vaufrègesI3

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Everything posted by vaufrègesI3

  1. Falcon Heavy : l'Odysée de la Tesla dans l'espace

    https://www.forum-conquete-spatiale.fr/t21309-pollution-lumineuses-des-satellites-starlink-et-reaction-de-spacex Morceaux choisis : (heureusement on a quelques avis discordants) Evidemment, cette situation comporte des inconvénients, qu’il ne faut pas sous-estimer. En première analyse, ce n’est pas bon pour la science. De surcroît, cela complique la perception par l’homme moyen de son environnement cosmique, ce qui n’est pas dépourvu de risques sur le plan culturel. De nouvelles superstitions pourraient apparaître, aussi sottes que celles des platistes. Il faudra les combattre. Mais c’est le prix à payer pour devenir une civilisation multiplanétaire ! Le sujet Starlink et celui de la colonisation de Mars sont liés. Starlink finance le développement du Starship. Si le Starship venait à échouer (ce n’est pas l’hypothèse que je privilégie) le projet Starlink ne pourrait pas être mené à son terme. Les satellites finiraient par retomber. Les astronomes retrouveraient finalement le ciel des années 2010... Mais si le Starship tient ses promesses, la colonisation de Mars se concrétisera un peu comme tous les projets passés de SpaceX : elle prendra du retard, mais elle finira à son tour par aboutir. Dans ses derniers tweets, Elon Musk évoque l'éventualité de la production de centaines de Starships effectuant d’innombrables vols. Est-ce réaliste ? Nous verrons bien. Si tel était le cas, SpaceX pourrait aménager sur la face cachée de la Lune une cité des astronomes amateurs. J’imagine un beau geste commercial, ou éventuellement une obligation qui serait imposée à SpaceX par les États en application du principe pollueur payeur : chaque mois, un Starship acheminerait cent astronomes amateurs gratuitement vers cette cité lunaire et prendrait en charge leurs frais hôteliers ainsi que l’entretien du matériel d’observation. Quant aux astronomes professionnels, ils seront les bienvenus dans la colonie martienne. Ainsi, les problèmes que le Starship créera seront solutionnés par le Starship lui-même. /../ Il y a une autre solution pour résoudre le problème d'observation astronomique causé par Starlink. La solution serait ... Starlink elle même!! Il "suffirait" dans une prochaine génération de satellite Starlink, de les équiper d'un petit télescope ... il pourrait donc potentiellement y en avoir des milliers en orbite. Le temps d'observation pourrait alors être ouvert aux astronomes amateurs ou professionnels. /../ Dans la vie, il vaut mieux à mon avis choisir, accepter le changement, et assumer la nostalgie. On est aussi libre d'être dans le regret et l'amertume. Mais est-ce la meilleure attitude ? Mes grands-parents n'ont pas réagi ainsi quand les pylônes électriques sont entrés dans le paysage de nos montagnes et de nos forêts. Les lignes électriques à haute ou basse tension sont aujourd'hui omniprésentes dans l'environnement et nous n'y pensons que rarement. Nous sommes heureux de bénéficier de l'électricité. Face à une transformation dérangeante, on peut aussi faire valoir un droit à compensation partielle ou totale quand c'est possible (mais ça ne l'est pas toujours). De toute façon, la question de "l'artificialisation" du ciel ne se posera que si la grande astronautique promise par SpaceX entre dans la réalité. Comme je l'écrivais, c'est ce que nous souhaitons, mais ce n'est pas encore gagné. Nous sommes à une époque de grand suspense pour la conquête spatiale et pour l'aventure humaine. /../ Certes les astronomes professionnels ont souvent besoin de temps d'exposition long , mais sur des lucarnes étroites et ce n'est pas le passage rapide d'un satellite artificiel dans le champ de vision du télescope qui va poser problème surtout qu'avec l'IA on peut supprimer cet artefact . Quant aux astronomes amateurs , ils ont tout de même une IN ( intelligence naturelle ) pour faire le tri entre Vénus ou Mercure que l'on peut observer juste avant ou après le lever ou le coucher du soleil et les satellites artificielles de la planète Terre encore éclairés quelques temps.
  2. eVscope, Stellina

    Sur le fait que Roul ait fait des efforts on est d'accord.. aujourd'hui on n'est plus dans le harcèlement et les insultes gratuites, c'est le moins que je/l'on puisse espérer. Le problème qui subsiste, il est vrai nettement moins criant, c'est qu'il donne parfois l'impression de vivre dans un monde parallèle, (interventions énigmatiques, hors sujet, réponse déjà donnée…).. Et ce fil ayant pas déjà mal dérivé, il est bon ici de rappeler l'introduction de Motta : Plusieurs fils ont été proposés (dont un tout récemment) où des débats de principe ont eu lieu, et où ont pu s’exprimer notamment des avis négatifs de principe donc, de la part de certains en particulier qui défendent le visuel. Bon. Tout cela a été dit. Ce que je souhaiterais ici c’est qu’on parle de ces instruments de manière objective, précise, et sans a priori. J’aimerais bien donc que tout le monde respecte une petite contrainte élémentaire : intervenir soit en ayant une connaissance de ces instruments (possession personnelle, démos), soit en ayant des renseignements précis, techniques ou autres. Je mets ce fil dans astro générale et non dans astro pratique. C’est qu’il ne s’agit pas seulement de parler de ces instruments d’un point de vue technique, mais également du point de vue des usages qui en sont faits, de ce que ça change, ou non, à la pratique de l’astronomie amateur. L’idée, qui a été exprimée parfois avec crainte par certains, que ces instruments remplacent les télescopes tels que nous les connaissons, relève très certainement du fantasme, en tout cas à l’heure actuelle, très certainement.
  3. Les méga-constellations de satellites (Starlink etc.)

    Il est "ouvert, désireux de faire ce qu'il faut" depuis mai 2019.. https://www.numerama.com/sciences/521262-elon-musk-promet-de-modifier-les-satellites-starlink-pour-ne-pas-gener-les-astronomes.html … En attendant : "Gwyne Shotwell, le président de SpaceX a d'ailleurs annoncé, le mois dernier, que la société procédera à quelque chose comme 35 à 38 lancements dans le courant de l'année." https://www.futura-sciences.com/sciences/breves/astronomie-spacex-60-satellites-plus-sombre-starlink-711/
  4. Actualités de Curiosity - 2013

    Coucou Anne . Merci ! J'ai donc posté cette version couleur "en avant première" page précédente (14 janvier) J'aimais aussi beaucoup la version originale en noir & blanc (postée le 28 novembre page 138 et le 2 janvier page 141) C'est assez normal dans la mesure où les zones où ont été envoyé Spirit et Oppy ont été choisies selon des données (depuis l'orbite) essentiellement géomorphologiques, puis plus tard spectrales (argile) et géomorphologiques pour Curiosity. Considérant que ces données devaient essentiellement mettre en évidence des zones où l'eau avait coulé, les rovers étaient destinés à trouver des preuves de ces écoulements, en particulier ce type de roches sédimentaires en plaques de grès rencontrées un peu partout .. Spirit et Oppy ont à peu près exploré tout ce qui semblait prometteur et original dans les régions où ils se sont posés, régions constituées de strates volcano-sédimentaires pour Spirit et purement sédimentaires pour Opportunity, malheureusement pour la plupart déposées en milieu aqueux acide. Pour l'essentiel ces roches étaient composée de sulfates.. Mais ces rovers ont aussi traversé des déserts de sable, particulièrement longuement pour Oppy dans son parcours de deux années (terrestre) et demie vers le "cratère Endeavour". Curiosity a très peu gouté au désert de sable, car les risques d'ensablement (avérés) l'ont obligé à affronter des terrains parsemés de roches pointues qui ont pas mal abimé ses roues pendant le parcours vers l'Ouest et le contournement des dunes noires. Ce n'est qu'en septembre 2014 que le rover atteint le plancher du lac antique à "Pahrump Hills" et ses plaques de roches sédimentaires à grains fins (formation Murray) qu'il allait parcourir pendant une bonne part de la montée vers la crête "Vera Rubin" (sachant que les roches sédimentaires de la "formation Stimson" des "Buttes Murray" et du chaotique "plateau Naukluft" étaient d'origine purement éolienne - sans action de l'eau) . Le grès est une roche sédimentaire détritique (débris d'anciennes roches) formée de grains de sable cimentés par de la silice, de la calcite, de l'oxyde de fer ou de l'argile. Selon leur origine et leur histoire, on peut différencier les grès d'après la nature de ses éléments détritiques, la nature du ciment, et le degré de cohésion.
  5. comète , objet celeste entré dans ....

    En fait Musk est un cyborg ???.. C'est ça ????????????? Tout s'explique enfin ...
  6. Actualités de Curiosity - 2013

    Curiosity se déplace à nouveau vers le Sud Après 10 jours d’immobilisation (en partie forcée suite au problème de contrôle d’attitude (désormais résolu), le 24 janvier 2020 (sol 2654) Curiosity s’est enfin dirigé vers le Sud en parcourant environ 40 mètres sur un terrain plat constitué de dalles de grès plus ou moins fracturées. L’objectif immédiat est de se rapprocher du flan Nord du "fronton de Greengheugh" pour en observer la stratigraphie. POSITION AU 24 JANVIER (SOL 2654) : 5,6 Mo - Mise à jour de la Nasa (une fois n'est pas coutume ) PARCOURS GÉNÉRAL DU ROVER DEPUIS L’ATTERRISSAGE & COURBES DE NIVEAUX DANS LA ZONE ACTUELLE : 1,9 Mo - Au 24 janvier 2020 Curiosity a parcouru 21,790 km HAZCAM AVANT - 24 JANVIER 2020 (SOL 2654) : À l'avant au Sud la crête du "fronton de Greengheugh" HAZCAM ARRIÈRE - 24 JANVIER 2020 (SOL 2654) : PANO NAVCAM - 24 JANVIER 2020 (SOL 2654) – Jan van Driel : 8,8 Mo NAVCAM - 24 JANVIER 2020 (SOL 2654) : La crête du fronton droit devant Remparts Nord vers l'Ouest
  7. étoile ALF ORI variable chute baisse

    Extrait du lien fourni par @jfleouf : Tom Polakis : "La pente d'une ligne passant par nos points est de 0,01 mag / nuit, donc sa luminosité devrait tomber au même niveau que Bellatrix le 27 janvier. Si nous continuons d'extrapoler le long de cette ligne, la pauvre Bételgeuse sera aussi faible que Polaris d'ici fin février ."
  8. Actualités de Curiosity - 2013

    Curiosity de nouveau opérationnel ! Le 21 janvier au matin (sol 2351) l’équipe a pu constater que les opérations de récupération du contrôle d’attitude avaient été couronnées de succès. Un plan scientifique d’activité très complet a pu être élaboré en reprenant une grande partie du plan prévu vendredi dernier 17 janvier (sol 2648) qui n’avait pu être mené à bien. Les instruments APXS et MAHLI se sont activés sur deux cibles du substratum rocheux. Était programmée aussi une pléthore de cibles laser ChemCam LIBS, une mosaïque Mastcam de 'Western Butte', des images multispectrales Mastcam sur une cible rocheuse, et des films pour rechercher des nuages et des dust devils tout en documentant les niveaux de poussière atmosphérique. Le plan comprenait également une mesure rare avec l'instrument APXS pour mesurer l'abondance d'argon dans l'atmosphère. Conçu pour des analyses chimiques des roches, l’APXS (Alpha-Particle-X-ray-Spectrometer) s'avère également capable de détecter l’argon dans l’atmosphère de Mars. L’argon (Ar) constitue environ 2 % en volume de l’atmosphère martienne dominée par le dioxyde de carbone - CO2 - (env 95 % de l'atmosphère). Ces mesures fournissent des informations sur la variation de la densité de l’argon dans l’atmosphère. L’argon est un traceur efficace, car des travaux antérieurs ont démontré que le cycle annuel de pression partielle d’argon correspond au débit de condensation attendu entraîné par le dépôt et la sublimation ultérieure d’environ 25 % du CO2 atmosphérique sur les calottes polaires. Durant les hivers polaires, elles sont plongées dans l'obscurité continue,. Quand les pôles sont de nouveau exposés à la lumière du soleil, le dioxyde carbone est sublimé, créant de très puissants vents soufflant jusqu'à 400 km/h. Ces actions saisonnières transportent de grands volumes de poussière et de vapeur d'eau, causant l'apparition de givre et de grands cirrus. On observe donc des variations saisonnières de la fraction relative d'argon par rapport au dioxyde de carbone dans l'air. Le capteur de l'APXS est monté sur le porte-outils situé au bout du bras robotique du rover tandis que l'électronique se trouve dans le corps central du rover. Il peut mesurer cette variation en regardant le ciel pendant que le bras est replié et rangé. Voir l'argon varier au cours de l'année, c'est comme regarder Mars respirer ! PORTE OUTILS EN BOUT DU BRAS ROBOTIQUE : HAZCAM AVANT - 23 JANVIER 2020 (SOL 2653) : Le bras positionne le porte outil sur une cible - Ici c'est la caméra MAHLI qui opère tout près de la roche : NAVCAM - 23 JANVIER 2020 (SOL 2653) : Vue de dessus : considérant l'orientation du porte outil il s'agit ici d'une opération de brossage de la roche MAHLI -23 JANVIER 2020 (SOL 2653) : Gros plan sur une roche couverte de nodules CHEMCAM - RMI - 23 JANVIER 2020 (SOL 2653) : Encore plus de nodules Tirs laser entre les nodules
  9. Trois rovers se rendront sur Mars en 2020. Ce que vous devez savoir sur leurs missions. Pour la première fois, la Chine, l'Europe, la Russie et les États-Unis pourraient avoir des véhicules fonctionnant simultanément sur la planète rouge Par Sam Lemonick 21 juillet 2019 Source : https://cen.acs.org/content/cen/articles/97/i29/3-rovers-head-Mars-2020.html Traduction : Mars atteint son point le plus proche de la Terre tous les 26 mois. Si vous souhaitez envoyer un vaisseau spatial sur la planète rouge, c'est le moment de le faire. Et c’est exactement ce que les États-Unis, l’Europe, la Russie et la Chine prévoient de faire l’année prochaine. Trois missions devraient décoller en juillet 2020: Mars 2020 de la NASA; ExoMars 2020, géré conjointement par l’Agence spatiale européenne (ESA) et le russe Roscosmos; et la mission Mars 2020 de l'Administration spatiale nationale de Chine (CNSA). La première mission vise à recueillir, pour la première fois, des échantillons martiens qui seront un jour renvoyés sur Terre. Le second projet prévoit de forer plus profondément que jamais sous la surface de Mars, où des signes de vie pourraient attendre. Le troisième serait le premier atterrissage réussi de la Chine sur Mars. Comme la plupart des rovers martiens, tous les trois sont équipés d'instruments capables d'analyser les molécules présentes dans les roches et le sol pour rechercher des preuves que la vie existait - ou existe - sur la planète rouge. La mission de la NASA testera également du matériel pouvant être utilisé lors d’une future mission dans laquelle des êtres humains se déplaceront sur Mars. Si les trois rovers atterrissent avec succès et sont en mesure de renvoyer des données aux scientifiques de la Terre, ils seront les 9ème, 10ème et 11ème vaisseaux spatiaux à le faire. «Il reste encore beaucoup à explorer», déclare Kirsten Siebach, géologue à l’Université Rice, qui étudie Mars. Atterrissage Le voyage sur Mars prend environ 7 à 10 mois. Après avoir échappé à la pesanteur terrestre, chaque engin spatial continuera à s’éloigner du soleil jusqu’à ce qu’il intercepte Mars. Alors que le lancement et le long voyage posent leurs propres dangers - plusieurs missions passées ont échoué au cours de ces étapes - le vrai truc pour mettre un rover sur Mars est de réussir l'atterrissage.HX-1 Un vaisseau spatial parcourt environ 20 000 km / h, soit 10 fois plus vite qu'une balle explosive, quand il frappe l’atmosphère de Mars. Bien que l'atmosphère soit mince, elle contient toujours des molécules d'air causant des frictions. Un bouclier thermique protège l’engin spatial lorsqu’il plonge à travers ces molécules vers la surface. Et un parachute spécialement conçu ou des parachutes se déploient pour ralentir l’engin spatial à des centaines de kilomètres à l’heure alors qu’il continue de chuter vers Mars. Les roquettes tirent alors pour ralentir davantage l'engin. Tout cela prend environ 7 minutes. Mais comme il faut 14 minutes à un signal pour voyager entre Terre et Mars, la NASA appelle ces 7 minutes les «7 minutes de terreur», pendant lesquelles les scientifiques ne savent pas si le vaisseau spatial l’a fait en toute sécurité. La temporisation signifie également qu'un engin doit trouver son chemin vers la surface sans contrôle humain. Après le tir des roquettes, les trois missions vont diverger quant à la manière dont elles mettront leur art au sol. La CNSA va gonfler des airbags pour amortir l’impact de son appareil, selon des informations parues dans la presse. Celles-ci se dégonfleront après l'atterrissage, permettant ainsi à HX-1 (également appelé orbiteur de télédétection global Mars et petit mobile) de se déployer. Les précédents rovers de la NASA Spirit et Opportunity avaient utilisé cette méthode en 2004. HX-1 Roscosmos lancera les roquettes de sa plateforme d’atterrissage de Kazachok jusqu’à ce qu’elle se trouve à quelques mètres de la surface. Le rover Rosalind Franklin devrait ensuite atterrir doucement sur des jambes amortissantes. La précédente mission ESA-Roscosmos sur Mars, en 2016, avait utilisé un atterrisseur russe similaire, Schiaparelli, qui s'était écrasé sur la planète à plus de 500 km / h en raison d'une combinaison de problèmes matériels et informatiques. Le rover 2020 de la NASA, qui n’a pas encore été nommé, utilisera un système de “sky crane” semblable à celui qu’il avait utilisé en 2012 pour poser le rover Curiosity, qui fonctionne toujours sur Mars. À environ 20 m de la surface, l’atterrisseur posera les câbles doucement sur le sol, puis se détachera et s’envolera pour atterrir à une distance de sécurité. La NASA utilisera les nouvelles technologies pour choisir un site d'atterrissage sécurisé. Les caméras et les ordinateurs embarqués comparent la surface aux cartes photographiques stockées de Mars et l’engin devrait pouvoir changer de site d’atterrissage à la volée s’il se dirige vers des obstacles dangereux. À la surface L’une des caractéristiques déterminantes de la Terre est son activité géologique. La tectonique des plaques, les volcans et l’eau liquide ont façonné et remodelé notre planète au cours de son histoire. Mars est beaucoup moins active, mais les scientifiques sont convaincus qu’elle possédait tout ou partie de ces caractéristiques dans son passé. Ces types d’activités géologiques anciennes, associés aux impacts de météorites, ont produit une diversité de caractéristiques sur la planète rouge, notamment les montagnes, les fonds de lacs, les vallées fluviales et les deltas. Cela donne aux rovers beaucoup à explorer. "Ce que vous voulez faire, mais vous ne pouvez pas vous le permettre, c'est envoyer de très nombreux appareils dans de nombreuses parties de la planète", a déclaré Raymond E. Arvidson, géologue à l'Université de Washington à St. Louis. La meilleure chose à faire, dit-il, est de choisir divers sites d'atterrissage pour quelques missions à explorer. Spirit a trouvé des preuves d'une source thermale ou d'un évent volcanique dans un cratère sur Mars. L'occasion a trouvé des minéraux qui se forment lorsque l'eau coule dans une plaine dégagée. Curiosity a atterri dans un autre cratère, appelé le cratère Gale, qui aurait probablement contenu un lac peu profond qui s'est évaporé au fil du temps, laissant derrière lui des roches sédimentaires et d'autres minéraux. Le rover Mars 2020 de la NASA - qui sera nommé dans un concours plus tard cette année - va atterrir dans le cratère de Jezero, dont l’attraction principale est un ancien delta où une rivière s’était autrefois écoulée dans un grand lac ou une grande mer. Timothy A. Goudge, géologue à l'Université du Texas à Austin, explique que la nouvelle technologie d'atterrissage de l'engin Mars 2020 est ce qui nous permet d'explorer ce site, découvert seulement en 2005. «Jezero était en course pour le atterrissage pour Curiosity »en 2012, dit-il, mais il n’a pas été retenu, car les chances d’atterrir en toute sécurité étaient trop faibles à l’époque. Goudge, qui a plaidé pour Jezero lors du processus de sélection du site d'atterrissage de la NASA en 2020, a déclaré que le site avait un certain nombre de caractéristiques géologiques à explorer. Le delta aurait recueilli de l'eau et des sédiments dans un bassin versant de 30 000 km2, dit-il. Cela en fait un bon endroit pour rechercher des signes de vie. "Les deltas sont de bons collecteurs de matière organique sur la Terre", alors il est raisonnable de penser qu'ils collecteraient des molécules organiques sur Mars, explique Goudge. On pense également que le bassin versant de Jezero contient des sédiments entraînés en aval de certaines des plus vieilles croutes martiennes. Goudge note que les orbiteurs de Mars - les engins spatiaux qui entourent la planète rouge plutôt que de s'y poser - ont détecté de loin des affleurements de minéraux carbonatés à Jezero. Les scientifiques pensent qu'il est probable que le dioxyde de carbone atmosphérique ait créé un effet de serre qui a transformé Mars d'une planète humide en une planète sèche, telle que nous la connaissons aujourd'hui. Ce CO2 devrait être stocké dans ces minéraux carbonatés, mais les rovers n’ont pas trouvé les preuves physiques pour étayer la théorie. La mission Mars 2020 de la NASA pourrait changer cela et répondre à des questions sur l’histoire de la géologie et de l’atmosphère de la planète. «Nous espérons voir quelque chose de fondamentalement différent de ce que nous avons pu voir d’orbite ou de la collection de météorites martiennes», déclare Kenneth A. Farley, géochimiste à la California Institute of Technology, chargé de projet pour la NASA pour Mars 2020. La Chine n’a pas annoncé où son rover atterrira, mais la mission européenne et russe ExoMars vise une plaine appelée Oxia Planum. Semblable au cratère de Jezero, on pense qu'Oxia Planum contient les dépôts d'argile laissés par un ancien plan d'eau qui coulait de plusieurs voies navigables. Selon Jorge Vago, responsable scientifique du projet à l'ESA pour la mission ExoMars 2020, le site est à la sortie de l'un des plus grands systèmes de voies navigables anciennes sur Mars. Ce qui rend Oxia Planum particulièrement intéressant pour Vago, c’est que la masse d’eau a pu être très grande, même un océan. L’existence passée d’un océan martien septentrional n’a toujours pas été prouvée, mais Vago pense que le véhicule ExoMars, nommé Rosalind Franklin, pourrait aider à faire avancer les choses. Mais malgré toute la géologie intéressante sur le site, Vago dit que cette mission sera axée sur la chimie. «La mission ne concerne pas la géologie, ni les minéraux. La mission concerne la chimie. »Spécifiquement, la preuve chimique de la vie. Forage Le rover Rosalind Franklin cherchera des biosignatures, terme désignant toute une série de signes indiquant que la vie aurait pu exister sur Mars. Ces signes comprennent des fossiles de cellules, des structures minérales associées à des organismes, des produits chimiques présents dans des créatures vivantes et des molécules modifiées par des processus biologiques. «Les biosignatures qui pèsent le plus sont des substances chimiques», déclare Vago. La surface de Mars n'est pas un lieu convivial pour les molécules organiques. L’atmosphère de la Terre et les molécules de blindage des champs magnétiques sur notre planète contre les rayonnements nocifs solaires et cosmiques. Mars a peu de protection. Les missions passées sur Mars n’ont pas permis de découvrir de nombreuses molécules organiques complexes dans les régions de la surface de Mars qu’elles ont explorées. C'est pourquoi Rosalind Franklin cherchera ailleurs. Rosalind Franklin Un de ses instruments clés est une foreuse capable de collecter des échantillons à 2 m sous terre. L'idée est de déterrer des échantillons protégés à la fois des radiations et des oxydants tels que les perchlorates dans l'atmosphère de Mars, explique François Raulin, professeur émérite de l'université Paris-Est Créteil Val de Marne et chef de l'équipe qui a conçu le Mars Organic Molecule Analyser. (MOMA), qui analysera les échantillons forés. Reste à savoir si l’exercice peut fonctionner comme prévu. L’atterrisseur InSight de la NASA, qui a atterri sur Mars en 2018 et est toujours en opération, dispose également d’un foret destiné à creuser jusqu’à 5 m de profondeur. Mais sa conception est différente. Il est descendu à environ 30 cm avant de cesser de bouger, probablement parce qu’il s’est heurté à un rocher. Les scientifiques et les ingénieurs essaient encore de savoir quoi faire. MOMA effectuera l’analyse chimique de la mission ExoMars 2020. Il peut utiliser ses fours ou ses lasers pour volatiliser des molécules dans des échantillons mis en place par la perceuse, puis analyser ceux utilisant la chromatographie en phase gazeuse / spectrométrie de masse et la spectrométrie de masse à désorption laser. Les instruments GC / MS et LD-MS partagent un seul piège à ions linéaire pour effectuer l'analyse. Il a été sélectionné pour sa petite taille et sa capacité à fonctionner à la pression ambiante de Mars plutôt que sous vide poussé. MOMA contient également des réactifs qui peuvent être ajoutés aux échantillons pour volatiliser les molécules chirales, les petites molécules comme les acides aminés et les très grandes molécules intactes. L'ensemble du programme MOMA est une collaboration entre des scientifiques français, allemands et américains. L’équipe de Raulin a fourni le chromatographe en phase gazeuse, l’équipe allemande, l’appareil de désorption au laser et l’équipe américaine, le spectromètre de masse et la pompe à vide. Fred Goesmann, chercheur principal du MOMA et scientifique à l’Institut Max Planck de recherche sur le système solaire, explique que les différents groupes ne considèrent pas les instruments comme distincts. Les chercheurs ont conçu MOMA «pour qu’il ne puisse pas être divisé», dit-il. Néanmoins, utiliser les données de MOMA pour tirer des conclusions sur la vie sur Mars ne sera pas simple. "Même prouver qu'il y a une vie chimique sur Terre ici n'est pas facile", dit Goesmann. Des membres de l’équipe de MOMA ont pratiqué sur des roches terrestres et il a déclaré: «Il est extrêmement difficile de dire si une molécule carbonée est biotique ou abiotique.» L’équipe cherchera donc ce qu’il décrit comme une chaîne de preuves. Un élément de preuve est constitué par les molécules chirales. «Si nous trouvons sur Mars un énantiomère pur, c'est une très bonne indication de la présence de la vie», déclare Raulin. C’est parce que la biologie, du moins sur Terre, favorise un énantiomère par rapport à l’autre d’une molécule donnée. Cela est vrai pour l'ADN et pour les acides aminés. En plus de la chiralité, les preuves pourraient prendre la forme de la longueur de la chaîne moléculaire. Goesmann fait remarquer que la biologie a tendance à ajouter deux atomes de carbone à la fois lors de la synthèse de composés, de sorte que voir un motif de molécules de longueur égale ou impaire pourrait être une biosignature. MOMA est le dernier instrument d'une chaîne qui commence par l'exercice. Le premier instrument est l'imageur multispectral de Mars pour les études de subsurface (Ma_MISS). Ce spectromètre collecte les données d’une fenêtre de quelques millimètres de large sur le côté du foret. Maria Cristina De Sanctis de l'Institut national italien d'astrophysique, responsable de l'équipe en charge de Ma_MISS, explique que cela aidera à guider la collecte d'échantillons, par exemple en identifiant les minéraux susceptibles d'être liés à des molécules organiques. Et elle dit que si MOMA détecte des molécules organiques, Ma_MISS sera en mesure de fournir un contexte d'où elles viennent, ce qui pourrait aider à tirer des conclusions quant à savoir si elles provenaient d'un organisme. Après analyse par Ma_MISS mais avant MOMA, les échantillons sont analysés par un spectromètre à infrarouge, qui sera utilisé pour déterminer la composition et l’origine des minéraux, et par un spectromètre Raman. Selon Raulin, les spectres Raman sont un bon moyen pour rechercher des molécules organiques. «Si nous voyons clairement les matières organiques provenant de IR et de Raman, nous savons qu'il y a des choses importantes» dans l'échantillon, dit-il. Vago est certain que Rosalind Franklin trouvera des molécules organiques. Il dit que les chances de trouver quelque chose qui suggère la vie, cependant, est d'environ 50-50. "Rappelez-vous, nous parlons de quelque chose qui aurait pu être vivant il y a 4 milliards d'années", dit-il. Sur la Terre, quelque chose que cet âge serait trop dégradé pour être détecté, ajoute Vago, mais le froid de Mars, la préservation des températures et une plus grande quiétude géologique récente signifient que les scientifiques pourraient avoir de la chance. Retour d'échantillon Le rover de la NASA recherchera également des signes de la vie passée, mais pas de la même manière. L’Université de Washington à Arvidson, à Saint-Louis, décrit un arc d’exploration de Mars qui a débuté dans les années 1970 avec les atterrisseurs Viking, sur lesquels il a travaillé. Ces atterrisseurs ont prélevé des échantillons de sol dans l’espoir de trouver des microbes. Selon Arvidson, l’enthousiasme suscité aux États-Unis par l’exploration de Mars s’est rapidement dissipé quand il est devenu évident qu’il n’y avait aucune preuve d’activité biologique dans le sol. Mars Global Surveyor, en orbite dans les années 1990, a suscité un nouvel intérêt pour l’étude de la géologie martienne, et les prochains robots, Spirit et Opportunity, s’occupaient essentiellement de la géologie robotisée. La mission de Curiosity a examiné le rôle de l’eau sur Mars et a évolué afin d’explorer l’habitabilité passée de la planète. Toutes ces missions avaient à leur bord l'équipement analytique nécessaire pour répondre à ces questions sur place. La mission Mars 2020 de la NASA sera différente. «Nous pensons en savoir assez sur la planète maintenant» pour collecter des échantillons, puis les renvoyer sur Terre pour analyse, explique Arvidson. L’idée est que les scientifiques peuvent analyser des échantillons martiens d’une manière que les rovers ne peuvent pas. "Nous pouvons faire beaucoup avec nos rovers sur Mars, mais il y a des choses que nous ne pouvons pas faire avec un robot sur Mars", explique Siebach, de l'Université Rice. Mars 2020 Elle souligne également que les échantillons restitués resteraient disponibles pendant des décennies sur Terre, ce qui permettrait de nouvelles analyses à mesure que l'équipement s'améliore ou que de nouvelles questions se posent. «Nous sommes toujours en train d’apprendre des choses à partir d’échantillons d’Apollo», a-t-il déclaré. En plus d’effectuer des expériences similaires à d’autres missions sur Mars, le robot Mars 2020 de la NASA collectera au moins 20 noyaux de la taille d’un crayon forés dans des roches martiennes, les scellera dans des tubes et les stockera. Ce qui vient ensuite n’est qu’une hypothèse, mais les scientifiques sont convaincus que la NASA financera une mission visant à récupérer ces échantillons. L'administrateur de la NASA, Jim Bridenstine, a déclaré cette année que l'agence s'était engagée dans une mission de retour d'échantillons, et la Chambre des représentants américaine a approuvé un projet de loi visant à financer des recherches en cours sur la manière exacte dont la NASA va procéder. Une proposition, en collaboration avec l'ESA, enverrait un atterrisseur supplémentaire sur Mars, avec un petit mobile pour récupérer les échantillons mis en cache et une fusée pour les propulser sur l'orbite de Mars. Là, les échantillons seraient transférés à un orbiteur qui pourrait les renvoyer sur Terre. Les scientifiques de la NASA avaient évoqué le lancement de ces missions à la fin des années 2020, mais Michael Meyer, chercheur principal de la NASA pour l’exploration de Mars, a déclaré lors d’une réunion sur l’exploration de Mars tenue au printemps que les contraintes budgétaires rendent le lancement de 2031 plus réaliste. Et si la mission de retour n’a jamais lieu ou si elle ne ramène pas les échantillons? «Si, pour une raison quelconque, nous ne les récupérons jamais, la mission n’est en aucun cas un échec», déclare Arvidson. Les données recueillies lors des expériences menées à la surface de Mars contribueraient néanmoins à améliorer notre compréhension de Mars. Comme Rosalind Franklin, le rover Mars 2020 de la NASA emportera plusieurs instruments pour l’aider à rechercher des endroits appropriés pour collecter des échantillons et fournir un contexte à leur sujet. L'instrument d'analyse des environnements habitables avec Raman et Luminescence pour les substances organiques et chimiques, ou SHERLOC, comprend un spectromètre Raman et de fluorescence à ultraviolets profonds pouvant caractériser les minéraux et les molécules organiques. Luther Beegle du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, responsable de l’instrument, a déclaré que, lorsqu’un échantillon martien est analysé un jour sur Terre, «il sera agréable de corréler ce que nous avons vu, ce que les laboratoires voient, quel est le contexte géologique. C’est quelque chose que nous attendions avec impatience. »Les instruments devraient également être en mesure de déterminer si les substances organiques détectées par l’atterrisseur sont natives de Mars ou proviennent d’un météorite qui a bombardé Mars. Une grande partie de ce que le rover Mars 2020 emportera sur Mars est similaire à ce qui a été fait auparavant, mais elle prend un instrument totalement différent. «Nous voulons démontrer que nous pouvons changer le CO2 en O2», déclare Michael Hecht de l’observatoire Haystack du Massachusetts Institute of Technology. L’expérience d’utilisation des ressources in situ sur l’oxygène de Mars (MOXIE), dont il est responsable, fonctionne comme une pile à combustible inversée, explique-t-il. Il utilise l'électrolyse pour diviser le CO2 en ions CO et oxygène. Une membrane sépare ensuite les ions oxygène lorsqu’elle est chauffée à 800 ° C, et ces espèces se combinent pour former des molécules d’oxygène diatomiques. «As-tu vu le martien?» Demande Hecht. "MOXIE est l'oxygénateur" dans ce film. Contrairement à ce film, où le personnage principal utilise l’oxygénateur pour créer de l’oxygène afin de respirer, le principal objectif de MOXIE est de démontrer qu’il peut produire de l’oxygène pour alimenter le voyage de retour des futurs explorateurs de Mars. Selon Hecht, une fusée capable de lancer un équipage et son équipement en orbite depuis Mars aurait besoin d’être propulsée par environ 7 tonnes de méthane et 27 tonnes d’oxygène. Obtenir tout cet oxygène sur Mars nécessiterait de nombreux lancements, mais si une machine comme MOXIE était envoyée à l'avance, elle pourrait produire l'oxygène requis pour un voyage de retour sur plusieurs années. MOXIE est censé produire environ 10 g d'oxygène par heure. Trois rovers Le rover chinois constituera une deuxième tentative d'atteindre Mars, après qu'une tentative conjointe avec la Russie se soit écrasée en 2012 avant de quitter l'orbite Terrestre. HX-1 serait équipé d’un spectromètre à répartition au laser monté sur mât, similaire à la ChemCam sur Curiosity et à la Supercam sur le rover Mars 2020 de la NASA. Les Chinois ont "fait beaucoup pour imiter la ChemCam sur Curiosity, comme nous le faisons, donc ce sera amusant de comparer", a déclaré Roger Wiens du Laboratoire national de Los Alamos, le chef de l'équipe SuperCam. Comme le rover Mars 2020 de la NASA, le HX-1 sera également doté d’un radar pénétrant dans le sol, qui peut révéler des caractéristiques géologiques profondes de plusieurs mètres. L'orbiteur qui accompagnera HX-1 to Mars transportera également un instrument à détection de méthane. Le méthane peut être un produit d'activité biologique et a déjà été détecté sur Mars, bien que sa source reste un mystère. La CNSA a annoncé son intention de lancer le rover l'année prochaine, mais les médias ont fait état de problèmes avec la fusée de transport lourd qu'elle a l'intention d'utiliser pour son lancement. L’agence a indiqué qu’elle pourrait déplacer la mission en 2022 si elle n’était pas prête l’année prochaine. Si la Chine réussit, ce ne sera que la quatrième nation à atteindre Mars. Et si les États-Unis, l'Europe et la Chine réussissent, ce sera la première fois que trois rovers opéreront simultanément sur la planète rouge, sans parler de trois rovers de différentes nations. Leur succès donnera également aux scientifiques des informations inédites sur la planète. Les nouvelles expériences sur Rosalind Franklin et le rover Mars 2020 de la NASA pourraient répondre aux questions sur Mars de différentes manières. Et même si ces plans ambitieux ne se concrétisent pas, les trois rovers vont collecter des données sur des sites que les scientifiques n’ont jamais explorés auparavant, ce qui suscitera leur enthousiasme. "Le fait qu'il y ait trois rovers en route vers Mars est incroyable", déclare Wiens. «Le succès de l’un d’eux n’est pas assuré. C’est toujours très risqué. Mais je peux imaginer les conférences scientifiques qui découleraient de la présence de trois rovers dans trois différentes parties du monde. »
  10. Falcon Heavy : l'Odysée de la Tesla dans l'espace

    Qu’au niveau des grandes institutions de l’astronomie (l’UAI en tête), personne n'ait réellement anticipé les problèmes qu'allaient poser ces constellations, peut rendre perplexe en effet.. Ce qui peut interpeler quelque peu aussi, c'est que l'opérateur de Starlink puisse prétendre avoir été – je cite : "très surpris" par la magnitude de ses satellites .. La réalité c’est qu’ils s’en contrefoutent royalement. Fondamentalement, je l'ai écris plus haut, quelle que soit la réelle nuisance à venir de ces gigantesques constellations (pour le moins plutôt inquiétante), on est face au rouleau compresseur d’intérêts en passe de devenir colossaux, intérêts industriels, commerciaux et politiques.. De toute façon, pour la plupart de ces sociétés et acteurs de ces intérêts, le "gentil" microcosme des sciences fondamentales que représente l'astronomie n’aura qu’à se démerder avec ça. Et puis ces sociétés ne cessent de claironner que, de leur côté elles sont droites dans leurs bottes : elles travaillent véritablement pour le bien de l’humanité ! Bref, même sans smartphone, vous êtes tous des ingrats.
  11. étoile ALF ORI variable chute baisse

    Oui.. attendons que le temps se dévide..
  12. mars 2020 rover

    Moi non plus .. Je vais t'aider : Terre promise ..
  13. Falcon Heavy : l'Odysée de la Tesla dans l'espace

    Pendant ce temps… le délire continue, relayé plutôt complaisamment sur Futura : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exploration-spacex-elon-musk-promet-million-personnes-mars-2050-79254/ Je cite (c'est moi qui surligne) : Dans une série de tweets, Elon Musk a dévoilé ses plans de colonisation de Mars et expliqué comment envoyer un million de personnes sur la Planète rouge d'ici 2050. Pour peupler Mars, Musk prévoit d'utiliser 1.000 Starship qui seront lancés à chaque fenêtre de tir, environ tous les 26 mois. Comme à son habitude, le patron de SpaceX est un éternel optimiste, voire un peu trop en avance sur son temps !" En avance je sais pas, mais complètement à l'Ouest ça c'est clair.. Morceaux choisis : - "Cette idée de faire de l'humanité une espèce interplanétaire n'est pas une lubie." Allo, docteur !?.. On a une urgence.. - "Dans sa version habitée, ce véhicule sera capable de transporter une centaine de passagers à destination de Mars - ou d'horizons encore plus lointains". Entre autres sur les satellites de Saturne et Jupiter, bien sûr, sans problème. - "Certains pointeront l'extravagance du personnage" On s'demande, les gens sont vraiment méchants.. Enfin le pompon : - "Cela dit, l'idée d'essayer de coloniser Mars, au cas où quelque chose tournerait mal sur Terre, est bien plus réaliste qu'elle n'y paraît." Mais comment peut-on encore écrire de telles âneries ????… COMMENT !!??????
  14. mars 2020 rover

    Poétique comme "Terre promise", un classique hein.. Enfin si vous voyez ce que je veux dire Une double : La Terre Promise et le passage de la mer Rouge. Sinon ch'ai pas, rien de vraiment transcendant dans cette liste.. Peut-être "Clarity" ??.. ça "claque" assez bien ce nom..
  15. Falcon Heavy : l'Odysée de la Tesla dans l'espace

    Oui.. et de toute façon, avec sa société Neuralink, il va bientôt être chargé de remettre de l'ordre dans nos cerveaux de primates attardés :
  16. Actualités de Curiosity - 2013

    Curiosity a perdu son contrôle "d'attitude" Quelques nouveau soucis pour le rover, immobilisé à l'emplacement atteint le 14 janvier 2020 (sol 2645) Mise à jour du 20 janvier 2020 par Dawn Sumner, géologue planétaire à l'Université de Californie Davis : Savoir où se trouve notre corps nous aide à nous déplacer dans le monde. Nous savons si nous sommes debout ou assis, si nos bras sont déployés ou à nos côtés (ou pour certaines personnes, pas du tout là). Cette conscience corporelle est essentielle pour rester en sécurité. Les rovers doivent également savoir où se trouve leur corps par rapport à leur environnement. Curiosity stocke son attitude corporelle dans sa mémoire, des choses comme l'orientation de chaque articulation, quel instrument à l'extrémité de son bras pointe vers le bas et la proximité de l'APXS avec le sol. Il stocke également sa connaissance de l'environnement, des éléments tels que la raideur de la pente, où se trouvent les gros rochers et où le substrat rocheux qui dépasse de manière dangereuse. Curiosity évalue ces informations avant d'activer un moteur pour s'assurer que le mouvement peut être exécuté en toute sécurité. Lorsque la réponse est non - ou même peut-être pas - Curiosity arrête le processus sans activer le moteur. Cette approche conservatrice aide à empêcher Curiosity de cogner son bras sur des rochers, de conduire sur quelque chose de dangereux ou de pointer une caméra non protégée vers le soleil. Ces contrôles de sécurité nécessitent une connaissance précise de la position du rover dans son environnement et sont un élément essentiel des bonnes pratiques d'ingénierie. Ainsi ils ont gardé Curiosity en sécurité au fil des ans. À mi-chemin de sa dernière série d'activités, Curiosity a perdu son orientation. Une certaine connaissance de son attitude n'était pas tout à fait correcte, il n'a donc pas pu faire l'évaluation de sécurité essentielle. Ainsi, Curiosity a cessé de bouger, se figeant jusqu'à ce que sa connaissance de son orientation puisse être récupérée. Curiosity continue de nous envoyer des informations, nous savons donc ce qui s'est passé et pouvons élaborer un plan de rétablissement. C'est exactement ce que nous avons fait aujourd'hui: les ingénieurs de l'équipe ont élaboré un plan pour informer Curiosity de son attitude et confirmer ce qui s'est passé. Nous voulons que Curiosity retrouve sa capacité à effectuer ses contrôles de sécurité, et nous voulons également savoir si nous pouvons faire quelque chose pour éviter un problème similaire à l'avenir. Cette approche permet de garder notre rover en sécurité. PANO MASTCAM - Images des 12 ET 14 JANVIER 2020 (SOL 2643 et 2645) -Jan van Driel : Le fossé nommé "Galy"
  17. Actualités de Curiosity - 2013

    Merci @Motta Ce n'est pas vraiment le lieu pour ça.. Mais je ne résiste pas à citer de nouveau Omar Khayyam ainsi que les commentaires particulièrement pertinents de J.P. Luminet : J’entends dire que les amants du vin seront damnés. C’est un mensonge évident. Si les amants du vin et de l’amour vont en Enfer, Alors le Paradis est aussi vide que la paume de ma main Donc, bois du vin… C’est lui la vie éternelle, C’est le trésor qui t’est resté des jours de ta jeunesse : La saison des roses et du vin, et des compagnons ivres ! Sois heureux un instant, cet instant c’est ta vie. Bois du vin, car tu dormiras longtemps sous la terre Seul sans ami, sans camarade et sans femme ; Surtout, ne dévoile ce secret à personne : Les tulipes fanées ne refleurissent jamais. J. P. LUMINET : Omar Khayyam est considéré comme l’un des plus grands astronomes et mathématiciens du Moyen-Âge – il a notamment dirigé l’Observatoire de Boukhara – était fondamentalement un sceptique, et il a beaucoup raillé la prétention des savants à vouloir déchiffrer seuls l’énigme du ciel. Pour Khayyam, l’homme n’est qu’un pion sans importance sur l’échiquier cosmique. Mieux vaut donc s’adonner aux plaisirs éphémères mais certains du vin et de l’amour. 464 de ses quatrains sont ainsi dédiés au vin ! Mille ans plus tard, ces réflexions philosophiques paraissent toujours d’une sage actualité, du moins en ce qui concerne l’usage du vin et de l’amour. Même si je crains personnellement que dans un futur déjà en préparation, les chantres d’une future société Orwellienne à la Big Brother et à la pensée correcte, qui agissent et sévissent déjà plus ou moins dans l’ombre tout autour de nous, tenteront d’interdire les usages non normés (selon leurs propres critères, notamment transhumanistes) du vin et de l’amour. Pour ma part, en tant que chercheur professionnel, tout en gardant raison sur les limites de l’investigation scientifique, je ne partage pas la vision désabusée qu’Omar Khayyam se faisait de la recherche scientifique. Certes, nous ne savons encore pas grand chose des mystères de l’univers, mais au moins nous en savons déjà beaucoup plus qu’il y a mille ans. Nous en savons même beaucoup plus qu’il y a seulement 50 ans, tant les progrès des théories et des technologies d’observation ont été fulgurants. Et comment ne pas s’enthousiasmer pour les récentes découvertes d’exoplanètes, de trous noirs, d’ondes gravitationnelles ? Pour rattacher des récentes découvertes astronomiques à la présente fête des Vendanges de Montmartre, savez-vous par exemple que les développements de l’astronomie dite infra-rouge a récemment permis de mieux étudier la composition chimique du milieu interstellaire – cette matière gazeuse et diffuse qui remplit l’espace entre les étoiles, et dont vous venez d’apprécier sans doute les splendides images. Hé bien il s’avère que ce milieu interstellaire n’est pas seulement rempli d’atomes simples comme l’hydrogène ou le fer, mais de molécules carbonées complexes. En particulier, l’espace est un énorme réservoir d’alcool éthylique – dont la formule chimique, C2H5OH, montre qu’il s’agit déjà d’une molécule complexe. On a ainsi estimé que dans chaque grand nuage d’hydrogène de notre Galaxie il y avait l’équivalent en alcool de dix milliards de milliards de milliards de bouteilles d’armagnac !
  18. Actualités de Curiosity - 2013

    Pour les Viking, j'imagine que la controverse ne cessera jamais, quels que soient les résultats à venir.. Ces perceurs maladroits des perles du savoir Ont dit de l’univers tout ce qu’ils ont cru voir; Ils n’ont fait, ignorants du mystère du monde, Qu’agiter le menton avant le grand sommeil noir. Omar Khayyam - astronome, mathématicien et poète persan (1048 et 1131) (cité dans son blog par J. P. luminet)
  19. Falcon Heavy : l'Odysée de la Tesla dans l'espace

    Il n'est question en effet que de "réduire" cette luminosité.. avec un pot de peinture de chez Casto .. Mais quid des panneaux solaires responsables d'une bonne part de ce problème.. Un expert de ces questions que j'ai cité plus haut a déclaré " Ils parviendront peut-être à réduire un peu la luminosité, mais ces choses sont déjà si brillantes " Il estimait aussi que, même avec un revêtement, les satellites continueront encore interférer avec les instruments astronomiques. " Même les télescopes astronomiques modestes les capteront toujours ".. Bref c'est de l'enfumage...
  20. Actualités de Curiosity - 2013

    Curiosity encore, et - espérons le - les rovers d'Exo-Mars et Mars 2020 pourront peut-être fournir des indices sérieux et concordants. Mais aucun de ces trois rovers ne peut produire une preuve définitive de la vie sur Mars. Pour "trancher", il faudra rapporter des échantillons sur Terre. En étant VRAIMENT très optimiste, ce retour est prévu au mieux pour 2031 (pour les échantillons recueillis par le rover Mars 2020). Sur Terre il sera possible de faire des analyses plus détaillées en utilisant des spectromètres plus puissants ou en apportant de nouvelles techniques telles que la détection par immunoanalyse et le traitement des échantillons pour extraire et concentrer les matières organiques. Sachant que la spectroscopie Raman des prochains rovers, et en particulier de Mars 2020, est une très bonne technique pour sélectionner des échantillons.
  21. Falcon Heavy : l'Odysée de la Tesla dans l'espace

    "Crew Dragon se séparant du Falcon 9 lors du test d'aujourd'hui, qui a vérifié la capacité du vaisseau spatial à transporter les astronautes en sécurité dans le cas peu probable d'une urgence lors de l'ascension" Magnifique !!! QUEL BOND EN AVANT TECHNOLOGIQUE !!!!! À nous les étoiles.. Chapeau bas.. Parce qu'il y a à peine 58 ans.. la Nasa lançait son programme Mercury Punaise.. on n'est pas encore prêt d'aller sur Mars ....
  22. Actualités de Curiosity - 2013

    Difficile de répondre de façon synthétique, le contexte est très important, mais je vais essayer. Concernant "les plus belles découvertes", il faut préciser deux choses : 1) La mission est toujours en cours et peut encore beaucoup apporter - 2) Beaucoup d'éléments nouveaux peuvent être déjà en possession de l'équipe scientifique mais prendre beaucoup de temps avant d'être publiés. Et je donne ici ma vision toute personnelle (et provisoire) des éléments importants. - Concernant les objectifs principaux, la recherche de composés organiques relevait d'une priorité certaine Les molécules d’intérêt pour le labo SAM sont des molécules complexes, en particulier celles pouvant se révéler le produit de dégradation de toute forme de vie (passée) basée sur le carbone. L’ADN se dégrade en bases nucléiques ou nucléotides, les acides gras vont se décomposer en acides carboxyliques, et les protéines en acides aminés. Les monomères ou les produits de dégradation de ces polymères de la vie doivent être passés au crible si l’on recherche des traces de vie. Bien sûr, ces molécules et macromolécules, aussi essentielles soient-elles pour la vie, peuvent aussi résulter d’une synthèse abiotique. Avec ses 38 kg le labo SAM représente plus de la moitié de la charge utile ! Et c’est la raison pour laquelle un gros rover était nécessaire car les instruments pour l’analyse de la matière organique sont très difficiles à miniaturiser. SAM est presque dix fois plus lourd que la plupart des autres instruments scientifiques ! Donc l’attente à ce niveau était énorme.. De sérieux doutes concernaient la faible profondeur de forage (environ 7 cm) ce qui ne semblait pas suffisant pour trouver des molécules organiques du fait de leur dégradation par les rayons cosmiques, les U.V.... au fil de millions d’années. Pourtant les choses n’ont pas trainé : Le 19 mai 2013 un deuxième forage a été entrepris à "Peace Vallis" dans la "baie de Yellowknife" au pied d’un éventail alluvionnaire, à "Cumberland", tout près d’un premier forage réalisé à "John Klein". En avril 2014 l’équipe de l’instrument Sample Analysis at Mars (SAM) confirme la détection in situ de molécules organiques chlorées dans les prélèvements effectués lors du forage "Cumberland". Les analyses isotopiques ont montré que l’érosion a mis à jour cette couche il y a seulement 60 à 100 millions d’années, ce qui favorise la non destruction par les rayons cosmiques d’éventuelles molécules organiques provenant d’un lointain passé, la couche elle même étant datée de 3,6 milliards d’années environ. Ces résultats ont d’abord été annoncés le 8 avril 2014 lors de la Conférence "Lunar and Planetary Sciences 2014" (LPSC), deux études sur les investigations de l’instrument SAM ont été présentées. Ces nouveaux résultats offrent "des preuves irréfutables" que certains des composés contenant du carbone détectés récemment par l’instrument SAM, tels que le méthane chloré, l’éthane et le propane, sont bien issus de matière organique dans la roche martienne, et non de contamination terrestre. Les résultats ne permettent cependant pas de différencier entre une origine biologique ou géochimique . Il aura fallu attendre le 29 janvier 2015 et un forage nommé "Mojave 2" pour une nouvelle détection de molécules organiques soufrées dans un échantillon martien provenant de la couche sédimentaire de mudstone dans la "formation Murray". Cette formation est issue d’un environnement lacustre présent lors de la formation du cratère Gale il y a de cela 3,5 à 3,8 milliards d’années. "Mojave" est constitué d’argiles, mais également de sulfates telles que la jarosite. Cette zone est le résultat d’un passé géochimique complexe de la planète, alliant à la fois des minéraux se formant sous des conditions acides et oxydantes, autant que des minéraux se formant dans des conditions alcalines et réductrices. Lors de l’analyse dans l’instrument SAM, quelques dizaines de milligrammes de l’échantillon "Mojave" ont été pyrolysés (chauffés) jusqu’à > 850 °C dans les fours de l’instrument. Les molécules qui s’en dégagent sont analysées par un chromatographe en phase gazeuse (GC) développé par les laboratoires français LATMOS, LISA et LGPM, avec le soutien du CNES, couplé à un spectromètre de masse (MS) développé par le centre NASA Goddard Space Flight Center aux Etats-Unis. La chromatographie permet de séparer les composants individuels d’un mélange de molécules initiales, et la MS de les identifier par pesée moléculaire. Lors de l’analyse de l’échantillon Mojave, la détection simultanée de produits de décomposition des sulfates et de matière organique soufrée comme le thiophène et le dimethylsulfide, laisse envisager que les molécules relâchées étaient piégées et protégées à l’intérieur de ces minéraux. Une seconde hypothèse sur l’origine des molécules organiques soufrées serait qu’elles proviennent de matière organique réfractaire et extrêmement complexe qui commencerait à se dégrader à haute température. Comme à "Cumberland", l’hypothèse chimique ou géochimique peut être envisagée, mais rien n’exclue une potentielle origine biologique Malheureusement l'ensemble des molécules organiques détectées par le labo à "Cumberland" et à "Mojave" étaient un peu trop dégradées pour envisager d’aller plus loin avec une analyse isotopique. Dégradées originellement ou/et lors de l’analyse dans l’instrument SAM lorsque quelques dizaines de milligrammes d’échantillon sont pyrolysés (chauffés) jusqu’à > 850 °C dans les fours. Mais un message clair est donné par ces résultats : non seulement l’environnement du cratère Gale était propice à l’émergence d’une forme de vie, mais la variété des molécules détectées dans différents types de roches montre également une préservation à long terme (sur des échelles de temps géologiques de plusieurs milliards d’années) des molécules du passé. Ce qui était très loin d’être évident. Forer plus profond ou/et analyser "à froid" demeurent donc des solutions à privilégier et prometteuses pour l'avenir. L’exploration de la vallée argileuse étant loin d’être terminée, cette recherche reste bien sûr d’actualité et il est encore permis d’espérer. - Un autre objectif important concernait la quantification des éléments chimiques fondamentaux de la biochimie : carbone, oxygène, hydrogène, azote, phosphore et soufre Définir les paramètres de l’habitabilité d’une planète est complexe car cela suppose une définition universelle de la vie en se plaçant du point de vue de la physiologie, de la génétique, de la biochimie, de la thermodynamique, etc. Pour simplifier, toute forme de vie sur Terre est basée sur la chimie du carbone, également appelée chimie organique. Dans ce cadre, l’habitabilité requiert tout d’abord un réservoir d’éléments biogéniques qu’on peut regrouper dans un acrostiche qui répertorie les six éléments nécessaires à la vie à partir de leurs symboles chimiques, les fameux "CHNOPS" : Le Carbone, bien sûr, mais aussi l’Hydrogène, l’azote (N) l’Oxygène, le Phosphore et le Soufre. Si ces "CHNOPS" ne sont pas là au moment de la formation de la planète, il faut espérer que des comètes ou des astéroïdes les lui apportent ultérieurement. Il faut ensuite un solvant, en l’occurrence l’eau liquide, capable de mettre en contact les "CHNOPS" pour favoriser les réactions chimiques. Concrètement, c’est l’analyse d’échantillons recueillis à l’intérieur du premier forage réalisé au début de la mission en avril 2013 sur le site de forage "John Kein" au moyen des instruments Sam et CheMin qui a amené la découverte de soufre, d’azote, d’hydrogène, d’oxygène, de phosphore et de carbone. Les recherches suggèrent que les conditions d’habitabilité dans la région de "Yellowknife Bay" pourraient avoir perduré des millions ou des dizaines de millions d’années. Au cours de cette période, il est probable que les rivières et les lacs apparaissaient et disparaissaient. Même lorsque la surface était sèche, le sous-sol était probablement humide, comme indiqué par les filons minéraux déposés par l’eau souterraine dans les fractures rocheuses. Dans une étude publiée dans "Science" le 9 octobre 2015, l’équipe de chercheurs emmenée par John Grotzinger, ancien membre de MSL à la California Institute of Technology, a confirmé la présence d’un lac. Cela a duré au minimum 500 millions d’années, selon eux. Pour parvenir à cette conclusion, les auteurs expliquent : "durant la traversée de Gale, nous avons remarqué des motifs géologiques là où nous avions vu les preuves d’une ancienne rivière à écoulement rapide avec du gravier grossier, de même aux endroits où les ruisseaux semblent s’être vidés dans des plans d’eaux stagnantes. Cela prédisait que nous devions commencer à voir des dépôts de grains plus fins à proximité du mont Sharp. Maintenant que nous y sommes, nous voyons finalement des mudstones finement stratifiés en abondance qui ressemblent à des dépôts lacustres". Ces mudstones qui ont érigé la base de cette montagne attestent d’une eau stagnante sur de longues périodes, vraisemblablement des centaines de millions d’années. "Nous voyons des preuves de remplissage sédimentaire d’environ 75 m, a indiqué l’auteur principal de ces recherches [...] et il semble que les sédiments transportés par l’eau s’accumulent sur au moins 150 à 200 m au-dessus du plancher du cratère.". - Activité hydrologique tardive Concernant la géologie et l’histoire de l’eau sur Mars, il me semble que la contribution de Curiosity est très importante. En particulier elle a permis d’établir l’existence de lacs dans le cratère Gale jusqu’à une époque où les modèles actuels suggèrent une Mars très sèche (-3,3 milliards d’années). De quoi réévaluer les hypothèses sur le climat et l’atmosphère martienne à cette époque. Creusée par l’érosion éolienne, la dépression entourant le Mont Sharp a été épisodiquement tapissée de cônes alluviaux alimentés par les chutes de neige et la pluie depuis les remparts et le Mont Sharp lui même, l’apport de ces énormes quantités d’eau formant un/des lacs temporaire(s). Selon les études du spectro OMEGA de Mars Express, confortées par celles de l’instrument CRISM sur MRO, on considère que la période géologique où Mars a connu un véritable cycle de l’eau est plus ancienne. Selon ce modèle c’est uniquement dans des terrains datant d’avant 3,7 milliards d’années que l’on peut trouver des sédiments témoignant d’une Mars plus chaude et plus humide. J.P. Bibring va plus loin et estime même que "l’âge de l’eau" sur Mars se situe avant -4,2 milliards d’années et que dès -4,1 milliards d’années Mars était aussi sèche qu’aujourd’hui ! Dès cette époque il n’aurait plus existé d’océan nulle part car il n’y avait plus de dynamo, plus de magnétosphère, plus d’atmosphère épaisse. Dans ce cadre les écoulements massifs qui ont provoqué les deltas et les vallées fluviales jusqu’à -3,6 milliards d’années sont restés transitoires (quelques milliers d’années seulement) et témoignent surtout de phénomènes climatiques ponctuels. Ils ne sont pas à confondre avec les gigantesques "chenaux de débâcle" qui résultent d’écoulements catastrophiques et sporadiques liés à des fontes de glacier ou de sous-sol gelé suite à volcanisme ou impactisme. Le hiatus, c’est que pour le/les lac du cratère Gale, le remplissage s’est produit (principalement par les rivières) sur une période d’environ 500 millions d’années et très probablement jusqu’à -3,3 milliards d’années, même s’il semble acquit qu’il y ait eu des intervalles où ces écoulements ont pu se tarir transitoirement. Lors de la 49ème"Lunar and Planetary Science Conference" (LPSC) à Houston, au Texas qui s’est tenue du 19 au 23 mars 2018, et qui permet de faire le point de la recherche planétaire menée partout dans le monde, deux scientifiques, Sharon Wilson et Alex Morgan, ont donné les conclusions de leur étude visant à comprendre le début de l’histoire géologique et climatique de Mars à travers les caractéristiques fluviales observées depuis l’orbite par MRO. Un étude qui confirme et conforte les éléments fournis par Curiosity in-situ. Extrait du compte rendu : ".. des vues largement répandues de l’histoire géologique et climatique de Mars dans la communauté indiquent que la majeure partie de l’activité fluviale sur la surface martienne était concentrée dans le Noachien (plus de 3,7 milliards d’années), avec une activité fluviale très limitée dans les époques hespérosienne et amazonienne. Dans ces dernières périodes, les chances pour la stabilité de l’eau liquide à la surface sont devenues rares et éloignées pendant que Mars a fait une transition vers le désert hyperaride et hypothermique que nous observons aujourd’hui". Cependant, cette session a démontré l’inventaire croissant des formes fluviales de terrains qui se sont formées pendant et après le Noachien, indiquant ainsi des épisodes ultérieurs d’activité aqueuse. Ces caractéristiques ont été récemment identifiées dans les données d’images à plus haute résolution renvoyées par Mars Reconnaissance Orbiter, et une vague de cartographie a suivi..." "Nous considérons généralement Mars comme une planète où la plupart des processus géologiques ont cessé après le Noachien; cependant, ce nouveau travail montre que dans de nombreux endroits de la planète, une telle affirmation dissimule une histoire géologique plus compliquée. Mars a peut-être été plus active sur le plan hydrologique que nous le pensions, et de tels processus ont pu fonctionner beaucoup plus tard que ne l’indique notre compréhension actuelle de l’évolution du climat martien"". - Échappement de l’atmosphère martienne dans l’espace : La suite d’instruments SAM a trouvé que l’atmosphère actuelle de Mars était enrichie en formes plus lourdes (isotopes) d’hydrogène, de carbone et d’argon. Ces mesures indiquent que Mars a perdu une grande partie de son atmosphère d’origine et de son inventaire d’eau. Cette perte s’est produite dans l’espace par le haut de l’atmosphère, un processus actuellement observé par l’orbiteur MAVEN. Aujourd’hui l’atmosphère martienne est 100 fois plus fine que celle de la Terre, laissant penser aux spécialistes qu’elle en aurait perdu une bonne partie. Pour en savoir plus, Curiosity a donc identifié et quantifié les gaz présents dans l’atmosphère actuelle. Ses instruments ont ainsi déterminé que 95,9% de l’air martien est composé de dioxyde de carbone (CO2), 2% d’argon (Ar), 1,9% de diazote (N2), 0,14% de dioxygène (O2) et 0,06% de monoxyde de carbone (CO). Les résultats des mesures de Curiosity suggèrent que la perte d’une partie de l’atmosphère s’est faite par l’intermédiaire d’un processus physique de rétention des isotopes lourds de certains éléments et que ceci a constitué un facteur significatif dans l’évolution de la planète. Plus en détail, les données livrées par SAM ont montré une augmentation de 5% de la concentration des isotopes les plus lourds du carbone dans le CO2 de l’atmosphère actuel comparé à celle estimée et présente lors de la formation de la planète. Cette hausse suggère que la partie haute de l’atmosphère a pu être perdue dans l’espace interplanétaire, expliquant ainsi la réduction des isotopes les plus légers. Outre le carbone, les isotopes d’argon montrent aussi un enrichissement en éléments plus lourds, ce qui concorde avec les estimations faites sur la composition de l’atmosphère et dérivées de météorites martiennes tombées sur Terre. Ces informations permettent d’en apprendre plus sur l’histoire de Mars et apportent surtout de nouveaux éléments pour déterminer si la planète a pu un jour être habitable. Les mesures des instruments de Curiosity, beaucoup plus précises que celles réalisées par les missions précédentes, ont permis de confirmer le scénario d’un échappement de l’atmosphère originelle dans l’espace.
  23. Actualités de Curiosity - 2013

    Ce trajet prévisionnel a été tracé de très longue date, et pour le moment ils s'y conforment assez précisément.. L'objectif immédiat est de se rapprocher du flanc Nord "du Fronton de Greenheugh" puis de le longer au plus près pour en étudier la stratigraphie. L'objectif ultime est d'accéder au plateau du fronton et à la crête centrale du delta alluvial, "Gediz Vallis". Sachant que, d'une part, le relief du flanc Nord du fronton (barré plus loin par les dunes de sable) n'offre aucun accès direct au rover. D'autre part, considérant son importance majeure dans les objectifs de la mission, jusqu'ici l'exploration de la vallée argileuse demeure très insuffisante avec un total de 4 forages (dont 1 plus ou moins avorté) pour - par exemple -10 tentatives et 7 forages réalisés sur la seule crête "Vera Rubin". Le long parcours vers l'Est au Nord de la vallée argileuse va donc permettre de poursuivre l'exploration à ce niveau, et in fine de contourner les obstacles (relief et sable) qui bloquent l'accès direct au plateau du "fronton de Greenheugh". PANO MASTCAM - IMAGES DES 2 ET 9 JANVIER 2020 (SOL 2633 ET 2641) - Elisabetta Bonora‏ :
  24. Falcon Heavy : l'Odysée de la Tesla dans l'espace

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  25. Actualités de Curiosity - 2013

    J'ai repéré la dernière position de Curiosity (astérisque jaune -14 janvier 2020 - sol 2645) sur l'image de contexte élaborée par Sean Doran à partir des images HiRISE : Agrandir les images 7,6 mo POUR RAPPEL :