Automatisation du secteur lisse



Le principal inconvénient du secteur lisse est qu'il faut le remonter régulièrement, toutes les deux heures dans mon cas. Même si avec un peu d'habitude et quelques astuces, le remontage, recentrage du champ ne prend que quelques minutes, c'est assez fastidieux et cela empêche surtout de pouvoir laisser tourner toute la nuit. Combien de fois ai-je relevé au petit matin des dizaines d'images dont seules les deux premières heures sont suivies ! L'idéal serait donc de pouvoir automatiser le rembobinage du secteur lisse.

Le principe de base est qu'au moment de l'arrêt du secteur lisse, il faut pouvoir bloquer le télescope en position, rembobiner le secteur (sans que le télescope ne bouge), débloquer le télescope, rattraper par un mouvement rapide du secteur le temps perdu pendant toutes ces opérations, puis relancer le suivi sidéral et l'autoguidage.

Après discutions sur webastro (ici), la solution de l'Arduino a été choisie. Il s'agit de cartes pré-câblées, que l'on peut trouver à un prix raisonnable, et leur utilisation est assez simple si on a quelques bases de programmation (sinon c'est l’occasion de s'y mettre!). De plus, il y a des forums d'entraide très actifs (, notamment une première liste du matériel et des liens sur un site marchand pour voir les prix).

Nous voilà donc lancés dans l'aventure...

Tout d'abord, il faut arriver à reproduire le mouvement sidéral. Même si on s'arrête là, il y aura bien des avantages à remplacer ma vieille électronique de 25 ans d'âge, basée sur des amplificateurs opérationnels 741.

De gauche à droite : la carte ARDUINO MEGA2560 REV3, la carte RAMPS, le pilote de moteur pas à pas DRV8825, le moteur pas à pas :



Intégration dans le boitier, lime obligatoire !

L’ensemble monté :



Les différentes entrées :

Outre l’interrupteur marche arrêt, il y a deux prises rondes pour les interrupteurs de fin de course (de chaque côté du secteur lisse), une troisième prise ronde pour commander un électroaimant destiné à bloquer le télescope (le secteur lisse est sur friction), deux DB9 pour les deux moteurs (AD et D), un DB9 pour la raquette de centrage (± vitesse sidérale sur les deux axes), et un RJ11 6 broches pour le port ST4/USB pour l’autoguidage (ici). Sur le côté, alimentation des cartes (12v) et le port usb pour rentrer et/ou piloter le programme par ordinateur.



A noter que la carte RAMPS 1,4 est destinée à l’origine à l’impression 3D. On a donc tout ce qu’il faut pour notre application. Des entrées sorties par dizaines, des commandes de moteurs, des relais de puissance (pour l’électroaimant).



Après quelques déboires avec le DRV8825 dont la patte DECAY du composant (pin19) est en l’air sur le module (ici) et l’aide de Sébastien Marchand qui m’a fourni une librairie (runloop) bien pratique, j’ai pu finaliser le programme dont une version est .

Les moteurs sont fixés aux vis par des accouplements souples, ce qui provoque du backslah sur les deux axes, assez difficiles à gérer (surtout avec une météo capricieuse qui rajoute de la difficulté aux tests…

J’ai revu les accouplements moteur-vis en utilisant des courroies crantées, ça va mieux, même si le seeing le jour des tests ne permettait pas de vérifier que je puisse descendre sous les 2’’ de fwhm.

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La principale difficulté consiste maintenant à bloquer l’axe du télescope en position au moment du déclenchement de l’interrupteur de fin de course, avant le rembobinage. Quatre essais infructueux jusqu’à présent. Il faut arriver à bloquer l’axe fermement très précisément.

Finalement, c’est une tôle intercalée entre la vis et la roue qui a permis bloquer l’axe sans le faire bouger (à peine un petit backslash récupéré par un petit retour du secteur vis bloquée)

Le comportement de PHD guiding quand l’étoile sort du carré de guidage pour y revenir 3mn après semble permettre de reprendre le guidage dans la foulée. En effet, les commandes de rattrapage de PHD ne seront pas prises en compte pendant le rembobinage (voir programme). Le blocage du télescope est suffisamment précis en position, et rien ne se passe tant que l’étoile n’est pas revenue, donc quand l’étoile revient dans le carré, PHD reprend le guidage comme si de rien n’était.

Tout semble donc fonctionner, souhaitons que ça dure et que je puisse effectivement dormir pendant les longues nuits d’hiver...

Une vidéo de la fin du retour de l’étoile dans le carré ici.

Une suite possible au projet est de faire reconnaître le montage en ASCOM, et même, rêvons un peu, de faire du pointage différentiel avec Carte du Ciel !

A suivre...



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