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DES " PSEUDOCRATÈRES " SUR MARS : |
C’est selon toute évidence une découverte significative pour la géologie martienne que vient de nous révéler une équipe de scientifiques des universités d’Arizona et d’Hawaï. Ceux-ci se sont intéressés à de curieuses structures, des champs de cônes semblables à celui apparaissant sur la photo ci-dessous. Les images des sondes Viking avait déjà permis de les repérer mais, du fait d’une résolution insuffisante, il n’avait pas été possible d’en déterminer la nature : s’agissait-il d’anodins cônes volcaniques, ou bien était-on en présence de formations beaucoup plus intéressantes du point de vue de leurs conséquences géologiques, des " pseudocratères ". Ces édifices curieux, que l’on trouve par exemple en Islande, se forment dans les terrains volcaniques lorsque de la lave s’écoule sur des sols riches en glace, en particulier dans des tubes, sous une croûte de lave solidifiée. Sous l’effet de la chaleur, le sol chargé en eau génère de la vapeur et, la pression montant, une boursouflure se forme et finit par crever. D’où ces formes de cônes couronnés d’un cratère sommital, par où la vapeur a jailli.
(MSSS,Un.of Arizona)Pour connaître la véritable nature des champs de cônes martiens, les chercheurs ont demandé à Mars Global Surveyor de les rephotographier avec sa caméra, incomparablement plus précise que celle des Viking. Le résultat semble très clair : il s’agit bien de pseudocratères. En effet, leur taille et leur morphologie sont semblables à celles des formations d’Islande. D’autre part, ils apparaissent effectivement sur des épanchements de lave. Enfin, ils se trouvent généralement au voisinage de chenaux creusés par des écoulements d’eau. Tous ces signes concourent à retenir la thèse de formations phréatomagmatiques, c’est-à-dire résultant d’une interaction entre un sol chargé d’eau et du magma. On se trouve donc en présence d’une indication très nette de la présence d’eau (de glace) dans le très proche sous-sol de la planète (à quelques mètres, et non plus à des centaines ou à des milliers de mètres de profondeur, comme cela était déjà reconnu), du moins à l’époque de la formation de ces édifices.
Mais cette information acquiert toute sa signification quand on s’attache à l’âge de ceux-ci, qui pourrait être de l’ordre de grandeur de 10 millions d’années seulement, c’est-à-dire rien à l’échelle géologique ! Cette conclusion est fondée sur deux observations :
-les champs de lave en question sont très frais, c’est-à-dire peu ou pas retravaillés par l’impactisme ou l’érosion éolienne ;
-d’après les géologues, des couches de sol glacé à cette faible profondeur ne sauraient avoir une durée de vie importante ; elles ne peuvent pas dater de l’époque primitive humide de Mars, ni même avoir été mises en place par un de ces épanchements catastrophiques qui ont ensuite émaillé l’histoire de la planète.
On en déduit :
1° Que le volcanisme s’est poursuivi sur Mars jusqu’à une époque très récente, ce qui tend à renforcer l’idée que la planète pourrait être encore potentiellement active sur ce plan. Le fait qu’aucune manifestation actuelle n’ait été observée implique certes un niveau d’activité sans comparaison avec celui de la Terre, mais ces nouvelles données confirment celles publiées récemment sur la jeunesse de certains épanchements de lave (sujet développé par Charles Frankel dans un des numéros du bulletin de l’association Planète Mars).
2° Que les terrains impliqués ont été, eux aussi récemment, rechargés en eau, c’est-à-dire les témoins d’écoulements (liquides ou glaciaires) ou de précipitations (neige ?).
On le voit, ces vulgaires " pustules " renforcent la thèse, déjà défendue -entre autres- par Nathalie Cabrol, d’un monde qui, loin d’être mort, pourrait n’être qu’endormi…
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