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Le CNES remet une météorite martienne au CNRS et à la communauté scientifique française |
Le CNES remet au CNRS la météorite martienne NWA 480, baptisée "Théodore-Monod", le mercredi 4 avril 2001 à 16 h 00, lors d'une conférence de presse. L'agence spatiale va ainsi permettre à la communauté scientifique française de se préparer à l'analyse des premiers échantillons qui seront rapportés de Mars lors de la mission franco-américaine Mars Sample Return.
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Comme leur planète d'origine, les météorites martiennes passionnent les scientifiques. A ce jour, moins d'une vingtaine de météorites de ce type a été officiellement identifiée à travers le monde. Celle acquise par le CNES est la dernière en date : NWA 480 a été découverte en novembre 2000 dans le Sahara, désert de prédilection de Théodore Monod, célèbre naturaliste français disparu la même année. C'est en son hommage que le CNES a donné son nom à NWA 480. José Achache, Directeur général adjoint scientifique du CNES, la remise officiellement à Philippe Gillet, Directeur de l'INSU (Institut National des Sciences de l'Univers, CNRS), en présence de nombreux scientifiques français, le mercredi 4 avril à 16 h 00 au Siège du CNES.
Grâce à la météorite "Théodore-Monod", la communauté scientifique française aura l'occasion de développer de nouvelles méthodes d'analyse de la matière extraterrestre. L'analyse de cette météorite constitue donc pour le CNES, le CNRS et pour l'ensemble de la communauté scientifique intéressée, une étape importante dans la préparation du programme de retour d'échantillons martiens mené conjointement par le CNES et la NASA.
La planète Mars a fait l'objet de nombreuses missions spatiales, mais l'essentiel des données concernant son activité magmatique est largement basé sur ces quelques météorites connues sous le nom de SNC ou de météorites martiennes : une quinzaine de roches magmatiques. Au cours des dernières années, ces roches ont été extrêmement étudiées : plusieurs centaines de communications et d'articles leur ont été consacrées depuis 1995. Outre leur intérêt scientifique considérable, elles sont considérées comme une cible privilégiée par les scientifiques qui se préparent au retour des échantillons martiens. Jusqu'à présent, les chercheurs français apparaissaient relativement défavorisés par rapport à leurs homologues américains du point de vue du nombre d'échantillons qu'il leur est possible d'analyser. En effet, ces derniers disposent de nombreux échantillons provenant d'Antarctique, en plus des échantillons classiques (comme Shergotty, Zagami et Nakhla, présents dans de nombreuses collections institutionnelles). Pour la première fois, une équipe française vient d'identifier une nouvelle météorite martienne. Il est maintenant possible pour la communauté française de s'organiser pour assurer une "exploitation scientifique complète" d'un tel objet, de la caractérisation de base aux données physiques et chimiques plus sophistiquées. Un consortium a été constitué pour l'étude de cet échantillon. Les objectifs sont évidemment de produire des données de première qualité qui permettront de mieux comprendre le magmatisme martien, mais aussi de permettre à des chercheurs de laboratoires différents de travailler et de mettre en commun des données sur un objet fédérateur. Les résultats escomptés devraient permettre de répondre aux questions suivantes : comment cette roche s'est-elle formée ? Quel est son âge ? Comment a-t-elle été éjectée de Mars ? En outre, les données chimiques et isotopiques qui vont être obtenues et comparées à celles des autres météorites martiennes vont permettre de mieux comprendre comment Mars a acquis sa structure actuelle (noyau-manteau-croûte).
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