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Le désert égyptien, banc d'essai de la |
LE CAIRE, 1er sept (AFP) - Un désert égyptien va servir de théâtre d'essai à des appareils sophistiqués qu'une équipe scientifique française prévoit d'envoyer sur la planète Mars en vue d'y détecter d'éventuelles traces d'eau.
Les autorités du Caire viennent d'autoriser la tenue de ces tests sur le territoire égyptien.
"Après des travaux en laboratoire, nous voulons maintenant étudier les performances de nos prototypes sur des terrains qui présentent le plus de ressemblance possible avec Mars", a expliqué à l'AFP le chercheur égyptien Issam Heggy, membre de l'équipe chargée de ces études initiées par la France. "J'ai reçu cette semaine le feu vert de l'ambassade d'Egypte pour ces opérations", a confirmé par téléphone Alain Castets, directeur de l'Observatoire de Bordeaux (sud-ouest de la France) qui travaille sur ces projets.
En février 2002 commenceront ainsi dans le désert de Siwa (ouest), les essais du système Netlander, composé de quatre radars géologiques, qui sera envoyé sur Mars en 2007 par une fusée Ariane 5 et un véhicule orbital, a expliqué M. Heggy. Ces quatre stations géophysiques se poseront en quatre endroits différents de la "Planète rouge" et y chercheront des traces d'eau, jusqu'à un ou deux kilomètres de profondeur, selon les endroits, a ajouté le scientifique.
Le projet Netlander est une mission du Centre national d'études spatiales (CNES, France). "Le désert égyptien a été choisi parce qu'il contient probablement des réserves d'eau, à quelques centaines de mètres de profondeur", a expliqué M. Heggy. "Il présente aussi des conditions de propriétés électriques et minéralogiques très favorables à la pénétration des ondes radar, même s'il faut s'attendre à ce que le sol martien soit beaucoup plus complexe", a-t-il ajouté.
Parallèlement à Netlander, le gouvernement égyptien a donné son accord à une autre mission française, qui concerne également la recherche d'eau sur Mars.
Il s'agira, fin 2002 ou début 2003, de tester dans un autre désert égyptien, à Bir Saf-Saf, près de Dakhla (sud-ouest), le système d'imagerie radar Ramsès, préfiguration des appareils qui seront utilisés sur Mars en 2009. Un avion Transall se déplacera au dessus du désert, "pour réaliser de l'imagerie en sub-surface, à une profondeur allant jusqu'à 20 mètres", selon M. Heggy. "Mais tandis que Netlander se limite à la détection, Ramsès produira des images", a-t-il expliqué. Une première mission exploratoire de Ramsès a été effectuée à Bir Saf-Saf en février.
Les deux expériences sont financées par le CNES, avec des budgets qui n'ont pas été précisés. Tant Netlander que Ramsès permettront peut-être aussi de découvrir de l'eau dans le désert égyptien, un pays dont les 66,5 millions d'habitants sont pour l'instant presque exclusivement concentrés le long du Nil. Et Ramsès pourrait également permettre de détecter les mines et armements enfouis depuis la Seconde guerre mondiale, en particulier près du lieu de la bataille d'El Alamein, a indiqué M. Castets.
Plusieurs missions d'exploration de Mars sont en cours ou en préparation, dont la sonde américaine 2001 Mars Odyssey qui se mettra sur orbite autour de la planète en octobre, et la mission Mars Express avec la sonde britannique Beagle 2, qui doit démarrer en 2003.
Mars Express partira cependant trop tôt pour bénéficier des équipements Netlander et Ramsès, comme prévu initialement.
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