dg2

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  1. Ce qui peut changer d'un système à l'autre est la composition chimique globale (par exemple la métallicité, c'est-à-dire la fraction massique hors hydrogène et hélium). Plus la métallicité est importante, plus il y a eu de matière processée dans les étoiles, et moins il y a de deutérium car celui-ci est détruit dans les étoiles. Donc plus de métallicité = moins de D/H (rapport deutérium-hydrogène). *Sauf que*, la composition d'un objet du Système solaire dépend de façon cruciale de où il a été formé, et, par exemple, le rapport D/H dépend énormément de l'objet considéré et peut même varier au sein de l'objet (exemple trivial : sur Terre, le rapport D/H n'est pas le même dans l'eau douce et l'eau salée). Dans les différentes comètes connues, il me semble que les rapports D/H trouvés varient du simple au triple. Même si la mesure est controversée, le rapport D/H sur Vénus est deux pourrait être deux ordres de grandeur plus grand que sur Terre. Par ailleurs, rien ne dit que la métallicité soit le seul indicateur de l'abondance des éléments chimiques. Certains métaux lourds (or, platine) sont, pense-t-on, prioritairement produit dans les coalescences d'étoiles à neutrons, qui sont des événements rares, qui donc pourraient mener à une assez grande hétérogénéité de leur distribution dans la Galaxie. Donc des différences de composition sont à attendre d'un système à l'autre. Mais bon, le jour où on détectera de l'or ou de l'uranium dans une comète... Il est donc très difficile, à partir d'un unique objet d'un unique système de trouver de façon certaine quelque chose qui le différencie de ce qu'on connaît chez nous, ne serait-ce que parce qu'on ne connaît pas l'extension de la variabilité de divers rapports d'abondances ou rapports isotopiques.
  2. C'est un point qui n'est pas clair pour moi. Si le Soleil se déplace à 20 km/s par rapport au LSR, c'est bien qu'il y a une dispersion de vitesse non nulle. Qu'y aurait-il d'extraordinaire à ce qu'un autre objet se déplace à 37 km/s par rapport à ce même LSR ? Il me semble que la dispersion de vitesses de étoiles du disque galactique (oublions le voisinage solaire) est de plusieurs dizaines de kilomètres par seconde. LSR ou pas, des écarts de vitesse de cet ordre ne me semblent pas surprenants. Si on pense connaître la source de cet objet et que sa vitesse est incompatible avec celle de la souce, on a effectivement un problème, mais on n'a à mon avis aucune idée d'où vient cet objet. Pour Oumuamua, personne ne prétendait savoir s'il était plus jeune ou plus vieux que le Soleil, par exemple.
  3. A priori l'objet vient d'une direction proche du plan galactique, ce qui renforce l'hypothèse qu'il soit interstellaire. D'après ce que je comprends, Oumuamua a été découvert très rapidement après que des grands relevés en fonction (PANSTARRS) aient effectivement été en mesure de détecter un tel objet. Donc sauf gros coup de chance (ou de malchance) qui voudrait que cet objet soit miraculeusement atypique, de tels objets vont être découverts de façon routinière. Je crois même qu'il y a des papiers qui essaient d'estimer ça avec le LSST. On observe toujours cet effet de seuil en astronomie, cf., pour les cas les plus connus, les exoplanètes et les ondes gravitationnelles : si on est capable d'un détecter une fois, on le refera un paquet d'autres fois (on peut aussi rajouter les astéroïdes, même si ça nous renvoie deux siècles en arrière). Ce qu'on ne peut pas deviner, ce sera la statistique sous jacente (vitesse à l'infini, périastre, etc), qui une fois affinée permettra de mieux connaître la vraie population de ces objets.
  4. Jupiter System III CM

    Il n'y a effectivement pas de moyen simple de repérer la rotation des géantes gazeuses. On considère que la rotation de ces planètes est solide en profondeur, et que cette dernière entraîne avec elle le champ magnétique. Donc l'un de ces systèmes de référence se base sur la magnétosphère... que malheureusement on ne voit pas. S'il y a d'autres systèmes, j'imagine que ceux-ci se basent sur une vitesse de rotation moyenne de telle ou telle zone de latitude (comme pour le Soleil). Je ne serais pas surpris par exemple qu'on connaisse au quart de millipoil la vitesse angulaire de rotation de la GTR, qui doit être observée en continu depuis au moins 150 ans. (soit dans les 130000 rotations), et dont la période moyenne doit être connue à, disons, 1h/130000, soit... 250 ms (à vérifier, je part de l'idée qu'une observation de la position de la GTR il y a 150 ans est donnée avec une précision d'une heure, ce qui est potentiellement assez conservatif, d'ailleurs). A noter que pour Saturne, la méthode de la magnétosphère ne marche pas pour déterminer sa rotation interne, car l'axe magnétique est aligné avec l'axe de rotation, aussi le champ magnétique est-il constant lors de la rotation de la planète. C'est la raison pour laquelle on trouve dans la littérature plusieurs valeurs de cette période, celles-ci étant déterminée par un moyennage sur les bandes visibles (à vérifier aussi).
  5. Actualités de Curiosity - 2013

    Une table basse ? La limite de diffraction est aux alentours de 30 cm dans le visible, mais le bruit gyroscopique est peut-être une autre source de limitation (en tout cas, c'était le cas dans le temps pour l'observation de la Terre).
  6. Histoire de donner un sens à l'ordre de grandeur de la milliseconde qui a suscité un bien compréhensible "!" de surprise... Soit un TN de 5 masses solaires qu'on supposera sans rotation. Les calculs de relativité générale indiquent qu'un objet en orbite autour d'icelui va spiraler vers lui par émission d'ondes gravitationnelles, puis décrocher brutalement de son orbite quand le rayon d'icelle sera égal à trois fois celui du trou noir, moment où la vitesse de révolution sera de l'ordre de c / 2. D'après la troisième loi de Kepler, et en négligeant les corrections relativistes, la période orbitale T d'un objet dont l'orbite a un rayon a autour d'un objet de masse M est donnée par T2 / a3 = 4 π2 / G M . Quand a est égal à trois fois le rayon du trou noir de masse M et donc de rayon 2 G M / c2, on a a = 6 G M / c2 . Conséquemment, T = 12 sqrt(6) G M π / c3 . L'application numérique donne bien l'ordre de grandeur recherché : T = 2,3 ms . On vérifie au passage l'affirmation du début, à savoir que l'orbite est alors parcourue à une vitesse relativiste : la circonférence de ladite orbite est égale à 2 π a, dont on tire l'ordre de grandeur de la vitesse orbitale v = 2 π a / T = c / sqrt(6) , l'écart à la vitesse annoncé (c / 2) n'étant pas franchement délirant. Au passage, l'inverse de T est, à un facteur 2 près, la fréquence des ondes gravitationnelles émises, de l'ordre du kilohertz ou un ordre de grandeur de moins pour un système dix fois plus massif. On retrouve les valeurs annoncées depuis trois ans. Donc tout ceci est parfaitement cohérent. L'étoile à neutrons existe-t-elle toujours en tant que telle au moment où elle décroche de son orbite ? Il faut comparer le gradient du champ gravitationnel du TN sur le rayon R de l'étoile, soit, à la louche 2 G M R / a3 , à comparer avec celui de l'étoile à neutrons elle-même, de rayon R, donc et de masse m : G m / R2 . L'étoile survit jusque là si m / R3 > 2 M / a3 soit, pour un TN de 5 masses solaires, donc de 15 km de rayon et dont la dernière orbite stable a fait 45 km, 1,4 Msol / (10 km)3 > 10 Msol / (45 km)3 , L'application numérique donne bien 1,4 × 10-3 > 1,1 × 10-4 . C'est donc pendant la très courte phase de coalescence (moins d'une demi orbite) une fois que l'étoile à neutrons décroche de la dernière orbite stable qu'elle est détruite par les effets de marée, donc effectivement en moins d'une milliseconde. Ceci étant, c'est presque un coup de chance que l'étoile à neutrons soit détruite : si le trou noir est ne serait-ce qu'un ordre de grandeur plus massif, les effets de marée ne sont absolument pas suffisants avant la traversée de l'horizon pour la détruire, donc pas de contrepartie optique spectaculaire dans ce cas.
  7. Le terme (anglo saxon, bien sûr) de chirp, existe depuis belle lurette en électronique pour désigner ce phénomène (amplitude qui augmente avec la fréquence). Mais dans le cas qui nous intéresse, quand on transforme en ondes sonores le train d'ondes gravitationnelles de la coalescence de deux trous noirs, il est clair que ça ne tient pas vraiment du rossignol.
  8. En effet, grâce à des simulations numériques sur superordinateurs, il est possible de remonter de la forme de l'onde gravitationnelle aux caractéristiques des astres compacts qui l'ont produite lors d'une collision et d'une fusion. Inutile de sortir une telle artillerie lourde. L'observation "à l'oeil" du signal permet de déterminer la fréquence orbitale (moitié moindre que la fréquence des ondes gravitationnelles), et sa dérivée temporelle (la fréquence augmente avec l'intensité). Un raisonnement newtonien permet d'établir que la constante de temps qu'on en déduit est proportionnelle à une combinaison des deux masses, appelé masse de gazouillis (puisque c'est bien connu, le gazouillis du rossignol augmente en intensité et en fréquence). Si de plus le signal est plutôt symétrique, on sait que le rapport des deux masses est relativement proche de 1. Ces deux informations permettent de déterminer la masse des deux composantes. Même avec les incertitudes, il n'y a aucune difficulté à savoir si on est aux alentours de 1,5 masse solaire ou plus de 3. Déterminer plus finement les paramètres nécessite par contre des simulations assez lourdes.
  9. Le fait que le coeur métallique de la planète ait un très grand rayon (rapporté au rayon total) en comparaison des autres planètes plaide en effet pour que le manteau ait été perdu suite à un impact, mais cela ne dit rien sur l'état de ce coeur.
  10. En l'occurrence, pour les très grosses collaborations, c'est impossible, donc on liste par ordre alphabétique. Pour les collaborations de taille moyenne, on a des fois trois listes de noms, chacune triées par ordre alphabétique, en fonction de l'implication estimée des uns et des autres. Dans certains cas (mais est assez rare en A&A), et quand la liste ne dépasse pas la vingtaine d'auteurs, l'éditeur peut demander de faire apparaître un résumé sommaire de qui a fait quoi ("la partie I de ce papier a été faite par X, la partie II par Y", etc).
  11. La réponse se trouve sur la télémétrie du lancement : la vitesse horizontale de la fusée est relativement faible quand les fusées d'appoint se détachent car le début de l'ascension est vertical : inutile, voire impossible de prendre de la vitesse horizontale quand on n'est pas très au-dessus de l'atmosphère (c'est aussi une des raisons pour laquelle l'étage central ne pousse pas au maximum au début : prendre trop de vitesse sans l'altitude suffisante impose trop de contraintes mécaniques sur la fusée). Du coup, les fusées latérales reviennent quasiment à la verticale et de toute façon, à vide, il ne faut guère de carburant pour leur conférer la bonne vitesse. Pour l'étage central, la télémétrie toujours plus l'animation laisse à penser qu'une fois détachée, elle suit une trajectoire quasi balistique pour revenir sur la barge, positionnée au bon endroit. Pour se rendre compte à quel point l'engin accélère rapidement (donc à faible coût en carburant) quand il est presque à sec, regardez la télémétrie du second étage : lors de second allumage, il ne lui faut que 85s pour passer de 26000 à 36000 km/h, alors qu'au décollage (et certes avec une poussée non maximale), en 2 minutes 40, on a accéléré "que" de 6000 km/h... avec 26 moteurs de plus.
  12. Il me semble que pour l'heure, la configuration tout récupérable de la Falcon Heavy ne peut pas lancer deux satellites de 5t chacun en orbite géostationnaire. C'est sans doute un élément de réponse.
  13. C'est pire que ça, en fait, car on n'est pas en mode imagerie, mais en mode interférométrique. M87* n'est détecté que parce que la température de brillance (= le flux) est monstrueux aux longueurs d'ondes observées, ce qui permet l'observation des franges. Si à terme on dispose de beaucoup plus de surface collectrice, peut-être, mais je pense que pour l'heure, quelques AGN ou masers sont les seules autres sources envisageables.
  14. Oui, presque par définition : la longueur d'onde du maximum d'émission d'un émetteur non thermique est toujours supérieure à l'émission qu'aurait un corps noir avec le même flux (on est entre la tautologie et la lapalissade). Bien sûr, c'est vrai quand la fréquence où on évalue la température de brillance et proche du maximum d'émission.