L’EUROPE S’INVESTIT DANS L’EXPLORATION DU SYSTÈME SOLAIRE ET DANS L’ASRTROBIOLOGIE

Nous avons déjà eu l’occasion de rendre compte de cet événement tout à fait significatif et déterminant que constitue l’élaboration, par l’Agence Spatiale Européenne, du programme AURORA. Celui-ci ne vise rien moins qu’à poser les fondations d’une participation majeure de l’Europe à l’exploration robotique et humaine du Système Solaire, tout particulièrement dans le but d’étudier l’exobiologie. Même si les responsables de l’Agence reconnaissent eux-mêmes les difficultés que risque de rencontrer cette initiative, extraordinairement lucide et courageuse, face à des ministres empêtrés dans leurs problèmes budgétaires à court terme, force est de constater que nous assistons à une révolution des esprits. Quelle évolution, en effet, par rapport à l’époque encore récente où il était, du moins dans notre pays, politiquement incorrect de parler d’un avenir de l’Homme dans l’espace, et où, y compris à l’ESA, le débarquement sur Mars était reporté, pour de vertueuses raisons, à un avenir indéfini (au-delà de 2050) !

Ce qui est significatif par ailleurs, c’est que les scientifiques européens concernés, entraînés par les plus progressistes d’entre eux, tels ceux de la communauté exobiologique, ont désormais compris que la recherche spatiale, loin de menacer leurs budgets, constituait au contraire, par sa dynamique et ses possibilités techniques d’investigation, un formidable outil d’entraînement pour le développement de leurs travaux. Avec des offres intéressantes, ce sont des millions qu’un labo peut voir arriver sous forme de contrats de développement d’expériences. Les scientifiques européens, soutenus par les agences spatiales, se révèlent ainsi de plus en plus, par leur présence active et leurs résultats, comme des acteurs à part entière sur la scène internationale. Il faut s’en féliciter pour notre avenir, et leur apporter tout notre soutien.

Dans ce registre, les exo/astrobiologistes européens se sont constitués (en avril 1999) en un réseau de 120 membres, présidé depuis peu par le professeur André Brack, qui nous fait l’honneur et le plaisir de venir parler à notre congrès de fin septembre, au Palais de la Découverte (voir les informations sur le site). Ce réseau s’est réuni en mai 2001 à Frascati. Lors de ce meeting, l’ESA a exposé son initiative AURORA, à laquelle le réseau a apporté le support de ses conseils. Il est évident qu’AURORA ne pourra triompher des obstacles budgétaires et du conservatisme qu’avec le soutien de toutes les parties prenantes : agences spatiales nationales, Communauté Européenne, milieux scientifiques de tous les pays membres et… dans la modeste mesure de leurs moyens, associations qui , comme la nôtre, militent pour une politique déterminée et consistante dans ce domaine. Le fait qu’en France le CNRS et le CNES aient déjà fédéré, dès 1999, une cinquantaine de labos d’exobiologie et que d’autres pays européens (Espagne, Italie) aient démontré leur intérêt pour cette science est encourageant.


une formidable puissance économique, technologique et scientifique…
(doc. ESA)

Il s’agit désormais de propulser définitivement l’Europe dans l’arène de l’exploration du Système Solaire, en saisissant l’opportunité d’AURORA. Souhaitons à ses promoteurs et à tous ceux qui les soutiennent de triompher des faiblesses politiques, économiques et budgétaires sérieuses dont souffrent encore, il est vrai, les pays de l’Europe.

 

Richard Heidmann


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