A Babylone, près de 2000 ans avant J-C, les savants scrutaient déjà le ciel étoilé, depuis le toit des palais et des temples.
    Egyptiens, Grecs, Chinois, Hébreux, Arabes, Incas, Celtes... tous les peuples depuis l'Antiquité s'intéressèrent à l'astronomie et tous eurent de grands astronomes.
    L'astronomie est née du souci des hommes de situer leur place dans le cosmos et de leur effort pour répondre à la question : "où sommes-nous ?




Premières constatations



    Les premières représentations d'objets célestes, qui concernent presque toujours la Lune et le Soleil, apparaissent à partir de l'âge de la pierre polie, au néolithique.
    Lors de l'inhumation, les hommes du néolithique se préoccupaient de l'orientation de la dépouille par rapport aux points cardinaux, c'est à dire des directions définies par le mouvement des astres, notamment du Soleil.

    En Mésopotamie, le ciel comptait 7 étages, tardivement associés à la Lune, au Soleil et aux 5 planètes visibles à l'oeil nu. Tout archaïques qu'elles paraissent, ces conceptions resteront le ferment des systèmes du monde éloboré jusqu'à la Renaissance.

    Si une chose semblait assurée, pour les hommes de l'Antiquité, c'est que la Terre sur laquelle ils vivaient ne bougait pas. Le Soleil, par contre, semblait voyager sans arrêt, selon des mouvements d'ailleurs assez compliqués. Les Anciens avaient bien constaté qu'il se levait et se couchait, que, selon les saisons, il était plus ou moins haut dans le ciel et que les heures de ses levers et couchers étaient elles aussi très différentes suivant les périodes de l'année.

    Les Grecs, dont l'astronomie atteindra son apogée à l'époque héllénistique, à Alexandrie, ont cependant esquissé une nouvelle approche dès le VIème siècle avant notre ère.
    Cette démarche leur a permis d'élucider le mécanisme des éclipses. Ils ont même pu en déduire la forme ronde de la Terre, dont ils reconnaissaient l'ombre sur le disque lunaire.
    Erastosthène produisit plus tard une première mesure crédible des dimensions de notre globe.
    Platon assigna pour tâche à l'astronomie de "sauver les phénomènes", c'est à dire que l'astronomie devait se limiter à rendre compte des observations par des modèles mécaniques approchés, et renoncer à les expliquer réellement.




Etoiles et planètes



    Les étoiles les intriguaient.
    En cherchant mieux, les anciens astronomes découvrirent des astres beaucoup plus bizarres que les étoiles : les planètes, qui vagabondent curieusement dans le ciel et semblent avancer, s'arrêter, reculer, repartir ; sans parler de notre voisine la Lune, qui non seulement se lève et se couche, mais encore apparaît tantôt pleine ou tantôt fine.

    Eudoxe proposa un système de sphères en rotation, emboîtées, centrées sur la Terre. Chaque sphère représentait une planète.
    Aristote justifia cette construction en lui donnant un fondement physique, mais en la compliquant en recourant à 56 sphères.
    Hipparque perfectionna encore l'édifice.




Une idée audacieuse



    Comme il existe toujours des esprits originaux, l'idée d'une Terre elle-même en mouvement vint très tôt à certains savants : si notre Terre tournait sur elle-même, chaque jour, voilà qui éviterait aux milliers d'étoiles du firmament de danser leur sarabande, au Soleil de se lever et de se coucher ; elle pourrait même tourner autour du Soleil chaque année, et cela simplifierait la grande machine du ciel, la grande horlogerie. En fait, l'histoire de l'astronomie est celle d'une immense et formidable discussion autour de ces idées.



Les deux sphères



    Les savants grecs, dans leur majorité, se mirent rapidement d'accord sur les points suivants : la forme de la Terre est sphérique, ell est immobile au centre du monde qui est lui-même tout entier contenu dans l'immense sphère des étoiles. C'est la cosmologie des deux sphères. Ils avaient de bonnes raisons de rejeter l'idée d'une Terre plate, comme la forme de l'ombre de la Terre sur la Lune... et beaucoup d'entre eux considéraient les étoiles comme fixées, ou plantées dans la grande sphère extérieure en rotation.



Les planètes, astres errants



    Le problème qui se posait aux astronomes fut toujours le mouvement invraisemblable des planètes dans le ciel. Les Grecs en connaissaient cinq : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne.
    Jusqu'au XVIIème siècle, il était tentant de dire :
    "Dieu, dans sa toute-puissance, peut donner les trajectoires les plus étonnantes aux astres qu'il a créés". Mais cette réponse ne satisfaisait pas les savants.
    Il fallait donc mieux chercher pour comprendre les mouvements des astres, pour comprendre la grande machinerie du cosmos.




Le système de Ptolémée



    C'est Claude Ptolémée qui, au IIème siècle après J-C, proposa la plus belle réponse à la difficile question des trajectoires des planètes.
    Ce système était géocentrique comme la plupart des représentations qui l'avaient précédé ; mais grâce à ce système, il obtint une image très compliquée mais assez juste des trajectoires planétaires.
    Jusqu'à la "révolution copernicienne", l'astronomie consista principalement à améliorer le système de Ptolémée.
    Pourtant, certains détails ne "collaient" pas avec ce beau système.
    Les astronomes et les géomètres avaient beau améliorer le système de Ptolémée, les trajectoires des planètes restaient mystérieuses.

    Des conceptions héliocentriques existaient cependant déjà, comme celles d'Aristarque ou d'Oresme.




La révolution copernicienne



    Un astronome polonais du XVIème siècle, Nicolas Copernic, reprit alors l'idée audacieuse et...oubliée de la Terre en mouvement. Il proposa l'idée que c'était la Terre qui tournait, qu'elle n'était pas le centre du cosmos mais le Soleil.
    Pour défendre cette théorie, il rédigea un gros livre de raisonnements géométriques, le De revolutionibus qui fut publié en 1543, l'année de sa mort. Le système de Copernic plaçait le Soleil au centre du monde, puis, tournant autour de lui, les planètes Mercure, Vénus, la Terre et la Lune, Mars, Jupiter et Saturne.




D'autres questions demeurent



    Avec Copernic, on conserve la grande sphère des étoiles qui contient le monde entier ; mais cette vision des choses ne tarda pas à être remise en question par des savants comme Giordano Bruno, Didges, Descartes, Galilée, Pascal puis Newton, au XVIIème siècle. On voit comment l'astronomie, en un siècle, a complètement bouleversé l'idée que l'on se faisait de la place de l'Homme et de la planète qu'il habite en remplaçant un monde clos et contré sur la Terre par un univers infini qui, en fait, n'a pas de véritable centre de dans lequel la Terre est emportée dans un gigantesque mouvement.



Newton et l'attraction universelle



    C'est l'Anglais Isaac Newton qui décrivit en 1686 la nouvelle organisation et le fonctionnement de ce nouvel univers, dans un des plus imprtants livres scientifiques jamais écrit, les Principes mathématiques de la philosophie naturelle. Il reprend une idée de l'astronome allemand Johannes Kepler selon laquelle les mouvements célestes ne sont pas circulaires, mais elliptiques, il expose une théorie physique et mathématique qui explique comment les astres sont attirés les uns par les autres et pourquoi ils ont des trajectoires que l'on peut observer au télescope : c'est l'attraction universelle.
    Bref, il achève la révolution copernicienne. Jusqu'à la fin du XIXème siècle, on peut dire que l'astronomie a principalement consisté à améliorer le système décrit par Newton.

    Avec la théorie de la Relativité générale, énoncée en 1915, Albert Einstein propose un Univers encore différent de l'Univers classique de Newton et dans lequel les découvertes nouvelles qui vont s'accumuler peuvent prendre place.




L'astronomie moderne



    On peut retenir trois enseignements des découvertes réalisées depuis la fin du XIXème siècle, toutes trois rendues possibles par la mise au point d'appareils d'observation du ciel d'une très grande puissance : les grands télescopes, la radio-astronomie, les satellites.
    Ainsi, l'astronomie n'est plus l'étude de notre système solaire qui n'est que la "banlieue" de notre monde mais celle des milliards de galaxies que contient l'Univers.




Les dernières découvertes



    Puis on a découvert que cet Univers n'était pas stable dans le temps : les étoiles naissent, évoluent puis meurent ; en outre, l'astrophysicien Hubble a montré en 1924 que ces galaxies s'éloignaient les unes des autres à des vitesses vertigineuses et que tout l'Univers était en expansion, qu'il grandissait.
    Enfin, en 1965, on découvrait le rayonnement de l'Univers, une sorte de "bruit" venu des limites extrêmes de celui-ci, comme un écho des temps anciens où avait commencé son expansion dans une explosion primordiale que les savants nomment le "Big Bang".
    Serait-on revenu en arrière, l'Univers a-t-il eu un début ? Aurait-il des limites ? Comment cette aventure finira-t-elle : en un expansion sans fin ou au contraire en une implosion universelle ? Ces questions restent aujourd'hui ouvertes et la grande discussion astronomique se poursuit.




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