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AUDITION DU PRÉSIDENT DE LA MARS SOCIETY DEVANT LE SÉNAT AMÉRICAIN : UNE PERCÉE
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Novembre 2003 ![]() Le 29 octobre, le Dr Zubrin, président de la Mars Society (à droite sur la photo), s'est adressé au Comité des affaires commerciales du Sénat américain au grand complet, dans le cadre d'auditions au sujet de l'avenir du programme spatial. D'autres personnalités étaient également entendues : l'administrateur S. O'Keefe, patron de la NASA, l'amiral Gehman, président de la commission d'enquête Columbia, le Dr Huntress, ancien responsable de la science à la NASA, R. Tumlinson, président de la Space Frontier Foundation et le professeur D. Woods, de l'université de l'Ohio. L'opération s'est déroulée en deux sessions, la première recevant O'Keefe et Gehman, la deuxième les autres témoins. L'administrateur de la NASA a été mis sur le gril pas les sénateurs au sujet des performances médiocres de l'agence, de sa tendance à perpétuellement lancer de nouveaux programmes technologiques de milliards de dollars qu'elle arrête sans aucun résultat, de la note enflée et déjà totalement hors de contrôle du projet d'Avion Spatial (Orbital Space Plane), et de son absence totale de progrès en 30 ans en matière de vol habité au-delà de l'orbite basse. En guise de réponses à ce feu nourri, O'Keefe n'a avancé que des arguments dilatoires, dans un discours nébuleux, seulement aidé par les avis secourables de l'amiral Gehman. Les choses sérieuses ont débuté en deuxième partie. Le Dr Huntress, premier à parler, a contredit d'emblée O'Keefe : l'action de la NASA doit être sous-tendue par un objectif final, une destination. Et ce but, ce doit être l'envoi d'humains sur Mars. A noter cependant qu'il préconise de continuer le programme d'exploration robotique pendant 50 ans (!) avant d'atteindre ce but.
Puis vint le tour de Robert Zubrin. Le président de la Mars Society a conduit son intervention sur la base de l'argumentaire déjà développé dans son éditorial du magazine Space News du 6 octobre (" Deux voies possibles pour la NASA "). Selon lui, l'agence ne peut être efficace qu'en adoptant un mode de fonctionnement " tiré par une destination, à la Apollo ". Sans but à long terme au contraire, le mode " à la Space Shuttle ", défendu par O'Keefe, s'est révélé, et restera toujours, la plus sûre façon de ne pas progresser et d'aboutir au statut d'impuissance spatiale. R. Zubrin : " Je suis d'accord avec le Dr Huntress. La NASA doit faire de l'arrivée d'humains sur Mars son objectif. Mars, c'est la science. Mars, c'est le défi. Mars, c'est le futur. Mais nous devons atteindre ce but en dix ans, pas en cinquante. Nous en avons la capacité. En dépit de tous les problèmes qui peuvent être cités, réels ou outrés, nous sommes aujourd'hui bien mieux préparés pour envoyer des astronautes sur Mars que nous l'étions pour envoyer des hommes sur la Lune en 1961, lorsque Kennedy a lancé le programme Apollo. Et nous y sommes arrivés en [moins de] dix ans. Nous pouvons être sur Mars en moins de dix ans, pourvu que nous disposions du leadership nécessaire ".
R. Zubrin a ensuite brièvement décrit le plan d'exploration à court terme Mars Direct, avant de conclure par une série de recommandations concrètes au Congrès. " Le Congrès ne doit pas financer la NASA pour construire des CHOSES ", dit-il, " vous devez la financer pour qu'elle lance et exécute de GRANDS PROJETS. La NASA vient de vous demander 17 milliards de dollars pour un Avion Spatial. Ne faites pas cela. Au lieu de dépenser 17 milliards à développer un Avion Spatial " plaqué or ", incapable de nous emmener nulle part, le Congrès devrait consacrer 60 millions à deux équipes concurrentes chargées de bâtir un plan à coût limité pour l'arrivée de l'Homme sur Mars en dix ans. L'une de ces équipes pourrait être le centre Johnson de la NASA, l'autre devrait être un groupe de travail inter-agences, dirigé par un membre de la communauté spatiale n'appartenant pas à la NASA. Au bout de 6 mois, les équipes remettraient leurs propositions, qui seraient évaluées sur la base des coûts, de la faisabilité technique et de la vigueur du plan d'exploration. La meilleure équipe serait choisie pour diriger le programme et son projet financé. Aucun développement majeur d'équipement ne devrait être soutenu en-dehors de ce projet. Les américains veulent et méritent un programme spatial qui mène réellement quelque part. Mesdames et Messieurs les sénateurs, il est en votre pouvoir de leur donner. Je vous demande de le faire ". Pratiquement toutes les questions des sénateurs ont été dirigées soit vers R. Zubrin, soit vers les autres membres du comité au sujet de ses propos. Tous les sénateurs rassemblés ont ensuite demandé un exemplaire signé de [son ouvrage fondateur] " The Case for Mars ", y compris l'amiral Gehman. Le sénateur Brownback, président du sous-comité Espace, a continué à parler avec R. Zubrin quelque temps et exprimé le souhait d'avoir plus de détails sur le projet Mars Direct, à l'occasion d'auditions qui pourraient être organisées par le sous-comité prochainement. Après la réunion, R. Zubrin a rencontré un représentant de la " branche Exécutive " (Executive branch), impliqué dans une délibération visant à réorienter le programme spatial US. Celui-ci, qui avait suivi l'intervention à la télévision, s'est déclaré très impressionné. Il a gardé le président de la Mars Society plus d'une heure dans son bureau, posant de nombreuses questions et demandant huit exemplaires de " The Case for Mars " pour les distribuer à de très hauts responsables de l'administration Bush. De ces contacts avec des membres de l'administration et du sénat, R. Zubrin tire la conclusion qu'il se produit clairement en ce moment un changement pour une nouvelle politique, tirée cette fois par une destination (destination-driven) et capable de porter l'astronautique NASA plus loin que l'orbite basse terrestre. La question est : quelle sera cette destination ? [La mobilisation est à l'ordre du jour au sein de la Mars Society] : la situation est mouvante, des personnes au pouvoir sont à l'écoute, nous pouvons gagner, mobilisons-nous !
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