Un premier atterrissage au pôle martien en 2007

(Crédit photo :
NASA/JPL/LPL.)

Ce sera le pôle nord. Ca y est, la NASA a fait son choix pour la mission qui partira sur Mars en 2007. Vous vous souvenez qu'en décembre dernier, 4 candidats restaient en lice. C'est finalement la mission Phoenix qui a été retenue. Son nom provient du fait qu'elle est conçue à partir de l'atterrisseur qui avait été construit et devait partir avec la mission Mars Surveyor en 2001 ; celle-ci avait été annulée suite à l'échec de Mars Polar Lander en décembre 1999. Entre temps, l'atterrisseur a été stocké en chambre propre chez Lockheed Martin à Denver depuis lors.

L'oiseau renaît de ses cendres mais avec une panoplie d'instruments mise à jour ! On y trouve une version améliorée des caméras panoramiques de l'University of Arizona et un analyseur thermique de gaz évolué (TEGA) repris de la conception de Mars Polar Lander. Font également partie de l'équipement des expériences reprises de Mars Surveyor 2001, comme notamment un bras-robot destiné à creuser de petites tranchées et un instrument destiné à l'examen des petites particules présente dans le sol (MECA).

D'un montant de 325 millions de dollars, cette mission sera coordonnée et conçue par le Jet Propulsion Laboratory de la NASA, les instruments et l'exploitation scientifiques seront de la responsabilité de l'University of Arizona, tandis que la construction et les tests seront effectués par Lockheed Martin.

A noter la participation du Canada qui fournira des instruments météorologiques, dont un capteur innovant s'appuyant sur un laser.

L'atterrisseur devrait se poser sur la planète rouge en mai 2008. Il devrait nous apporter des renseignements sur l'histoire de l'eau dans les grandes plaines martiennes du nord ainsi que sur la présence d'éléments favorables au développement de micro-organismes.

L'histoire géologique de l'eau

Les plaines du nord sont actuellement trop froides pour que de l'eau liquide puisse y exister. En revanche, des variations périodiques de l'orbite martienne pourrait permettre un climat relativement plus clément tous les 50.000 ans. Durant ces périodes, la glace pourrait fondre et faire que des micro-organismes en sommeil (s'ils existaient) se redéveloppent. L'idée est d'établir quelles conditions climatiques prévalaient alors.

D'après les relevés effectués jusqu'à présent depuis l'orbite, les zones polaires joueraient un rôle important dans les échanges saisonniers d'eau et de dioxide de carbone dans l'atmosphère. Ainsi, d'après des résultats obtenus l'année dernière à partir de l'instrument GRS (spectromètre à rayon gamma) embarqué sur Mars Odyssey, dans les régions polaires, les 50 premiers centimètres de surface pourraient renfermer jusqu'à 80% d'eau !

Pour se donner les meilleures chances de trouver de l'eau, Phoenix devrait atterrir à un endroit des plaines du nord où la présence d'hydrogène détectée par Mars Odyssey est aussi forte que la réponse de l'eau de la calotte glaciaire du pôle nord. Cela donne les coordonnées approximatives de 65°N et 240°E, comme on peut le vérifier sur les nouvelles cartes de répartition de l'eau.

A la recherche d'une zone habitable pour les micro-organismes

L'hypothèse est que des colonies microbiennes pourraient rester endormies et survivre en attendant des jours plus cléments sur Mars. Cela a été observé avec des réveils dans certains cas même lorsque la température ne fait que dépasser les -20°C, si le sol cristallin est tel qu'il permet à la glace de fondre à cette température. On ne sait rien de l'existence de tels micro-organismes sur la planète rouge, mais cette mission a pour but d'identifier les éléments qu'ils auraient à disposition pour se développer dans le cas où les conditions climatiques leur deviendraient favorables.

Le bras robotisé prélèvera des échantillons du sol martien et les déposera dans les fours de l'instrument TEGA où ils seront chauffés jusqu'à 950°C. Au fur et à mesure du chauffage, les équipes scientifiques mesureront la quantité de vapeur d'eau et de dioxide de carbone qui seront dégagés par l'échantillon, ce qui permettra de déterminer la quantité de glace qu'il contenait. De même, cela permettra d'identifier d'autres composants volatiles : carbonates (calcaire), matériaux organiques.

L'instrument MECA pour sa part analysera les particules du sol jusqu'à une taille minimale de 16 micromètres. Il mesurera leur conductivité thermique et électrique. Un expérience intéressante sera également celle qui consistera à ajouter de l'eau à un échantillon de sol et à mesurer les propriétés des particules en suspension. On saura enfin si en présence d'eau, le sol est acide, basique ou encore tellement oxydant que toute vie y est impossible.

Les instruments embarqués

  • imageur pour la phase de descente.
  • bras robotique
  • analyseur thermique de gaz évolué
  • spectromètre de masse
  • microscope optique et à force atomique
  • capteurs électriques et thermiques
  • laboratoire d'analyse chimique en environnement humide
  • une série d'instruments météorologiques


    Le projet ARES non retenu sera présenté à nouveau pour la mission de 2011.

    Cette proposition (Aerial Regional-scale Environmental Survey) du centre Langley de la NASA aurait été le premier avion à voler au-dessus d'une autre planète.

    L'avion autonome de 6 mètres d'envergure aurait du voler, propulsé par son moteur-fusée, sur près de deux kilomètres au-dessus des hautes plaines de l'hémisphère sud de Mars. Il devait prélever des échantillons gazeux de l'atmosphère toutes les 10 secondes au cours de son vol, les résultats de détection du méthane de l'ammoniac et de l'hydrogène étant renvoyés vers la Terre.

    Aurora Flight Science Corp. de Manassas avait d'ores et déjà réalisé un vol d'essai d'un modèle à l'échelle 1/2 l'année dernière.


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    Dernière modification : mer aoû 6 19:38:51 CEST 2003