IV Oppositions et évolution des théories :
Aujourd’hui, il devient difficile de s’opposer à une théorie scientifique si on ne maîtrise pas soi-même la science concernée dans cette théorie. Les institutions religieuses, qui étaient il y a quelque siècle toutes puissantes, parmi lesquelles l’Eglise catholique – la plus intransigeante - qui avait condamné Galilée pour hérésie, ne peuvent maintenant plus rivaliser avec les sciences modernes et offrent une ouverture d’esprit plus importante (l’Eglise catholique a réhabilité Galilée en 1992). C’est pour cette raison que l’on ne pourra considérer qu’une opposition purement scientifique à la théorie du Big-Bang. Les oppositions scientifiques et théories alternatives au Big-Bang :
Il déclare que l’on ne peut pas qualifier de théorie quelque où tout est né au départ de façon arbitraire, où tout dépend du choix des conditions initiales… Ainsi Hoyle prend l’exemple du rayonnement fossile : le Big-Bang n’a jamais prédit la température de ce rayonnement. Cette température dépend en effet des conditions de départ. On l’avait calculé à 5° K alors qu’elle était en réalité de 2,7° K, pour cela il a fallu modifier les équations permettant de la calculer ; mais on avait obtenu par l’observation une autre valeur divergeant davantage, on aurait simplement modifié davantage les équations pour les mesures collent avec la théorie initiale. En réalité, ce qui détermine réellement la température de ce rayonnement cosmologique est un rapport entre la quantité de matière et la quantité d’antimatière présentes à l’origine dans l’Univers. Mais cette donnée est totalement inconnue et est donc fixée de manière complètement arbitraire… Autrement dit, pour Hoyle, la théorie du « Gros Boum » n’est qu’un formidable jeu de hasard sans réel fondement… 2- L’Univers statique de Hoyle, présentation simple : En 1948, Hoyle proposa parallèlement au Big-bang de Gamow, sa théorie de l’Univers stationnaire. Il énonce que l’Univers est stationnaire, infini dans le temps et dans l’espace, dont l’expansion serait provoquée par une création continue de matière. Cependant sa théorie ne rencontre pas vraiment de succès, faute à la popularité du big-bang et au manque d’informations venant l’appuyer. En effet, il est difficile de statuer réellement sur quelque chose qui ne connaît aucune évolution à grande échelle. Finalement, il préfèrera abandonner ses recherches dans ce domaine. Cependant, il proposa, il y a quelques années seulement, une autre théorie qualifiée de quasi stationnaire. Dans cette dernière, Hoyle présente un Univers oscillant (qu’il ne faut pas confondre avec la théorie d’Hawking qui fait se succéder plusieurs Big-Bang avec leur singularité) qui alternerait entre « petites » phases d’expansion et de contraction. Cette fois, la création de matière ne serait pas continue, mais périodique et régie par des règles mathématiques très strictes. Etrangement la théorie du Big-Bang a récemment fait appel à des règles mathématiques similaires (?)… 3- L’Univers statique de Segal : En 1972, Irwin Ezra Segal, mathématicien du MIT, avait repris les travaux d’Einstein, et en les enrichissant par des observations récentes, avait finalement aboutit aux même conclusion que ce dernier, c’est à dire à un univers statique, éternel et sphérique. Le principal élément qu’avait démenti Sagal, était l’explication du décalage vers le rouge du spectre de la majorité des galaxies proches de nous, que Hubble avait attribué à l’effet Doppler-Fizeau. Mais selon le mathématicien, ce décalage s’explique mieux par la courbure de l’Univers : cette courbure ferait que la fréquence de la lumière diminuerait avec la distance de la source dans la sphère tridimensionnelle. Bilan : La théorie du Big-Bang trop souvent considérée comme un fait établi, n’est encore qu’une théorie, même si elle bénéficie de nombreuses preuves venant l’étayer, elle ne doit pas être considérée comme un dogme, une théorie indiscutable ; et elle ne pourra certainement jamais l’être, du fait de l’impossibilité d’explorer des temps et des états appartenant à l’ère de Planck ; de plus cette théorie est régulièrement réajustée et enrichie de nouvelles données. La « non-dogmatisation » du Big-Bang permet de garder une porte ouverte pour d’autres théories qui, en ravivant régulièrement les polémiques, font avancer la recherche scientifique et évoluer la vision que l’on a de l’Univers.
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