George Black

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Posts posted by George Black


  1. Il y a 2 heures, Superfulgur a dit :

    il y a cette étude qui semble montrer que non, Monsieur Musc ne peut pas aller sur Mars avec le Starpchitt, mais c'est trop long et trop technique, je l'ai pas lue...

     

    Merci ! Ce papier m'avait échappé ! Bon, ben le délire de Musk est encore plus débile ! 

    Mais bon, je fais confiance ¬¬ aux investisseurs pour trouver une application commerciale quelconque ¬¬ à ce lanceur ! On me rétorquera qu'avant il y a la Lune, mais est-ce seulement viable pour la Lune ?

    On peut se demander si cet engin rejoindra le musée des exploits technologiques qui ne connurent jamais d'utilisation en dehors du champ expérimental ?

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  2. Il y a 17 heures, alx a dit :

    Et la question sous jacente est: pourquoi diable chercher un moyen d'extraire ~100 tonnes de charge utile à l'attraction terrestre ? Cela me semble ne se justifier que pour des explorations interplanétaires habitées, dont la faisabilité/utilité reste à démontrer.

     Est-ce donc pour réaliser un projet faisable/utile ou est-ce poursuivre une chimère ?

     

    Musk est transparent là-dessus, puisque son objectif est de disposer d'un lanceur lourd réutilisable pour coloniser Mars ! 

    Donc, sur le marché du spatial, c'est probablement une fusée de trop... sauf si l'objectif est d'envoyer des nuées de satellites pour saturer le ciel... ¬¬

    Mais ce type de lanceur, c'est bien ce qui est nécessaire pour atteindre un objectif de colonisation du système solaire... et là oui, c'est un objectif débile ! 

    Même saccagée, la Terre sera infiniment plus vivable que Mars !

     

    Mais bon, l'époque est à la résurgence des mégalos cinglés !

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  3. Il y a 3 heures, alx a dit :

    Et où est le génie ?  Certes, la centaine d'ingénieurs de très haut niveau (qu'il faut saluer) a formidablement bien travaillé (mais sous le fouet).

     

    Le génie n'existe pas, tout au moins, cela dépend du sens qu'on lui donne. Toute entreprise scientifique et technologique significative est avant tout l'abattage d'une quantité phénoménale de dur labeur.

    Je connais des entreprises scientifiques grandioses, dont certaines louées ici-même, qui passent sous le tapi les petits arrangements avec la déontologie du respect de l'humain.

     

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    La différence entre une personne qualifiée de génie et une autre, c'est certes une certaine dose d'intelligence ou d'inventivité (mais il y en a plein des personnes dans ce genre),  c'est avant tout les sacrifices qu'elle est prête à faire concernant sa propre personne, et pour d'autres la masse de personnes qu'elle est prête à sacrifier également. Il ne faut pas se voiler la face !

     

    Il y a 3 heures, alx a dit :

    Une performance qui aurait sans doute fait date dans les années 1960s.

     

    Il y a des choix techniques dans le spaceship qui auraient conduit à l'échec dans les années 60, 80 ou encore 90 ou 2000. 

    Derrière le côté "c'est qu'une fusée de plus", il ne faut pas passer sous silence les innovations "discrètes" mais fondamentales. 

     

    Il y a toujours cette anecdote que j'adore : La mémoire flash est un brevet des années 50. La seule chose qui a permis la commercialisation des clés USB, c'est les progrès en "métallurgie" du silicium. Pas les progrès en miniaturisation à proprement parlé, ni même je ne sais qu'elle idée géniale du début des années 2000 !

    De même, si on regarde un moteur thermique qui équipe une voiture actuelle, il serait mal venu de dire : "oui ben ok, y'avait déjà des moteurs thermiques dans la voiture de mon arrière grand-père en 39, on n'a pas fait de progrès". Et ce qu'il faut comprendre, ce que ces progrès ne sont pas des améliorations mineures. Rien que l'usage de l'électronique repose sur la physique quantique...

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  4. 2. Comment produire des neutrons ?

     

    b. La spallation !

     

    La spallation est l'autre manière de produire des neutrons. On utilise un accélérateur de particules qui va accélérer des protons obtenus à partir d'un gaz de dihydrogène que l'on ionise. 

    Les protons frappent ensuite une cible de tungstène refroidie. La collision entre les protons et les noyaux de tungstène va produire des neutrons dans diverses gammes d'énergie, qui là encore, vont permettre grosso modo de faire les même choses qu'à l'ILL (l'Institut Laue-Langevin).

    L'avantage de l'ESS (European Spallation Source) est que l'accélérateur est totalement alimenté électriquement en énergies renouvelables. On n'utilise donc pas de combustible nucléaire pour produire les neutrons, et l'énergie utilisée est verte.

     

     

    Quel est l'intérêt de l'ESS par rapport à l'ILL ? En fait, l'intensité des neutrons produite est moindre qu'à l'ILL. L'ILL reste et restera une source compétitive. 

    En revanche, l'ESS permet de diversifier et surtout d'élargir au niveau européen la disponibilité des sources de neutrons pour la recherche scientifique.

    Par ailleurs, l'approche est séduisante dans la mesure où elle repose sur du renouvelable.

     

    A noter enfin que d'autres sources de neutrons pour la recherche existent ailleurs dans le monde :

    https://www.ncnr.nist.gov/nsources.html

     

    Actuellement, l'ILL passe pour être la plus compétitive.

     

    Si vous avez des questions n'hésitez pas.

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  5. 2. Comment produire des neutrons ?

     

    a. Le réacteur !

     

    Le moyen le plus efficace et le plus simple de produire des neutrons est au cours de réactions de fission nucléaires. 

    En gros, un réacteur nucléaire est une source de neutrons !

     

    Traditionnellement, dans un réacteur visant à produire de l'électricité, les neutrons sont essentiellement freinés et absorbés, par exemple grâce à de l'eau. 

    En effet, contrairement aux autres radiations, telles que les rayonnements gamma (qui sont des ondes électromagnétiques), les béta (qui sont des électrons ou antiélectrons) ou les alpha (des noyaux d'hélium), les métaux ne sont pas des bonnes protections contre les neutrons. En revanche, des matériaux comme l'eau, la paraffine, le polyéthylène, les composés du bore, sont bons à cela !

     

    L'astuce si on veut transformer un réacteur nucléaire en source de neutrons est de disposer dans la piscine du réacteur des conduites, des tubes, qui vont servir à capturer et canaliser les neutrons. On peut ensuite sélectionner les neutrons en fonction de leurs énergies, et créer des faisceaux qui vont alimenter différentes expériences.

     

    En France, nous avons un laboratoire de renommée internationale pour cela : l'Institut Laue-Langevin à Grenoble !

    Je vous invite à lire la page Wikipédia à son sujet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_Laue-Langevin cela permet de se faire une idée de l'importance fondamentale de ce réacteur pour la recherche !

     

    Sur la page Youtube de l'institut, vous pourrez réaliser la richesse et la diversité des recherches qui y sont conduites ! Je précise que l'institut est avant tout un consortium international principalement européen.

    https://www.youtube.com/@InstitutLaueLangevin/videos

     

    Et si vous ne voulez pas tout voir ;) à voir tout de même les petites vidéos de présentation :

     

     

     

     

     

     

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  6. il y a une heure, Daniel Bourgues a dit :

    il faut bien à un moment définir un protocole pour garantir un certain niveau de fiabilité dans la retranscription qu'ils font à partir de leurs données et relevés...;) C'est de ce "bureau de contrôle" dont il est question, et surtout de sa méthode.

     

    Il y plusieurs aspects qui s'articulent entre eux.

    En biologie par exemple, il est d'usage dans les articles de prendre le temps de définir le "matériel et méthode". 

    L'idée est de permettre à une autre équipe de tenter de reproduire une expérience, et le cas échéant d'en explorer les limites pour proposer éventuellement un autre "mat et met".

    A force d'essais et d'erreurs, on progresse collectivement vers des procédures dont la pratique a prouvé leur efficacité. In fine, avec les années, certaines procédures deviennent des standards qui finissent dans les ouvrages de cours.

     

    Il en est de même pour la science dans son ensemble. On propose des approches pour aborder et traiter un problème, les protocoles évoluent au contact de la pratique et de la réalité, et une sorte de sélection darwinienne s'opère.

     

    Il n'y a pas de "bureau de contrôle", mais une sorte d'ouvrage collectif à l'œuvre !

     

    Quand on soumet un article à une revue, il est renvoyé à des reviewers. Encore une fois, un reviewer n'est pas sensé juger s'il est d'accord ou pas avec le contenu de l'article, il est juste sensé vérifier s'il est raccord avec les standards scientifiques. Qu'est-ce que l'on entend par là ?

    Tout simplement que s'il s'agit d'une expérience, les conditions permettant à une autre équipe de la reproduire y sont clairement détaillées, qu'il n'y a pas de tentative flagrante d'induire en erreur, de manipuler des données, qu'il n'y a pas d'erreurs logiques évidentes dans la conception ou l'analyse des résultats.

    S'il s'agit de calculs, on attend des vérifications, ou des estimations comparables à l'expérience, pas de contradiction avec la physique connue.

    Enfin, on attend simplement que l'article soit bien écrit, clair, didactique, pédagogique. On vérifie que les travaux d'autres confrères ayant antériorité ne soient pas ignorés. On vérifie que les résultats proposés soient réellement nouveau et d'intérêt, ou en tout cas que les auteurs expliquent en quoi c'est nouveau et d'intérêt.

     

    Mais un article accepté et publié ne pose pas une vérité ! Il expose une étape dans la recherche. Ce qui lui donnera du corps, c'est ce que d'autres en feront. Le débat scientifique, l'évolution de nos représentations, se fait à travers la publication d'articles.

     

    Donc, personne n'a décrété un jour ce qui était bien ou mal en science. Les gens proposent des choses, des idées, des méthodes, se confrontent aux autres, et surtout à la réalité qui est l'ultime sélection : toute méthode (de raisonnement par exemple) qui échoue à un moment est éliminée (exemple : la méthode X introduite par une équipe termine dans l'oubli, parce qu'après plusieurs essais, d'autres équipes concluent qu'elle induit souvent en erreur faute de reproductibilité).

    Avec le temps, des consensus s'opèrent. Il y a ensuite des habitudes qui sont transmises, avec la consigne de toujours les considérer dans leurs limites d'application.

     

    Après, on peut toujours évoquer une sociologie des sciences. Se demander s'il n'y aurait pas moyen de faire autrement. Maintenant, la meilleure preuve que la méthode fonctionne, c'est que la science justement fonctionne pour rendre compte de ce que l'on mesure, et fonctionne pour créer des solutions technologiques. 

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  7. Il y a 3 heures, Daniel Bourgues a dit :

    la première partie de la phrase en question signifie en langage commun populaire que chacun voit midi à sa porte... "la vérité est ce qu’un style de pensée présente comme étant la réalité"... jusque là pas de quoi fouetter un chat, et la seconde partie coule de source:  "l’acceptation d’un tel style n’a rien d’un critère objectif" puisque c'est une conclusion qui s'impose d'office...:P

     

    je suis sans doute béotien en la matière mais ne vois pas très bien ce qu'on peut reprocher à cette manière de présenter les choses...

     

    Oui. Mais ce n'est pas l'idée en sciences.

    Pour une bonne et simple raison : la science ne prétend pas définir des vérités.

     

    La science propose juste un moyen de cartographier le monde. Si j'utilise une carte IGN et un système GPS, je peux parfaitement me repérer dans une région inconnue. La carte prédit parfaitement ma position et me permet de me déplacer exactement là où je veux. Mais la carte n'est pas la réalité. Elle n'est même pas une représentation fidèle de la réalité. Elle en est une modélisation.

     

    La science est utilitaire. Elle n'est pas une vérité concernant ce qu'est le monde. Elle en est une description. On lui demande seulement d'être efficace !

    Et cette cartographie du réel est régulièrement remise à jour, ce qu'une vérité révélée ou établie ne fait pas.

     

    Il y a 3 heures, Daniel Bourgues a dit :

    Feyerabend prend l'exemple de la renormalisation en théorie quantique des champs et en physique statistique : « Cette procédure consiste à rayer les résultats de certains calculs et à les remplacer par une description de ce qui est observé empiriquement. On admet ainsi, implicitement, que la théorie est sujette à caution, en la formulant d'une manière qui implique qu'un nouveau principe a été découvert »

     

    Euh... non. Je vais me faire taper dessus par @vaufrègesI3, mais c'est exactement ce qui m'énerve parfois : quand les philosophes commencent à parler de menuiserie sans comprendre à quoi sert une défonceuse !

    S'il s'agissait de faire de la cuisine calculatoire pour simplement retrouver les bons résultats quand ça ne marche pas, la physique quantique et la physique statistique ne seraient qu'un gros paquet de pseudo science bullshit !

    Or, la renormalisation obéit à des procédures autour de la notion de groupe de renormalisation. S'il s'agissait simplement de bidouiller les calculs, il n'y aurait pas de procédure standard, et simplement de la magouille calculatoire sans aucune rigueur, au cas par cas, relevant de l'escroquerie pour que les résultats collent avec ce qui est attendu.

    Or la renormalisation est bien une méthode avec ses règles. Et jusqu'à présent, ça marche tout le temps ! Pas quand ça nous arrange !

     

    Il y a 3 heures, Daniel Bourgues a dit :

    Feyerabend explique par exemple qu'au temps de Galilée, l'optique ne rendait pas compte de phénomènes qui pourtant pouvaient être observés par les lunettes astronomiques. Les astronomes qui se servaient des observations des lunettes avaient déjà recours à des hypothèses ad hoc jusqu'à ce qu'ils puissent justifier leurs suppositions grâce à la théorie optique."

     

    De quoi il s'agit ? O.o

    Sinon pour en revenir à Popper, il ne faut pas trop prendre le principe au pied de la lettre dans son application par les scientifiques ! L'idée n'est pas d'avoir une théorie vraie, mais d'avoir une cartographie du monde efficace pour y naviguer. L'efficacité ne pouvant être obtenue que par la confrontation avec l'expérience, car la physique (pour ne parler que d'elle) est une science naturelle. Elle parle du monde, et on lui demande de nous aider à nous y retrouver dans ce monde. Tout le reste n'est que bla bla ! Le problème, c'est quand les physiciens commencent à confondre le modèle avec la réalité.

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  8. Sinon, pour rester dans le thème du fil, au risque d'être provocateur, je ne suis pas loin de penser que l'on a actuellement trop de modèles, de théories.

     

    J'ai moi-même écris un travail sur les branes et la baryogénèse. Je trouve ça amusant, et en même temps, on ne peut s'empêcher de se dire : "Et quoi ? Tu as pondu un Nième modèle de la baryogénèse, et alors !?". 

    Pour ne considérer que le problème de la baryogénèse, je ne serais même pas surpris que dans l'abondante littérature scientifique sur le sujet on trouve la bonne solution à ce problème. 

    C'est juste que l'expérience manque pour discerner laquelle c'est !

     

    C'est pour ça que je ris jaune quand j'entends des gens prétendre que les physiciens sont sectaires et ancrés dans leurs dogmes. On peut facilement se perdre dans la diversité des modèles dont regorge la littérature scientifique. Alors prétendre que la communauté est ancrée dans ses dogmes ! Quelle (mauvaise) blague !

     

    In fine, c'est comme la gravitation à boucles, ok elle n'a peut être pas le même succès que la théorie des cordes ! Mais elle existe ! 

    Et comme je le disais, toute idée, in fine, trouve son chemin, modeste peut être, mais quand même...

     

    Un truc qui n'est pas publié du tout, au point même de ne pas passer la barrière de l'éditeur, et même d'être jeté d'arXiv, c'est que forcément il y a un problème, et c'est pas un problème d'idée qui ne passe pas ! 

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  9. il y a 23 minutes, Superfulgur a dit :

    C'est explicitement le discours d'Aurélien Barrau...

     

    ... c'est ineffable ! ;)

     

    il y a 24 minutes, Superfulgur a dit :

    Sinon, à propos de la théorie des cordes, supercordes, tu reviens souvent à SUSY, dans ton texte pour lequel on te remercie : mais je croyais que le LHC avait quasiment tué SUSY ?

     

    Oui. Après, je sais qu'il y eu quelques travaux qui semblent montrer que l'on pourrait avoir une théorie supersymétrique dans le bulk, mais pas à l'échelle de la brane (donc de notre univers).

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  10. il y a 18 minutes, jackbauer 2 a dit :

    Un résultat qui défie notre compréhension de l’évolution cosmique

     

    Je n'irai pas jusque là. Certes, si c'est confirmé, c'est un résultat d'importance majeure pour notre compréhension de ce qu'est l'énergie sombre. Et notamment pour espérer mieux connaître l'avenir de notre univers (entre Big Rip, Big Crunch, etc...).

     

    Mais je n'aime pas la notion de "qui défie notre compréhension". Cela a l'air de dire que les scientifiques sont convaincus que l'énergie sombre doit être constante dans le temps, et que si ce n'est pas le cas, on ne comprend plus rien !

    Or ce n'est pas ce qui se passe. Il y a pléthore d'articles qui entendent se passer de la constante cosmologique (ce qui sera le cas si la découverte est confirmée) et qui cherchent à interpréter l'énergie sombre par l'existence de nouveaux champs.

    Si l'énergie sombre est constante, et qu'elle correspond bel et bien à un scénario de constante cosmologique, cela pose de profondes questions sur la nature de l'espace-temps.

    Dans le cas contraire, cela ouvre la porte à de nombreux scénarios, et en fonction des mesures à venir, cela pourrait permettre de faire le tri dans les nombreux modèles publiés.

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  11. Il y a 15 heures, vaufrègesI3 a dit :

    Sauf que le "créateur" n'a pas tout fignolé, ça arrive encore bien trop souvent ce genre de problème, je crois pouvoir en parler malheureusement, ça peut tomber sur n'importe qui, et parfois très très tôt, bien avant l'adolescence ou la majorité..

     

    Les défaillances système arrivent aussi sur les machines. Et sur des systèmes complexes (car on ne parle pas de grilles pain), ces défaillances arrivent bien plus souvent que chez l'humain.

    Ensuite, il ne faut pas oublier qu'en dépit de cela, en usine, on recale l'essentiel des machines défaillantes avant la vente... chez l'humain, on n'est pas trop fan d'eugénisme !

     

    La machine donne une impression de robustesse et d'efficacité qui ne prend pas en compte la complexité et la polyvalence de nos machines biologiques. Actuellement, aucune IA ne cumule les fonctionnalités mentales de l'humain, pas plus qu'aucun robot n'atteint les performances athlétiques de l'humain. Aucun robot humanoïde n'est capable de renvoyer l'ensemble du ressenti corporel d'un humain à son "cerveau".

    On oublie que nos machines, derrière des prouesses ponctuelles, sont primitives par rapport aux fonctionnalités biologiques. 

     

    Ma femme, qui est biologiste, me le dit souvent : quand on voit la complexité du vivant (nécessaire à sa richesse en terme de fonctionnalités) il est remarquable que cela ne déconne pas plus !

     

    Attention, je ne critique pas l'aspect "prothèse" dans la relation humain-machine, je dis : attention aux biais cognitifs dans l'idée d'une supériorité de la machine sur l'humain.

     

    Il y a 15 heures, vaufrègesI3 a dit :

    Et par ailleurs quand on voit toutes ces petites racailles décervelées qui, dès l'école primaire ou/et le lycée, passent le plus clair de leur temps à emmerder le monde, voler, harceler, violenter/violer.. on peut en arriver à se demander si dans ce cadre la solution muskienne radicale n'aurait pas son utilité

     

    Je vais reprendre une expression de mon père : "Il faut arrêter de croire que l'on a spontanément engendré une génération de débiles".

    Autrement dit, ces jeunes sont comme on les a élevés, ou pas élevés.

     

    Il y a un tabou dans nos sociétés occidentales. A une époque où l'on aime pathologiser l'agressivité, les pulsions, et j'en passe, nous renions que nous sommes des primates intrinsèquement violents, agressifs, et dominateurs. C'est une des caractéristiques des espèces sociales et territoriales : la violence et la tendance à l'expansion. Violence et tendance à l'expansion qui émergent jusque dans les comportements sexuels.

    En tant qu'espèce aspirant à être "humaine" et civilisée, plus réfléchie, nous savons que ces comportements ne sont pas optimisés par rapport aux bénéfices de l'altruisme. Et ces comportements, à juste titre, sont considérés comme indésirables dans une civilisation digne de ce nom. Cette part de notre animalité n'est pas acceptable.

     

    Là où je parle de tabou, c'est que, encore une fois, nous avons tendance à pathologiser ces comportements et à renier qu'ils font partie de nous. La violence (au sens général) devient une déviance, une pathologie, pas une tendance naturelle. Dès lors, comme pour de nombreuses pathologies vues comme honteuses ou qui font peur, on aime à penser qu'elle ne concerne que l'autre, pas nous, pas notre entourage, et qu'elle relève d'une forme de fatalité. Il y a une forme de déni.

     

    Pourquoi est-ce dangereux ? Parce que cela nous absout d'une tâche fastidieuse et complexe : l'éducation ! Car l'éducation, le transfert de l'expérience collective humaine à un autre humain, c'est ce qui nous éloigne de l'animalité ! Un enfant ne nait pas humain, il nait homo sapiens, et il deviendra humain par l'éducation, par la transmission de l'essence de l'expérience humaine globale cumulée sur des milliers d'années.

    L'homo sapiens seul, relativement isolé, est un animal, l'homo sapiens sociabilisé, instillé par la culture humaine globale, devient humain. Pour reprendre la formule de je ne sais plus quel anthropologue, l'humain s'est auto domestiqué ! Homo sapiens est un animal domestiqué par l'espèce humaine !

    La pathologisation est dangereuse, parce qu'elle nous absout aussi de notre propre éducation et remise en question.

     

    Quand on écoute aujourd'hui les discours de certains courants, dont les masculinistes, quand on analyse les discours d'un Trump, d'un Poutine, etc... on observe une collusion de la partie animale de l'humanité qui résiste à la civilisation. Il y a une revendication au droit à la violence, une légitimation de la domination et de la violence. Notre occidentalisation étant vue d'ailleurs par certains (comme Poutine) comme une décadence, ce qui est assez ironique, car en réalité, ces gens revendiquent finalement un retour à l'animalité.

     

    Bref,... il faut arrêter de pathologiser ! On lutte contre toutes les formes de violence en réalisant que tout humain est potentiellement violent ou soumis par essence biologique, et en lui faisant prendre conscience de cela, et en l'éduquant pour lui apprendre à gérer cela pour sortir de ce schéma.

    J'accuse aujourd'hui les institutions et les parents de ne pas se donner les moyens d'éduquer, et de pathologiser pour se dédouaner de leurs responsabilités !

     

    Dernière remarque : de manière ultime, certains individus resteront hermétiques à la civilisation, préférant le côté animal de manière assumée et totalement débridée. Les civilisés qui auront totalement oublié la violence se heurtent alors au risque d'être victimes des ultimes barbares. Il est alors nécessaire pour une civilisation d'être dotée d'une violence légitime pour assurer sa propre défense. Mais la violence légitime ne peut se substituer à l'éducation. 

     

    Dernière dernière remarque : Il est remarquable que les tenants de la lutte contre les violences (diverses et variées), qui sont dans la pathologisation, la dénonciation de la déviance, soient systématiquement dans le discours répressif, donc violent, et n'abordent jamais le volet de l'éducation.

    C'est éloquent dans le débat sur la fessée, où indépendamment de la réalité des violences éducatives et de la maltraitance, on propose de remédier à la fessée en appelant à des textes répressifs. A aucun moment ces gens ne parlent d'éducation à la parentalité.

    Ainsi, il est fréquent de voir actuellement des gens prétendre lutter contre les violences et les discriminations en faisant acte de violence et de discrimination, avant même d'envisager une démarche éducative (dont j'ai expliqué qu'elle ne pouvait être remplacée par la violence légitime en première intention), seule durable et efficace.

     

    Désolé pour ce hors sujet.

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  12. Il y a 1 heure, Mercure a dit :

    Le résultat ne grandit Mrs Bontems et Gingras, probables contempteurs de la science 'officielle' (?!!).

     

    J'ai pris le temps de lire l'article. Je suis un lecteur fréquent des travaux de Gingras dont j'ai pas mal d'ouvrages. Et ce n'est pas du tout ce qui est défendu ici.

    C'est une analyse du parcours d'un chercheur, ici Nottale, qui part dans un domaine qui n'est pas mainstream.

     

    Il y a 1 heure, Mercure a dit :

    Autant je pense très bien de sortir du cadre et de chercher de nouvelles voies, c'est d'ailleurs un pré-requis de la recherche scientifique me semble-t-il, autant je trouve horripilant ceux qui reprochent leurs échecs ou/et fausses-pistes à ceux qui sont seulement plus rigoureux dans l'application de la méthode.

     

    Un collègue de labo de ma femme, disons M. X, avait la fâcheuse réputation de faire souvent maladroitement de la casse. Un jour, en réunion, un autre collègue, M. Y, fit le reproche qu'il ne comprenait pas trop le sens des recherches de X et qu'en plus ce dernier faisait souvent de la casse. 

    La réponse de la directrice du laboratoire à M. Y fut cinglante : "C'est sûr que toi, tu ne risques pas de casser grand chose !". 

    Il était de notoriété que M. Y, par ailleurs agrégé, ne publiait pratiquement jamais, et que quand il avait son nom sur un article, c'était par complaisance, et qu'en bon agrégé, il était fort pour dire aux autres ce qui était bien ou mal en terme de science.

     

    Par ailleurs, il faut aussi comprendre un aspect de la recherche. Aujourd'hui, on demande de publier beaucoup, dans des revues prestigieuses, et d'être beaucoup cité, pour espérer obtenir postes et financements. On se retrouve alors sur des échelles de temps et de travail qui n'autorisent pas une excessive originalité. De plus, les organismes de financement tendent à cibler des thèmes prioritaires et dont la masse de chercheurs (pour un thème) offre des garanties de succès. On assiste donc à des transitions vers des thématiques qui deviennent à la mode. On a des groupes sociaux de chercheurs spécialisés sur ces thématiques.

    Quand on soumet dans ces thèmes, on se retrouve dans une dynamique qui garantit d'être dans une communauté dont les moyens permettent d'espérer d'avoir un poste, des financements...

     

    Dès lors, lorsque l'on soumet un article dont l'approche sort de ces groupes, il devient compliqué de trouver des reviewers capables de relire le travail. 

    Le même phénomène tend à se produire quand le travail est à cheval sur plusieurs groupes. 

    Il n'y a pas besoin d'arriver avec une théorie en rupture totale avec ce qui se fait ! Il suffit juste ne pas être à la mode du moment !

    Dès lors, les reviewers seront tentés de rejeter l'article, non pas par conformisme, mais par crainte d'accepter un papier bullshit faute d'avoir l'expertise nécessaire.

    De plus, même si on parvient à publier, comme on ne sera pas dans un thème à la mode, on sera peu cité, vu que la majorité des autres collègues seront sur des thèmes à la mode !

     

    Les expérimentateurs peuvent difficilement se permettre d'être trop en dehors des clous : pas de sous, pas de manip ! Mais ils ont des bonnes stratégies pour s'en sortir.

     

    Dès lors, il n'y a guère que quand est théoricien et que l'on a la sécurité du poste, et que l'on ne cherche pas à être une vedette d'un star-système, que l'on peut prendre le risque à sortir des clous.

    Mais ce qu'il faut retenir, c'est que toute idée correctement construite finit toujours par trouver son chemin !

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  13. il y a 4 minutes, vaufrègesI3 a dit :

    cette masse blanchâtre aux performances médiocres

     

    J'ai d'ailleurs toujours été fasciné par les transhumanistes et cette lubie de la mécanisation.

    On ira trouver une machine capable de tenir 80 ans voir plus sans changement de pièces.

     

    J'ai une voiture qui a 17 ans, elle a connu des changements de phares, de courroies, de batterie, de pompes, de câblages, des rayures, des zones enfoncées, des problèmes de vitres, et j'en passe, etc... j'imagine si un humain devait déjà subir entre sa naissance et sa majorité un changement total de ses dents déjà en rade, une transplantation cardiaque, une greffe de tendons, etc etc...

     

    La machine vivante s'autorépare, a une longue durée de vie, plus que n'importe quelle machine. Le vivant est tellement performant que de nombreux ingénieurs essayent de s'en inspirer, jusqu'à essayer de créer des technologies d'autoréparation !

     

    La machine n'offre que l'illusion de la longévité !

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  14. Il y a 1 heure, Pascal C03 a dit :

    Nous allons systématiquement faire déposer les mobiles dans une "boite" en début de chaque cours... Un certain nombre d'établissements du supérieur adoptent la même attitude.

    (j'ai lancé le mouvement il y a 1 mois n'en pouvant plus de devoir en permanence lutter contre ces écrans de bac + 1 à bac + 5. Témoignage d'une des étudiants les plus accros. "Oui ça nous fait c...r mais on travaille mieux")

     

    Où en êtes-vous là où tu enseignes ?

     

    Cela dépend du public...

    J'interviens en terminale et BTS en lycée et master à la fac.

     

    Pour les premiers, aucun besoin de réguler. Pour les derniers non plus. En revanche, pour les BTS, l'utilisation compulsive et sauvage du smartphone est un réel problème, et donc on a fabriqué des "hôtels à portables" à la découpeuse laser pour qu'ils les déposent en début de cours.

     

    Un point dramatique :

    Je précise que nos terminales sont pratiquement toutes et tous des enfants d'universitaires, médecins, avocats, etc... que pratiquement la moitié part en CPGE (dont Saint Louis, Kleber, Poincaré,...) et qu'une autre moitié part en médecine. Les rares qui partent en fac, c'est parce qu'il n'y a pas de CPGE associée à leurs parcours de formation.

    Pour nos étudiant(e)s de master, on a modifié les critères de recrutement il y a quelques années. On était descendu à un niveau très bas, ce qui posait des problèmes de recrutement en thèse. Aujourd'hui, beaucoup de nos masters sont des gens avec un parcours CPGE + licence ou encore CPGE + ingénieur avec retour sur la physique fondamentale.

     

    En revanche, nos BTS sont à plus de 50% des gens issus de bac pro. Cette année, on en a qui se sont fait virer tellement l'absentéisme est massif quand d'autres (en alternance) se sont fait simplement virer de leur entreprise.

     

    Pour faire simple, je dirais : "Dis moi ton origine socio-culturelle, et je te dirai quelles études tu fais ou feras, et quel est ton rapport au smartphone". Malheureusement, on le constate, et c'est corroboré par des vraies études, tu peux remplacer "smartphone" avec "tabac" ou "alcool".

    On a dû faire venir des intervenants pour sensibiliser les étudiants à ces problèmes ! On a tout de même eu des étudiants souls en cours quand un autre a été hospitalisé pour emphysème pulmonaire en raison de sa consommation de tabac.


  15. il y a 58 minutes, Pascal C03 a dit :

    Là, il s'agit de diriger la lumière vers des centrales existantes !

     

    Certes... mais avec "4 000 miroirs ronds, de 1 kilomètre de diamètre chacun, placés sur une orbite terrestre basse, à 890 kilomètres de la Terre", je me demande le coût de l'électricité ?! Il va falloir rentabiliser et entretenir ce parc de satellites. Mais aussi, quid de la production d'énergie en terme de "volume" ? Les chiffres donnés laissent à montrer que l'on part sur un projet pharaonique pour un résultat décevant. 

    Sans compter la fragilité de structure. 

     

    Que les satellites passent au dessus de la Russie, quelques missiles bien placés, et hop, l'Europe dans le noir !

     

    Pour moi, on est dans le même délire qu'avec Desertec...

     

    Je ne parle pas d'impossibilité technologique, mais de projet qui ne tient absolument pas compte d'aspects multifactoriels, d'ordre environnementaux et géopolitiques, domaines dans lesquels, par expérience, de nombreux scientifiques et ingénieurs sont particulièrement mauvais faute de s'y intéresser et à se considérer au-dessus de cela.

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  16. Il y a 1 heure, PascalD a dit :
    Il y a 12 heures, vaufrègesI3 a dit :

    mais plutôt à ce que nous devenions une nouvelle espèce "améliorée" en vivant en constante symbiose avec le numérique environnant

    Un peu comme ceux qui sont collés à leur smartphone donc ?

     

    Il y a pas mal d'études d'opinions qui montre que la génération montante (entre 15 et 30 ans actuellement) aspire à la déconnection. Notamment, on voit un intérêt croissant pour les "dumb phones", le retour du bon vieux Nokia 350i en quelque sorte.

    Tout comme de nombreuses études sociologiques montrent les dégâts de la connectivité à outrance faisant un lien démontré avec la hausse des dépressions chez les jeunes, les phénomènes de harcèlement, etc... Et il y a des explications claires à cela, comme l'importance du ressenti des micro-expressions dans les vrais échanges dialogués, et l'importance d'une discussion construite et argumentée. 

     

    Je veux bien être traité de vieux con réac à dire cela. Mais j'assume, car là, on est sur du démontré, et cela revient à se faire traiter de vieux con réac par un jeune à qui on dit que fumer est mauvais pour sa santé et qui vous répond qu'il est jeune et en bonne santé et qu'il arrête quand il veut.

     

    A noter qu'un smartphone, on peut s'en détacher ! Le mien est systématiquement en mode sans sonnerie ni vibreur. Je jette un coup d'œil furtif de temps à autre pour vérifier que l'on n'a pas essayé de me joindre. A la maison, il termine posé sur une étagère en dehors du temps de travail. 

    Le jour où l'on passe à la greffe, on est sur un autre registre : la mutilation permanente ! Je suis d'une génération où le tatouage a été à la mode ! Aujourd'hui, les dermatologues expliquent qu'ils n'arrivent plus à suivre les demandes pour essayer de faire retirer des tatouages !

     

    Musk est dans le délire de l'homme augmenté ! Le projet Neuralink vise bien à pousser la population à se faire percer la boite crânienne pour se faire implanter et être connecté h24 au réseau.

    Certains me diront que l'on aura toujours choix. Je répondrais : "Comme avec le smartphone ?". Parce qu'en ce qui me concerne, je n'ai jamais voulu de smartphone ! J'y ai été contraint, parce qu'à force de geek patrons de sociétés et de lobbying divers et variés, on vous fait comprendre que sans smartphone tu ne pourras pas travailler à tel endroit, parce qu'il faut telle ou telle application, parce que pour accéder à ta banque il te faudra telle autre, etc...

     

    Le danger de Neuralink, c'est à dire l'exploitation de connexions neuronales hors contrôle de la législation médicale, c'est d'ici 30 ans de voir un truc à la con du genre : "obligation de connecter chaque citoyen dès l'âge de 15 ans au réseau collectif". Et quelque uns se diront : "comment on a fait pour en arriver là ? comment on a fait pour accepter de voir nos jeunes se faire mutiler à la chaine ?".

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