La pollution lumineuse :
Qui ne s’est jamais pris à observer le ciel, allongé sur le sol, par une belle nuit d’été ? En vacances à la mer, à la campagne et surtout à la montagne… Oui c’est un beau spectacle. Mais vous qui vivez en ville le reste de l’année, réussissez-vous à profiter de ce spectacle depuis votre jardin, votre balcon ou depuis un parc municipal ? Vous êtes vous déjà retrouvé subjugué par la quantité d’étoiles présente dans le ciel en étant seulement à quelques encablures de chez vous, un soir d’hiver, en revenant du travail ou de la fac ? Je pense pouvoir répondre à cette dernière question par un simple « non ». A l’inverse, par un soir hivernal plutôt nuageux, vous avez sans doute davantage noté la clarté ambiante, malgré la nuit tombée, et ce même si vous vous éloignez un peu des réverbères. Vous avez remarqué que le ciel prend alors des couleurs assez étranges avec des nuages tirant souvent sur l’orangé, alors qu’ils devraient être gris et sombres. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’environnement citadin ne permet plus de profiter de ce spectacle magique qu’est la nuit. Et la faute en revient à l’éclairage omniprésent dans nos villes, du lampadaire à l’enseigne publicitaire en passant par le laser de discothèque... C’est la pollution lumineuse. Ainsi, les astronomes amateurs, pour pouvoir observer un ciel à peu près correct, sont obligés de s’éloigner de plus en plus des villes et de leur halo de lumière. Et les quelques rares coins un peu sombres restant se trouvent piégés, enclavés au milieu de vastes zones éclairées, et tendent à disparaitre petit à petit, au train où vont les choses.
N’oublions pas pourtant qu’au siècle dernier (le XX ème oui !), les observatoires au cœur des villes, comme l’observatoire de Paris, étaient encore activement utilisés pour l’observation du ciel, chose à présent presque impossible. Bon, et alors ? Faut bouger un peu pour voir les étoiles ? Est-ce vraiment un problème ? Ceux qui ne sont pas passionnés ou même attirés par l’astronomie peuvent ne pas se sentir concernés par cette détérioration de la qualité du ciel nocturne. Et ils ont tort. Tout d’abord, il n’y a pas de raison que l’observation de la voute céleste devienne un jour un plaisir réservé à des privilégiés vivant à la campagne, loin des villes. Mais au-delà de ces considérations, il existe un réel enjeu sur l’équilibre écologique. Le cycle d’alternance du jour et de la nuit rythme notre environnement depuis toujours, et par définition la nuit n’est pas faite pour y voir comme en plein jour ! Cette luminosité contre-nature a donc un réel impact sur l’environnement, la faune et la flore et perturbe bon nombre de cycles naturels, fragilisant ainsi une grande partie de l’écosystème. Il y a donc de vraies raisons d’agir et de lutter contre ce phénomène. Mais pour agir, il faut savoir pourquoi la situation a empiré jusqu’à ce point et identifier les causes de cette pollution. Les causes, parlons-en un peu. Elles sont multiples :
Alors, la pollution lumineuse, une fatalité ? Non bien sûr, il existe des moyens pour contrer cette dérive. Un certain nombre d’associations ont été fondées dans ce sens, tant au plan international avec l’IDA (International Dark-Sky Association) qu’au plan national avec en France l’ANPCN (Association Nationale de Protection du Ciel Nocturne) qui fédère elle-même des associations locales. Pour l’instant, la France reste mauvaise élève dans ce domaine, et les autorités « compétentes » n’ont toujours pas décidé de réagir.
Pour approfondir ce sujet, le mieux est encore que vous vous documentiez en consultant les sites des associations citées :
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