PLANETAIRE & SOLEIL


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Lune

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Week-end de la pentecôte 2006 dans le Cotentin. A tout hasard, j'emporte le T250. La lune est dans son premier quartier, le ciel est brumeux et turbulent. Que faire… Se rabattre sur la lune, bien évidemment. C'est une première pour moi et cet exercice est bien difficile à maîtriser. Je suis resté 4 h à l'oculaire à 350x pour chacun des dessins. Le premier représente le cratère Cassini (57 km) avec une bonne bouille de " bonhomme ". J'ai aimé la structure en trèfle à 3 feuilles du second. En bas, Licetus (75 km), Cuvier à gauche et en haut, le complexe d'Heraclitus.


Le 28 et 30 juillet 2006, au T250 à 150x et 250x. La lune est très jeune et basse sur l'horizon. sa période de visibilité avant son couché est bréve. Ces 2 dessins ont été réalisés en un peu plus d'une heure chacun. J'ai choisi des zones très proches du terminateur, là où les ombres évoluent assez rapidement. Une très forte turbulence oblige de faibles grossissements. La résolution et la précision s'en ressent. Le cratère Endymion fait 127 km, ici au raz du terminateur. Quant à Piccolomini, il possède un gros massif central (88 km).
A cette occasion, j'ai inauguré ma toute nouvelle plate-forme équatoriale motorisée. Elle procure un confort d'observation des plus agréables.





Cette série de 6 croquis est réalisée au T250 durant mes congés en août 2006 dans le sud de l’Italie. Je commence le 5 août par Gassendi. La forte turbulence et les passages nuageux ont bien compliqué l’observation. J’ai bien du mal à discerner fugitivement les plus fins détails. Hevelius le 7 août est observé entre les nuages, au raz de l’horizon montagneux et avec la plus forte turbulence du séjour, ce qui explique le manque de finition et de détail de ce dessin. Jassen au terminateur est perçu très péniblement, carrément à travers une couche nuageuse continue. Je recommence ce dessin durant la nuit car les conditions de turbulence allant en s’améliorant, bien des imprécisions sont levées. Le 12 août, la mer des crises au terminateur est magnifique. Je me lance dans cette vaste étendue parsemée de petits cratères et de plissures. Vent assez marqué et turbulence bien présente. Enfin le 14, j’attaque Clavius, formation spectaculaire que je m’étais promis de faire. Une fois la grande arène en place, je saisis les plus fins cratères dans des trous de turbulence. Au bout de 4h30 de dessin, je vais me coucher… Pour finir, je croque le grand Corpenicus au terminateur lors deuxième quartier. La tâche semble insoluble tant l’observation regorge de détails, notamment les projections relativement ténues qui rayonnent du cratère. Ce dessin est -hélas- interrompu quand je m’aperçois que le soleil est déjà levé depuis un certain temps ! Durant cette série, jamais le ciel n’a été stable et ne m’a permis d’utiliser le grossissement maximum pour tenter de résoudre les plus fins détails. Par contre, j’ai vraiment apprécié le confort offert par ma nouvelle planchette équatoriale.



Week-end du 1er mai 2007 dans le sud-ouest, avec le T250 sur planche équatoriale, G 500x malgré une turbulence présente. La lune est bien gibbeuse. Je repère et remarque avec plaisir le petit cratère Hesidonus A à proximité de Pilatus, emboîtement parfaitement concentrique de deux cratères l’un dans l’autre. Un petit peaufinage de la collimation sur Arcturus toute proche me permet d’apprécier pleinement cette remarquable structure. La soirée est bien douce. J’en profite pour exécuter un rapide croquis de la zone sud de la mer des Humeurs, actuellement plus proche du terminateur, avec cet alignement de 3 cratères Vitello, Lee et Doppelmayer.
Le lendemain, le ciel est bien stable en début de soirée. Je me régale sur les réseaux de failles, bien visibles vers le terminateur, et m’arrête sur cette spectaculaire rainure, Vallis Schroteri, sous les cratères Herodotus et le très blanc Aristachus. Hélas, la turbulence s’affirme et les plus fins détails s’estompent. Je ne pourrais retranscrire ses fines ciselures telles qu’elles me sont apparues dans un premier temps. Pour voir, voici une version à la craie sur fond noir, ça change.



13 juillet 2008, sur les bords de la Seine, juste en aval de Rouen, je suis à poste pour admirer l’armada des grands voiliers qui passera demain matin. Le beau crépuscule s’éternise en attendant le feu d’artifice. Je vois cette belle lune et regrette de n’avoir pris mon matériel. Mais joie, j’ai ma longue vue terrestre L80, je déniche un vieux bout de papier imprimé sur le recto et un stylo. Le matériel n’est pas terrible mais pourquoi pas…..



Première nuit à l’observatoire de St Véran et son T620 (voir « nébuleuses ») avec un premier quartier qui très vite, empêche toutes observations détaillées des nébuleuses. Je me rabats sur la Lune et le cratère Fracastorius, juste sur le terminateur. Malgré la turbulence, on peut utiliser un confortable grossissement de 1100x. Cette région regorge de détails.



Petit essai lunaire afin de vérifier les dernières améliorations apportées sur le T400-c avant le départ pour le Chili. Le miroir est vraiment bon et notre satellite regorge d'infini détails. Clavius est criblé de minuscules cratères et l'envie me prend de refaire ce dessin. Plus sagement, j'apprécie ce Platon, avec quelques fissures qui zigzaguent et 5 cratèrelets dans l'arène.



Unique dessin de mes vacances en juillet 2010 au T400-c, ce cratère Posidonus quelque peu bâclé par une faible hauteur sur l’horizon, une image très dégradée et surtout, le plaisir de partager notre passion avec un couple de touristes ce qui est bien là le plus important. Pourtant, en tout début d’observation, un beau réseau de rainures striait le fond de l’arène, détails qui très vite, ont disparus.



L’accalmie nuageuse du 16 février 2011 invite à sortir le T400-c pour une balade sélène sur le terminateur. De nombreuses cibles sont envisageables et cette longue fissure, la Rima Sirsalis me plait beaucoup. Plus que tout, j’apprécie ce coup de couteau qui balafre le petit cratère De Vico (détail). Ce dessin réalisé à G 350x est un peu bancal dans ses proportions. J’aurais aimé rendre d’avantage les infinies variations de la surface et noter un plus grand nombre de très petits cratères visibles. Mais le plaisir de crayonner cette surface tourmentée est vraiment réel



Petit périple dans le sud de la France juste après les RAP 2011. La Lune montante dévoile sa fabuleuse topographie au fil des jours qui passent et malgré une météo très défavorable avec un seeing souvent déplorable, les visions que m’offre mon T400-c m’invitent à prendre les crayons pour ces rapides croquis de moins de 2 heures chacun. Voici un Aristote du 8 juin avec une petite formation amusante sur les gradins de droite qui m’a certainement incité à lui donner plus d’importance qu’elle n’en a en réalité. Le lendemain, le mur droit est très proche du terminateur et se détache avec force, tout comme les formations à sa droite qui prennent une importance exacerbée qui s’estomperont les heures suivantes. Le 11 juin, je suis fasciné par ces réseaux de fines rainures dont l’une traverse le cratère Hippalus. Une turbulence plus faible en aurait montré bien d’avantage !



Superbes effets des rayons de Lune qui jouent à travers les diverses couches nuageuses, surpris au sortir du club le 9/12/2011, la Lune réfractant à merveille dans ces nuages de glace d’altitude. L’aspect sans cesse changeant, avec tantôt que le halo de 22°, tantôt avec les auréoles irisées, et parfois avec l’intégralité du spectacle m’a incité à prendre des notes pour tenter un dessin une fois rentré à la maison – d’où quelques imprécisions dans certains détails. Assurément, c’est une expérience à renouveler dès que l’occasion se représentera.



Ce 29 février 2012 (voir Vénus), le ciel banlieusard est merveilleusement stable. Je n’ai que l’embarra du choix pour sélectionner mon sujet, tenté par tout ce qui se présente à proximité du terminateur. Mais remarquant la présence de la fine rainure qui zèbre par endroit le fond de la Vallée des Alpes, je jette mon dévolu sur cette particularité remarquable. Les abords sont constellés de minuscules reliefs, monts et cratèrelets qu’il est vraiment agréable de dessiner. Le T400-c à 560x en régime de croisière offre un confort remarquable et le bougre mériterait d’aller bien au-delà. Décidément, il faut que je me décide à faire une table équatoriale…



Nuit des planètes à l'Observatoire de Meudon, le 30 mars 2012. Beaucoup de public, et un ciel d'une stabilité remarquable. J'en profite pour saisir au très rapidement cette rainure Hyginus T400-cx575 avant d'être submergé par le public, conquis par ces visions spectaculaires de la Lune dans cet instrument. Avec plus d'attention, nul doute que j'aurai gagné en précision, mais surtout en détection des plus fins cratères. Assurément, une nuit dont on se souviendra longtemps !



Le 4 juin 2012, la veille du transit de Vénus à Hawaii (voir « Soleil »), nous observons avec les copains une magnifique éclipse partielle de Lune au T250. L’ombre présente des nuances orangée à cuivrée sur le limbe lunaire, alors qu’elle est plutôt bleuté à sa périphérie.



Occultation de Jupiter par la Lune le 15 juillet 2012, observée au T400-cx225 à Port Royal (78), avec les copains du club. Ce début d’été est particulièrement pourri et cette nuit n’y échappe que de peu. Une couverture nuageuse importante fera découvrir le phénomène lors de quelques rares intermittences. L’occultation commence alors que la Lune vient tout juste de se lever, avec une turbulence très forte. A 3h.., je dessine l’approché du premier contact d’Europe, représenté en négatif pour rester visible sur le disque jovien suivant. Il est 3h.. lorsque Jupiter touche la Lune. Durant cette période, il est amusant de suivre l’effacement des satellites quand les nuages le permettent. Je mets à profit l’attente de la sortie pour saisir quelques détails sélènes, exacerbés par la proximité du limbe et du terminateur. Le complexe d’Aristarque et Schrotter en haut du dessin est impressionnant dans ces conditions. Puis c’est l’apparition progressive d’Europe dans la partie de l’ombre joliment cendré, suivit de Io, puis du disque jovien. Il est dessiné alors qu’il est occulté de moitié, se découpant sur 3 reliefs lunaires. Le spectacle continue avec l’émersion de Ganymède et Callisto, dont la taille apparente est joliment mise en évidence par la durée du phénomène, tranchant avec l’apparition instantanée d’une étoile occultée.



Jolie course poursuite avec cette Lune du 24 juillet 2012, au T400-cx300. A cette période de l’année, l’astre n’a qu’une faible hauteur sur l’horizon, et ce jeune quartier naissant ne laisse que peu de temps avant le coucher de Lune. Aussi, je débute cette observation en plein jour, peu avant le coucher du Soleil. Dans cette configuration de lunaison, c’est le trio des cratères Cyril, Théophile et Catherine qui est à l’honneur. J’ai déjà essuyé un échec inachevé sur ces belles formations, faute du temps nécessaire. Aussi, je m’engage dans un travail très rapide, cherchant à attraper les caractéristiques générales, sans m’appesantir sur les détails, Ô combien riches dans cette vaste zone. Catherine en pâtira d’avoir été saisie juste avant sa disparition…



Le 19 janvier Nakutakoin (NC) le cratère Albategnius au T400-cx250. La turbulence n’a pas permis de mettre en évidence des détails plus fins. Mais au raz du terminateur, ce cratère montre un relief particulièrement affirmé.
Le 2 février 2013 la Foa, la Lune émerge de derrière les collines et une fois extraite des basses couches turbulentes, la résolution ne fait qu’augmenter permettant de préciser le dessin de la Rima Hadley et son étrange parcours sinueux. L’observation s’est terminée au T400-cx600 mais hélas, les moustiques voraces n’ont pas permis d’apporter tout le soin nécessaire à la réalisation du dessin.
Le 23 février, j'attends ma fille en bout de piste de l'aéroport de la Tontouta (NC) et je profite de la montée de la Lune au dessus de l'horizon. Le cratère Pythagore se découpe sur le terminateur. Turbu et moustiques sont de mise, mais c'est vraiment agréable. T400-cx300.



12 octobre 2013, quiétude des alizés avec le printemps qui revient. Je passe la nuit aux mont Kogui, superbe belvédère qui domine Nouméa orienté plein ouest, avec au coucher du Soleil une belle série de rayons verts. J'attaque le cratère Boussigault alors que la Lune passe au zénith peu avant le couchant. Cette arène est bien mise en valeur par une libration favorable. Seul le vent continu empêchera des visons exceptionnelles : à de rares moments, l'image se fige et une multitude de micro cratères apparaissent au T400-cx450.



Décembre 2013 à la Foa au T400-cx450. Joli fin croisant où la difficulté consiste à faire son choix parmi toutes les formations visibles particulièrement bien mises en valeur. C’est le cratère Rheita et sa vallée constituée de multiples cratères alignés qui attirent mon attention. De cette formation, je n’aurais le temps que de saisir qu’une petite partie, les nuages venant interrompre la séance pourtant fort bonne.



Janvier 2014 à la Foa au T400-cx450, Langrenus. 400-cx300. Le cratère Langrenus est formidablement mis en valeur sur cette très jeune Lune d’à peine deux jours. Le risque auquel je n’ai pu échapper est de réaliser le dessin dans le cours laps de temps imparti qu’exige la configuration de ce très fin quartier. De plus, ce délai fut interrompu par le passage d’un gros nuage. J’ai laissé volontairement ce dessin à l’état d’esquisse inachevée, tel qu’il se présente en cours d’exécution.



11 Janvier 2014 à la Foa, le golfe des Iris au T400-cx250, pour changer une interprétation au crayon blanc sur Canson noir. Ces diables de nuages rendent les observations aléatoires et les interrompent souvent. Je sais que je n'aurai que très peu de temps dans les rares trouées, je choisi délibérément un dessin très libre et évocateur, sans grand souci du détail. Je reste sur ma faim tant cette région mérite de s'y arrêter davantage.



8 mars 2014 à la Foa, Hercule T400-cx300. Très beau crépuscule et début de nuit pour ce premier dessin rapide, car la cible du soir est la géante gazeuse (voir Jupiter).



T400-cx80, le 15 mars 2014. Belle soirée publique organisée par le club ACA de Nouméa, sur la pointe des canons de Ouémo (ou quelque chose comme ça). Magnifique promotoire qui domine le lagon avec une vision dégagée Sud. Belle ambiance, le matériel s'installe, le pulic arrive, déjà un journaliste recueille les premières impressions. Il fait très doux et seuls les nuages sur l'horizon pourrait s'avérer contrariants car c'est déjà l'heure de lever de Lune, mais ici, on s'en fout même si on ne la voit pas (kasse pô la tête).... Pi un rai de lumière jaune orange blafard , émerge, puis disparait pour revenir, Séléné semble s'extirper avec difficulté des nuées. Cependant, le tableau est unique et mérite une première esquisse. Ensuite, elle s'extrait définitivement de la cacatte, les nuées s'évaporent laissant place à une jolie brume diaphane, signe que l'air est immobile et que ça va dépoter dur. La totalité est saisissante, c'est une sorte de mandarine saturée dont les bords se jauniraient avé un supçon de clareté là où la pénombre est la plus proche. Quelques croquis sont jetés pour tenter de saisir cela pour une synthèse unique. Mais diable, que le seeing est bon et il est difficile de resister à l'envie de visiter Mars toute proche (sublime, voir post dessin dédié) et Jupiter qui aurait mérité aussi quelques coups de crayon. Puis sans consulter de montre (j'en n'ai pô), à l'heure pétante, la sortie de l'ombre, évidente et radieuse, ce qui n'afadasse pas pour autant les tonalitées cuivrées présentes dans l'ombre. Ca aussi ça mérite un gribouillage. Puis tranquille, au fil des minutes qui défilent, l'ombre s'en va, suivie de sa pénombre évidente, ce qui nécessite 2 dessins supllémentaires. La fin est magnifique avé 3 zones parfaitement distinctes : ombre, pénombre et pleine lumière. Mais pour un ultime dessin, l'attrait de Mars est trop fort et il manquera ce témoignage visuel unique. Comme c'est ballot, mais ce fut si bon !
La technique : pour les 2 dessins du début et de fin, ce sont des "brut d'oculaire" réalisés aux crayons de couleur, sur un gabarit circulaire de grande taille pour le dernier afin d'apporter, outre les nuances colorées, les détails de surface. Pour les 3 étapes intermédiaires, ce sont juste des crayonnages en couleur sur des gabarits circulaires de 82mm. Ils tentent de reproduire au mieux la sensation colorée observée, ici exacerbée par le diamètre instrumental. Ces informations sont ensuite fusionnées sur l'image détaillée du dernier dessin mise en gris pour ces opérations.



T400-cx450, Rima Ariadaeus à la Foa. Un seeing très capricieux qui s'effondra en cours du dessin. Dommage car de prime abord, cette rainure était vraiment spectaculaire !




T400-cx450 le 12 juillet, alors que la Lune est quasiment pleine. La libration et le terminateur proche du limbe permettent des visions spectaculaires de régions rarement visitées. J'ignorais le nom de ces deux cratères très proches l'un de l'autre dont l'un est voisin d'un formidable sommet. Grâce aux forums, j'ai appris qu'il s'agit des cratères Haussen pour le premier et Drygalski pour le suivant, très proche du pôle sud.




J'ai observé l'éclipse totale de Lune du 8 octobre lors d'un séjour en Australie, joli périple reliant le centre rouge et son monolithe sacré Uluru à Darwin et ses parcs nationaux où batifolent nombre d'oiseaux, kangourous et crocodiles.
Je m'installe un peu au nord de Katherine, au pied d'une falaise ocre rouge où coule une cascade qui se jette dans un petit trou d'eau, invitant agréablement par ces grandes chaleurs à la baignade. Le T250 et la longue vue L80 sont à poste, les gabarits et crayons à disposition. Alors que le crépuscule s'installe, nous dînons d'un bon steak de kangourou arrosé d'un verre de rouge bien tiède, quand Séléné en lueurs orangées émerge de derrière la ligne de crête, découpant en ombres chinoises quelques eucalyptus effeuillés. Le disque lunaire est déjà bien entamé par l'éclipse. La vision est superbe, elle invite à interrompre immédiatement les agapes et prendre les crayons pour un premier dessin.
La totalité s'installe, le ciel gagne en noirceur, la Voie Lactée et la lumière zodiacale apparaissent le temps du phénomène. Le disque lunaire est sombre et blafard. L'orange cramoisi domine les zones proches du centre de l'ombre et se dégrade en tons plus jaunâtres à l'approche du bord de l'éclipse, avec des découpes correspondant aux tâches d'albédo. La visibilité des formations les plus claires est notable, comme le cratère Aristarque qui, tel un grain de beauté phosphorescent, ponctue la mer des .... Quelques étoiles s'invitent à proximité et certaines sont occultées pour réapparaitre ensuite.
La sortie de l'ombre se fait par un croissant de lumière blanche avec une transition assez douce. Au fur et à mesure de l'évolution du phénomène, le dégradé s'étale désormais jusqu'à des nuances jaunes tirant légèrement sur le verdâtre.
Je saisis les derniers instants de présence de l'ombre, sorte d'échancrure sommitale affirmée, en notant le dégradé subtil de la pénombre tirant plutôt sur des tons gris-brun.
8 dessins seront réalisés et j'en retiendrais 6 pour assembler ce chapelet avec un logiciel de retouche d'image, mettant en scène l'ambiance crépusculaire des premiers instants. Ces esquisses sur papier blanc sont des crayonnages colorés sur des gabarits pré-tracés où figurent juste quelques lignes des formations principales. Celles présentant un caractère particulier lors de l'observation sont mises en évidence. L'orientation est déterminée à la longue vue, les teintes appréciées au T250x55. J'ai dessiné la veille une pleine Lune pour servir d'image de fond.
Ignorant la rancune d'avoir mangé au dîner un de leurs congénères, quelques kangourous dans leurs flâneries noctambules me rendent visite durant l'observation. Parfois, un oiseau nocturne pousse un cri étrange, quelques dingos de loin en loin se répondent en un cœur d'hululements. L'air embaume un léger parfum d'eucalyptus. Qu'il est bon, qu'il est doux de jouir de ces instant parfaits où tout semble en harmonie, quiétude de cette nature sauvage omniprésente, quasi intacte, de la douceur de la nuit et de l'alignement remarquable qui l'espace d'un instant, nous place exactement entre la Lune et le Soleil. Plus que jamais je me sens " Terrien ".



La Foa le 30 janvier 2015, au T400-cx450. Juste au-dessous de Clavius, les cratères Blancanus et Scheiner accrochent la lumière de façon merveilleuse. Je jette mon dévolu sur le premier, ne faisant qu'évoquer le second et tous les autres alentours qui, tels de mirages lumineux, émergent du néant.




Nouméa le 4 avril 2015, au T400-cx80. Une demie-lunaison après l'éclipse totale de Soleil visible au nord de l'Europe, c'est une superbe éclipse totale de Lune qui s'offre aux spectateurs des antipodes. Avec le club de Nouméa, nous organisons une soirée publique pour observer le phénomène. Entre deux visiteurs, je croque rapidement quelques étapes du phénomène en vue de réaliser un chapelet. Comme à l'accoutumée, je ne note que les informations de couleurs, de luminosité, de position, de rendu global saisies à l'oculaire. Les 2 nuits suivantes, je dessine tranquillement une pleine Lune. A la maison, il ne reste plus qu'à mixer tout cela en une ratatouille niçoise, pimentée d'un zeste de nuages qui magnifiaient le début du phénomène. C'est ma 3° éclipse totale de Lune observée et dessinée d'affilé sur la tétrade 2014-2015. Il est peu probable que je sois au rendez-vous de la suivante, car invisible de Nouvelle Calédonie. la prochaine tétrade se produira en 2032-2033 !
Durant ce dessin de pleine Lune, les nuages jouent avec Séléné et parfois, des halos irisés se forment et se défont au gré des nuées.



La Foa le 26 juin 2015, au T400-cx300. Le cratère Kies émerge de la nuit. Chaque fois que je le regarde, il m'évoque une raquette de ping-pong.



La Foa le 19 septembre 2015, au T400-cx300. Voici un joli chapelet de petits cratères avec de gauche à droite pour les plus gros, Arago -qui aurait mérité un dessin approfondi à lui tout seul, Ritter et Sabine traversé par un joli réseaux de failles.



La Foa le 24 octobre 2015, au T400-cx460. Un joli réseau de rainures attire mon attention. C'est le secteur du cratère Prinz et les monts Harbinger, à proximité d'Aristaque encore dans l'ombre.
le 19 décembre à 300x, par vent affirmé et turbulence bien présente, je choisis ce regroupement de cratères bordant la plaine close d'Orontius, formant un formidable ensemble complexe. De bas en haut, on note les cratères Saussure, Huggins, Nasiredine et Miller.

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Soleil


Sortie du club d’une semaine à Briançon en septembre 2002, où seul cet après-midi a été exploitable pour cause de météo exécrable. L’activité solaire bat son plein. Vue partielle à la L130, Pentax 7mm et vue de détail de la tache principale au Nagler 4,8 mm. Son cœur semble filamenteux.

En attendant la nuit, on profite de la belle activité solaire avec un groupe de tâches remarquables. Sortie en mai 2003 dans le Quercy. Vue d’ensemble du soleil.


éclipse 1994


Eclipse de mai 1994, sur la colline de la Revanche à Elancourt dans la lumière du couchant. Ce chapelet est réalisé à partir de 2 clichés pris avec un Canon EOS 10 et zoom 100-300 USM calé sur 300 mm, simplement filtré avec 2 polarisants. Ce Boîtier programmable bien pratique permet d’effectuer automatiquement 9 surimpressions par image selon un intervalle préalablement défini.


éclipse 2005


Eclipse annulaire du 3 octobre 2005, à Alcala del Jucar en Espagne sur la ligne de centralité. Photomontage réalisé à partir de 3 clichés pour couvrir l'intégralité du chapelet et d’un pour le paysage. Canon EOS 10, zoom 100-300 calé sur 135 mm à F/D 8, filtre Astrosolar. Programmé pour 9 surimpressions par image à 6 minutes d’intervalle. Dommage que ma montre n’était pas précisément à l’heure pour saisir le moment exact de la centralité.


éclipse 2006


Eclipse totale du 26 mars 2006, dans le désert Libyen, au sud est du volcan Waw Enamous. Une aventure exceptionnelle que nous avons vécue avec 14 copains(es) du club. Découverte d'un pays, du Sahara, d'un autre mode de vie. Course effrénée des 4x4 dans la poussière pour être présent sur le site au bon moment. Une ambiance indescriptible, assombrissement du ciel, apparition de Vénus, des ombres volantes partout, les premiers grains de Bailly, arrachage des filtres et ça y est ! Couronne solaire énorme, nombreuses protubérances dont la visibilité évoluera au fil du phénomène selon de déplacement de la lune. J'ai tenté ce croquis, évoquant à l'ère du numérique une astronomie d'une autre époque, ambiance 1900, à l'oculaire de la longue vue L80 pour la couronne et de l'ETX x100 pour les protubérances. Les 4 minutes sont passées comme un éclair. Je n'ai eu le temps que de marquer au mieux le contour des différents panaches. Tout de suite après la totalité, l'image encore en mémoire, j'ai apporté la texture particulière et les finitions pour ce résultat étrange…


RAP 2008. Cette protubérance remarquable est observée dans la L100 du club équipée d’un Coronado BF60. On note son évolution du 2 au 3 mai. Comme toujours, le dessin est réalisé en négatif. La colorisation est effectuée avec un logiciel de traitement d’image.

Le 30 juin 2008 au collège de la Clé St Pierre d’Elancourt, lors d’une animation avec les élèves. Série réalisée à la L100 équipée d’un BF60 et d’un oculaire de 10 mm sur une période s’étalant de 16h à 20h30.


éclipse 2008


Eclipse du 2 août 2008, observée en Chine lors d’un mémorable périple organisé par la SAF sur la route de la soie. Une éclipse d'une rare beauté tant par l'étendue de sa couronne légèrement dissymétrique, que par cette remarquable protubérance, ces superbes couleurs crépusculaires dans le désert de Gobi.
J'ai tenté durant ces trop rapides 120 secondes, un dessin à la L80x20 qui ne peut être qu'une pâle évocation et non une reproduction fidèle du phénomène.
Installé depuis le matin sous un soleil de plomb, je scrute avec angoisse un petit nuage qui petit à petit, ne fait que grossir durant la journée. A 10 mn de la totalité, le fin croisant est masqué. Je prends la décision de courir vers une zone encore ensoleillée située à 1000 mètres de là. Mais la totalité approchant, ce coquin se dégonfle et la zone que je viens de quitter est à présent dégagée alors que je suis toujours sous le couvert ! Instant d’abattement total car il n’est plus temps de revenir. Mais enfin, à quelques poignées de secondes de la totalité, le ciel se dégage aussi pour moi. Il est impossible de décrire l’émotion ressentie en ce moment précis et je crois avoir perdu une bonne dizaine de secondes à m’en remettre, avant de me jeter fébrilement sur la feuille de papier blanc. Avec frénésie, je note la forme générale de la couronne joliment dissymétrique, mémorise les contours des diverses extensions, apprécie la différence entre les plumets au nord plus courbés que ceux du sud. Je note une étoile du Cancer vers l’ouest. Au fil du temps, la vision s’améliore sensiblement. Aux derniers instants, une magnifique protubérance et une fine chromosphère rose vif m’apparaissent franchement.


RAP 2009, millésime remarquable par la première rencontre astrodessin qui s'y est déroulée. Petite protubérance dans la L100 d'"Astroviking" équipée pour le H-alpha avec un PST.



éclipse 2009


De retour en Chine pour l’éclipse du siècle, celle du 22 juillet 2009 et encore une fois, un formidable périple organisé par la SAF. En fin de période de mousson, le lieu d’observation est très délicat à choisir. Les statistiques météo nous font préférer la proche région de Shanghai. Fort judicieusement, nous avons prévu un bus pour disposer d’une certaine latitude de mobilité afin d’ajuster notre position au dernier moment. La veille de l’éclipse, un violent orage éclate comme l’annoncent les prévisions. Il est impératif de bouger vers le Sud-ouest à 300 km de là. Une couverture nuageuse nous prive du lever de soleil mais en montant dans le ciel, il apparait enfin dans une zone épargnée. Le premier contact est détecté à la seconde près mais à 30 mn du 2ème contact, des voiles d’altitude pommelés filtrent un soleil déjà bien entamé par la Lune. La lumière baisse et l’allumage de l’éclairage au sodium de l’aire d’autoroute où nous sommes nous prive de l’ambiance si particulière de cette lumière blafarde caractéristique avant la totalité. Les planètes et les étoiles sont invisibles. En revanche, les 2ème et 3éme contacts sont magnifiques, atténués tout en douceur par ces nuages. J’ai pu observer sans filtre à la L80x20 le dernier rai de lumière et la fabuleuse apparition de la chromosphère rose. Seule la très basse couronne transperce et irradie les proches nuées, attestant d’un flux lumineux certain. Il est quasi impossible d’en deviner la forme générale et les extensions des divers plumets, se noyant, se modifiant et s’emmêlant au gré de l’évolution rapide des nuages. Au moment du maximum, l’envie de tout arrêter me prend devant cette esquisse qui m’échappe. C’est alors qu’apparait une magnifique protubérance sur une chromosphère qui ne fait que s’étendre à l’approche du 3ème contact, me redonnant l’envie de poursuivre ce travail et retranscrire cette vision peu banale. Le diamant est splendide, suivit d’un beau chapelet de grains de Bailly, facile à suivre sans filtre pendant de nombreuses secondes. Bien que sur le coup, j’ai ressenti une certaine déception devant ce spectacle gâché par les nuages, je le savoure d’avantage à postériori, heureux d’avoir été parmi les rares privilégiés à l’avoir vu dans son intégralité.




Rencontres Astrociel du 17 au 22 août 2009 (voir « Jupiter »). Le Soleil semble sortir de sa torpeur et quelques protubérances commencent à animer le limbe de l’astre. Charmant spectacle saisi à la L100 et Coronado BF60 lors des après-midi siesteux de la manifestation.


Rencontres Astrociel du 17 au 22 août 2010. Après midi de douceur où l’on sort de sa torpeur pour contempler un soleil qui bougeotte au Coronado BF60.






Les rencontres Astrociel – ici millésime 2011 – offre de belles journées à flemmarder au soleil, en butinant de-ci, de-là de superbes visions de Phébus à travers divers instruments dotés de filtres H-alpha. J’ai été stupéfait d’observations dans des lunettes de 100 à 150 équipées de doubles stack H-alpha, exacerbant les contrastes et le niveau sublime de détails.
Plus modestement, je me repais sur la lunette du club équipé d’un BF60. En cette période d’activité, les protubérances ne manquent pas sur le limbe, tout comme les groupes de tâches et de filaments sur le disque solaire. C’est cette dernière vision qui m’inspire ce premier dessin où se révèlent une texture toute en plumets un peu échevelés et une sorte de canaux clairs qui circulent tortueux dans ce joli fatras.
Mais bien vite, je me polarise sur le limbe et note de jour en jour l’évolution d’un groupe de protubérances. Je jubile de constater – notamment sur le dernier dessin- que les filaments sur la surface ne sont que le prolongement des protubérances, produisant un effet de relief saisissant.



Le millésime des RAP 2012 est marqué par l’observation solaire et les aficionados du soleil venu en grand nombre avec des matériels très performants. C’est avec le Lunt de 100mm de Loïck que je réalise le dessin de cette magnifique protubérance qui évolue quasiment à vue d’œil. Cet instrument offre une résolution et un contraste vraiment remarquable.


Transit de Vénus 2012






Encore une aventure fantastique avec club, lors d’un séjour à Hawaii pour observer le transit de Vénus. C’est un peu en contrebas au sommet du volcan de l’ile de Maui que nous nous installons, afin de se mettre à l’abri d’un vent assez fort. Sous un ciel coronal, au dessus d’une mer de nuage, nous observons le phénomène du 1er au dernier contact, soit prés de 7h d’observation d’affilé au T250x140 coiffé d’une feuille d’Astrosolar. Je profite des préliminaires pour esquisser le disque solaire, joliment ponctué de nombreuses tâches et note des facules proches du limbe. Ce dessin me permettra de reporter la trajectoire de Vénus pendant phénomène. Il sera peaufiné tout au long de la journée et je complèterais ces observations par des dessins détaillés des principaux groupes de tâches.
Le 1er contact se produit alors que le Soleil atteint quasiment le zénith et en quelques minutes, il faut faire pivoter l’instrument de 180° pour suivre l’astre et subir la rotation de champ qui en découle.
J’exécute une série de 10 croquis pour noter l’évolution entre le 1er et le 2eme contact. N’ayant jamais de montre, j’escagasse les copains pour que de temps à autre ils me communiquent l’heure. 1, je note comme un effet de « mouillage » sur le disque vénusien. 2, un fin filet commence à tracer de par et d’autre. 3, le filet se prolonge et semble faire le tour de Vénus, mais il est d’une extrême finesse, visible seulement quand le seeing s’améliore. Il me semble que la planète soit plus sombre que le fond de ciel. Réalité ou illusion, en tout cas, cela atteste d’une frontière visuelle certaine. 4, 5, 6, le filet se renforce vers un pôle. 7, le filet devient évident sur la circonférence, avec comme un effet de mouillage du limbe solaire. 8, 9, les cornes du Soleil semblent s’arrondir très légèrement. 10, c’est fini !
Je réitère cet exercice avec 12 croquis pour les 3 eme et 4 eme contacts, alors que le Soleil décline sur l’horizon et que les effets de la turbulence se font plus sensibles. On retrouve les mêmes phénomènes que précédemment, sauf cet effet d’assombrissement du disque planétaire, tout juste perçu en parti sur le croquis n°9. Avec magnifique coucher de Soleil, nous achevons cette journée exceptionnelle, totalement ravis, les yeux larmoyant et couvert de coups de soleil.





Restefond août 2012, dans la foulée des rencontres Astrociel. A cette altitude (2500m) et sous ce ciel quasi coronal, le Soleil pétant de santé offre un spectacle remarquable, et l'on peine à choisir une protubérance plutôt qu'une autre à dessiner, à moins que l'on ne se concentre que sur une partie de la surface elle-même. 1er dessin le 17, à la L60 avec un BF60. C'est le 18 août vers 18h30 que j'ai observé et dessiné un évènement particulièrement rapide et brutal. Alors que je me délecte avec l'incroyable instrument de Sébastien : Solar Spectrum SO1 sur L127, je dessine deux belles protubérances qui se rejoignent en une grande arche de feu. La vision est d'une précision chirurgicale. Je note sur la gauche à proximité du limbe, une sorte de tâche concave, d'où s'échappent quelques timides filaments. Le temps d'un rapide peaufinage sur le papier et de ce nombril, apparaît et jaillit ce jet incroyable qui croit à vue d'oeil. En moins de 5 mn, il est 2 fois plus haut que les protubérances voisines, pourtant de taille déjà respectable. Un quart d'heure plus tard, il se dilue et s'évapore.


éclipse 2012


L’éclipse totale de Soleil de 2012 fut un bon prétexte pour aller courir l’aventure en Australie avec les copains du club, sur un parcours de 4500km reliant Sydney à Cairns.
Craignant une affluence (qui n’aura pas lieu), nous décidons d’investir les lieux l’avant-veille de l’évènement. Sur la base d’images d’archives météo, Jean Marc Lecleire que nous retrouvons sur place a jugé opportun de quitter le littoral de Port Douglas préférant l’arrière-pays – ce qui s’est avéré judicieux. Nous prenons le temps de dénicher un lieu d’observation idéal, avec un horizon bien dégagé à l’est et en hauteur, où l’on peut vivre pépère le temps de l’attente, dans ce foutu pays où le rhum est autant hors de prix que peu goûtu.
Réveil en fanfare dès 3 heures du matin pour monter les instruments, les régler, profiter quelques instants des merveilles australes quand déjà pointe l’aube. Sauf quelques cirrus, le ciel est dégagé et seule une fine bande nuageuse s’accroche au loin sur les collines. L’horizon s’éclaircit, rosit puis jaunit et de derrière ces nuées, émerge un Soleil déjà entammé, les bords bien cabossés par la turbulence.
A intervalles pifométriquement réguliers, je dessine l’avancée de la Lune devant le Soleil, masquant progressivement des groupes de tâches solaires, bien visibles à la L80x40 et filtre polyamide. La gorge se serre davantage avec l’évolution du phénomène. L’ambiance devient magique, la lumière du jour naissant s’accoquinant à merveille avec les facéties lumineuses de l’éclipse. C’est blafard, électrique, mais avec des teintes un peu chaudes. Ca s’accélère, ça bascule, les ombres volantes s’agitent follement. Le paysage se fait décor de théâtre, la couronne devient visible, l’ombre se jette sur nous, j’arrache le filtre, saisis les grains de Bailly, la chromosphère rose fuchsia s’affirme sur ces formidables perles de lumières et l’image sublime du Soleil noir irradié s’étale sur cette portion de nuit circumsolaire au même instant où crépite dans mon cul les appareils photos de Jean-Marc dans une cadence inimaginable.
Je déguste cette éclipse explosive, violente, très dense et contrastée, la basse couronne étant particulièrement lumineuse et les panaches partant de toutes parts. La chromosphère et de nombreuses protubérances sont très visibles. Le dessin est périlleux car les 120 secondes de totalité sont comptées, la perception du phénomène évolue rapidement selon la position des deux astres entre eux et en fonction de l’adaptation en vision crépusculaire. Je prends 15 secondes pour observer la basse couronne et la chromosphère au T400-cx80. La vision est extraordinaire, d’une intensité incomparable, avec des détails aussi évidents que surprenants. De suite, je constate que je me suis trompé de programme : je n’aurais du dessiner qu’une portion de Soleil avec le maximum de résolution en privilégiant le gros télescope, car ce genre d'observation est rare. Je note une légère lumière cendrée. Je mémorise deux formations turbulentes au voisinage des deux protubérances les plus remarquables, ainsi qu’une sensation de voiles filamenteux enchevêtrés de façon assez complexe.
Je me délecte quelques poignées de secondes sur le tableau surréaliste du paysage qu’on embrasse d’un large regard quand déjà on annonce le troisième contact dans moins de quinze secondes. Je me replonge dans l’oculaire de la lunette et tente de mémoriser le maximum d’informations, de noter avec le plus de précision les trop nombreuses caractéristiques que je découvre quand déjà la chromosphère s’affirme davantage et le flash insupportable du retour du Soleil annonce la fin du phénomène, accompagnée d’une clameur collective comparable à celle d’un troupeau de bestiaux ravis.
Très vite, je dessine et tente de reproduire au mieux la vision fugitive qui déjà s’évanouit dans mon esprit. En quelques minutes, j’aurai épuisé mon souvenir et il faut s’en tenir là au risque de s’égarer. Le reste n’est que fignolage et peaufinage.
C’est fini, je suis vidé, ce fut extraordinaire. J’ai vraiment apprécié cette belle éclipse si particulière (elles le sont toutes !)
Décidemment, 2012 aura été marqué par les jeux de cache-cache qu’offre la mécanique planétaire : une occultation de Jupiter, une éclipse partielle de Lune, le transit de Vénus et la totale du Soleil, la besace est bien pleine !




Soleil du 3 février 2013 à la Foa, observé dans le Lunt 100 de Marc-André. Il ya a beaucoup de protubérances sur tout le limbe solaire. Mais je suis attiré par ce groupe très discret qui peut aisément échapper lors d’une observation rapide. C’est très évanescent et très beau.



Depuis quelques jours, avec les copains du club astro de Nouméa, nous tentons d’observer la comète Panstarrs alors qu’elle plonge vers le Soleil. A chaque fois, des nuages occultent la zone concernée et jamais nous ne la percevrons. Par contre, nous bénéficions de magnifiques couchers de Soleil sur le Pacifique et chaque soir, nous observons des rayons verts très intenses. C’est lors de la dernière tentative que j’immortalise ce phénomène qui s’achève par un rayon bleu, tirant vers le violet au tout dernier instant (L80x60).



Rayon vert du 12 juin 2013 sur le mont Ouen Toro à la L80x60, sublime belvédère sur la baie de Nouméa. 2° image, le Soleil semble se liquéfier sur l’océan alors qu’il s’ovalise sensiblement. 3° image, premier rayon vert lors du passage derrière une bande de nuage. Images suivantes, le vert est intense sur les cotés du disque solaire. Dernière image, une forme ovale se détache du disque et apparait bleu au dernier instant.



Rayon vert du 11 novembre 2013, toujours sur le mont Ouen Toro. Ici aussi, le Soleil vient "mouiller" la mer et s'étale alors que déjà, le limbe tourmenté se pare de vert en partie haute. Dès la 4° image, un fin liseré vert intense est nettement perceptible sur le limbe supérieur, effet magnifié par l'occultation d'un nuage en 2 spots brefs mais intenses sur la 5° image. Final en apothéose avec une irisation bleue.






A Nouméa, les rayons verts sur le Pacifique sont quasiment systématiques dès lors que l’horizon n’est pas occulté par des nuages lointains. La colline du Ouen Toro offre un belvédère remarquable pour suivre ces phénomènes. Le 6 janvier 2014, je croque à la L80x60 ce chapelet d’un Soleil paré de grosses taches, occulté partiellement par des nuages opaques. Cela n’empêchera pas un joli final, caractérisé par un dégradé de couleurs vives allant de l’orange au vert.
Quelques minutes plus tard, je visualise Vénus en croissant extrêmement fin à quelques degrés au dessus de l’horizon (voir "Vénus").
Le 7 janvier, même exercice, même configuration, conditions météo quasi identiques, un croquis très rapide à l'oculaire.
Nouvelle tentative le 8 janvier, mais ce coup-ci, le Soleil disparaît à l'approche de l'horizon dans les nuages. Cependant, cet unique dessin associé aux précédents montre la rotation du Soleil sur 3 jours consécutif avec le déplacement des tâches, dont les plus importantes forment le groupe 1944.

Encore un autre, saisi très rapidement en quelques coups de crayon.



Ce groupe 1944 est détaillé le 11 janvier 2014 à la Foa, Journée de la conjonction de Vénus, pour profiter de l'instant. Au T250x150 et filtre astrosolar, par vent bien présent.



Le Lunt 100mm de M@s sur la tâche AR2192 le 25 octobre 2014.



Le Lunt 60mm de Gégé sur un superbe filament se terminant en protubérance le 19 avril 2015.

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