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La science spatiale et Mars devraient triompher des soubresauts de la situation américaine |
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La NASA et la Maison Blanche ont présenté une demande de budget NASA pour l’année fiscale 2003 qui ne peut que nous réjouir. En effet, si l’enveloppe globale de 15 milliards $, en faible augmentation de 1,4 %, couvre à peine l’inflation, les orientations en sont excellentes. Globalement, on constate un déplacement du centre de gravité vers la science spatiale, aux dépens de la station spatiale et des vols de navette qui lui sont dédiés. En effet le budget de la science spatiale stricto sensu, c’est-à-dire excluant l’observation de la Terre et la recherche physique et biologique, est proposé au Congrès à hauteur de 3,4 milliards, en hausse de 19 % par rapport à l’an dernier. Et, dans cette enveloppe, les efforts dédiés à l’exploration martienne montent à 455 millions, en hausse de près de 10 %. Le programme robotique de la décennie est confirmé et renforcé, même si la mission de retour d’échantillons, dans laquelle la France s’est fortement engagée, reste encore dans les limbes de la planification. Dans le domaine de la technologie, une vigoureuse initiative est prise dans le nucléaire spatial. Après des décennies de " profil bas ", cette technologie indispensable à une présence soutenue dans le système solaire reprend droit de cité et fait l’objet d’une importante proposition de programme. Deux applications sont visées dans un premier temps : d’une part, la production d’énergie pour la propulsion électrique à haute puissance et l’alimentation des sondes d’exploration des planètes extérieures (où l’énergie solaire devient inexploitable du fait de l’éloignement) ; d’autre part, la production d’énergie pour les atterrisseurs martiens et, plus tard, pour les avant-postes habités. Pour un atterrisseur martien, le fait de disposer d’une source d’énergie largement dimensionnée et durable, telle que celle dont jouissaient déjà, voilà 25 ans, les sondes Viking, change radicalement son destin. En effet, alimenté en énergie solaire (comme Mars Pahtfinder et Sojourner), il est incapable de se maintenir au chaud la nuit et obligé de mesurer parcimonieusement ses déplacements et ses investigations ; sa durée de vie ne peut excéder, au mieux, quelques mois. A l’inverse, la chaleur nucléaire donne longévité (plusieurs années pour les Viking), mobilité, puissance instrumentale, haut débit de données vers la Terre. Imaginez le gain en rendement scientifique d’un rover capable de parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres dans les paysages de la planète, et de survivre plus d’une année martienne ! ![]() Trois moteurs magnétoplasmiques VASIMR, alimentés en énergie par un générateur nucléaire de 10 MW, Mais c’est aussi pour la propulsion avancée que cette relance déterminée du nucléaire spatial constitue un événement. Cette nouvelle propulsion, à base d’énergie électrique -au niveau des mégawatt au lieu des kilowatt actuels- permettra en effet, avec des moteurs ioniques ou magnétoplasmiques (comme le VASIMR), de diviser par 2 la durée du voyage. Une somme de 130 millions de $ devrait être consacrée à ces technologies dès 2003. Dans le même temps, les projections officielles de la NASA à moyen terme confirment la volonté d’accroître durablement l’effort scientifique et technologique spatial. Il est en effet prévu de faire monter le budget correspondant, entre 2001 et 2006, de 7,1 milliards à 10,5 milliards, soit une augmentation de près de 50 % ! Le message du nouvel administrateur de la NASA est d’ailleurs clair : " le but de l’administration est de refocaliser l’agence sur la recherche et le développement, tout en réglant ses insuffisances de management " (dont elle a fait preuve sur le programme de station spatiale). Il apparaît donc à l’évidence que l’administration américaine, malgré les préoccupations crées par le 11 septembre et l’accroissement considérable du budget de défense qu’elle a demandée, continue à donner à l’espace la priorité en tant qu’outil de développement scientifique et technologique à long terme. Puissent l’Europe méditer cette attitude déterminée. Dans ce contexte, le fait que le vol humain vers Mars reste dans l’ombre ne doit ni nous décourager, ni nous étonner. La question n’est pas politiquement à l’ordre du jour ; il s’agit d’abord de solutionner l’épineux problème de la station spatiale et d’achever dans les conditions les moins pénalisantes ce programme malheureux. C’est alors que les regards se tourneront naturellement vers Mars et… qu’il faudra convaincre. Richard Heidmann
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