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La section allemande de la Mars Society propose une mission de ballon sur Mars. |
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Lors du colloque Mars/BepiColombo (BepiColombo est une sonde qui doit étudier Mercure vers la fin de la décennie) qui s'est tenu à Bonn les 14 et 15 février 2001, la section allemande de la Mars Society a dévoilé son étude de ballon martien à l'agence spatiale allemande DLR.
Ce projet prévoit de faire voler un ballon à haute pression dans l'atmosphère martienne. Durant les 100 jours que doit durer la mission, une grande quantité de données scientifiques et des photos inédites des paysages martiens pourront être recueillies. Cette mission pourrait devenir la première mission interplanétaire allemande, car ce pays n'a encore jamais envoyé de sonde à l'exploration d'une autre planète.
Motivations.Contrairement aux propositions faites par les industriels par le passé, cette mission est simple et économique car elle utilise des technologies existantes et s'appuie sur une architecture de mission simplifiée. La phase d'étude a entraîné des professeurs, des ingénieurs et des étudiants de l'IUT de Munich dans une collaboration fructueuse avec leurs collègues de l'ESA et de la NASA, tous membres de la Mars Society. Ce groupe a reçu l'appui du professeur Ruppe, connu pour avoir participé au programme Apollo.
Pour nos collègues allemands, la motivation principale de cette étude est liée au fonctionnement peu satisfaisant de la recherche spatiale allemande. Trop d'argent est dépensé pour des études papiers et trop peu pour des réalisations concrètes. Toute la recherche scientifique et spatiale allemande souffre de cette mauvaise distribution des budgets.
Profil de la mission.
Avec une masse au décollage de 140 kg, l'engin pourrait être lancé comme charge secondaire d'Ariane 5, la charge primaire étant un satellite commercial ou une autre sonde martienne. À l'arrivée sur Mars le ballon ferait une entrée directe et utiliserait le freinage atmosphérique pour décélérer. On fait ainsi l'économie d'un étage de freinage. Cette technique est aujourd'hui parfaitement maîtrisée et a été utilisée avec succès par Mars Pathfinder.
Après largage du bouclier thermique, un parachute ralentira le véhicule à 35 m/s. Accroché au parachute, le ballon commencera alors à se gonfler. Cette technique a déjà été utilisée par les sondes VEGA dans l'atmosphère vénusienne en 1985. Dès que le ballon est entièrement gonflé, il se détache du parachute et se stabilise à son altitude de croisière qui se situe entre 5000 et 7000m au-dessus du sol. Comme l'hémisphère Sud a un relief qui à certains endroits dépasse cette altitude, l'hémisphère Nord sera la cible privilégiée de la mission.
Images NASA/JPLAprès environ 100 jours le ballon commencera à descendre par manque d'hydrogène.
Contrairement aux propositions faites par le passé par l'agence spatiale française (CNES), il n'y a pas d'atterrissages périodiques au programme du ballon de la Mars Society. Pour un ballon sous pression le volume ne varie pas avec l'alternance jour-nuit et son altitude reste pratiquement constante.
Objectifs scientifiques.
Cette mission n'offrira pas seulement des images d'une qualité sans précédent des paysages martiens, mais constituera également une fabuleuse opportunité pour les scientifiques, pour approfondir nos connaissances sur Mars.
Après la publication de cette proposition de mission, la section allemande de la Mars Society a déjà reçu de nombreuses propositions d'instruments scientifiques qui pourraient voler à bord du ballon. Un magnétomètre, une caméra haute résolution et divers instruments de mesure de l'atmosphère. Ces suggestions peuvent être implémentées à condition que leur masse totale n'excède pas 2 kg.
Les expériences menées à bord du ballon compléteraient efficacement les données recueillies par les satellites et les atterrisseurs, en apportant une vue intermédiaire de la planète. Les atterrisseurs permettent en effet de conduire des analyses très détaillées d'une petite surface de la planète alors que les satellites donnent une vue générale mais avec une résolution réduite.
Coût de la mission.
A ce stade, le coût d'une mission spatiale ne peut être évalué que de manière empirique. À l'aide d'un logiciel et avec l'expérience du professeur Michael Bosh, la mission a été estimée à 55 millions d'euros, ce qui en ferait la mission martienne la moins coûteuse jamais réalisée. Durant 100 jours le ballon recueillerait des données inaccessibles aux atterrisseurs et aux satellites, apportant une nouvelle dimension à l'exploration de Mars.
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