Bill46

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Everything posted by Bill46

  1. Astéroïdes géocroiseurs / NEO

    Le 15 mars à 3h59 TU, un machin de 4 à 8 mètres (2021 EN4) est passé à 0,18 fois la distance Terre-Lune (70 310 km) : 26e gros caillou à passer à moins d'une fois la distance Terre-Lune depuis le début de l'année (le 5e ce mois-ci). Découvert... le 15 mars par ATLAS-MLO.
  2. PSYCHE prend forme chez Maxar Technologies : l'antenne à haut gain a été installée pour recevoir NASA TV en 4K Quiz : que signifie "FOD" sur le panneau à droite de l'image ? (c'est une mention que l'on retrouve souvent dans les halls d'assemblage de matériel aérospatial) Et non ce n'est pas "Fuck Off and Die" svp, restons poli.
  3. Astéroïdes géocroiseurs / NEO

    Ben si, maintenant j'en ai... Paolo m'a confirmé qu'une mauvaise météo avait empêché les observations. Deux cordes négatives en tout et pour tout. La faute à pas de chance Une autre occultation stellaire par Apophis est prévue le 22 mars, visible aux Etats-Unis. On se contentera des ces images de (99942) Apophis imagé par Michael Jäger le 12 mars entre 20 h 22 et 32 TU (T300 f/4 + capteur Nikon Z6 modifié, suivis astéroïdal et stellaire, 20 x 120 s et 25 x 120 s) :
  4. mars 2020 rover

    Thomas et Luca, MEDA, pas MEGA ! https://mars.nasa.gov/mars2020/spacecraft/instruments/meda/
  5. Sonde JUNO : destination Jupiter

    Nouveaux résultats pour le spectrographe ultraviolet UVS de Juno qui révèle comment se déclenchent les "tempêtes de l'aube", événements les plus lumineux observés dans les aurores polaires sur Jupiter. Ces phénomènes orageux transitoires n'avaient été jusqu'à présent détectés qu'avec des télescopes terrestres ou en orbite. C'est en effet avec la caméra FOC du télescope spatial Hubble que ces éclairs lumineux observés au-dessus et autour des pôles, au milieu des aurores polaires, avaient été découverts en 1994. Ceux-ci se produisent tôt le matin, lorsque l'atmosphère émerge de la nuit. Mais jusqu'à présent, les aurores n'avaient pu être observées que de profil, masquant tout le côté plongé dans l'obscurité. Les sondes Voyager, Galileo ou Cassini, qui n'ont pas survolé les pôles et qui sont en général passées à distance respectable, n'avaient pas permis d'en savoir plus. En revanche, grâce à Juno et à sa position orbitale privilégiée, qui l'emmène à régulièrement survoler les pôles, ce mystère a été levé. L'étude publiée par Bertrand Bonfond (FNRS/Université de Liège) et Zhonghua Yao (Académie des Sciences de la Chine), associés à d'autres collaborateurs, explique que ces complexes orageux, appelés aussi "tempêtes de l'aube", se forment d'abord au-dessus de l'hémisphère plongé dans la nuit. Avec la rotation rapide de la planète géante, ces zones se retrouvent bientôt dans la lumière du jour où, éclairées par le Soleil, elles s'activent violemment en émettant de grandes quantités de rayonnement ultraviolet (plusieurs centaines/milliers de gigawatts) dans l'espace. La luminosité augmente brutalement et ces orages libèrent dans la haute atmosphère jovienne au moins dix fois plus d'énergie qu'une aurore classique. L'enchaînement des séquences fait penser aux sous-orages magnétiques observés sur Terre : ces phénomènes résultent de perturbations brèves dans la magnétosphère et relâchent de grandes quantités d'énergie dans l'ionosphère. Pourtant, les magnétosphères jovienne et terrestre sont très différentes. La magnétosphère de la Terre est contrôlée par le flux de particules du vent solaire alors que celle de Jupiter est créée par des particules chargées échappées de Io et piégées par le champ magnétique de la planète. Deux planètes, deux magnétosphères différentes et pourtant des similitudes qu'il reste à étudier. Quoi qu'il en soit, la puissance et l'énergie générées par Jupiter sont incomparables en rapport à celles émises par la Terre. Are Dawn Storms Jupiter's Auroral Substorms? AGU Advances, Volume 2, Issue 1, March 2021 - Article en PDF : https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1029/2020AV000275 https://www.missionjuno.swri.edu/news/juno-reveals-origins-to-one-of-jupiter-s-grand-light-shows Vidéo : évolution d'une "tempête de l'aube" au sein d'une aurore jovienne. Images obtenues avec le spectrographe ultraviolet UVS de la sonde Juno (Crédit : NASA/JPL-Caltech/SwRI/UVS/ULiège)
  6. Aux dernières nouvelles (JWST Update lors de l'Astrophysics Advisory Committee de la NASA tenu ce jour), quelques petits pépins techniques à signaler : deux transpondeurs en bande S testés en janvier et défectueux ont été renvoyés à réparer chez le fournisseur (retour avant l'été), mais ça ne devrait pas impacter l'envoi du télescope vers la Guyane en août,. Plus d'autres petits soucis mais qui sont en passe d'être résolus. Le calendrier est pour l'instant toujours respecté.
  7. 52ème LPSC

    Désolé, j'avais posté ailleurs, j'avais pas vu ce fil. Mais les deux messages sont complémentaires, le mien étant moins "NASA"
  8. Actualités de Curiosity - 2013

    Toujours au LPSC 2021, Eva Scheller (CalTech) et ses collègues ont fait une présentation intéressante : "Hydratation de la croûte par des volumes d'eau de la taille d'un océan et impact sur le climat et l'habitabilité". (J'en parle ici - pardon Daniel - mais cela ne concerne pas spécifiquement Curiosity, bien que les données de l'ensemble des missions à la surface ou en orbite ont contribué à cette étude) Les observations géomorphologiques et la présence avérée d'importants dépôts de minéraux hydratés ont montré qu'un océan occupant l'équivalent global d'un volume de 100 à 1500 mètres de profondeur réparti sur toute la surface a existé sur Mars (ici les auteurs ne discutent pas de son origine) et que la quantité de cette eau liquide a décru au cours des temps géologiques. De nos jours, la majeure partie de l'eau restante est souterraine, située sous les calottes polaires et dans la glace présente sous la surface (pergélisol) : son volume serait estimé à l'équivalent global de 20 à 40 m de hauteur de liquide. Jusqu'à présent, le ou les processus qui ont contribué à faire varier la quantité d'eau présente que ce soit sous forme de vapeur dans l'atmosphère, sous forme liquide et sous forme de glace solide n'ont toujours pas été expliqués de façon satisfaisante. De précédentes études basées notamment sur la mesure du rapport deutérium/hydrogène (ratio D/H élevé sur Mars, 5 fois plus que sur Terre) ont proposé que la diminution de grande quantité d'eau était essentiellement due à un phénomène d'échappement atmosphérique suite à une baisse de pression importante (H plus léger s'échappant plus facilement que son isotope D plus lourd). Mais la quantité initiale de liquide prise en compte (l'équivalent d'une hauteur globale de 50 à 240 m) est trop faible par rapport à ce que montrent les observations géologiques. De plus, le flux élevé d'hydrogène s'échappant de l'atmosphère nécessaire ne correspond pas à celui que l'on observe de nos jours. D'où un paradoxe. Ce qui n'a pas été pris en compte ou manifestement sous-estimé dans ces études c'est la perte d'une importante quantité de liquide par absorption par la croûte superficielle, comme l'atteste la présence à la surface de nombreux minéraux hydratés. L'équipe de Scheller émet donc l'hypothèse que cette hydratation de la croûte pendant les premiers 1 ou 2 milliards d'années est en grande partie responsable de la baisse du niveau d'eau globalement présent sur Mars. Du coup, plus besoin de la seule évasion atmosphérique pour obtenir le rapport D/H mesuré de nos jours. En se basant sur le principe d'un réservoir d'échange global sur la planète (combinant eau liquide, glace d'eau et vapeur d'eau atmosphérique issue du volcanisme), faisant intervenir l'absorption par la croûte et utilisant les données recueillies au sol ou satellitaires, Scheller et al. ont pu quantifier, à partir de simulations numériques, la perte de cette eau au cours des ères géologiques. Ainsi, 30 à 99 % de l'eau initialement répartie dans le réservoir d'échange global aurait disparu suite à l'absorption par la croûte, ce qui dénote l'importance du phénomène. La quantité disponible (en partant initialement d'un réservoir global équivalent à une hauteur de 100 à 1500 m) aurait ainsi chuté de 40 à 95 % au Noachien (4,5 à 3,5 milliards d'années), pour atteindre à l'Amazonien un niveau comparable à celui observé aujourd'hui. Et ceci sans qu'il y ait incompatibilité avec le rapport D/H actuel. Les paramètres permettent également de concevoir un réservoir d'échange important à l'Hespérien (300 m puis chutant, ou bien un niveau déjà à cette époque - entre 3,5 et 3 milliards d'années - équivalent à celui d'aujourd'hui). Durant l'Amazonien, l'ère la plus récente, le niveau d'eau très bas et une activité aquifère faible sont compatibles avec un climat aride tel qu'on peut le déduire des observations géomorphologiques et minéralogiques. Les modèles permettent donc d'expliquer l'évolution du climat à la surface de Mars. Les auteurs concluent que le phénomène irréversible de l'absorption de l'eau de surface par la croûte joue un rôle primordial dans l'habitabilité d'une planète et met également en évidence l'importance des mécanismes de recyclage, comme par exemple la tectonique des plaques (inexistante sur Mars), comme régulateurs du potentiel d'habitabilité de planètes analogues à la Terre. Les données futures issues de l'analyse de nouvelles météorites martiennes et des échantillons collectés par le rover Perseverance fourniront des éléments cruciaux quant à l'évolution de la taille et de la diminution du grand réservoir d'eau martien originel. https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1666.pdf
  9. Martian Moons eXploration

    Dans le cadre du LPSC 2021 et concernant les études sur le rover (ou astromobile en bon français) franco-allemand de la mission MMX devant arpenter la surface de Phobos, deux étudiants de l'ISAE-Supaéro de Toulouse, Laura Passoni et Gérald Imhof, ainsi que la doctorante américaine Cecily Sunday travaillant également dans le même établissement français, présentent leurs tous derniers travaux supervisés par Naomi Murdoch. Ils se sont tous les trois attachés à évaluer le problème de la mobilité d'un tel engin sur la régolithe de la lune martienne dont la gravité à la surface (0,0057 m/s2) est environ 1 700 fois plus faible que sur Terre. Le rover, d'une masse de 25 kg et servant d'éclaireur au module d'exploration/atterrisseur de MMX, sera le premier engin de ce type équipé de roues (4) à se déplacer à la surface d'un petit corps. Equipé de panneaux solaires, le rover aura une durée de vie nominale de 100 jours à la surface de Phobos. L'équipe a donc conçu un banc d'essai simulant l'interaction d'une roue de 21,4 mm de diamètre (fabriquée avec une imprimante 3D) avec la régolithe afin de pouvoir mieux interpréter les images que fourniront deux "WheelCam" montées au-dessus des roues avant et arrière du rover, et donc de définir des techniques de calcul de paramètres de performance (enfoncement des roues, glissades...). https://www.isae-supaero.fr/fr/actualites/un-banc-d-essai-pour-rouler-sur-phobos/ https://www.isae-supaero.fr/fr/actualites/une-bourse-de-these-pour-l-exploration-spatiale/ https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1982.pdf Outre les caméras, le rover sera équipé d'un radiomètre et d'un spectromètre Raman. Lancement de MMX prévu fin 2024 pour une mise en orbite martienne à l'été 2025 et une collecte d'échantillons sur Phobos 2 ou 3 ans plus tard et retour de la capsule vers la Terre mi-2029.
  10. Thomas, 22 avril ! Oups, 23 avril !

    Il prend du galon : Commandant de bord de la Station spatiale internationale pendant la dernière partie de la mission Alpha (environ 1 mois). https://www.numerama.com/sciences/697040-thomas-pesquet-sera-le-premier-commandant-francais-de-lhistoire-de-liss.html
  11. Nouvelles comètes pour 2021

    99P/Kowal 1 dans la constellation du Lion, dans le champ de la galaxie M96, le 12 mars à 21h TU, par Michael Jäger (T300 f/4 + Nikon Z6 modifié, 15 x 150 s). Pseudo noyau de 16" et coma voisine de 40" avec une courte queue de l'ordre de 1'. En encart en bas, une image prise par Jean-François Soulier le 7 mars avec un T300 f/3,8 + CCD ST8-XME, 40 x 120 s - détails: https://lesia.obspm.fr/comets/lib/display-obs1.php?Num=23025). Cette comète périodique de la famille de Jupiter restera de magnitude 17 à 18 pendant plusieurs mois. Découverte par Charles Kowal en 1977 avec le télescope de Schmidt de 1,20 m du Mont Palomar, sa période de révolution autour du Soleil est d'un peu plus de 15 années (dernier périhélie en janvier 2007, prochain en avril 2022 à 4,70 UA). Et une autre image de Michael Jäger datée deux jours plus tard, le 14 mars à 20h09 (T300 f/4, QHY 600, 12 x 150 s) :
  12. Première mise à feu avortée. Pour ceux qui collectionnent les dinosaures :
  13. Actualités de Curiosity - 2013

    Pour les géologues, plusieurs contributions présentées ce jour à l'occasion de la 52e Lunar and Planetary Science Conference (LPSC 2021) lors d'une session (virtuelle) dédiée à l'exploration de Glen Torridon par MSL Curiosity : - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2765.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1519.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2127.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1271.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1502.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2649.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1586.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2405.pdf A propos des études stratigraphiques de la transition argiles-sulfates dans le cratère Gale, Justin Cowart (Stony Brooke univ.) rapporte ces indications exposées par William Rapin (CNRS/IRAP, Toulouse) à partir des observations faites par l'instrument ChemCam/RMI (Daniel, merci de corriger si c'est mal traduit) : - la texture observée de la formation Murray, au pied du contact avec l'unité de sulfates, est habituellement associée sur Terre à l'excavation et la réhydratation lors de périodes d'évaporation - au-dessus se situe une zone sédimentaire à couches tabulaires mélangée à une stratification transversale indiquant la migration de dunes en remontant vers le Mont Sharp - par dessus se trouve un "lit de marquage" (marker bed) que l'on retrouve sur tout le Mont Sharp : une unité d'épaisseur irrégulière essentiellement constituée de blocs rocheux, interprétée comme une surface érodée après l'arrêt de la migration des dunes, indiquant peut-être un changement climatique - l'unité de sulfates occupe l'étage supérieur à cette zone et il est possible que des dépôts en strates horizontales d'origine subaquatique s'y rencontrent à nouveau - la zone des sulfates a donc pu enregistrer la période d'un environnement aride suivie d'une transition vers un nouvel environnement où les dépôts sont contrôlés par des mouvements de la nappe phréatique (similaire à celui rencontré à Meridiani Planum interprété comme une migration de dunes sur une surface d'érosion marquée par la nappe phréatique) Une vue oblique de la région du canyon de Gediz Vallis montrant la stratigraphie au pied du Mont Sharp (le pédiment Greenheugh est la zone en vert, une vaste unité de grès éoliens). Extrait de : https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2019/pdf/2263.pdf (Bryk et al., LPSC 2019) D'après une lecture de John Grotzinger (qui conclut sa présentation par "Dans un environnement comme le cratère Gale, un biote profond est parfaitement envisageable parce qu'en profondeur les roches ont été lourdement fracturées et altérées lorsqu'un lac occupait ce lieu. Des minéraux ayant subit une telle altération (argiles, hématite, etc.) en sont une évidence.") : Suite des présentations "Exploration du pédiment Greenheugh, unité de sulfates et au-delà" au LPSC 2021 : - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2300.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2411.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1569.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2337.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2216.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1479.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1192.pdf - https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1484.pdf Dans l'une des dernières discussions, Ray Arvidson (Dépt. des Sciences de la Terre et planétaires à l'univ. Washington de St Louis) a donné quelques résultats préliminaires des observations effectuées sur le Mont Mercou. Il a précisé entre autre que le spectre CRISM (Compact Reconnaissance Imaging Spectrometer for Mars, spectromètre infrarouge monté à bord de l'orbiteur MRO) de cet endroit est très différent de ceux déjà obtenus par ailleurs et que la campagne de forage in situ promet des résultats très intéressants. Il a également ajouté que Curiosity pourrait s'approcher suffisamment près de la paroi du Mont Mercou pour que l'instrument DAN (Dynamic Albedo of Neutrons, détecteur actif et passif de neutrons dont l'objectif est de détecter la présence d'eau en mesurant l'hydrogène présent jusqu'à 1 mètre sous la surface), situé sur le côté du rover, puisse effectuer des mesures sur l'intérieur de la falaise. Vue prise il y a 15 Sols :
  14. Actualités de Curiosity - 2013

    Une tentative de reconstruction d'un bout de panorama situé au sud-est du rover et à l'est du Mont Mercou, à partir de plusieurs images MastCam (L) brutes, au Sol 3057 :
  15. Astéroïdes géocroiseurs / NEO

    Pour ceux que cela intéresse, l'ESA a relooké son site web sur le Centre de coordination des NEOs (NEOCC = centre opérationnel de défense planétaire de l'ESA) : https://neo.ssa.esa.int/ En dehors de la liste traditionnelle des dizaines d'objets s'approchant à moins de 0,05 UA (7,5 millions de km ou 20 fois la distance Terre-Lune) de notre planète chaque mois, on peut également y retrouver la liste des objets à risque de collision (probabilité calculée non égale à zéro) telle que définie sur l'échelle de Palerme. On peut y voir par exemple l'affreux Apophis avec un risque potentiel d'impact le 12 avril 2068. La colonne IPmax donne la probabilité maximale d'impact (elle est donnée pour 1 sur 917431 pour Apophis, et va sans doute encore diminuer). La colonne PSmax donne la valeur sur l'échelle de Palerme (échelle logarithmique utilisée pour évaluer le risque d'impact d'un objet géocroiseur : préoccupant pour une valeur positive) et la colonne TS la valeur sur l'échelle de Turin : de 0 à 10 selon la probabilité de collision et la valeur de l'énergie cinétique dégagée au moment de l'impact, 0 = possibilité d'impact nulle ou quasi nulle -> cas des météores brûlant dans l'atmosphère), IPcum et PScum donnant les valeurs cumulées. Puis la vitesse de collision lors de la rentrée atmosphérique (si c'était réellement le cas). Le graphe ci-après montre l'historique de la probabilité d'impact calculée pour Apophis (les années passant, une meilleure connaissance de ses paramètres orbitaux ont permis de diminuer cette valeur). Divers outils sont également disponibles, par exemple permettant de visualiser l'orbite de tel ou tel objet (ici Apophis ce 15 mars 2021) : Au passage, pas de nouvelles pour l'instant des résultats de l'observation de l'occultation stellaire par Apophis du 13 mars dernier visible depuis l'Europe.
  16. INSIGHT : sonder l'intérieur de Mars

    La non visibilité des tourbillons de poussières - communs sur Mars - autour du site d'atterrissage "Homestead hollow" d'InSight a été longtemps un phénomène inexpliqué. Pourtant, les signatures de centaines de dust devils ont été enregistrées avec les instruments mesurant pression atmosphérique et ondes sismiques, certains passant même parfois à la verticale de la sonde et dépoussiérant ses panneaux solaires (pas suffisamment hélas). Mais pour que ces tourbillons apparaissent sur les images, il faut qu'une certaine quantité de poussières soit soulevée du sol. https://www.theweathernetwork.com/videoplayer/1942203455001/B1CSR9sVf/6135863604001 https://mars.nasa.gov/news/8433/for-insight-dust-cleanings-will-yield-new-science/?site=insight https://www.nasa.gov/feature/jpl/insight-is-meeting-the-challenge-of-winter-on-dusty-mars De précédentes études menées à partir d'images à haute résolution prises en orbite avec la caméra HiRise de MRO ont permis de repérer dans le voisinage d'InSight des traces de ces vortex, laissant à la surface des traînées plus sombres. Les apparitions de ces phénomènes saisonniers avec les mesures in situ de la direction du vent et de la pression atmosphérique sont corrélées avec une bonne précision. Par exemple : https://www.planetary.org/articles/1111-detecting-dust-devils-with-insight https://mars.nasa.gov/resources/25307/dust-devil-dance/?site=insight https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02963452/document Une étude récente menée par Naomi Murdoch (enseignante-chercheuse britannique à l'ISAE-Supaéro de Toulouse, également responsable du microphone de SuperCam sur Perseverance) et ses collègues a permis de lever en partie le voile sur le mystère de ces tourbillons de poussières invisibles par les caméras d'InSight. Comme sur la Terre, des fluctuations de la pression barométrique sont dues à de petites variations locales du poids de la colonne d'atmosphère. Les vortex ont une pression atmosphérique plus faible en leur centre que sur les bords et donc "aspirent" le sol sur leur passage. La surface subit donc une déformation proportionnelle à son élasticité qui est détectable avec le sismomètre SEIS. Des mesures, il découle que le sol situé juste sous InSight a des propriétés élastiques similaires à celui d'un gravillon dense. En revanche, les trajets des tourbillons détectés par le sismomètre ne se trouvent pas exactement aux mêmes endroits que ceux observés depuis l'espace, suggérant une surface plus dure à l'ouest de la position d'InSight et donc moins apte à être déformée par le passage d'un tourbillon et de créer un signal sismique correspondant. Ces résultats sont compatibles avec les interprétations géomorphologiques de la surface autour de la sonde. Ce qui pourrait aussi expliquer pourquoi les caméras d'InSight n'arrivent pas à enregistrer les tourbillons de poussières dont les traces sont pourtant visibles depuis l'espace. N. Murdoch et al., Constraining Martian Regolith and Vortex Parameters From Combined Seismic and Meteorological Measurements, JGR Planets, Vol.126, Issue 2, February 2021 : https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2020JE006410 PDF téléchargeable sur : https://www.researchgate.net/publication/349091377_Constraining_Martian_Regolith_and_Vortex_Parameters_From_Combined_Seismic_and_Meteorological_Measurements
  17. Rêve ou réalité future ? (un peu rapide quand même le Starship vu de la coupole d'observation panoramique de la Station spatiale internationale). Animation de l'artiste et graphiste Slave Popovski.
  18. INSIGHT : sonder l'intérieur de Mars

    Voyons voyons le résultat sur place... Pas mal, mais pas pile poil sur le câble quand même ! Petits réglages à effectuer. L'Aneto n'a pas encore atteint son point culminant. En tout cas, ça nettoie bien le dôme poussiéreux ! Sol 816, caméra IDC (14 mars 2021). Images NASA/JPL-Caltech. Et avec la caméra ICC : RAWs : https://mars.nasa.gov/insight/multimedia/raw-images/?order=sol+desc%2Cdate_taken+desc&per_page=50&page=0&mission=insight&fbl=816 Emilien Gaudin (Chef de chantier, CNES) :
  19. mars 2020 rover

    En attendant, qui va passer le balai, hein ? (Seán Doran)
  20. mars 2020 rover

    Je pense détenir une autre preuve de la présence de l'eau sur Mars : sur cette vue NavCam de Perseverance prise au Sol 23, on voit très bien à la surface une meule cassée en deux : il y avait là certainement un moulin à eau et ces blocs épars en sont les vestiges ! CQFD. Reste à savoir où est parti le meunier et qu'est-ce qu'il pouvait bien moudre. Hum... Et celui-là, il n'est pas bizarre aussi avec sa tête noircie et cette espèce de coulée-balafre ? Bon sang mais c'est bien sûr ! C'est un reste de cheminée hydrothermale sous-marine !
  21. Nouvelles comètes pour 2021

    Effectivement... patientons. Un début de queue est toutefois déjà visible, mais qu'est-ce ça va donner ? Comme tous ces objets, on peut s'attendre au pire comme au meilleur (remember Kohoutek) Ci-après une image à plus haute résolution de C/2021 A1 (Leonard) par José J. Chambó Bris et M. Serra-Ricart obtenue le 10 mars avec un télescope de 0,80 m (Pico del Teide, Canaries, collaboration Pro-Am) montrant une condensation de 11" et une queue sur 24" vers le sud confirmant les images précédentes : (José J. Chambó, https://cometografia.es/comes/imagenes/) Et son déplacement pendant la séquence d'images :
  22. Le 21 mars 2021 vers 5 heures du matin dans le sud de la France...
  23. mars 2020 rover

    Et voilà, au Sol 22 le panneau ventral est tombé par terre... (images Sherlok/Watson). Percy t'es fort mais tu pleures Sur le cuir de ton rover Là-bas le soleil s'écroule dans l'cratère Percy les filles pour le cœur Comme l'alcool et les révolvers C'est sauter en l'air Tomber par terre, boum (NASA/JPL-Caltech) Et du coup, on peut voir quelques détails de l'intérieur du Sampling Caching System (avec une belle réflexion sur l'objectif d'une HazCam à gauche) : (NASA/JPL-Caltech)
  24. Astéroïdes géocroiseurs / NEO

    Malgré la pandémie mondiale, l'année 2020 a été une année record dans la découverte d'astéroïdes géocroiseurs. 2 958 nouveaux objets ont été catalogués (comme on l'avait écrit précédemment, on a depuis février 2021 dépassé globalement les 25 000 recensés). Le relevé du Catalina Sky Survey (ou CSS) effectué à partir de télescopes situés en Arizona contribue de façon significative à ce décompte avec 1 548 nouveaux NEOs découverts, et ce malgré plusieurs fermetures temporaires à cause d'une part de la pandémie et d'autre part de feux de forêt. Et parmi ceux-ci, la "mini-lune" 2020 CD3 de l'ordre de 3 mètres de diamètre capturée provisoirement par la gravité terrestre et depuis repartie. Le relevé Pan-STARRS effectué depuis Hawaï est également prolifique avec 1 152 nouveaux NEOs détectés, dont 2020 SO qui s'est en fait révélé être non un astéroïde mais un étage de fusée lancée en 1966 et depuis vagabondant dans l'espace. Parmi tous ces astéroïdes, 107 sont passés près de la Terre à une distance inférieure à celle de la Lune. 2020 QG par exemple nous a survolé à 2 950 km au-dessus de l'Océan Indien et 2020 VT4 a fait mieux trois mois plus tard en nous frôlant à seulement 400 km d'altitude. Tous ces objets sont étroitement surveillés car ils constituent pour certains - ceux dont la taille est suffisamment importante - une menace bien réelle pour la Terre et ses habitants. La récente campagne d'observation d'Apophis est un exemple de coopération internationale dans ce domaine. On rappellera aussi l'intérêt de la mission américaine DART (Test de déviation d'un astéroïde double) qui entre dans le cadre de la défense planétaire et qui doit tester l'effet d'un impacteur pour dévier un astéroïde susceptible de frapper la Terre, mission dont le lancement est en principe prévu fin 2021 ou début 2022. https://www.nature.com/articles/d41586-021-00641-8 https://fr.wikipedia.org/wiki/Double_Asteroid_Redirection_Test