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Congrès européen de la Mars Society |
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Le second congrès européen de la Mars Society s'est tenu à Rotterdam du 27 au 29 septembre, organisé par la Mars Society Pays-Bas et son dynamique officier Artemis Westenberg, avec le soutien de la ville de Rotterdam et de l'Agence Spatiale Européenne. Ce fut l'occasion de débattre des projets de la Mars Society -Euro-MARS, projet de ballon allemand Archimède- ainsi que d'assister aux exposés magistraux des officiers de l'ESA, Agustin Chicarro, sur la mission scientifique de Mars Express, et Franco Ongaro qui exposa la vision européenne de l'exploration humaine de Mars, aboutissement logique du programme Aurora. Mais c'est d'abord par une télé-introduction émouvante que débuta le congrès de Rotterdam. Préenregistrée au Sri Lanka, une allocution de Arthur C. Clarke nous fut projetée, mettant en perspective le chemin parcouru en quarante ans de conquête spatiale.
Il est notable, en 2003, que l'Europe est à son tour de plain-pied dans l'exploration martienne. L'intégration finale de la sonde Mars Express est en cours, comprenant un orbiteur truffé de caméras, spectromètres et radar pour détecter la glace, et un atterrisseur britannique de 60 kg -le Beagle 2- lequel, s'il est prêt à temps, pourrait être la première sonde européenne à se poser sur Mars. Cet atterrisseur comporte une batterie d'outils et de mini-instruments aussi originaux que sophistiqués : fours d'analyse chimique, caméras stéréo, spectromètre, microscope, mini-foreuse. Même si cette mission Mars Express, dont l'arrivée est prévue vers Noël 2003, ne délivre que la moitié de ses promesses, l'Europe sera entrée dans l'exploration martienne par la grande porte. Tout aussi ambitieuse est l'exploration future de la planète rouge, entrevue par l'ESA. Au-delà d'une mission de rover sophistiqué Exo-Mars (2009) et de retour d'échantillons (2011), l'agence européenne se prépare pour la prise de décision, vers 2015, d'un programme de vol piloté (vraisemblablement international), qui pourrait avoir lieu vers 2025-2030. D'ici là, l'ESA se prépare à réunir le maximum de cartes dans son jeu et s'attelle d'ores et déjà à la définition d'une " mission de référence ", à l'instar de la Nasa.
Il a aussi été beaucoup question à Rotterdam du troisième habitat Euro-MARS, dont le concept avancé, en voie de finalisation, fut présenté par Bo Maxwell, avec la projection de l'animation de l'aménagement intérieur, réalisée par les architectes français Pierre Brulhet, Olivier Walter et le vidéographe Sébastien Chauvel. Pour ma part, j'ai présenté les repérages en Islande conduits au mois de juin et notamment le site volcanique de Krafla, pressenti pour l'installation d'Euro-MARS à l'été prochain.
En petit comité, les responsables Euro-MARS des différents pays participants ont fait le point sur l'avancement du projet. Un second repérage en Islande est programmé pour le mois de novembre. Quant aux architectes, ils revoient certains points de détail, concernant surtout l'agencement des laboratoires du rez-de-chaussée (niveau 1) de l'habitat. La coque d'Euro-MARS est présentement démontée et stockée aux Etats-Unis, en attendant un éventuel transfert en Europe au printemps prochain. Parmi les autres rapports présentés au congrès, Jean-Marc Salotti d'Association Planète Mars a fait le point sur son programme de jeu informatique de colonisation martienne, qui a soulevé un vif intérêt. Arno Wielders, de la Mars Society Pays-Bas, a présenté un projet de spectromètre martien, élaboré à l'Institut de physique appliquée TNO, dont l'originalité est de fonctionner à la fois en mode transmission (diffraction) et en mode réflexion, pour l'identification des minéraux compacts dans le premier cas, et des minéraux plus " lâches " (comme les argiles) dans le second. Quant à Markus Landgraf, de la Mars Society Allemagne, il a présenté l'ambitieux projet de ballon martien Archimède, qui prendrait place en piggyback (masse de 70 kg) sur un satellite martien Amsat en 2007 ou 2009. Les concepteurs ont opté pour un atterrissage et un gonflement du ballon au sol, plutôt qu'un déploiement lors de la traversée atmosphérique, opération jugée trop complexe. Le ballon de 15m de diamètre emporterait une caméra à haute résolution, des senseurs atmosphériques et un magnétomètre pour une mission nominale de dix journées martiennes. Le satellite Translife, présenté par Robert Zubrin, n'est pas en reste : deux concepts sont à l'étude pour ce bio-satellite destiné à tester la gravité martienne (0,39 G) sur des souris, à bord d'une mini-centrifugeuse en orbite. Une version du projet, élaborée par l'université du Colorado, consiste à installer la centrifugeuse -dont un prototype a déjà été construit- à bord de la Station Spatiale Internationale. Avec tant de projets martiens exposés, tant par le secteur privé que par les agences officielles, le congrès de Rotterdam s'est terminé sur une note optimiste, rendez-vous étant pris pour 2003, à Brème en Allemagne.
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