’anticyclone du moment, en débutant dès 19h par l’observation de Vénus, en joli rapprochement avec Jupiter. Le T400-c à 460x coiffé du filtre violet permet d’appréhender cette jolie sphère quasiment en quartier, avec quelques nuances extrêmement discrètes. Tenter de les reproduire est un exercice particulièrement délicat. Cette cible très particulière demande à y revenir souvent pour bien appréhender ce sujet.
Je réitère cette observation la semaine suivante, le 23 mars. Il y a vraiment peu de choses dicernables à ce moment.

Mémorable sortie du club le 12/05/2012 à la grande lunette de Lille, et la chance inouïe d’avoir pris rendez-vous pour la première nuit dégagée depuis de trop longues semaines. Merci à André et Simon pour leur accueil chaleureux. Première cible pointée dans un crépuscule bien clair, Vénus en belle phase de croissant. Comme à l’accoutumée, on distingue à 330x un limbe bien clair, accentué au niveau des pôles, ainsi que quelque rares variations sur la surface, surtout visibles au niveau du terminateur. Le filtre violet n’a bizarrement pas apporté grand-chose de plus….

Le 12 juin 2012, soit quelques jours après le transit de Vénus devant le Soleil (voir Soleil), ce diable de Nicolas entreprend de l’observer alors qu’elle passe au zénith, donnant tout à coup l’idée d’en faire autant au T250x160. En se mettant à l’ombre d’un toit, l’opération est sans risque, alors que la planète n’est qu’à 8° du Soleil. La planète est bien contrastée sur ce ciel coronal à 3000m d’altitude, et son croissant dépasse largement la moitié de sa périphérie. Il est prolongé de part et d’autre par 2 filets évidents. Mais parfois, un filet bien plus ténu en complète le pourtour.

Chili 2013 (voir « nébuleuses »), à quelques kilomètres du VLT, profitant d’un superbe crépuscule, je contemple Vénus au T400-cx300 et filtre violet. Malgré un seeing perfectible, on distingue sans difficulté des irrégularités d’albédo. Le plus délicat est de bien appréhender leur forme exacte.
La Foa le 31 août et le 28 septembre 2013 T400-cx300 et filtre violet.

Nouméa décembre 2013 au T400-cx225 et filtre violet, lors d'une soirée publique d'observation avec le club ACA.
Le lendemain à la Foa, T400-cx300. J'ai fait cette colorisation avec le gris sans filtre et le jaune filtré en violet. A noter comme les cornes du croissant semblent aller au-delà de la moitié de la planète, est-ce la diffusion de l'atmosphère vénusienne ?

Le 6 janvier 2014, nous sommes à J-5 de la conjonction inférieure de Vénus avec le Soleil. La planète n’en est éloignée que de 8°. C’est juste après une observation du rayon vert (voir « Soleil) que je découvre à la L80x60 ce très fin croissant tremblotant au dessus de l’horizon. Le lendemain, dans mes mêmes circonstances, je constate que les pointes de ce croissant vont au-delà de 180°.

Le 11 janvier 2014 à 11h locale (Oh TU), jour de la conjonction inférieure. Je réalise cette observation délicate au T250x55. La planète n'est qu'à 5,1° au nord du Soleil, sa fraction éclairée de 0,4%. Pour ce faire, je mets l'instrument au raz de l'ombre d'un toit de bâtiment et scrute méticuleusement vers le nord, en estimant au pif l'écart angulaire. L'usage d'un filtre OIII fait des miracles pour assombrir le formidable halo de lumière à proximité du Soleil. Sans cet artifice, je n'aurais rien vu. Des passages de cumulus ne facilitent pas la tâche. Par deux fois, je tombe sur la planète et j'ai tout loisir de bien l'observer. Tout d'abord, le croissant est évident et je le montre aux personnes présentes sans difficulté. Ensuite, je constate que les cornes vont au-delà des 180° de circonférence, et se prolongent par un fin anneau du à la diffusion atmosphérique de Vénus. Enfin, je note quelques variations d'albédo sur la planète, confirmé par le tremblotement de l'instrument secoué par les alizés. Bizarrement, les tentatives pour l'observer à 100x se sont toujours révélées infructueuses (défaut de pointage ou seuil de visibilité ?). De nombreuses autres tentatives ont été réalisées ensuite sans succès et j'ai préféré arrêter car à quelques reprises, j'ai fait fumer les parties internes du télescope.

Le 7 février 2015 à la Foa au T400-cx300. Vénus, à 24° d'élongation, est déjà visible en fin de journée alors que le Soleil n'est pas encore couché. Encore petite (11 arcsec) et bien gibbeuse, on note quelques subtiles variations d'albédo qui, par des glimpses successifs, gagnent en évidence. La vision au filtre violet est traduite en jaune et est superposée sur le dessin initial en niveau de gris.

Le 27 mars, 6, 18 et 25 avril 2015 à la Foa au T400-cx300. Petits dessins rapides au crépuscule avant que la turbulence ne brouille l'observation. L'astre passe de 14 à 16 arcsec pour 36° à 41° d'élongation.

Le 19, 26 et 27 juin 2015 à la Foa au T400-cx300. L'astre passe à 28 à 30 arcsec pour 44° à 43° d'élongation. Le crépuscule du 26 est splendide avec un ciel relativement stable, qui m'invite à cette réaliser cette colorisation (jaune au filtre violet).

Le 1 juillet 2015 au T250x160 à Nouméa, lors de la conjonction serrée avec jupiter (voir "Jupiter" pour le dessin de la conjonction). Une Vénus éclatante, légèrement jaunâtre, avec quelques variations d'albédo bien visibles. Le 4 juillet au T400x300, 34 arcsec pour 41° d'élongation, la planète plonge vers le Soleil.

Le 25 juillet au T400x300, 47 arcsec et 28° d'élongation, le croissant s'amenuise et le diamètre apparent croit de façon sensible, les détails se font plus contrastés juste en bordure du terminateur. Mais plus que tout, il apparait comme une lueur cendrée sur la partie dans l'ombre, et celle-ci ne semble pas uniforme. Le 1 août, 52 arcsec et 21° d'élongation, les changements sont notables d'une semaine à l'autre. En plus de cette sorte de lumière cendrée apparait un très fin liseret lumineux sur le pourtour de la zone d'ombre, affimé sur les 2/3 de la périphérie, très discret sur le 1/3 restant, mais visible lors des trous de turbulence. Enfin le dernier de cette série le 8 août avec 56 arcsec et 13,5° d'élongation. Ce rapprochement invite à utiliser le T250 en plein jour, en se mettant au raz de l'ombre d'un toit. Au crépuscule, la vision est fortement altérée par les remous atmosphériques, quoi qu'elle offre un superbe ensemble avec Jupiter et Mercure.



De tous ces dessins réalisés en 2015, il me prend l'idée de réaliser un chapelet, en respectant la variation des diamètres apparents et en respectant l'élongation par rapport au Soleil (à 2 exceptions près).

Le 26 février 2017 en Sologne, premier dessin après le retour en France. Réalisé en fin de journée environ 1h avant le coucher du Soleil, au T460x380. Les traces de formations nuageuses semblent évidente, avec comme des nodosités.

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Mars

fin de liste des dessins de Mars


opposition 1988


Extrait de mes tous premiers dessins astro, avec un T115/900, G = 120 x, réalisés sur le pas de ma porte à Elancourt (banlieue ouest parisienne). Ici, la pollution lumineuse est épouvantable, mais ce n'est pas une gène pour l’observation planétaire (au contraire). Par contre, ciel est souvent d’une grande stabilité. Quel plaisir de découvrir qu’avec un peu d’attention, on peut observer quelques détails significatifs. Déjà, on reconnaît les principales formations sur ce chapelet : Solis Lacus, mer des Sirènes, Sirtis Minor et Major, bassin d'Hellas, sinus Méridani.


opposition 1999


L130, Nagler 9 mm et barlow 2x, le 12 mai 99 à 22h15 TU, Elancourt. Seul dessin exploitable d'une série de 10. Je pensais profiter pleinement de cette opposition avec le très beau matériel nouvellement acquis par le club. Les piètres conditions météo et d’observation du moment on eu raison de mon enthousiasme.

opposition 2001


ETX90, LVA 6 mm, le 21 juin 01 à 23h00 locale, Ile de la Réunion. Sous ces latitudes, la planète culmine au zénith et je me promettais de belles images. Las, ces coquins d’alizés sont omniprésents et génèrent une forte turbulence. Seul dessin exploitable d'une série de 3.


opposition 2003


ETX 90, oculaire Lanthanum LVW 8mm et barlow Celestron 2x. Ce chapelet de 8 croquis, couvrant près de 270° de la surface a été Réalisé lors de mes vacances itinérantes en Andalousie en Août 2003 dans des sites forts divers, mais toujours déserts. Bien que l'instrument soit modeste, j'ai pu bénéficié de conditions favorables : planète plus haute dans le ciel qu'à Paris, très bonne transparence et absence totale de pollution lumineuse. La turbulence était toujours présente mais bizarrement, relativement lente avec de temps en temps, des " trous " très exploitables.

L130 APO Astrophysic, oculaire Pentax 7 mm et barlow 2x Télévue, filtre orange. Réalisé à Magny le 29 septembre, avec des conditions correctes pour la région. Bien que la planète soit plus base sur l'horizon, la belle lunette du club permet de saisir de beaux détails.

Planisphère 2003, réalisée sur PSP7 à partir des meilleurs zones des divers croquis de cette opposition.Le principe consiste à découper chaque croquis selon une trame correspondant au réseau de parallèles et de méridiens de la planète. Il suffit en suite de déformer chaque portion obtenue pour les ajuster selon la trame de la planisphère finale.


opposition 2005

Pour cette oppposition, j'ai choisi d'utiliser l'aquarelle pour la mise au propre des dessins. 2 croquis réalisés au T250, Lanthanum LVW 8mm et barlow Celestron 2x, lors d'un séjour en Espagne pour l'éclipse de soleil d'octobre. Belle région, très bonnes conditions, instrument de voyage parfait. A ce jour, mes meilleurs images de la planète avec du matériel amateur.

T250, LVW 8mm et barlow Celestron 2x pour le premier, Nagler 7mm et barlow 2,5x Télévue pour l'autre. Dessinés à Magny (78) lors de la fête de la science durant la nuit du 14 au 15 octobre, sur l'esplanade bien éclairée de la maison des sciences et de l'environnement. Ciel horriblement pollué par la lumière mais stabilité des images par moment remarquable. On distingue bien une couverture nuageuse sur le limbe.

Ma première grande série de cette opposition, réalisée la nuit du 27 au 28 octobre, de 20h00 à 2 h00 TU à Elancourt au T250 x 300. L’absence de la calotte polaire rend difficile l’orientation du dessin sur l’axe nord/sud. On remarque le polygone d’Elysium, mais je n’ai pu saisir les 2 « poils » qui pendent sous la mer Cimmerium. La qualité du ciel n’a fait que s’améliorer durant la nuit et je regrette de m'être arrêté avant d’avoir Syrtis Major au méridien central. (j’avais à faire le lendemain)

Elancourt le 5/11/05. Malgré un ciel voilé et une turbulence assez présente, le T250 x 300 m’a permis de bien profiter de la période du maximum de l'opposition. Je me délecte des détails autour du lac du soleil. Mais surtout, je remarque pour la première fois le Mont Olympe. Les conditions du moment le rendent évident.

Elancourt le 9/11/05 au T250 x 300. Ciel toujour bien turbulent, mais quelques rares trous donnent l'illusion de plonger sur la planète. Le travail a l'aquarelle me prends beaucoup de temps, je retourne à mes crayons de couleur.

Elancourt le 17/11/05 au T250 x 300 et x 500. Après une semaine bien couverte, revoilà la planète sous un ciel assez stable et les premiers froids en banlieue. Quelques beaux trous de turbulence on permit d’utiliser des grossissements de 500x. Je me suis particulièrement régalé sur le sinus meridani. La calotte sud est vraiment minuscule.

Elancourt le 22/11/05, toujours au T250. J’attendais le retour de Syrtis Major. Rapide dessin à 18h15 TU. La planète n’est pas très haute et il y a du vent. Mais l’image tremblotante est tout de même bien belle, notamment avec des détails intéressants dans Hellas.

Enfin, le 23/11/05, malgré l’arrivée du grand froid, je me régale du profil de la planète que je préfère, celui régulièrement représenté sur les posters et les couvertures de magazines. Syrtis Major à gauche, coiffé du bassin d’Hellas, le Sinus Meridani à droite. Comme détail, j’ai saisi lors des trous de turbulence, le rond parfait du cratère Schiaparelli.


Planisphères 2005. Au choix, deux rendus : Le premier est fait à partir des dessins réalisés directement aux crayons de couleur, le suivant avec les mises au propre à l'aquarelle. La transformation des meilleurs croquis de cette opposition en projection cartographique est réalisée avec IRIS, la décomposition-recomposition RVB, l’assemblage final et l’harmonisation des divers dessins sont travaillés sous PSP 7.


opposition 2007

12 décembre 2007 à 21h00 TU, enfin mon premier dessin au T250 x 500 de la planète alors que nous sommes à moins de 10 jours de l’opposition… Les congés tardifs et une grosse flemme en sont la cause. Ce soir là, je bénéficie d’une météo de qualité. Un bel anticyclone hivernal est bien installé, avec un ciel sans nuage et une très légère brume, offrant de belles observations avec une turbulence assez réduite. En effet, la planète est bien belle, de nombreux détails sont visibles, tant dans les zones sombres que les grandes plaines claires. Mais il faut reprendre ses habitudes, s’affûter la vue. Ce dessin aurait pu être bien meilleur. Ce n’est que partie remise.

Le 18 décembre à 21h30 et 22h30 TU, l’anticyclone est toujours bien là, il faut en profiter, se faire violence pour affronter le gel. La température est négative et rapidement, tout est couvert de givre. La turbulence est assez faible, permettant de voir une tache d’Airy un peu dansante. La planète est bien belle, très contrastée. Des détails très francs sont facilement visibles dans la partie claire et la calotte nuageuse nord est bien délimitée par un cerne ondoyant.

Le 19 décembre à 21h TU, l’anticyclone se maintient, la transparence est bonne, mais la turbulence est bien présente. J’envisage de tout plier quand quelques instants moins agités me dévoilent des détails fugaces. Tout compte fait, je sors mes crayons et ne le regrette pas. J’arrive à saisir des formes fugitives, tant des les zones claires que foncées. Je m'applique à dessiner un rendu plus proche d’une vision à l’oculaire, sans l’usage du filtre orange.

23 décembre, toujours l’anticyclone, mais la turbulence est affirmée. Je reste à 300x. La planète me montre sa face la moins spectaculaire. Pourtant, de nombreuses nuances très peu contrastées apparaissent fugitivement dans la grande zone claire. Elles sont toutefois délicates à placer au bon endroit. Cette zone très claire bien délimitée en bas à gauche n’est-elle pas le volcan ?


Le 10 et 12 janvier dans le Sahara, au sud de Djanet. La vision de Mars passant au-dessus de la tête est un mémorable moment. Malgré un périple plutôt orienté sur le ciel profond, je ne peux résister à faire ces 4 croquis lors de conditions de turbulence favorables. On note sur le dernier dessin une distorsion, une rotation de l’image due au passage de la planète pile au zénith. Le Dobson a pivoté de 180° en moins d’une heure, me faisant perdre les repères.

Voilà, l’opposition martienne touche à sa fin. La moisson est bien faible au regard des possibilités offertes par la météo. Comme à l’accoutumé, je réalise une planisphère à partir des dessins réalisés. Il me manque la région du Solis Lacus tout juste évoqué ici pour couvrir correctement l’intégralité de la carte. De plus, j’aurai aimé refaire la région de Syrtis Major avec plus de détails et refaire une observation plus attentive pour noter les zones claires dans Elysium et Agyre.
La réalisation est toujours la même. Chaque dessin subit une transformation de projection avec la fonction MAP d’Iris, logiciel bien connu d’imagerie astronomique. Enfin, les zones les plus significatives de chaque image obtenue sont assemblées au mieux et uniformisées sous Photoshop.


opposition 2010


Au lendemain de l'opposition de 2010, l'opportunité de dessiner la planète se présente enfin. Il faut composer avec un ciel bien couvert ces derniers mois et un manque d'entrain certain. Il faut se forcer pour profiter des trop rares occasions, le froid étant particulièrement vif cette année. Mais je suis bien décidé à ne pas laisser passer l'évènement et c'est sous cette belle nuit de glace du 30 janvier que je sors le T250 installé sur sa planche équatoriale afin de profiter du spectacle. La planète monte haut dans le ciel mais l'atmosphère est un peu turbulente. Je me contente d'un G 300x avec filtre orange, tentant de temps à autres des grossissements de 500x bienvenus pour ce minuscule disque planétaire d'un peu plus de 14" d'arc, comme l'illustre le dessin de champ sur magnifique fond de pollution lumineuse. J'observe quelques fois sans filtre afin de mieux appréhender les nuances colorées et percevoir les voiles nuageux sur le bord de la planète.

Le lendemain 1 fev, la planète brille toujours autant, mais un vilain vent brouille une vision pourtant prometteuse.

Nuit de glace et de froid. En ce 15 février, le ciel daigne se déchirer. Voila une semaine que la neige est tombée et de nombreuses plaques n'ont pas encore fondue ou sont transformées en glace vive. Ca crisse sous les pieds. Le T250 est installé mais je mettrais longtemps à régler tous les paramètres, collimation, masquage de l'éclairage public vraiment trop envahissant, écran pour atténuer le petit vent qui fait trembloter l'image et hélas, la planche équatoriale qui me lâche, ne permettant pas de dessiner confortablement. Le premier l'est à 500x. Je remarque près du limbe un beau pâté blanc. Ce n'est pas le volcan Olympus Mons qui se trouve un peu plus loin. La grande zone claire est parcourue d'une foultitude de nuances dont les plus fines sont bien délicates à retranscrire. Vers 1h du matin, le ciel devient pommelé, les images se dégradent. Juste le temps de finaliser le 3ème dessin.

Le 23 février 2010. Rares sont les opportunités offertes par la météo. Malgré le vent, cette soirée est peut être propice à déceler les volcans martiens. Je n'en percevrais aucun, quelque soit le filtrage utilisé. Par contre, je saisi de nombreux nuages et voiles d'altitude plus ou moins marqués sur la planète, particulièrement mis en évidence par le filtre bleu.

Il est des nuits magiques, de grands moments astronomiques pour un amateur. Cette nuit de 8 mars 2010 en est une. En effet, avec la complicité de Nicolas Biver, nous avons eu le privilège de disposer de la grande lunette Arago de 380 de l’Observatoire de Paris. Nous avons déambulé dans l’architecture remarquable de ce noble bâtiment à la lueur vacillante de nos frontales et des rares éclairages de sécurité, avec l’odeur de l’encaustique des parquets, les bustes des grands savants, dans une ambiance qui n’est pas sans évoquer les épisodes de Belphégor. C’est par les toits, dominant Paris illuminé, qu’on accède à la vaste coupole en cuivre et qu’on découvre le vénérable instrument. Les hublots ronds, le ronron de l’entrainement horaire, les manivelles en laiton patiné, l’escabeau majestueux, les petits escaliers en colimaçon, l’incroyable double charpente métallique qui supporte l’instrument et le plancher, tout concourt à nous projeter dans l’histoire. La turbulence a considérablement effondré le potentiel de l’instrument mais franchement, ce n’est pas grave, l’essentiel cette nuit était autre part. Le premier dessin est tiré par les cheveux en tout début de nuit à 400x. Les suivants sont un peut mieux perçus avec un G 750x. La nuit glaciale et venteuse s’achèvera sur Saturne (voir plus bas) et la magie de la fermeture du cimier, pétale par pétale, avec un incroyable système de câbles, de manivelles et de treuils.



Le 16 mars, un bel anticyclone est installé, il n’y a pas de vent, juste quelques voiles d’altitude, le seing est excellent. Je sorts pour la première fois de cette opposition le T400-c après lui avoir fait quelques modifications. A G 450x et 720x (respectivement Ethos 8 mm et Hyperion 5 mm avec barlorw 2x), l’image est magnifique, stable, lumineuse, coloré mais diablement rikiki avec une planète d’un peu plus de 10’’ d’arc. Le bassin d’Hellas est incroyablement clair, les circonvolutions de Syrtis Major bien qu’affirmées sont délicates à saisir.

Faire un planisphère d’une opposition est certainement la meilleure façon d’en faire le bilan. Bien que la planète offrait un diamètre apparent bien moindre que les fois précédentes, j’ai pu saisir quelques nuits bien sympathiques et admirer dans de bonnes conditions les formations typiques des zones Sud, comme par exemple Acidalium. Par ailleurs, la nuit à la grande lunette Arago restera un grand moment.
Le planisphère est réalisé comme précédemment avec le logiciel Iris d’après les meilleures parties de chaque dessin.


opposition 2012

Nuit du 13 mars, à la lunette Arago de l’Observatoire de Paris, superbe soirée concoctée par l’ami Nicolas. L’anticyclone, la chape de brume sur la capitale s’annonçaient prometteurs en termes de seeing. Un coquin de vent en décida autrement et dégrada de façon significative les images. Dommage, car la planète présentait son profil le plus subtil, le moins facile, mais le plus gratifiant quand on détecte les nuages accrochés aux sommets des volcans.



Le 16 mars 2012 juste après l’observation de Vénus (voir plus haut), j’observe Mars dans des conditions assez correctes au T400-c x 460. La diablesse de planète est quand même bien petite avec ses 14’’ d’arc de taille apparente et présente un aspect peu contrasté. Mais par moment, je saisis quelques détails saisissants. Le plus marquant est sans conteste cette délimitation franche de la clotte polaire. Parfois, c’est la zone du Solis Lacus qui se révèle fugacement.
Le 19 mars au soir, le ciel redevient bleu. Des conditions tout à fait acceptables me permettent le croquis suivant à G 560x, où je patauge un peu dans les proportions générales.
je renouvelle l'observation le vendredi suivant 23 mars, mais les trous de turbulence sont relativement rares.

La soirée du 27 mars est magnifique : on assiste à l’ouest à un superbe alignement planétaire avec Jupiter, Vénus éclatante, quasi en quadrature, et une lune joliment en croissant avec encore une lumière cendrée affirmée. Arrivant au méridien, Mars splendide, et on devine vers le levant la présence de Saturne. Il fait doux, les trous de turbulence sont des moments de pur régal et le T400-cx575 offre un potentiel remarquable. Je suis étonné de voir combien les traits, les contours sont anguleux, francs et dur. Je me perds un peu dans les proportions d’Alcidium. Mais je m'amuse avec les Sinus Sabaeus et Meridani qui dessinent la pince d’un puissant crustacé. Margaretifer présente des subtilités que je n’avais encore jamais notées. Et pourtant, cette opposition est loin d’être favorable avec un diamètre apparent des plus rikiki. Mais la hauteur de l’astre dans le ciel, la saison printanière et ce bel anticyclone permettent de s’en régaler. Profitons !
Nuit des planètes à l'Observatoire de Meudon, le 30 mars 2012 en fin d'animation. Juste avant de ranger le matériel, profitant d'un seeing remarquable, je saisis très rapidement ce croquis représentant une configuration identique à la précédente. La qualité de l'image permet d'arriver à un résultat étonnamment similaire en une dizaine de minutes seulement.


Encore une superbe soirée le 2 avril, installé sur le pas de ma porte. Une fois l’optique à température - ce qui ne prend que peu de temps sur la structure ouverte du T400-c - l’image est remarquable et invite à utiliser mon plus fort grossissement à 575x. Je regrette de n’avoir plus. La planète diminue, mais les détails, les contrastes permettent de saisir de belles subtilités. Lors du précédent dessin, je me suis aperçu avec regret que lors de la mise au propre, j’avais perdu beaucoup d’informations qui figuraient sur l’esquisse. Aussi, j’ai scanné celle-ci pour faciliter l’opération finale. Mais en fin de compte, je me demande si le dessin original n’est pas plus riche et plus intéressant –si ce n’est bien sûr pour les couleurs.

Sortie du 12/05/2012 à la grande lunette de Lille (voir Vénus). Deuxième cible planétaire pointée de la soirée. Mais la diablesse de planète est désormais très petite (moins de 10’’). Même à G 500x, la turbulence n’aide pas à saisir les plus fins détails. La comparaison avec le précédent dessin qui présente la même configuration est éloquente. Je crois que l’observation de cette opposition prend fin ici.

Et voila le planisphère de l’opposition 2012, réalisé à partir des 8 dessins les mieux détaillés. Cette carte est presque complète et pour bien faire, il aurait fallut un passage au méridien du Solis Lacus. Bien que cette opposition soit défavorable par un faible diamètre apparent et une hauteur sur l’horizon assez basse, elle m’a offert de bien belles observations, particulièrement détaillées. Les conditions hivernales favorables et l’adoption définitive du T400-c ont creusé l’écart.


opposition 2014

Le 8 février à 0h30 local au T400-cx300, la Foa. La planète commence à montrer le bout de son nez avec un diamètre apparent de moins de 10 sec d'arc et un phase gibbeuse. Si la calotte polaire ne fait aucun doute, les variations d'albédo sont assez discrètes. Mais à bien y regarder, il semble que le Solis Lacus est présent, ainsi que le mont Olympe couvert du nuage blanc. Bien piètre dessin, mais le premier de cette opposition.





Le 8 mars au T400-cx450, la Foa. Avec plus de 12arcsec de diamètre apparent, la planète commence à dévoiler sa géographie. Ce qui frappe sous le tropique du Capricorne à cette période, c'est sa course qui passe au zénith. Une série de 3 dessins échelonnés tout au long de la nuit, avec la présence de nuages et de brume, dont le confetti blanc qui coiffe le mont Olympe.
Pour cette opposition, je numérise précieusement les originaux, tels qu'ils se présentent à l'issue de l'observation. Ils sont une aide précieuse pour la mise au propre effectuée ultérieurement, afin d'éviter le risque de perdre des détails chèrement obtenus. De plus, il semble intéressant de montrer cette étape intermédiaire, sans fioriture, exact témoignage de l'observation.






Le 22 mars au T400-cx600, la Foa. Belle soirée martienne, avec de beaux trous de turbulence, ce qui permet de pousser le grossissement sur ce petit disque de 14 arcsec. Sur le troisième dessin, je perçois assez nettement un alignement de 3 petites tâches sombres, probablement les volcans de Tharsis. Hélas, les conditions ont commencées à se dégrader à ce moment, ne permettant pas de réitérer et confirmer cette détection, comme on le constate sur le quatrième dessin réalisé à G 450x. Toutefois, l'emplacement est correct après vérification sur des cartes.






Le 29 mars au T400-cx450, la Foa. La série martienne continue, avec le passage du Sinus Meridani et la disparition au couchant du bassin d'Hellas, totalement couvert de glaces faisant une extension à la calotte polaire.






Le 4 avril au T400-cx560, la Foa. Encore un week-end bien exploitable, avec le défilement de Syrtis Major.






Le 15 avril au T400-c à 600 et 750x. C'est la soirée de l'éclipse totale de Lune (voir Lune) et le seeing excellent invite à quitter de phénomène pour visiter et dessiner la planète toute proche. 3 volcans sont mis en évidence par les nuages qui les coiffent et un truc blanc (glaces ou nuages ?) s'invite à raz de la calotte polaire.


19 dessins ont été réalisés pour cette opposition, un record pour moi. C’est le reflet du plaisir d’observer sous les tropiques dans des conditions vraiment confortables. Même si le seeing est perfectible, il permet des observations assez détaillées. Le planisphère témoigne de ces travaux, d’une finesse légèrement moindre que le précédent, mais avec quelques informations nouvelles qui m’avaient jusqu’alors échappées.


opposition 2016



La foa le 9 mars 2016. Enfin, la planète avec ses 13 arcsec de diamètre apparent montre des détails significatifs au T400-cet invite à faire ce premier très rapide croquis de l'opposition, juste pour marquer le coup avant de retourner sur les objets du ciel profond (voir "galaxies" et "nébuleuses").




Le 23 avril lors d'une soirée publique d'observation à la tribu de Katricoin, au coeur de la chaîne de montagnes. Une fois seul, j'admire au T400-c et observe de fins détails pour la première fois de cette opposition la planète qui va culminer quasi au zénith. Avec une dimension de 15 arcsec, les principales formations s'affirment et se précisent. A noter les 2 zones bien claires d'Elysium et d'Hellas. Version brute d'oculaire et finalisée.




Nuit de 21 mai, jolie nuit de pleine Lune, avec à proximité Mars quasi à l'opposition avec un peu plus de 18arcsec de diamètre apparent. Les diverses formation sont évidentes au T400-c x300-450 et invitent, malgré un seeing perfectible à prendre les crayons jusqu'à tard dans la nuit, avec pour le dernier dessin un passage à moins d' 1 ° du zénith, là ou le Dobson et la vision à l'oculaire pivotent de 180° en quelques minutes.




Nuit du 27 mai pour le 2 premiers dessins et du 28 pour les 3 suivants, à la Foa au T400-c x300 et 450 pour les 3 derniers. Je reviens sur ces formations déjà visitées mais cet exercice de répétition permet d'apporter une meilleure perception d'ensemble en apportant quelques détails mieux vus ou corrigés. Je note toujours la difficulté de bien caller le dessin, faute du repère polaire quasi absent. Mais j'ai hâte de voir d'autres régions !




Nuit 3 juin, au T400-c x450 à la Foa. Belle bataille avec et à travers les nuages. La configuration météo est très mauvaise, qu'avec de très brèves trouées ou à travers une couche plus ou moins dense, mais avec un seeing agréable à exploiter.




Soirée du 11 juin, au T400-c x450 au bord de l'eau à Koné. Temps superbe mais image très dégradée, avec la présence notable du Solis Lacus.






Nuit du 27 mai pour le 2 premiers dessins et du 28 pour les 3 suivants, à la Foa au T400-c x450 . Bien que présentant une configuration quasi identique à la veille, c'est la présence d'une zone claire en bordure de la Vallée Marineris qui a motivé ces 2 dessins. La planète diminue légèrement de diamètre apparent avec 17,6 arcsec. Les passages au zénith sont toujours aussi impressionnants.




Nuits du 15 et 16 juillet , à la Foa au T400-c x450. La planète s'éloigne et devient franchement gibbeuse, avec 14,5 arcsec de diamètre apparent. A priori, la dernière série de dessins de cette opposition, la dernière occasion de percevoir les volcans - sans succès.

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