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Espagne 2007

Serge

 

Nous avons choisi la première semaine de septembre en Espagne pour notre second périple astro de l’année 2007. Avec Cyril, Yannick, Jean-François Brigeou et Didier, nous allons bien en profiter.

 

En route !

Nous partons en voiture afin de bénéficier d’une bonne capacité de transport et emporter facilement les télescopes du club. Ca fait longtemps que j’ai grande envie de profiter pleinement de notre beau T460.
Brigeou s’est chargé de trouver un gîte en Espagne. Elle reprend contact avec Francisco qui l’avait hébergé lors de notre précédent séjour en ces lieux, à l’occasion de l’éclipse annulaire d’octobre 2005.
Nous le retrouvons avec plaisir au hameau de la Gilla, près d’Alcala del Juccar. Après une rapide prise de contact, Francisco tient absolument à nous faire goûter une redoutable piquette qu’il garde précieusement dans un petit tonnelet. La semaine s’annonce bien…
Chose faite, nous le suivons sur une piste poussiéreuse à travers des champs desséchés, quelques plantations d’oliviers et de belles pinèdes qui sentent bon la résine et le romarin. Cinq kilomètres plus loin, nous atteignons un magnifique gîte de caractère. C’est la «maison du patron», une vaste hacienda blanche, où loge un jeune couple sympathique avec un bébé. Dans les dépendances habitent deux bergers qui ont à charge un troupeau de 1000 brebis.

 

La vie…

Nous ripaillons comme des chantres. Souvent, Francisco nous apporte légumes et figues fraîches en abondance. La charcuterie locale est vraiment remarquable et les p’tits vins d’ici ont un sacré caractère. Nous-nous tordons bien les boyaux à raconter un maximum d’âneries dans un minimum de temps. A la fin du séjour, Didier nous initie aux joies du golf, mémorable moment.
Durant la journée, nous nous occupons à deux tâches essentielles. L’une consiste à préparer les repas et l’autre est dédiée aux préparations de nos observations nocturnes. Le reste du temps sert à se reposer - le rite de la sieste étant chose importante ici - pour être dispo la nuit.

C’est derrière la petite chapelle de la ferme que nous installons à demeure nos instruments pour une semaine complète d’astronomie de rêve. Il fait doux, le taux d’humidité est très faible, la pollution lumineuse est tout à fait acceptable. Seule la transparence est un peu en retrait par rapport au précédent séjour.

Ce qu’il y a de remarquable, c’est que chacun dispose d’un instrument pour lui tout seul. Cela permet à tous de faire un travail conséquent, studieux et besogneux. Je crois que chacun a ainsi pu progresser.

 

 

   

Les observations…

Je me suis fixé comme principal objectif, la réalisation d’un grand dessin sur un A4 de la nébuleuse Oméga, M17, avec le T460 et un bon filtrage OIII. Je veux retrouver l’extraordinaire vision que j’avais eue lors des RAP 2007 dans le T460 des Auvergnats.
Avec les conditions tout à fait correctes que nous avons, je retrouve sans difficulté cette belle image. La tentative de dessin de la première nuit ne m’a pas satisfait. J’ai eu du mal à respecter les proportions générales de cet objet étendu et le champ richement étoilé de cette zone du ciel est quelque peu malmené. Je décide de tout recommencer le lendemain en dessinant au préalable le champ étoilé d’après une photo. Seule la position de quelques astres est notée. Leur magnitude a été relevée au télescope. Après plusieurs heures de besogne à l’oculaire, j’obtiens enfin un résultat évocateur qui globalement me convient. Il est délicat de reproduire avec exactitude la structure particulièrement filamenteuse des fines extensions externes. D’abord leurs formes individuelles sont très complexes et ensuite, beaucoup sont assez ténues à la limite de la visibilité. Le passage de l’oculaire à la feuille dessin altère un peu la vision nocturne. Il faut mémoriser le maximum de détails pour ensuite les reporter sur le papier. C’est toute la difficulté du dessin des grands objets complexes.

 

Les galaxies…

Ensuite, nous avons exploré les galaxies de Pégase avec la célébrissime NGC 7331 accompagnée de quelques petites sœurs plus lointaines. Cet objet vu de ¾ évoque une mini Andromède, avec un bulbe bien marqué et la sensation tourbillonnante des zones externes.
Quelques champs d’oculaire plus loin, nous découvrons avec évidence le Quintet de Stéphan où on note sans grande difficulté l’orientation de chaque composant par rapport à ses voisins. Après acharnement, j’arrive à discerner en vision décalée un 6ème compagnon.
Mais assurément, le grand choc galactique est la découverte de NGC 253, la galaxie du sculpteur. Un truc énorme, qui englobe la totalité du Nagler 12 mm, avec un bulbe central étendu et particulièrement grumeleux.
D’autres galaxies ont été visitées et dessinées durant ce séjour.

Les nébuleuses planétaires…

La majorité de mes observations est consacrée aux nébuleuses planétaires, objets fascinants, tous plus ou moins fortement colorés, montrant une grande diversité de formes.
La liste serait longue et rébarbative mais j’ai eu plaisir de découvrir avec évidence la nébuleuse de la Bulle, sorte de griffe de chat au pied d’une petite nébulosité.
Autre belle découverte, la nébuleuse du Croissant, bien connue mais que pourtant, je n’avais jamais observé. La première vision est étrange et confuse, le croissant à une drôle d’allure. C’est alors que je remarque que je n’en vois qu’une petite portion. En diminuant le grossissement et avec le filtre magique OIII, l’image se révèle absolument superbe, évidente, richement détaillée et d’une grande finesse. Assurément, un des plus beaux objets du ciel.
Par ailleurs, j’ai pris beaucoup de plaisir à visiter avec ce gros télescope les célébrités que sont, l’anneau de la Lyre, la Saturne, la Clignotante, la Trifide, la Boule de neige et bien d’autres. Il m’a fallut plus d’une heure d’observation soutenue à très fort grossissement pour cerner au mieux les formes délicates et complexes de l’œil de chat. Par moments, je note une sorte de jet en bas à gauche. La Dumbell est vraiment très lumineuse, les détails filamenteux noyés dans cette lueur.
Enfin, je m’escrimerai de longues heures durant à tenter de percevoir sans succès les fameux piliers de la création dans l’Aigle. Mais c’est une expérience à retenter. Je sens que c’est possible…

 

Les planètes…

Nous ne boudons pas l’observation des planètes, avec Jupiter dans les lueurs du couchant, fortement altéré par la turbulence atmosphérique. De même, Mars se lève mais elle est encore bien petite pour montrer des détails convaincants. Enfin, chacun s’est amusé à chercher les petites billes turquoises d’Uranus et Neptune.

Une nuit, nous avons invité la famille de Fransico pour voir ces merveilles. Madame est une fière ibère fort sympathique. Nous l’aidons à escalader les marches de l’escabeau pour qu’elle atteigne en toute sécurité l’oculaire. Leur fils Remondo s’exclame et pétarade comme un damné, à en faire vibrer la voûte céleste ! La petite famille est là avec les tatas, les tontons, les frères et la sœur – fort ravissante. Un beau-frère semble bien au fait des choses de l’espace et explique à tous des choses qui nous échappent. Mais nous notons des «haaaaa, esta mui bien, mui bonito ! caramba !» admiratifs. Bien belle et agréable soirée.

 

 

Le retour…

Sur la route du retour, nous ferons étape chez Jean-François dans le Cantal. Il nous prépare une soupe régionale redoutable, à base de pain, de fromage, de tomates et d’oignons, avec une consistance qui impose le respect et une fois avalée, une présence dans l’estomac qui ne laisse pas indifférent.

Voilà, cette semaine s’achève, tout en douceur. Encore une agréable et paisible aventure à mettre à l’actif de notre club. Elle a été particulièrement riche en activité astronomique, chaque soir ayant été mis à profit jusqu’à des heures tardives. Je reviens avec plus d’une vingtaine de dessins, du bonheur plein la tête et pense déjà au prochain voyage astro.