Le compositage

En raison de la réponse linéaire des capteurs CCD, il est possible de remplacer une pose unique (de 10 min par exemple) par une série de poses totalisant la même durée d'exposition (10 images posées 1 min chacune). Cette méthode présente des avantages lorsque le suivi n'est pas suffisamment précis pour les longues poses en imagerie du ciel profond, et pour augmenter le rapport signal / bruit des images planétaires.

1- Comment s'affranchir d'un suivi précis.

Les nébulosité autour de M42 apparaissent non bruité après une pile moyenne de 7 images de 2 minutes de pose chacune. Dans ce cas c'est le rapport signal sur bruit qui est amélioré, mais une intégration unique de 14 minutes donne un meilleur résultat.

 

m42_comp.jpg (60675 octets)
Col de la Bonette (06), le 02/09/2000, M42, 2 min, ST7, f 90 mm, f/d 3 à gauche, pile moyenne de 7 images de 2 min à droite.

2- Le cas des comètes.

Dans le cas des comètes, a moins d'utiliser un suivi sur le noyau cométaire, il est possible de reconstituer une seule image en recentrant un lot d'images sur le centre de la comète. Ainsi, dans le cas de la comète linéart S4, 4 poses suffisent pour faire apparaître les deux queues par rapport au bruit de fond.


23/07/2000 Comète linéart C1999/S4, ST7, 2 min, f 90 mm, f/d3       Compositage de 4 poses de 2 min, avec recentrage sur le noyau.

    Les mêmes poses juxtaposées permettent de réaliser un film du  mouvement de la comète par rapport aux étoiles:


Temps de pose: 2min, début: 00h33mn32s le 23/07/2000, fin: 01h07mn14s.

3- Comment améliorer la qualité des images planétaires. (Le 22/10/2000, documents réalisés dans le cadre de la convention OCA-NOVAE).
Pour les planètes, la qualité des images dépend de la turbulence. Le compositage moyenne cette turbulence, ainsi que l'effet des poussières sur capteur. Ici on a utilisé un traitement en ondelette qui augmente très fortement le contraste des images et ainsi le bruit (voir résultat du traitement sur une pose). Mais le compositage
de 9 poses suffit pour faire disparaître la granulosité du au traitement. Au delà (20 et 30 poses) l'amélioration ne semble pas significative car il faut penser à la rotation rapide de jupiter autour d'elle-même. Ici par exemple il ne faut pas dépasser 3 minutes entres les différentes poses pour esperer conserver les plus fins détails, or pour l'aquisition de 20 poses il faut déjà 2 minutes 30 secondes. Ainsi, le compositage de 30 poses n'apporte pas d'amélioration de l'image.

Observatoire de Nice, lunette Coudé, diamètre 400mm, focale 10m, CCD ST7, temps de pose 0.2s, le 22/10/00.
jupiter_comp.jpg (24218 octets)
          1 pose                                  4 poses                                 9 poses                         20 poses                             30 poses

Pour Saturne, la période de rotation de la planète étant plus importante, il est plus facile de réaliser un compositage avec un grand nombre d'images. Avec la lunette Coudé de l'observatoire il ne faut pas dépasser 8 minutes entre la première exposition et la dernière.

Observatoire de Nice, lunette Coudé, diamètre 400mm, focale 10m, CCD ST7, temps de pose 0.2s, le 22/10/00.
saturne_brut.jpg (14049 octets)saturne_un.jpg (17144 octets)saturne_comp.jpg (11265 octets)

     Image brute.                                           Image brute traité avec un filtre ondelette.         Compositage de 7 images + traitement ondelette.