| Le Calendrier |
par Daniel CHAPTAL, animateur au club d'Astronomie de Pibrac
| Sommaire |
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Notre
perception des durées est relative et varie selon la personne et selon
le moment. Nous éprouvons tous le besoin de mesurer des durées,
d'évaluer les moments, de se placer dans l'histoire, de déterminer
la chronologie des évènements.
Une société
a donc besoin de régler le temps, de faire que, pour chacun, l'heure, le
jour, le mois l'année soient fixés
Le jour est l'unité
naturelle car il est aisé de constater un changement de jour, il est plus
difficile de constater un changement d'année.
La solution la plus
simple, en principe, consiste à choisir arbitrairement un jour origine
et à énumérer sans autre artifice les jours ultérieurs.
Les époques antérieures peuvent être éventuellement
repérées en énumérant vers le passé des jours
que l'on dira être avant l'origine mais il est plus simple d'introduire
un jour zéro et des nombres négatifs pour les jours situés
avant l'origine.
Pour des raisons de tradition, mais aussi de commodité, on a été conduit à compliquer le système par un découpage en années et en mois. Les règles adoptées, qui constituent les divers calendriers, diffèrent d'une civilisation à une autre.
L'origine du mot calendrier vient du nom latin " Calendae " " calendes "qui signifie le premier jour du mois.
On appelle calendrier tout système qui permet de recenser les jours sur une longue période de temps.
Quatre notions sont liées au calendrier:
Seule la première et les deux dernières notions (jour, année et mois ) sont liées à des observations Astronomiques. La semaine n'est à l'origine qu'une subdivision du mois.
Nous constatons que les quatre notions ci dessus (jour semaine mois et année) ne sont pas des multiples exacts, ce qui a causé de grandes difficultés à l'homme pour créer un calendrier.
Les choix des premiers repères pour créer des calendriers se portent naturellement sur les astres souvent employés déjà pour régler les tâches agricoles ou, dans une échelle plus brève, la durée du sommeil et du travail.
Le cycle solaire et les lunaisons et l'alternance jour/nuit sont des étalons de durée qui servent souvent de base aux calendriers.
JOUR : C'est le temps moyen qui sépare deux levers de soleil ou deux couchers ou deux passages du même astre au méridien sa durée varie de 23H 59mn 39S à 24H 00mn 30S mais on définit un jour moyen de 24 H.
MOIS : C'est le temps qui sépare deux nouvelles lunes consécutives (de 29j 6h à 29j 20h) (moyenne 29j 12h 44mn 2,8s)(29,530589 jours). Son nom est aussi appelé mois synodique ou lunaison.
ANNEE : C'est le temps que met le soleil pour revenir sur un même point de la voûte céleste : année sidérale ( 365j 6H 9mn 9.5S) ou deux passages consécutifs au point vernal : année tropique (365j 5h 48mn 46s) (12,368267lunaison)
SIECLE : Le siècle représente une période de 100 ans. Le premier siècle commence le 1 janvier de l'an 1 et se termine le 31 décembre de l'an 100. Le XXème siècle commence le 1 janvier 1901 et s'achève le 31 décembre 2000. Le XXIème siècle commence le 1 janvier 2001.
MILLENAIRE :Le millénaire représente
une période de 1000 ans.
Le premier millénaire se termine le
31 décembre de l'an 1000. Le deuxième millénaire a commencé
le 1 janvier 1001. Le troisième millénaire a commencé le
1 janvier 2001.
ÈRES : Indépendamment de l'organisation des jours en mois et en années, chaque calendrier a besoin d'une origine pour compter en général des années (ce peut être des jours dans le cas de la période julienne) ou des groupes de plusieurs années comme les olympiades helléniques qui comptent 4 ans. Une telle origine définit une ÈRE.
L'ère chrétienne a débuté le 25 décembre de l'an 753 de la fondation de Rome d'après Varron mais le début de l'année sera le premier janvier pour concorder avec le calendrier de l'époque. Les calendriers grégoriens et juliens se situent actuellement dans l'ère chrétienne. Le calendrier julien a été en vigueur de l'an 46 avant J.-C. (an 708 de l'ère de la fondation de Rome) à l'an 1582 de l'ère chrétienne et le calendrier grégorien est en vigueur depuis l'an 1582 de l'ère chrétienne. L'usage de l'ère chrétienne a été introduit en 532 sur une proposition du moine Denys le Petit. C'est lui qui proposa, en 525, au pape l'expression "Anno Domini" (AD). Cet usage se répandra rapidement dans les textes et documents liturgiques, mais il faudra attendre plusieurs siècles (le règne de Pépin le Bref et celui de Charlemagne) pour que cet usage devienne courant dans la société.
L'ère de Dioclétien a débuté le 29 août 284 (julien). C'est l'origine du calendrier copte encore en usage dans la communauté copte d'Égypte.
L'Hégire a débuté le vendredi 16 juillet 622 (julien) qui est l'origine du calendrier musulman.
L'ère judaïque a débuté le 7 octobre 3760 avant J-C (julien) qui est l'origine du calendrier israélite.
L'ère des Français a débuté le 22 septembre 1792 et s'est terminée le 1 janvier 1806 et a été utilisée par le calendrier républicain.
L'ère de la période julienne commence le 1 janvier 4713 avant J.-C. à midi (calendrier julien).
L'ère hellénistique compte une succession d'olympiades qui correspondent à quatre années. Elle a commencé avec le solstice d'été de l'an 776 avant J.-C. En l'an 1 de l'ère chrétienne, la 195ème olympiade hellénique a débuté en été.
D'autres calendriers se réfèrent à des ères plus incertaines quant à leurs origines. C'est le cas des calendriers suivants :
L'ère saka débutant le 3 mars 78 après J.-C. mais codifiée en 1957 et utilisée dans le calendrier hindou.
L'ère samvat débutant le 23 février 57 après J.-C. utilisée dans le calendrier Indien.
L'ère ou cycle nirâyana de 60 ans non différencié depuis l'an 397 après J.-C. utilisée dans le calendrier Tamoul.
La petite ère birmane partant du 21 mars 638 après J-C utilisée dans le calendrier cambodgien et laotien.
L'ère bouddhique débutant en avril-mai de l'an 544 avant J.-C. (mort de Bouddha d'après la tradition cinghalaise) utilisée dans le calendrier cambodgien et laotien.
L'ère des chinois et vietnamien, cycles de 60 ans identifiés aux règnes des empereurs.
Ce furent les premiers calendriers ils prennent pour intervalle fondamental la lunaison.
On les retrouve en premier chez les SUMERIENS et les BABYLONIENS plusieurs millénaires avant notre ère puis chez les EGYPTIENS, les CHINOIS et les HEBREUX puis chez les GRECS et les ROMAINS jusqu'au 1er siècle avant J-C enfin à notre époque les MUSULMANS et certains groupes d'AFRIQUE utilisent encore celui-ci.
Les mois de ces calendriers commencent à la pleine lune et n'ont pas un nombre de jours constant car la lunaison n'ayant pas un nombre de jours exact (29,5 j en moyenne) les anciens prirent très vite l'habitude d'alterner les mois de 29 et 30 jours. De ce fait l'année lunaire comportait 354 J et un décalage rapide au fil des ans et des saisons.
Les CHALDEENS introduisent
pour remédier à ces inconvénients des mois supplémentaires:
- Un mois régulier tous les six ans.
- Un autre quelconque à
la discrétion du souverain quand le décalage était trop important.
Tous les peuples utilisant les calendriers lunaires ajoutèrent des mois
supplémentaires.
CALENDRIER SUMERIEN
Vers 3000 avant J.-C., les villes sumériennes, comme Uruk, Nippur, au sud de la Mésopotamie, ont déjà une culture très développée.
Les Sumériens furent les inventeurs de l'écriture cunéiforme. Les tablettes les plus anciennes qui nous soient parvenues datent seulement de 2800 avant notre ère, mais elles montrent que l'astronomie était à l'honneur depuis longtemps déjà.
Il nous est possible de reconstituer le calendrier utilisé à cette époque, et de suivre les efforts faits pour l'améliorer.
Les Sumériens utilisent le calendrier lunaire, qui permet facilement de repérer les mois. Mais ce mois lunaire n'est pas un sous-multiple simple de l'année solaire, qui marque le retour des saisons et qu'utilise le cultivateur pour fixer l'époque des semailles ou de la moisson. Pourtant, les mois sont désignés par deux signes : par exemple, le quatrième mois est le mois des céréales et de la main (semences) et le onzième, le mois des céréales et de la faucille, le douzième, celui des céréales et de la maison.
Douze mois lunaires ne correspondant pas à une année, il faut intercaler de temps à autre un mois supplémentaire pour retrouver la même saison. Nous avons la preuve que, déjà en Mésopotamie, on utilisait ce mois intercalaire, que l'on plaçait à une époque quelconque, quand le décalage des saisons devenait trop sensible.
Il est certain aussi que la définition du calendrier conduisit l'homme à observer les étoiles. Les levers et couchers héliaques des constellations (époques où elles deviennent visibles le matin, avant que le Soleil ne se lève, et époque où, le soir, elles deviennent invisibles car elles se couchent avant le Soleil) sont de bons repères pour marquer les périodes de l'année.
CALENDRIER BABYLONIEN
Les lunaisons constituent les divisions de référence de ce calendrier. Comme celles-ci comportent 29.5 jours environ les peuples de Mésopotamie choisissent de faire alterner les mois de 29 et de 30 jours.
Au début de l'empire Babylonien, les astronomes ayant constaté que les éclipses lunaires se produisaient en moyenne tous les 6 mois, l'année de 177 jours, correspondant à cette période, fut adoptée.
Mais l'année basée sur le cycle solaire correspondant à deux ans basés sur le cycle lunaire n'était guère pratique pour établir les calendriers agricoles, et l'année de 354 jours fut donc adoptée (12 mois lunaires).
Cependant, l'année n'est toujours
pas exactement en accord avec le soleil. Voulant conserver le système de
mois lunaires, les astronomes décidèrent d'ajouter tous les trois
ans, un mois.
CALENDRIER GREC
Toutes les différentes régions de Grèce possédaient leur propre calendrier : Athénien, Delphique, Thébain, Corinthien etc. Il existait d'autre part un calendrier politique et un calendrier religieux.
Au début celui-ci était purement lunaire mais très vite les GRECS utilisèrent des mois fixes de 30j alternés par des mois " caves " de 29J et des mois " pleins " de 30j pour rester en accord avec les phases de la lune. Ce calendrier possédait 354 jours auxquels s'ajoutaient un treizième mois. Vers 500 av J-C l'astronome Cléotraste de Ténédos aurait introduit un cycle de 8 ans au cours duquel on intercale 3 mois supplémentaires de 30 jours dans les troisième cinquième et huitième années ; mais ce système décalait encore de 15 jours en 80 ans.
En 432 av J-C METON d'ATHENE sous le règne de Périclès découvrit que 19 années de 365, 25 jours valent 6939,75 jours et que 235 lunaisons valent 6939,688 jours. Comme 235 j valent 19 années de 12 mois + 7 mois il suffit de répartir ces 7 mois supplémentaires sur les 19 ans pour n'avoir qu'un seul jour de décalage au bout de 320 ans. ( Méton aurait soit découvert ce cycle ou emprunté au Babyloniens ce calcul).
Au IVème siècle av J-C CALIPPE ajouta au décompte ci-dessus 4 jours pour harmoniser les mois lunaires au mois solaire suivant le calcul suivant :
Si la durée idéale de l'année est
de 365,25 jours, un cycle de 19 ans doit compter :
365,25 x 19 = 6939,75
jours.
En arrondissant à 6940 jours, on obtient une moyenne de 365.26, ce qui est très proche de la vraie valeur. Il manquait donc 4 jours au cycle de Méton et Calippe proposa de les trouver en alternant différemment les mois pleins et les mois creux :
Le total est bien de 6940 jours. L'année comporte en moyenne 365,26 jours La lunaison moyenne comporte 29,5 jours.
Callippe propose de quantifier le décompte des années suivant le règne des Archontes. Magistrats issus des grandes familles qui géraient à partir du IIème millénaire la cité d'Athènes ils étaient remplacés tous les ans.
Calippe était bien conscient que la marge d'erreur entre 365,26 et 365,25 pouvait produire dans les siècles futurs de nouveaux décalages.
L'erreur est d'environ 20 minutes par an, soit environ 6 heures tous les dix neuf ans et un jour au bout de quatre cycles.
C'est loin d'être négligeable car au bout de 28 cycles (532 ans), on obtiendrait une erreur d'une semaine.
Pour corriger ce décalage, Calippe imagina de supprimer un jour tous les quatre cycles, soit tous les 76 ans.
On retrouve ainsi une valeur moyenne de 365,25 jours et le calendrier peut fonctionner de façon quasi perpétuelle.
Presque perpétuelle, car, on le sait, l'année est en fait très légèrement inférieure à 365, 25 jours.
En fait sa valeur exacte n'est pas de 365 jours + 6 heures mais de 365 jours, 5 heures et 49 minutes.
L'astronome Hipparque fut le premier à découvrir ce décalage de quinze minutes, au premier siècle avant J-C.
Il calcula que l'erreur serait d'un jour au bout de 300 ans et proposa donc de supprimer un jour tous les 304 ans, c'est à dire tous les 4 cycles de Calippe.
Dans le calendrier civil cette mesure ne fut pas appliquée, mais tous les astronomes de l'antiquité s'y référèrent, en particulier à Alexandrie. Ptolémée se servit de cette base pour ses calculs ainsi que Sosigène, qui fonda le calendrier julien, premier calendrier moderne.
Mais au fil du temps, la nécessité d'une datation plus précise se fit sentir. On décida alors de se baser sur une référence commune à tous les Grecs : les jeux olympiques ou Olympiades (intervalle de 4 ans compté depuis 776 av JC. Par exemple sachant que la bataille de Salamine a eu lieu la 1° année de la 75° olympiade, à l'automne. Une olympiade dure 4 ans. 74 olympiades étaient donc écoulées : 74 x 4 = 296 ans. 776 - 296 = 480. La bataille a eu lieu en 480 av J-C ).
L'année commençait à la nouvelle lune suivant le solstice d'été.
On estime ainsi à 152 le nombre des jours fériés par an à Athènes au V° siècle.
A ces jours, il faut ajouter les premiers jours de chaque mois qui sont consacrés aux dieux :
Les différents mois de l'année religieuse athénienne et les jours fériés étaient les suivant :
1 Hécatombaïon :
2 Metageitnion :
3 Oedromion :
4 Pyanepsion :
5 Maimacterion :
6 Poseideon :
7 Gamelion :
8 Anthestérion :
9 Elaphebolion :
10 Mounichion :
11 Thargelion :
12 Scirophorion :
Ce calendrier exista jusqu'au calendrier JULIEN
Toutefois les Grecs utilisaient parallèlement à ces calendriers les Parapegmes (calendriers agricoles astrométéorologiques).
CALENDRIER HEBRAÏQUE OU ISRAELITE
Le calendrier hébraïque remonte pour sa forme actuelle au IVe siècle après J.-C. Luni-solaire, il assure une valeur moyenne du mois voisine de la lunaison et une durée moyenne de l'année voisine de l'année tropique. L'année se compose de 12 ou 13 mois lunaires comprenant 29 ou 30 jours ; l'année de 12 mois est dite commune, et celle de 13 mois embolismique. Dans chaque cycle les années embolismiques sont celles numérotées 3, 6, 8, 11, 14, 17 et 19.
L'année varie de trois façons :
La longueur de la lunaison est de 29 j 12 h 44 min 3 s ; les deux sortes d'année varient dans un cycle de 19 ans (cycle de Méton), qui comprend 235 lunaisons : 12 communes et 7 embolismiques.
Les années sont comptées
depuis l'époque admise de la création du monde, soit en 3762 avant
J.-C. ; ainsi 1992 correspond en partie aux années 5752 et 5753.
Le
nouvel an (1er Tisseri) tombe toujours en septembre ou en octobre grégorien
au moment du coucher du Soleil, instant du commencement du jour. Le cycle actuel
a commencé le 1 Tisseri de l'an 5739 qui correspond au lundi 2 octobre
1978.
Les mois du calendrier juif sont les suivants :
1 Tisseri 30 jours
2 Hesvan ou Heswan 29 ou 30 jours
3 Kislev ou Kislew 29 ou 30 jours
4 Tébeth ou Tebet 29 jours
5 Schébat ou Sebat 30 jours
6 Adar 29 ou 30 jours
7 Nissan 30 jours
8 Iyar 29 jours
9 Sivan 30 jours
10 Tamouz ou Tammuz 29 jours
11 Ab 30 jours
12 Elloul ou Elul 29 jours
Dans les années embolismiques, on intercale le mois de Véadar de 29 jours entre les mois d'Adar et de Nissan.
Le temps juif comprend
les jours ouvrables, le sabbat, la néoménie (célébrée
comme une demi-fête), des fêtes de pèlerinage, des " jours
austères ", des demi-fêtes, des jeûnes et des jours mémorables.
Les fêtes sont marquées par le repos, la recherche de la nourriture
et de la boisson, la prière et l'étude. La plupart est d'origine
biblique et est liée soit à un fait historique, soit à un
principe cosmique.
Selon certains, elles rythment l'activité agricole
en premier lieu, leur signification théologique étant tardive.
CALENDRIER MUSULMAN
Le calendrier MUSULMAN utilise une année purement lunaire de 12 mois de 29 ou 30 jours et pour que le début du mois coïncide avec la nouvelle lune on ajoute sur chaque période de trente ans un jour aux années 2 - 5 - 7 - 10 - 13 - 16 - 18 - 21 - 24 - 26 et 29 (années abondantes).
Le début du calendrier est le 16 juillet 622 (julien) (1er Mouharram), jour de l'hégire, ou émigration de Mahomet de La Mecque vers Médine.
L'année musulmane ayant 10, 11 ou 12 jours de moins que l'année Grégorienne le nouvel an musulman survient chaque année en avance suivant le même nombre de jours.
Le début du mois commence à la nouvelle lune réellement observée
Le cycle lunaire des musulmans est de 30 ans : Il comporte 19 années communes de 354 jours et 11 années abondantes de 355 jours. D'une année à l'autre le début de l'année musulmane se décale donc de 10 à 12 jours par rapport aux saisons (en moyenne de 10.875523... jours par an).
Le cycle actuel a commencé le 1 Mouharram de l'an 1411 de l'ère musulmane qui correspond au mardi 24 juillet 1990.
Les mois sont d'une durée de 30 et 29 jours alternativement, le premier mois de l'année étant de 30 jours et le dernier de 29 jours (année commune) ou 30 jours (année abondante). La durée moyenne du mois (29,530556 jours) est voisine de celle de la lunaison.
Nom des mois et nombre de jours :
1 Mouharram 30 jours
2 Safar 29 jours
3 Rabi'-oul-Aououal 30 jours
4 Rabi'-out-Tani 29 jours
5 Djoumada-l-Oula 30 jours
6 Djoumada-t-Tania 29 jours
7 Radjab 30 jours
8 Cha'ban 29 jours
9 Ramadan 30 jours
10 Chaououal 29 jours
11 Dou-l-Qa'da 30 jours
12 Dou-l-Hidjja 29 ou 30 jours
Le calendrier musulman présenté ici est théorique. Il existe d'autres variantes utilisant une chronologie différente. La date origine est parfois fixée au 15 juillet 622; selon certains auteurs la 15ème année du cycle lunaire est abondante et la 16ème commune. Il arrive aussi que pour la détermination des fêtes religieuses, le début du mois soit défini par l'observation du premier croissant de lune suivant la nouvelle lune. Les calendriers sont alors locaux et dépendent des conditions d'observation.
CALENDRIER CHINOIS
Le calendrier comprenait des tables pour la prédiction des mouvements apparents du Soleil, de la Lune et des Cinq Planètes, des pronostics astrologiques induits par les correspondances entre régions terrestres et secteurs du Ciel traversés par ces astres, les dates des éclipses, les jours fastes appropriés au déroulement des cérémonies, à la mise en chantier des travaux, etc.
Sous les Yin, les ritualistes avaient constitué un calendrier sexagésimal comptant soixante jours répartis en six décades, chaque jour étant repéré par la donnée d'un couple dont le premier appartient à une série de vocables dénaires (les dix " troncs célestes ", tiangan ), et le second à une série duodénaire (les douze " branches terrestres ", dizhi ).
À partir de 104 avant J.-C., ce système servit aussi à noter les années, et on l'utilise encore de nos jours.
Dans le calendrier luni-solaire du IVe siècle avant notre ère, appelé la " norme des quarts ", l'année tropique valait 365 jours 1/4 et, détail typique de l'importance du calendrier, c'est la division du cercle en autant de parties qui leur servit de degré ; le mois synodique valait 29,53 jours (en pratique on distinguait des mois de 29 et d'autres de 30 jours). Mais la discordance entre une année de 12 mois lunaires, inférieure d'une dizaine de jours à l'année solaire, les avait amenés à introduire 7 mois intercalaires tous les 19 ans, exactement comme dans le système attribué à l'Athénien Méton (vers 432 av. J.-C.).
La période de 76 ans (bu ), dite " de Callipe " (vers 370-330 av. J.-C.) leur livra un accord encore meilleur. Jupiter, qui accomplit sa révolution sidérale presque exactement en 12 ans (en fait 11,86 ans, valeur que devait mettre en évidence Liu Xin sous les Han) leur procura un autre cycle calendérique supra-annuel. Finalement, un grand système de cycles aux périodes multiples les unes des autres leur fournit un modèle capable d'engendrer toutes les configurations successives du ciel physique. Et au bout du plus long d'entre eux, soit 31 920 années, lunaisons, éclipses, révolutions planétaires et cycles sexagésimaux étaient censés se reproduire dans le même ordre. Malgré d'innombrables réformes, ou propositions de réformes (six systèmes différents pour la seule dynastie des Han, une cinquantaine des Han aux Qing), les calendriers chinois, qui resteront toujours luni-solaires, ne connaîtront jamais de changements fondamentaux.
CALENDRIER EGYPTIEN
Ce sont les EGYPTIENS qui les premiers abandonnèrent le calendrier lunaire vers le Vème millénaire avant notre ère. Ils fixèrent l'année à 12 mois de 30j, soit 360j. L'année ainsi définie est alors trop courte de 5j soit environ 1 mois tous les six ans. Pour palier ce défaut les EGYPTIENS ajoutèrent cinq jours après la fin du 12ème mois (les jours épagomènes). Toutefois cette année trop courte de 0.25 jours le début de l'année se déplaçait de 15 jours environ sur 60 ans. Ce calendrier fut utilisé jusqu'à la conquête Romaine.
Dans le cadre de l'année Egyptienne les jours étaient répartis en trois saisons de quatre mois:
Le mois est divisé en décans ( trois périodes de dix jours)
Les cinq jours extérieurs venus se rajouter entre Chémou et le nouvel an étaient les jours épagomènes.
Le nouvel an coïncidait avec la réapparition de Sothis (notre alpha du grand chien: Syrius) le 18 ou 19 juillet après 70 jours d'occultations. N'importe quel Egyptien savait que vers la mi-juillet lorsque Orion apparaissait au petit matin à l'est il devait s'attendre à voir surgir Sothis (étoile d'Isis ) une des nuits suivantes.
Comme l'année civile ne comportait que 365 jours le lever de sirius retardait de 1 jour tous les quatre ans et de ce fait le décalage n'était annulé au bout de 1461 ans. Le roi Ptomélée III Evergète tenta en vain par décret dit de Canope (238 av JC) d'introduire un sixième jour épagomène.
| 1ère saison - AKHET | 2ème saison -PERET | 3ème saison -CHEMOU | Jours EPAGOMERES: |
| -THOT -PAOPHI -ATHIR -CHOIAK | -TYBI -MECHIR -PHAMENOTH -PHARMOUTI | -PAKHONS -PAYNI -EPIPHI -MESORE | Naissance d'OSIRIS Naissance d'HORUS Naissance de SETH Naissance d'ISIS Naissance de NEPHTHYS |
CALENDRIER COPTE
L'année se compose de douze mois de 30 jours, suivis, trois années de suite, de 5 jours complémentaires dits épagomènes et la 4ème année de 6 jours épagomènes. La durée moyenne de l'année (365,25 jours) est donc la même que dans le calendrier julien.
Ce calendrier définit l'ère de Dioclétien dont l'origine (1 Tout de l'an 1) correspond au 29 août 284 julien. Les années de 366 jours correspondent à celles dont le millésime plus 1 est multiple de 4. L'année copte commence le 29 ou le 30 août julien.
Ce calendrier est encore utilisé de nos jours en Égypte.
Mois de l'année copte :
1 Tout
2 Bâbah
3 Hâtour
4 Keihak
5 Toubah
6 Amchîr
7 Barmahât
8 Barmoudah
9 Bachnas
10 Bou'nah
11 Abib
12 Masarî
CALENDRIER AZTEQUE
Le calendrier Aztèque embrassait un cycle de trois années : une année divinatoire de 260 jours, une année solaire de 360 jours (plus 5 jours néfastes, les nemontemi , sans signes), une année vénusienne de 560 jours.
CALENDRIER MAYAS
Les Mayas possédaient deux calendriers :
Les Mayas avaient estimé la durée de l'année à 365.2420 jours au lieu de 365.2422 et la durée du mois à 29.53086 jours au lieu de 29.5306.
Le système de calcul du calendrier est le système vigésimal (20) :
Chacun des vingt jours, chacun des dix-huit uinal porte un nom auquel correspond un glyphe. Il y a aussi des glyphes pour désigner chacune des périodes de temps : kin, uinal, tun...
Pour
écrire une date en maya, il faut au minimum sept chiffres accompagnés
d'autant de glyphes. Les cinq premiers glyphes, chacun précédé
d'un chiffre en points et tirets, correspondent aux kin, uinal, tun, katun et
baktun. Le total des jours ainsi exprimé est la date, c'est-à-dire
le nombre de jours écoulés depuis le commencement de l'ère
maya. Les deux glyphes suivants indiquent la place du jour dans l'uinal, et le
jour dans le tzolkin , almanach rituel de deux cent soixante jours.
D'autres
indications peuvent suivre : la lunaison, la divinité patronne du jour,
ainsi qu'une correction pour tenir compte de la durée exacte de l'année
solaire. On sait que l'année dure à peu près trois cent soixante-cinq
jours un quart et que pour compenser la perte d'un quart de jour par an, nous
ajoutons un jour au mois de février tous les quatre ans. Les Maya ne faisaient
pas cette correction au fur et à mesure, mais ajoutaient à chaque
compte le nombre de jours perdus au cours des années.
Exemple
d'une date maya :
9 baktun, 12 katun, 10 tun, 5 uinal, 12 kin, 4 Eb, 10 Yax.
Les archéologues ont l'habitude d'écrire sous une forme abrégée
: 9.12.10.5.12. 4 Eb, 10 Yax. Le total donne 1 386 112 jours ; c'est-à-dire
3 850 années et 112 jours écoulés depuis le début
de l'ère maya.
Comme on le voit, les astronomes maya avaient établi un calendrier solaire aussi précis que le nôtre, et leurs calendriers lunaire et vénusien ne présentent que des différences minimes avec ceux des astronomes modernes. Cependant ils ne disposaient d'aucun instrument d'optique ; ils procédaient uniquement par visée en utilisant des points de repère fixes. Les édifices dits observatoires d'un certain nombre de sites des zones centrale et septentrionale facilitaient leur tâche. Un observatoire peut être simplement un groupe de pyramides disposées selon des angles calculés, comme à Uaxactún. Ou bien une tour d'où il est possible d'effectuer des mesures sans être gêné par les arbres de la forêt, tour carrée (Palenque, Chiapas) ou ronde (Chichén, Yucatân). Cette dernière avec chambres voûtées et meurtrières orientées dans certaines directions astronomiques, le sud, l'ouest, le coucher de la lune aux équinoxes et aux solstices.
Les Mayas ont comme origine de leur calendrier
le 19 Août 3114 av J-C.
Les Mayas avaient l'habitude par fascination
du temps d'élever des monuments ou des stèles tous les vingt, dix
ou même cinq ans. Ces monuments étaient datés avec une précision
extraordinaire suivant la date d'origine de leur calendrier et suivant les phases
de la lune.
CALENDRIER ROMAIN et JULIEN
A l'origine composé de 10 mois : 4 de 21 jours et 6 de 30 jours soit 304 jours.
Les noms de dieux sont choisis, sous l'influence de l'église pour former le nom des mois.
Ce calendrier était bien trop court aussi sous TARQUIN ou NUMA Janvier et Février furent rajoutés. L'année se décomposait en 4 mois de 31j (Mars, Mai, Juillet et Octobre)+ 7 mois de 29 j (Janvier, Avril, Juin, Août, Septembre, Novembre et Décembre) + 1mois de 28 j (Février) total: 355 jours (le premier jour du mois était les Calendes, le 5 ou le 7 les Nones ( 9 jours avant les Ides ), le 13 ou le 15 les Ides). Le début de l'année se situait le 1er Mars. Les Romains caractérisaient la date par rapport à la distance à la division suivante ( par exemple au lendemain des calendes on se référait aux nones etc ). Ce système restera longtemps en usage avant d'être remplacé par la semaine. Cette dernière est une institution Hébraïque consistant en une série répétitive de sept jours ( les cinq planètes connues plus le soleil et la lune ).
Si la semaine est employée tardivement par les chrétiens au tout début du christianisme il faudra attendre le moyen age pour que cette dernière entre dans l'usage civil. Pour combler le déficit par rapport à l'année solaire on intercalait tous les deux ans 22 ou 23 jours supplémentaires entre le 23 et 24 Février. Les derniers jours de Février (du 24 au 28 ) s'ajoutaient au jours intercalés pour former le " mensis intercalaris " ou " mercedonius " de 27 jours.
Les GRECS et les CHALDEENS comme les ROMAINS eurent recours à un mois de 29 j tous les deux ans.
Au deuxième siècle avant J-C le début de l'année fut déplacé au 1er Janvier et le " mensis intercalis fut laissé au libre arbitre des pontifes dont les choix était plus dictés par des considérations politiques qu'astronomiques. Il en résulta un tel désordre que les saisons n'étaient plus en accord avec le calendrier.
C'est pour remédier entre le désaccord du calendrier et des saisons que le calendrier JULIEN fut établi suivant les plans de l'astronome Egyptien SOSIGENE à la demande de Jules César en 47 avant J-C. Il repose sur l'adoption d'une année de 365,25 jours soit 3 ans de 365 jours et une année de 366 jours ( L'année -46 av J-C comporta 445 jours (90 jours supplémentaire au lieu de 27 ) pour rétablir l'ordre des saisons, " année de la confusion " ). Le jour supplémentaire étant ajouté après le 24 Février (sexto ante calendas Martii " le sixième jour avant les calendes de Mars ") il est nommé bis sexto ( le sixième jour bis) ( origine de jour bissextile et par extension année bissextile).
L'année est donc divisée
en 12 mois qui ont alternativement 31 et 30 jours (Février n'ayant que
29 jours les années normales).
Après la mort de Jules César,
44 avant J-C ( 710 ans après la fondation de Rome (datée de l'an
753 avant notre ère)), les pontifes chargés de la réforme,
à qui les astronomes avaient indiqué qu'une année de 366
jours était intercalée tous les quatre ans, crurent bon de compter
l'année en cours dans le cycle de 4 ans. Ce cycle fut donc réduit
à 3 ans (cette erreur est presque normale, puisque dans tous les textes
religieux, les ecclésiastiques utilisaient ce système de comptage
un peu spécial). Ainsi, cette erreur dura jusqu'en 746, date à laquelle
Auguste se rendit compte du décalage de 3 jours de l'année (12 jours
avaient été intercalés au lieu de 9). Il fut donc décidé
qu'aucune année ne comporterait 366 jours jusqu'en 761, date à laquelle
tout rentra dans l'ordre.
Un moyen fut alors mis en place pour déterminer si une année devait être ou non bissextile: celle-ci devait s'écrire sous la forme d'un multiple de 4 plus une année. (4x +1)
Par exemple, 765 = 764 + 1= (4 x 191) + 1 Cette année est donc une année bissextile.
Ce n'est que bien plus
tard que l'on dédia le 8ème mois à l'empereur AUGUSTE (Août)
et pour le rendre égal au mois de CESAR (Juillet JULIUS) = 31j que l'on
rajouta 1 jour au mois d'Août (ce jour fut retiré en Février)
Le calendrier Julien fut fixé en 45 avant JC par décret de Jules
CESAR. Il est encore utilisé par l'Eglise orthodoxe ( La durée moyenne
de l'année julienne (365,25 jours) est une approximation médiocre
de celle de l'année tropique. Il en résulte que les dates des saisons
se décalent d'environ 3 jours tous les 400 ans, soit d'un mois tous les
4000 ans. Son retard est de 13 jours par rapport au calendrier Grégorien
)
CALENDRIER DU DEBUT DE L'ERE CHRETIENNE
Différents
modes de décompte des années ont coexisté de l'Antiquité
jusqu'au Moyen Age.
L'indiction, apparue sous Dioclétien, il s'agissait
d'une période de 15 ans à l'issue de laquelle on révisait
l'impôt foncier.
Sous Constantin, l'indiction est devenue une période chronologique, désignant à la fois la période de 15 ans et le rang d'une année dans cette période.
On recense en fait de multiples ères, dont l'usage fut parfois assez limité (ère des Séleucides, ère de Dioclétien, ère d'Espagne, etc.).
Très tôt, historiens et chroniqueurs se sont évertués à déterminer les étapes de la vie du Christ (la fête du jour de sa naissance, Noël, date du IVe siècle), après compilation des Évangiles et de différents écrits. En 532, le moine Denys le Petit arriva de son côté à la conclusion que le Christ était né le 25 décembre de l'an 753 de la fondation de Rome.
Ayant mis au point une table de calcul de la date de Pâques où les années étaient comptées depuis la naissance du Christ, l'ère chrétienne, appelée également dionysienne, connut une lente diffusion. Ce n'est qu'à la fin du IXe siècle, sous Charles le Gros, que son emploi devint presque systématique chez les Carolingiens.
CALENDRIER GREGORIEN
C'est le calendrier actuel.
L'année Julienne de 365,25 est légèrement supérieure à l'année tropique ( 11 minutes 14 S par an soit 3 jours tous les 400 ans). Au 16ème siècle l'avance était de 10 jours et l'équinoxe de printemps auquel est liée la date de Pâques tomba vers le 11 Mars alors que le concile de Nicée et le moine Denys le Petit fixaient cette date au 21 mars. Le pape GREGOIRE XIII fut mandaté lors du concile de Trente pour régler le problème. Aidé des astronomes Clavius et Lilio il fut convenu que pour retrouver la coïncidence d'enlever 10 jours à l'année 1582 ( A ROME le vendredi 15 Octobre succéda au jeudi 4 Octobre).
Pour éviter à l'avenir de semblables décalages il fut décidé que les années séculaires ne seraient plus bissextiles sauf si leur millésime était divisible par 400 (1600 2000 2400...).La précision ainsi obtenue est un décalage de 26 S par an soit 30jours en 10000 ans.
Cette réforme fut rapidement adoptée par les états Européens suivant leurs religions et leurs réticences populaires aux modifications du calendrier en usage :
Actuellement,
c'est toujours la réforme grégorienne qui est en usage en France
et dans la plupart des pays du monde.
CALENDRIER INDIEN
Le calendrier national actuellement en usage en Inde est celui défini par le Comité de réforme du Calendrier (Calendar Reform Committee). Il est officiellement appliqué depuis le 22 mars 1957 (1 Chaitra 1879 de l'ère Saka). La numérotation des années se fait dans l'ère Saka.
Les mois du calendrier indien comptent 30 ou 31 jours. Ils sont donnés ci-après:
Date grégorienne du premier du mois :
Chaitra (30 ou 31(*) jours) 22 ou 21(*) mars
Vaisakha (31 jours) 21 avril
Jyaistha (31 jours) 22 mai
Asadha (31 jours) 22 juin
Sravana (31 jours) 23 juillet
Bhadra (31 jours) 23 août
Asvina (30 jours) 23 septembre
Kartika (30 jours) 23 octobre
Agrahayana (30 jours) 22 novembre
Pausa (30 jours) 22 décembre
Magha (30 jours) 21 janvier
Phalguna (30 jours) 20 février
(*): pour les années bissextiles
La règle des années bissextiles est la même que pour le calendrier
grégorien.

CALENDRIER REPUBLICAIN
| Décret de la Convention nationale, concernant l'ère des Français Du 5 octobre 1793, l'an
second de la République française, une et indivisible. ARTICLE PREMIER ARTICLE II. L'ère vulgaire est abolie pour les usages civils. ARTICLE III. Le commencement de chaque année est fixé à minuit, commençant le jour où tombe l'équinoxe vrai d'automne pour l'observatoire de Paris. ARTICLE IV. La première année de la République française a commencé à minuit le 22 septembre 1792, et a fini à minuit, séparant le 21 du 22 septembre 1793. ARTICLE V. La deuxième année a commencé le 22 septembre 1793 à minuit, l'équinoxe vrai d'automne étant arrivé, pour l'observatoire de Paris, à 3 heures 7 minutes 19 secondes du soir. ARTICLE VI. Le décret qui fixait le commencement de la seconde année au 1er janvier 1793, est rapporté. Tous les actes datés de l'an 2 de la république, passés dans le courant du 1er janvier au 22 septembre exclusivement, sont regardés comme appartenant à la première année de la république. ARTICLE VII. L'année est divisée en douze mois égaux de trente jours chacun, après lesquels suivent cinq jours pour compléter l'année ordinaire, et qui n'appartiennent à aucun mois; il sont appelés les jours complémentaires. ARTICLE VIII. Chaque mois est divisé en trois parties égales de dix jours chacune, et qui sont appelées décades, distinguées entre elles par première, seconde et troisième. ARTICLE IX. Les mois, les jours de la décade, les jours complémentaires, sont désignés pour les dénominations ordinales premier, second, troisième, etc. mois de l'année; premier, second, troisième, etc. jour de la décade; premier, second, troisième, etc. jour complémentaire. ARTICLE
X. En mémoire de la révolution qui, après quatre ans, a conduit
la France au Gouvernement républicain, la période bissextile de
quatre ans est appelée la Franciade. ARTICLE XI. Le jour, de minuit à minuit, est divisé en dix parties; chaque partie en dix autres, ainsi de suite jusqu'à la plus petite portion commensurable de la durée. Cet article ne sera de rigueur pour les actes publics qu'à compter du 1er du premier mois de la troisième année de la république. ARTICLE XII. Le comité d'instruction publique est chargé de faire imprimer en différents formats le nouveau calendrier, avec une instruction simple pour en expliquer les principes et les usages les plus familiers. ARTICLE XIII. Le nouveau calendrier ainsi que l'instruction seront envoyés aux corps administratifs, aux municipalités, aux tribunaux, aux juges de paix et à tous les officiers publics, aux instituteurs et professeurs, aux armées et aux sociétés populaires. Le conseil exécutif provisoire les fera passer aux ministres, consuls et autres agents de France dans les pays étrangers. ARTICLE XIV. Tous les actes publics sont datés suivant la nouvelle organisation de l'année. ARTICLE XV. Les professeurs, les instituteurs et institutrices, les pères et mères de famille, et tous ceux qui dirigent l'éducation des enfants de la république, s'empresseront de leur expliquer le nouveau calendrier, conformément à l'instruction qui y est annexée. ARTICLE XVI. Tous les quatre ans ou toutes les Franciades, au jour de la Révolution, il sera célébré des jeux républicains en mémoire de la révolution française. |
| Décret de la Convention nationale, qui fixe
l'époque à laquelle les opérations des différentes
Administrations seront réglées suivant le Calendrier républicain. Du 1er jour du 2e mois de l'an second de la République
Française, une et indivisible. ARTICLE
PREMIER ARTICLE II. Toutes les administrations dont les recettes, dépenses et opérations quelconques, étaient divisées par trimestre, adopteront le calendrier républicain, de manière que le trimestre courant finisse au dernier jour du troisième mois (20 décembre 1793, vieux style).
ARTICLE IV. Toutes les administrations dont les recettes, dépenses et opérations quelconques, étaient divisées par semaines, adopteront la division par décades du calendrier républicain, de manière qu'il ait son entier effet le 1er jour de la 1ere décade du 3e mois. |
| Décret de la Convention nationale sur l'ère, le commencement et l'organisation de l'année, et sur les noms des jours et des mois. Du 4e jour de Frimaire, an second de la République
Française, une et indivisible. ARTICLE PREMIER ARTICLE II. L'ère vulgaire est abolie pour les usages civils. ARTICLE III. Chaque année commence à minuit, avec le jour où tombe l'équinoxe vrai d'automne pour l'observatoire de Paris. ARTICLE IV. La première année de la République française a commencé à minuit le 22 septembre 1792, et à fini à minuit, séparant le 21 du 22 septembre 1793. ARTICLE V. La seconde année a commencé le 22 septembre 1793 à minuit, l'équinoxe vrai d'automne étant arrivé ce jour-là pour l'observatoire de Paris à 3 heures 11 minutes 38 secondes du soir. ARTICLE VI. Le décret qui fixait le commencement de la seconde année au 1er janvier 1793, est rapporté; tous les actes datés l'an second de la République, passés dans le courant du 1er janvier au 21 septembre inclusivement, sont regardés comme appartenant à la première année de la République. ARTICLE VII. L'année est divisée en douze mois égaux, de trente jours chacun: après les douze mois suivent cinq jours pour compléter l'année ordinaire; ces cinq jours n'appartiennent à aucun mois. ARTICLE VIII. Chaque mois est divisé en trois parties égales, de dix jours chacune, qui sont appelées Décades. ARTICLE
IX. Les noms de jours de la décade sont: Primidi, Duoidi, Tridi, Quartidi,
Quintidi, Sextidi, Septidi, Octidi, Nonidi, Décadi. ARTICLE
X. L'année ordinaire reçoit un jour de plus, selon que la position
de l'équinoxe le comporte, afin de maintenir la coïncidence de l'année
civile avec les mouvements célestes. Ce jour appelé jour de la Révolution,
est placé à la fin de l'année, et forme le sixième
des Sansculotides.
ARTICLE XII. Le comité d'instruction publique est chargé de faire imprimer, en différents formats, le nouveau calendrier, avec une instruction simple pour en expliquer les principes et l'usage. ARTICLE XIII. Le calendrier ainsi que l'instruction seront envoyés aux corps administratifs, aux municipalités, aux tribunaux, aux juges de paix et à tous les officiers publics, aux armées, aux sociétés populaires et à tous les collèges et écoles. Le conseil exécutif provisoire le fera passer aux ministres, consuls et autres agents de France dans les pays étrangers. ARTICLE XIV. Tous les actes publics seront datés suivant la nouvelle organisation de l'année. ARTICLE XV. Les professeurs, les instituteurs et institutrices, les pères et mères de famille, et tous ceux qui dirigent l'éducation des enfans, s'empresseront à leur expliquer le nouveau calendrier, conformément à l'instruction qui y est annexée. ARTICLE XVI. Tous les quatre ans, ou toutes les Franciades, au jour de la révolution, il sera célébré des jeux républicains, en mémoire de la révolution française. |
| PROCES-VERBAUX DU COMITE D'INSTRUCTION
PUBLIQUE 19 FLOREAL AN III RAPPORT ET PROJET DE DECRET PRESENTES A LA CONVENTION NATIONALE, AU NOM DU COMITE D'INSTRUCTION PUBLIQUE, PAR G. ROMME, SUR LES SEXTILES DE L'ERE DE LA REPUBLIQUE ; IMPRIMES PAR ORDRE DU COMITE D'INSTRUCTION PUBLIQUE. De l'Imprimerie nationale, floréal, l'an III. L'astronomie qui, en mesurant la marche du ciel, mesure et pèse la terre, détermine avec le géographe la position des lieux, l'étendue, la figure des continents, des mers, des îles, et guide le marin, à travers les écueils, dans ses courses lointaines et périlleuses. L'histoire qui marque, sur la route des siècles, tantôt les époques glorieuses où les nations, guidées par la vertu et l'instruction, marchent avec courage vers l'indépendance et la prospérité ; tantôt les époques déshonorées où les peuples trompés par l'orgueil ambitieux et hypocrite, avilis par la corruption, l'ignorance et le fanatisme, marchent honteux et dégradés vers l'esclavage, l'opprobre et la misère. L'agriculture et les arts, qui étudient les époques, la durée de leurs travaux et la conservation de leurs produits. Le commerce, qui parcourt dans les temps opportuns les continents et les mers pour nous enrichir des productions de tous les climats et de tous les genres d'industrie. L'ordre social, enfin, qui doit présenter dans ses institutions et à l'esprit humain tous les moyens de se perfectionner, et à tous les hommes indistinctement la garantie de leurs droits, de leurs biens, de leur vie, en dégageant les lois et la foi des transactions de toutes les entraves de la crédulité, pour les entourer du respect de cette vertu qui est de tous les temps et de tous les lieux . Tous réclamaient, tous trouvent enfin dans l'annuaire de la République une division du temps simple, facile, exacte, indépendante de toute opinion, de tout préjugé, de toute localité, et par conséquent digne d'un peuple souverain. Un degré de perfection lui manquait dans la manière d'exécuter l'article 3 du décret du 4 frimaire, qui fixe le commencement de l'année. Delambre, astronome distingué, chargé de mesurer un arc de méridien pour déterminer avec précision l'unité naturelle et générale de toutes nos mesures, a calculé les difficultés qui résulteraient de l'exécution trop rigoureuse de cet article, et la possibilité de les lever toutes par une règle simple et fixe, en restant dans les limites les plus rapprochées du décret, dans les cas peu nombreux où il y aurait de l'inconvénient à s'y renfermer tout à fait. Ses calculs ont été examinés dans une conférence où ont été appelés Lagrange, Pingré, Laplace, Lalande, Messier, Nouet, Barthélemy et Garat, ces deux derniers sous le rapport de la chronologie que cette question intéresse. Nous invoquions les lumières de l'auteur d'Anacharsis ; sa modestie nous en a privés. Je donne ici une analyse rapide des principes qui font la base du décret que je suis chargé de vous présenter ; les développements et les calculs un peu élevés seront réservés pour une Instruction où ceux qui s'occupent de ces matières pourront trouver une démonstration aussi rigoureuse que le permet l'état actuel de l'astronomie en Europe. Dans le calendrier julien et grégorien, les années bissextiles se déterminent par une règle facile, mais insuffisante. Dans le premier, on ajoute un jour tous les quatre ans ; ce qui suppose l'année de 365 j. 6 h. 0 m. 0 s. Dans le second, on ajoute un jour tous les quatre ans ; on excepte sur quatre années séculaires la première, la deuxième et la troisième, qui sont communes : la quatrième seule est bissextile ; cette double correction suppose l'année de 365 j. 5 h. 49 m. 12 s. La longueur moyenne de l'année, déterminée sur deux siècles d'observations exactes, est entre 365 jours, 5h, 48m, 48s et 365 jours, 5 h, 48 m, 54 s. Les deux corrections julienne et grégorienne
sont toutes deux trop fortes. Dans la seconde limite de l'année moyenne, le calendrier julien compte en 4.000 ans 1.000 jours intercalaires. Le calendrier grégorien en compte 970. On ne doit en compter que 969. Un grand nombre de causes, dont quelques-unes ne sont encore appréciées qu'approximativement, tendent à faire varier sans cesse la longueur absolue de l'année. Cette variation ne peut jamais aller au delà de cinquante secondes par an ; mais elle est irrégulière, et ne peut se déterminer par une règle simple. Il paraissait donc naturel, pour conserver toujours l'incidence des saisons aux mêmes époques de l'année, de renoncer à toute espèce de règle pour la distribution des jours intercalaires, et de faire résulter l'intercalation de l'accumulation des différences annuelles rectifiées sur les observations récentes, en ajoutant un jour aussitôt que la somme de ces différences sortirait des limites d'un minuit à l'autre. C'est dans cet esprit qu'a été rédigé l'article 3 du décret, après avoir consulté les hommes éclairés nommés dans le rapport qui fut fait alors. Cet article demande que l'année commence avec le jour où tombe l'équinoxe vrai pour l'Observatoire de Paris. Un examen plus approfondi de cette question, par Lalande, Laplace, mais surtout par Delambre, a fait sentir la nécessité de faire toutes les années égales, et de soumettre les intercalations à une règle fixe. En effet, lorsque l'équinoxe vrai tombera près de minuit, comme en l'année 144, où il doit arriver à onze heures cinquante-neuf minutes quarante secondes du soir, ne pouvant répondre de cette détermination qu'à trois ou quatre minutes près, il peut aussi bien tomber en deçà qu'au delà de minuit, c'est-à-dire le lendemain ou le surlendemain du cinquième complémentaire de l'année ; ce que l'observation seule pourra décider, si toutefois le temps ne s'y oppose pas. Jusque-là, on serait incertain si l'année doit ou ne doit pas être sextile. Cette incertitude aurait des suites fâcheuses pour la chronologie, le commerce, les actes civils ; il faut donc l'éviter. En supposant même qu'on puisse déterminer exactement et d'avance le jour de l'équinoxe vrai, il résulterait de l'exécution rigoureuse de l'article une distribution très irrégulière des jours intercalaires. Le plus souvent ils arriveraient de quatre en quatre ans ; mais quelques-uns n'arriveraient qu'après cinq ans, et cela à des intervalles inégaux ; il en résulterait de plus que les sextiles tomberaient tantôt sur des années paires, tantôt sur des années impaires. Cette irrégularité ne pourrait être soumise à aucune règle facile ; l'astronome, le chronologiste, le fonctionnaire public, le commerçant, ne pourraient savoir si une année est sextile qu'en consultant une table calculée exprès. On a vu plus haut s'il est possible de la faire toujours exacte. Que cette table des sextiles soit peu répandue ou qu'elle vienne à se perdre, il en résultera, pour l'histoire, une nouvelle cause d'incertitude dans la détermination des dates ; pour les transactions, les actes publics, de l'inexactitude, un défaut d'ensemble : les tables astronomiques, calculées sur des mouvements uniformes, ne pourront plus servir ; il faudra en faire d'autres. Toutes les mesures nouvelles du temps sont égales entre elles et dans un rapport simple avec le jour, qui est l'unité de la nature ; pourquoi les années seules seraient-elles inégales et rompraient-elles cette simplicité qui caractérise l'annuaire de la République ? L'astronomie est un art utile, précieux : il est le flambeau de la marine, l'une des premières sources de la gloire, de la prospérité nationale ; elle mérite les plus grands encouragements : mais, en profitant de ses bienfaits, il ne faut pas que nos relations civiles et commerciales, que l'histoire, soient assujetties à ses imperfections mêmes, en nous forçant à la consulter sans cesse. Une règle d'intercalation lèvera tous les inconvénients. Celle que nous proposent les astronomes conduit à trois corrections indispensables : l'une tous les quatre ans, la seconde tous les quatre cents ans ; la troisième tous les trente-six siècles, ou pour plus de convenance tous les quatre mille ans. En appelant franciades ces trois périodes successives, tout le système de la computation française se renferme dans ces six résultats : Dix
jours font une décade ; Ces résultats, empreints dans toutes les pages de nos annales, dans tous les actes civils, dans nos usages journaliers, serviront, dans les temps les plus reculés, à mesurer le degré de perfection de l'astronomie française à l'époque de la fondation de la République, et vivront autant qu'elle. Par eux l'astronomie se rétablirait dans quelques-uns de ses points capitaux, si toutes les tables astronomiques venaient à se perdre dans les révolutions que l'histoire du passé nous permet de regarder comme très possibles dans l'avenir. |
| PROJET DE DECRET La
Convention nationale, après avoir entendu son Comité d'instruction
publique sur la proposition faite par les géomètres et les astronomes
nommés au rapport, d'adopter une règle d'intercalation pour maintenir
les saisons aux mêmes époques ARTICLE PREMIER. La quatrième année de l'ère de la République sera la première sextile : elle recevra un sixième jour complémentaire, et terminera la première franciade . ART. 2. Les années sextiles se succéderont de quatre en quatre ans, et marqueront la fin de chaque franciade. ART. 3. Sur quatre années séculaires consécutives, sont exceptées de l'article précédent la première, la deuxième, la troisième années séculaires, qui seront communes : la quatrième seule sera sextile ART. 4. Il en sera ainsi de quatre en quatre siècles, jusqu'au quarantième, qui se terminera par une année commune. ART. 5. Il sera annexé une Instruction au présent décret pour faciliter l'application de la règle qu'il renferme, et faire connaître les principes qui en font la base. ART. 6. Tous les ans il sera extrait de la Connaissance des temps et présenté à l'Assemblée nationale un annuaire pour les usages civils : calculé sur des observations exactes, il servira de type aux calendriers qui se répandront dans la République. ART. 7. La Commission d'instruction
publique est chargée d'accélérer, par tous les moyens qui
sont à sa disposition, la propagation des nouvelles mesures du temps. |
Ce
calendrier fut en vigueur du 24 octobre 1793 au 1er Janvier 1806 (abolition et
retour au calendrier Grégorien par Napoléon). Son origine est due
au mouvement de déchristianisation déclenché par la révolution.
Son fondateur est Gilbert Romme aidé de quelques astronomes. L'année comporte 12 mois de trente jours divisé en trois décades (remplace la semaine) auxquels on ajoute 5 ou 6 jours (les sans - culottides) pour que l'année moyenne fasse 365.25 jours. Le nom des mois et des jours est l'uvre de Philippe François Nazaire Fabres (dit Fabre d'Eglantine surnom qu'il prit après avoir gagné une églantine d'or au concours des jeux floraux de Toulouse vers 1772 ? On doit à ce poète la chanson Il pleut Bergère)
On doit également à Gilbert Romme une nouvelle réforme de la mesure du temps, qui serait venue s'ajouter à la réforme déjà apportée par le calendrier républicain. Le 14 Vendémiaire, An II (5 octobre 1793), la Convention adopte la nouvelle réforme. On trouve dans le décret de la même date l'article XI qui dit:
XI. Le jour, de minuit à minuit, est divisé en dix parties; chaque partie en dix autres, ainsi de suite jusqu'à la plus petite portion commensurable de la durée. Cet article ne sera de rigueur pour les actes publics qu'à compter du 1er du premier mois de la troisième année de la république.
La journée est donc divisée en dix heures. Chaque heure compte cent minutes et chaque minute compte cent secondes.
Dans l'article XI du décret du 4 Frimaire, An II, on trouve:
XI. Le jour, de minuit à minuit, est divisé en dix parties ou heures, chaque partie en dix autres, ainsi de suite jusqu'a la plus petite portion commensurable de la durée. La centième partie de l'heure est appelée minute décimale; la centième partie de la minute est appelée seconde décimale. Cet article ne sera de rigueur pour les actes publics, qu'à compter du 1er Vendémiaire, l'an trois de la République.
C'est la grande époque de toutes les transformations qui voit l'avènement du système métrique pour les poids et les mesures, la naissance du grade pour les mesures d'angle (un angle droit vaut cent grades au lieu de quatre-vingt-dix degrés).
Afin de familiariser la population avec le nouveau système horaire, des montres et des pendules à double cadran sont fabriquées. Mais face aux difficultés, cette réforme est supprimée le 18 Germinal, an III (7 avril 1795).
Le grade, que l'on continue de voir sur certains rapporteurs, n'est en fait pas utilisé lui non plus. Les mathématiciens savent d'ailleurs que la seule mesure d'angle universelle n'est ni le grade, ni le degré, mais le radian.
Les trois premiers mois de l'année, qui composent l'automne, prennent leur étymologie, le premier des vendanges qui ont lieu en septembre et en octobre : ce mois se nomme vendémiaire. Le second des brouillards et des brumes basses qui sont la transsudation de la nature d'octobre en novembre : ce mois se nomme brumaire. Le troisième du froid, tantôt sec, tantôt humide, qui se fait sentir de novembre en décembre : ce mois se nomme frimaire.
Les trois mois de l'hiver prennent leur étymologie, le premier de la neige qui blanchit la terre de décembre en janvier : ce mois se nomme nivôse. Le second des pluies qui tombent généralement avec plus d'abondance de janvier en février : ce mois se nomme pluviôse. Le troisième des giboulées qui ont lieu, et du vent qui vient sécher la terre de février en mars : ce mois se nomme ventôse.
Les trois mois du printemps prennent leur étymologie, le premier de la fermentation et du développement de la sève de mars en avril : ce mois se nomme germinal. Le second de l'épanouissement des fleurs d'avril en mai : ce mois se nomme floréal. Le troisième de la fécondité riante et de la récolte des prairies de mai en juin : ce mois se nomme prairial.
Les trois mois de l'été, enfin, prennent leur étymologie, le premier de l'aspect des épis ondoyants et des moissons dorées qui couvrent les champs de juin en juillet : ce mois se nomme messidor. Le second de la chaleur tout à la fois solaire et terrestre qui embrase l'air de juillet en août : ce mois se nomme thermidor. Le troisième des fruits que le soleil dore et mûrit d'août en septembre : ce mois se nomme fructidor.
| AUTOMNE | |||
|
|
Vendémiaire |
Brumaire |
Frimaire |
|
1 |
Ravin |
Pomme |
Raiponce |
| 2 | Safran | Céleri | Turneps |
| 3 | Châtaigne | Poire | Chicorée |
| 4 | Colchique | Betterave | Nèfle |
| 5 | Cheval | Oie | Cochon |
| 6 | Balsamine | Héliotrope | Mâche |
| 7 | Carotte | Figue | Chou-fleur |
| 8 | Amaranthe | Scorsonère | Miel |
| 9 | Panais | Alisier | Genièvre |
| 10 | Cuve | Charrue | Pioche |
| 11 | Pomme de terre | Salsifis | Cire |
| 12 | Immortelle | Macre | Raifort |
| 13 | Potiron | Topinambour | Cèdre |
| 14 | Réséda | Endive | Sapin |
| 15 | Ane | Dindon | Chevreuil |
| 16 | Belle de nuit | Chervis | Ajonc |
| 17 | Citrouille | Cresson | Cyprès |
| 18 | Sarrasin | Dentelaire | Lierre |
| 19 | Tournesol | Grenade | Sabine |
| 20 | Pressoir | Herse | Hoyau |
| 21 | Chanvre | Bacchante | Erable sucré |
|
22 |
Pêche |
Azerole |
Bruyère |
| 23 | Navet | Garance | Roseau |
| 24 | Amarillis | Orange | Oseille |
| 25 | Bœuf | Faisan | Grillon |
| 26 | Aubergine | Pistache | Pignon |
| 27 | Piment | Macjonc | Liège |
| 28 | Tomate | Coing | Truffe |
| 29 | Orge | Cormier | Olive |
| 30 | Tonneau | Rouleau | Pelle |
| HIVER | |||
|
|
Nivôse |
Pluviôse |
Ventôse |
| 1 | Tourbe | Lauréole | Tussilage |
| 2 | Houille | Mousse | Cornouiller |
| 3 | Bitume | Fragon | Violier |
| 4 | Soufre | Perce Neige | Troëne |
| 5 | Chien | Taureau | Bouc |
| 6 | Lave | Laurier thym | Asaret |
| 7 | Terre végétale |
Amadouvier |
Alaterne |
| 8 | Fumier | Mézéréon | Violette |
| 9 | Salpêtre | Peuplier | Marceau |
| 10 | Fléau | Coignée | Bêche |
| 11 | Granit | Ellébore | Narcisse |
| 12 | Argile | Brocoli | Orme |
| 13 | Ardoise | Laurier | Fumeterre |
| 14 | Grès | Avelinier | Vélar |
| 15 | Lapin | Vache | Chèvre |
| 16 | Silex | Buis | Epinard |
| 17 | Marne | Lichen | Doronic |
| 18 | Pierre à chaux | If | Mouron |
| 19 | Marbre | Pulmonaire | Cerfeuil |
| 20 | Van | Serpette | Cordeau |
| 21 | Pierre à Plâtre |
Thlaspi |
Mandragore |
| 22 | Sel | Thimèle | Persil |
| 23 | Fer | Chiendent | Cochiéaria |
| 24 | Cuivre | Trainasse | Pâquerette |
| 25 | Chat | Lièvre | Thon |
| 26 | Etain | Guède | Pissenlit |
| 27 | Plomb | Noisetier | Sylve |
| 28 | Zinc | Cyclamen | Capillaire |
| 29 | Mercure | Chélidoine | Frêne |
| 30 | Crible | Traineau | Plantoir |
| PRINTEMPS | |||
|
|
Germinal |
Floréal |
Prairial |
|
1 |
Primevère |
Rose |
Luzerne |
|
2 |
Platane |
Chêne |
Hémérocalle |
| 3 | Asperge | Fougère | Trèfle |
| 4 | Tulipe | Aubépine | Angélique |
| 5 | Poule | Rossignol | Canard |
| 6 | Bette | Ancolie | Mélisse |
| 7 | Bouleau | Muguet | Fromental |
| 8 | Jonquille | Champignon | Martagon |
| 9 | Aulne | Hyacinthe | Serpolet |
| 10 | Couvoir | Rateau | Faux |
| 11 | Pervenche | Rhubarbe | Fraise |
| 12 | Charme | Sainfoin | Bétoine |
| 13 | Morille | Bâton d'or | Pois |
| 14 | Hêtre | Chamerops | Acacia |
| 15 | Abeille | Ver à soie | Caille |
| 16 | Laitue | Consoude | Œillet |
| 17 | Mélèze | Pimprenelle | Sureau |
| 18 | Cigüe | Corbeille d'or | Pavot |
| 19 | Radis | Arroche | Tilleul |
| 20 | Ruche | Sarcloir | Fouche |
| 21 | Gainier | Statice | Barbeau |
| 22 | Romaine | Fritillaire | Camomille |
| 23 | Marronnier | Bourache | Chèvre-feuille |
| 24 | Roquette | Valériane | Caille-lait |
| 25 | Pigeon | Carpe | Tanche |
| 26 | Lilas | Fusain | Jasmin |
| 27 | Anémone | Civette | Verveine |
| 28 | Pensée | Buglosse | Thym |
| 29 | Myrtille | Sénevé | Pivoine |
| 30 | Greffoir | Houlette | Chariot |
| ETE | |||
|
|
Messidor |
Thermidor |
Fructidor |
|
1 |
Seigle |
Epeautre |
Prune |
|
2 |
Avoine |
Bouillon blanc |
Millet |
|
3 |
Oignon |
Melon |
Lycoperdon |
| 4 | Véronique | Ivraie | Escourgeon |
| 5 | Mulet | Bélier | Saumon |
| 6 | Romarin | Prêle | Tubéreuse |
| 7 | Concombre | Armoise | Sucrion |
| 8 | Echalotte | Carthame | Apocyn |
| 9 | Absinthe | Mûre | Réglisse |
| 10 | Faucille | Arrosoir | Echelle |
| 11 | Coriandre | Panis | Pastèque |
| 12 | Artichaut | Salicorne | Fenouil |
| 13 | Girofle | Abricot | Epine vinette |
|
14 |
Lavande |
Basilic |
Noix |
|
15 |
Chamois |
Brebis |
Truite |
|
16 |
Tabac |
Guimauve |
Citron |
|
17 |
Groseille |
Lin |
Cardère |
| 18 | Gesse | Amande | Nerprun |
| 19 | Cerise | Gentiane | Tagette |
| 20 | Parc | Ecluse | Hotte |
| 21 | Menthe | Carline | Eglantier |
| 22 | Cumin | Câprier | Noisette |
| 23 | Haricot | Lentille | Houblon |
| 24 | Orcanète | Aunée | Sorgho |
| 25 | Pintade | Loutre | Ecrevisse |
| 26 | Sauge | Myrte | Bigarade |
| 27 | Ail | Colza | Verge d'or |
| 28 | Vesce | Lupin | Maïs |
| 29 | Blé | Coton | Marron |
| 30 | Chalémie | Moulin | Panier |
Les jours complémentaires sont :
| 1 | Fête de la Vertu |
|
2 |
Fête du Génie |
| 3 | Fête du Travail |
|
4 |
Fête de l'Opinion |
| 5 | Fête des Récompenses |
|
6 |
Fête de la Révolution |
CALENDRIER DE DEMAIN
AU XXI° Siècle, nous suivrons un nouveau calendrier. C'est du moins ce que préconisent les Nations unies, qui estiment que le calendrier grégorien complique la programmation des activités économiques, industrielles, financières et comptables.
Les semestres, les trimestres et les mois ne comportent pas tous le même nombre de jours; les semaines se succèdent indépendamment de la durée du mois, si bien que les mois ne commencent pas tous par le même jour de la semaine. Pour remédier à cet état de chose, l'ONU a lancé un concours international pour réformer le calendrier grégorien instauré par le pape Grégoire XIII en 1582.
Le bulletin de l'Académie des sciences russe expose le fruit des recherches de Piotr Elistratov qui porte le nom orgueilleux de " calendrier perpétuel universel à symétrie de miroir". Il a été calculé pour entrer en vigueur le 1° janvier du XXI° siècle, un jour qu'il propose de fixer comme un lundi, comme le seraient tous les premiers jours de chaque année. Tous les mois comporteraient 28 jours, soit quatre semaines de sept jours. Tous les trimestres commenceraient par une "semaine du trimestre" (qui marquerait aussi le début de chaque saison), suivie de trois mois de quatre semaines. Ainsi, les trimestres comporteraient tous 91 jours, et les années 564 jours.
Les années bissextiles, elles, tomberaient toujours les 4e, 9e, 15e, 20e et 26e années d'un cycle de 28 ans. Et voici sans doute le plus impressionnant : les lundis correspondraient toujours aux 1°, 8, 15 et 22 de tous les mois, de tous les trimestres, de toutes les années, les mardis tombant les 2,9,16 et 23 etc.
L'humanité parviendra-t-elle a mieux planifier sa gestion du quotidien. Les lundis et vendredis 13 malfaisants passeraient aux oubliettes. Le romantique des calculs fiévreux de tout un peuple disparaîtrait également : impossible de se demander encore si le calendrier va nous offrir un jour de repos supplémentaire à côté d'un jour férié, grâce à un pont.
Un almanach est un calendrier annonçant les fêtes mobiles, les lunaisons et la date des changements de saison. L'almanach est un terme dont l'origine pourrait être arabe.
Des almanachs manuscrits ont été diffusés dès l'Antiquité, mais c'est l'invention de l'imprimerie qui a permis leur multiplication.
Objets de colportage par excellence, les almanachs ont très vite été complétés par diverses indications pratiques (lieux et heures de départ des courriers ou des diligences), voire par des prédictions météorologiques, astrologiques et autres.
Refondus annuellement, les almanachs ont été, à partir du XVIIIe siècle, le principal ouvrage vendu dans les campagnes. Certains ont joué un rôle dans la formation de l'opinion publique.
Vecteur principal du discours astrologique,
bien davantage que les traités d'astrologie qui s'adressent aux futurs
astrologues " l'almanach ".
L'almanach proprement dit est constitué
d'un calendrier comportant les noms des saints et les phases de la lune. La pronostication
souvent liée à l'almanach étudie la météorologie,
saison par saison, mois par mois.
Au début, chez les Romains les mois portaient un numéro d'ordre puis ils prirent le nom d'une divinité ou d'un Empereur :
Le nom des jours est associé aux sept astres connus dans l'antiquité :
Sur les calendriers romains l'indication de chaque jour est accompagnée de l'un des sigles suivants : F, C, N, NP, EN, Q.ST.D.F., Q.R.C.F.
Ces lettres ou sigles marquent le caractère du jour et divisent l'année en jours fastes (fasti ou fas : permis) et jours non fastes (nefasti : réservé aux dieux)
Dans la première catégorie entrent les jours simplement fastes (F) et les jours comitiaux (C) ou peuvent se tenir les assemblées du peuple.
Au total probablement 232 jours sur les 355 que compte l'année d'avant César sont classés dans cette première catégorie des jours fastes.
La
deuxième catégorie regroupe les jours simplement néfastes
(N) et les jours
dits NP (ligature de N et de P, où N signifie également
néfaste et P demeure inexpliqué) : ce sont les jours qu'occupent
les cérémonies religieuses fixes.
Lorsque les fêtes mobiles tombent des jours fastes ou comitiaux, ceux-ci deviennent également néfastes.
Les jours marqués EN (endotercisi : "coupés à l'intérieur") sont néfastes matin et soir, fastes l'après-midi .
Les jours marqués Q.R.C.F. (quando rex comitiavit, fas ) de néfastes deviennent fastes lorsque le roi des sacrifices a ouvert des comices ratifiant certaines formes d'adoption ou de testament.
Le jour marqué Q.ST.D.F. (quando stercus delatum, fas : lorsque l'on a ôté le fumier, faste ), exemple : le 15 juin, devient également faste après la cérémonie où l'on ôte le fumier du temple de Vesta.
La notion de jours néfastes (où les fêtes peuvent être gaies) ne se confond pas avec celles de "jours religieux" et de "jours noirs" : jours où la porte des enfers (mundus ) ouverte, les morts et les dieux souterrains se promènent, jours anniversaires de défaites et autres calamités ; on doit éviter alors de livrer combat, de lever une armée, de partir en guerre, de lever l'ancre, de se marier.
L'année romaine, comme chez tous les peuples usant d'un calendrier solaire, le début de l'année a toujours été fixé par pure convention et commençait avec le mois de mars ; Jules César, sur les conseils de Sosigène, avança de trois mois cette date : l'an 709 de Rome (-45 av JC) commença le 1er janvier, et c'est la date initiale de la réforme julienne , que Rome et avec elle les nations soumises à sa domination appliqua pendant 345 ans...
Mais, au fil des siècles, l'année n'a pas commencé partout au 1er janvier, et son début a varié au gré des Églises, des époques et des pays. Pour ne citer d'abord que la France, l'année commençait le 1er mars dans nombre de provinces aux VIe-VIIe siècles ; à Noël au temps de Charlemagne (et en certains lieux, tel Soissons, jusqu'au XIIe s.) ; le jour de Pâques sous les Capétiens, ce qui donnait des années de longueur très variable (usage quasi général aux XIIe-XIIIe s., jusqu'au XVIe dans certaines provinces) ; toutefois, en quelques régions, l'année commençait à date fixe, le 25 mars, jour de l'Annonciation.
Ce n'est qu'en 1564 que, par édit de Charles IX, le début de l'année fut obligatoirement fixé en France au 1er janvier ; et les fausses étrennes et "poissons d'avril" sont un lointain souvenir des dates révolues.
La
République ayant été proclamée le 22 septembre 1792,
date qui se trouvait être le jour équinoxial d'automne, le calendrier
républicain fixa le début de l'année "au jour civil
où tombe l'équinoxe d'automne au méridien de Paris".
En Russie, l'an commençait le 1er septembre ; à compter du règne
de Pierre le Grand, il commença le 1er janvier. Quant à l'Angleterre,
où l'an débutait le 25 mars, elle n'accepta le 1er janvier qu'avec
la réforme grégorienne : l'année anglaise 1751 ne comporta
que neuf mois et une semaine.
Novembre 2001 (merci aux encyclopédies et sites Web)