Activités de l'équipage européen

Par Alain Souchier


10 novem. 11 novem. 12 novem. 13 novem. 14 novem. 15 novem. 16 novem.
17 novem. 18 novem. 19 novem. 20 novem. 21 novem. 22 novem. 23 novem.
24 novem. 24 novem. (suite et fin)      

Encore une journée chargée avec la fin du montage du VRP. Le moniteur TV a un mauvais contact quelque part et la réception correcte de l'image de la caméra miniature de bord ne pourra être effectuée. L'essai va simplement vérifier que le nouveau VRP se comporte mieux que le précédent au renversement mais aussi doit être filmé par l'équipe Michel Chevalet. La sortie EVA2 est conduit par moi même et comprend Derek et Stacy. Nous sommes accompagnés, en général à distance, par nos collègues "en civil". Mais comment font ils donc pour respirer? Une reconnaissance ce matin a permis de détecter le meilleur chemin pour grimper derrière l'habitat sur le site où Gilles Dawidowicz avait essayé le rover en février dernier. Il s'agit d'une pente à moins de 30 ° où les obstacles sont des amas de rocher ou des lits de ruisseaux. Le VRP avait fini par se retourner en février, qu'en sera t il cette fois avec l'empattement augmenté et les nouveaux anti roulis? En 15 mn nous atteignons le bord de la pente (en soufflant un peu: il n'y a pas ici 7mb, mais nous sommes à 1400 m).La descente se passe bien. Je manipule le rover en latéral avec des remontées successives et le fais même sortir dans un amas de cailloux en limite de ses capacités d'absorption. D'ailleurs le VRP s'en sort avec l'une de ses deux cordelettes d'accrochage cassée. A ce moment arrivent Michel Chevalet, Bruno Caron le caméraman et Charles Frankel qui nous demandent de reprendre l'opération. Intéressant exercice: il faut réparer l'accrochage avec les gants du scaphandre, mais ça passe! Nouvelle descente sous l'œil des caméras et retour avec passage difficile de ressaut terminal, l'un des déflecteurs se tordant sous l'effort. Il ne nous reste plus qu'à reconditionner le véhicule pour le retour, toujours avec les gants de scaphandre bien sûr. De retour dans le plaine mes collègues géologues font leur marché de cailloux. Je trouve un fragment de bois pétrifié; la forêt locale a dû disparaître depuis un certain temps. Nous sommes de retour à l'habitat après 2h et 45 mn de sortie.

Il faut maintenant retourner sur terre: les toilettes sont vraiment bouchées. Nous inspectons le dessous du module (sans scaphandre) pour comprendre pourquoi les eaux (pas tout à fait) des toilettes remontent dans la douche . Je trouve une solution et arrive a déboucher (c'est là que j'aurais souhaité un scaphandre) après une bonne heure d'effort ce qui me vaut une gratitude quasi éternelle de la part de mes collègues. Mais je laisse une pompe en marche ce qui vide le dernier bac des plantes filtrantes de la serre, chargées du très lourd travail de filtrage de nos eaux usées. A 23h30 Charles et moi transvasons des seaux d'eau pour remettre le système en fonctionnement. Et puis il faut encore écrire ce rapport.

Engagez vous, rengagez vous!

(c) Texte : Mars Society/Planète Mars
(c) Images : Mars Society/Planète Mars