Un objet trans-neptunien de diamètre supérieur à celui de Pluton :

Une nouvelle raison, s'il en fallait encore, de rejeter l'astrologie


Christian Nitschelm


Création: Septembre 2005

Dernière mise à jour: Décembre 2008


Un nouveau trans-neptunien, appelé provisoirement 2003UB313, a été récemment découvert par une équipe de recherche américaine (The discovery of 2003 UB313 Eris, the largest known dwarf planet). Il a été rapidement établi que le diamètre de cet objet lointain était de l'ordre de 2600 km, soit nettement plus grand que celui de Pluton (2280 km).

Parallèlement, six autres trans-neptuniens un peu plus petits, mais de taille comparable à celle de Pluton, ont également été récemment découverts par plusieurs équipes de recherche. Certains ont reçu leurs noms définitifs il y a déjà plusieurs années (Quaoar, Sedna), alors que d'autres n'ont été nommés que récemment (2003 EL61 = Haumea, 2004 DW = Orcus, 2005 FY9 = Makemake, 2000 WR106 = Varuna).

Tous ces objets sont situés au-delà de Neptune (d'où leur nom de trans-neptuniens), au sein de la Ceinture de Kuiper. Ils sont tous, Pluton inclus, nettement plus petits que notre Lune (diamètre 3476 km), mais bien plus volumineux que les astéroïdes les plus imposants de la Grande Ceinture (le plus gros d'entre eux, Cérès a un diamètre de "seulement" 900 km !).

Ces découvertes récentes laissent par ailleurs penser qu'il sera peut-être possible de découvrir dans un futur proche d'autres objets trans-neptuniens de grande taille, peut-être supérieur à celle de la Lune, voire comparable à celle de la Terre.

En conséquence, le statut de Pluton est de nouveau remis en question.

En effet, soit Pluton garderait son statut de planète et, dans ce cas, il faudrait clairement et rapidement inclure la flopée des gros objets trans-neptuniens découverts récemment dans la liste des planètes majeures (au minimum 2003UB313 !), soit il faudrait déclasser Pluton et la mettre au rang de gros astéroïde (une simple planète naine !), de même que ces six autres objets célestes.

Ainsi, soit on se retrouverait avec uniquement huit planètes majeures (Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune), ce qui serait l'option la plus logique, soit avec dix (les mêmes, plus Pluton et 2003UB313), voire nettement plus, au moins seize (les mêmes, plus les six trans-neptuniens dont la taille oscille entre 1000 et 2000 km de diamètre).

De plus, fin septembre 2005, le premier satellite naturel de l'objet trans-neptunien 2003UB313 a été découvert et a été provisoirement appelé Gabrielle. Ceci veut dire qu'il va bientôt être possible de connaître approximativement la masse de ce corps céleste par simple utilisation de la troisième loi de Kepler, masse qui devrait être plus élevée que celle de Pluton, selon toutes probabilités.

Il est donc bien clair que notre vision du Système Solaire est en plein bouleversement et que nous devons maintenant revoir la définition du critère de séparation entre planète majeure et astéroïde...

La décision de l'Union Astronomique Internationale du jeudi 24 août 2006

On aurait pu revoir le nombre de planètes significativement à la hausse, avec, au minimum, trois nouveaux corps célestes qui aurait pu accéder au statut de planète, en l'occurrence Cérès (le plus gros des astéroïdes de la Ceinture Principale), Charon (le plus gros satellite de Pluton qui aurait pu, ainsi, devenir une planète à part entière) et, bien sûr, 2003UB313 .

Les nouveaux critères pour classer un corps céleste comme étant une planète auraient pu être définis comme étant (a) la révolution autour du Soleil ou d'une autre étoile, (b) un diamètre supérieur ou égal a 800 kilomètres et (c) une forme a peu près sphérique.

Mais, alors, qu'en aurait-il été des autres gros objets de forme sphérique ou ellipsoïdale, comme les autres gros trans-neptuniens (Quaoar, Sedna, Haumea, Orcus, Makemake et Varuna) et comme les autres gros astéroïdes (Vesta, Pallas et Hygea) ? Auraient-ils été classés comme étant des planètes à part entière ou seraient-ils restés de simples astéroïdes indignes du nom de planète ?

L'Union Astronomique Internationale en a décidé autrement le jeudi 24 août 2006, en ramenant le nombre de planètes majeures à huit, en l'occurrence Mercure, Vénus, la Terre et Mars (les quatre planètes telluriques), Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune (les quatre planètes géantes).

En effet, selon l'Union Astronomique Internationale, une planète est un astre qui:

1) orbite autour de l'étoile Soleil (ou d'une autre étoile) - et donc qui ne peut pas être un satellite;

2) possède un diamètre suffisant - 800 km - pour être un sphéroïde dans le modèle de formation hydrostatique;

3) est de masse suffisante pour "dominer" - du point de vue gravitationnel - les objets voisins de son espace orbital.

En conséquence, l'instance internationale qu'est l'Union Astronomique Internationale a donc décidé de déchoir Pluton de son statut de planète, ce qui était, de loin, la solution la plus logique (bien que très impopulaire outre Atlantique, cet objet céleste ayant été découvert en 1930 par un astronome américain, Clyde Tombaugh), le statut de cet astre ayant été toujours controversé...

Suivant la résolution de l'Union Astronomique Internationale du jeudi 24 août 2006, il restait à donner une numérotation définitive aux planètes naines Pluton et 2003UB313, ainsi que des noms définitifs pour cette dernière et pour son satellite. C'est chose faite depuis le 13 septembre 2006:

(134340) Pluto, (136199) Eris, and (136199) Eris I (Dysnomia)

Following the August 24 resolution by the IAU to the effect that the solar system contains eight "planets" (Mercury-Neptune), with (1) Ceres, Pluto, and 2003UB313 to be considered representative "dwarf planets", the Minor Planet Center included Pluto and 2003UB313 (along with two other new potential dwarf-planet candidates) in the standard catalogue of numbered objects with well-determined orbits as (134340) and (136199), respectively. Following near-unanimous acceptance by both the Committee on Small-Body Nomenclature and the Working Group on Planetary-System Nomenclature (in consultation with the discovery team), the IAU Executive Committee has now approved the names Eris for (136199) and Dysnomia for its satellite (136199) Eris I [formerly S/2005 (2003UB313) 1].

Une nouvelle raison de rejeter l'astrologie

Mais apparaît immédiatement une conclusion très réjouissante, en l'occurrence celle de la fausseté des affirmations à caractère astrologique et des élucubrations des astrologues, s'il avait encore été nécessaire de le prouver.

En effet, dans le cas où Pluton aurait été considéré comme une planète majeure, il serait devenu flagrant que les soi-disant calculs astrologiques pour l'établissement du thème astral, et donc leurs interprétations (les horoscopes), n'auraient pu qu'être parfaitement faux jusqu'à ce jour, car ne prenant pas en compte la très importante Xème planète (2003UB313), voire l'ensemble des trans-neptuniens et des planètes lointaines encore inconnues dans notre Système Solaire.

Dans le cas le plus logique où l'on ne considérerait que, seulement, les sept planètes majeures comme astrologiquement "actives" (mais alors, pourquoi seulement ces sept planètes là et pourquoi ne pas y inclure notre Terre, huitième planète majeure du Système Solaire ?), ces élucubrations auraient été quelque part plus réalistes (mais toujours aussi erronées, de par l'absence même de fondements de l'astrologie !) entre 1846 (année de la découverte de Neptune) et 1930 (année de la découverte de Pluton), alors qu'elles auraient été parfaitement fausses avant 1846 (Neptune était encore inconnu) et après 1930 (Pluton ayant été inclus dans leurs théories fumeuses).

Comment ces gens (les astromanciens) qui prétendent depuis toujours connaître le futur ou, au pire, de pouvoir déterminer sans ambiguïté le caractère de tout un chacun par la position de certains astres très particuliers, les planètes majeures, la Lune et le Soleil à l'instant de sa naissance, n'auraient-ils pas été capables de résoudre ce problème et de savoir, bien avant les astronomes et depuis les temps les plus anciens, le nombre exact de planètes, ainsi que le nom définitif (et mythologique) de chacune, données essentielles pour eux dans l'élaboration de l'horoscope  ?

S'il fallait le prouver encore, voici donc une nouvelle fois l'astrologie rejetée du champ des sciences, et ce, à l'aide d'un objet lointain et obscur appelé provisoirement 2003UB313, encore inconnu il y a peu...

Aux astrologues, maintenant, d'essayer de nous prouver le contraire...

...ou d'inclure cette nouvelle "planète" au nom si poétique, 2003UB313, et nous dire quelle serait l'influence "astrale" de cet objet céleste (certainement une influence purement mathématique, avec un nom pareil  !?).

Bref, voici encore une nouvelle raison de rejeter les inepties astrologiques, qu'elles soient "naturelles", "judiciaires", "hermétiques" ou plus simplement à but très lucratif et mercantile...

Et maintenant que 2003UB313 a été définitivement nommé Eris, encore et toujours à ces braves et honnêtes (!?) astromanciens de nous dire quelle pourrait bien être la si importante influence "astrale" (ou plutôt mythologique !?) de cette planète incontournable et essentielle à l'élaboration de tout horoscope qui se respecte (certes, pas une "vraie" planète, mais une importante planète naine et très comparable à Pluton, tout de même !!!).

Les astrologues pourraient-ils également nous dire quelles seraient les influences "astrales" supposées des autres nouvelles planètes, qu'elles soient majeures ou simplement naines ?

Remarquons, pour finir, que la décision de l'Union Astronomique Internationale du jeudi 24 août 2006 de déchoir Pluton de son statut de planète rend la doctrine astrologique totalement caduque et obsolète car basée sur une argumentation fausse (ça, on la savait déjà !) et sur un nombre erroné de planètes. Comment se faisait-il que les astrologues qui connaissaient si bien le futur, à les entendre brailler sur la place publique depuis des lustres, ne savaient-ils pas depuis 1930 que Pluton n'était pas une planète majeure, mais une simple planète naine, comme il y en tant d'autres dans le Système Solaire !?

Il est vrai que le ridicule ne tue pas, mais tout de même, on en est plus très loin...




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