vaufrègesI3

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Everything posted by vaufrègesI3

  1. Actualités de Curiosity - 2013

    Le 15 octobre (sol 2556) c'est délibérément que l'équipe du rover a manœuvré avec une de ses roues avant pour creuser un sillon dans un méga-ripple (ondulation sableuse à grain fin recouverte d'un revêtement de galets plus grossiers) afin d'observer toutes les couches et le(s) matériau(x) à l'intérieur. La zone est nommée "Culbin Sands". Le 16 octobre (sol 2557) l’équipe scientifique a choisi d’inspecter l'intérieur des traces de roue et la surface d’ondulation originale non perturbée. ChemCam a ciblé "Sandwood Bay", la paroi du sillon à grains fins, et "Glensanda", le flanc de l'ondulation à grains plus grossiers, ainsi que la documentation relative à l'imagerie couleur Mastcam. Il est prévu aussi d'explorer la signature chimique du sable avec une mesure APXS sur la crête ondulée originale appelée "High Plains". Pour étudier la granulométrie et l’angularité des grains, MAHLI est prévu à différentes hauteurs, de couvrir "High Plains" ainsi que "Burrowgate" dans le revêtement et "Corsewall" le long de la paroi. Enfin, une mosaïque Mastcam couvrira cette zone rugueuse, appelée "Culbin Sands", en imagerie couleur. HAZCAM AVANT - 17 OCTOBRE 2019 (SOL 2557) : Analyse chimique avec le spectro APXS à l'intérieur de la trace ..et en surface MAHLI - 16 OCTOBRE 2019 (SOL 2557) : Les cailloux en surface MAHLI- 17 OCTOBRE 2019 (SOL 2258) : La paroi en bout du sillon - La surface apparait en haut de l'image PANO NAVCAM 6,8 mb - 15 OCTOBRE 2019 (SOL 2556) - Jan van Driel : Cette animation montre les positions de Curiosity distantes de 337 mètres dans "l'unité d'argile", entre le 31 mai et le 20 juillet 2019. Chacune de ces deux images a été prise par le Caméra HiRISE sur l'orbiteur "Mars Reconnaissance Orbiter". La première image montre le rover, qui apparaît à un emplacement appelé "Woodland Bay" (en haut au centre). La seconde le montre à "Sandside Harbour" (en bas au centre, près de la plaque de sable sombre). On peut même voir les traces du rover à droite de la deuxième image. https://mars.jpl.nasa.gov/resources/24661/hirise-watches-curiosity-journey-across-the-clay-unit/?site=msl
  2. ce coup ci ça se précise...

    On voit très bien Vega depuis un col qui mène à l'Aveyron. De rien..
  3. ce coup ci ça se précise...

    Sur la photo postée par Kaptain, y paraît que Dupont venait de la Kiné !!..
  4. ce coup ci ça se précise...

    Non.. tentant mais trop facile.. Avec Lima.. faut voir..
  5. Actualités de Curiosity - 2013

    Le 14 octobre 2019 (sol 2555) Curiosity a parcouru 35,50 m vers le Sud Ouest, et 1,80 m le 15 octobre (sol 2556) : Le rover totalise 21,140 km depuis le site d'atterrissage. POSITION AU 15 OCTOBRE 2019 (SOL 2556) : Image cliquable 2,2 mb Parcours complet depuis le site d'atterrissage à Bradbury Landing et plan des courbes de niveaux sur la position actuelle : Image cliquable 1,9 mb HAZCAM AVANT - 15 OCTOBRE 2019 (SOL 2556) : Petite hésitation, une roue a creusé un sillon dans le sable HAZCAM ARRIÉRE - 15 OCTOBRE 2019 (SOL 2556) : Vers l'Est et la vallée argileuse. Le Mont Sharp à droite NAVCAM - 15 OCTOBRE 2019 (SOL 2556) : La crête sombre "Vera Rubin" et les remparts Nord au loin Vers le Nord Ouest MASTCAM - 14 OCTOBRE 2019 (SOL 2555) :
  6. Actualités de Curiosity - 2013

    Ne l'écoute surtout pas @Pulsarx, il exagère, une centaine de pages devraient suffire .. Alain t'as bien décrit le rôle éminent (sur la durée) de l'érosion éolienne sur le paysage et les reliefs martiens.. Sur Mars, l'absence d'océans entraîne de très forts écarts de température qui donnent naissance à des vents violents et à des tempêtes de poussière. La dernière en date a eu lieu de Mai à Août 2018 et a certainement participé à "polluer" le pont du rover. Ce qui n'a pas de conséquences à priori. Pendant les périodes les plus critiques (et la nuit) les objectifs des caméras HazCam, NavCam et RMI situées en haut du mât du rover sont orientées vers le sol, et la caméra Mahli en bout du bras robotique possède un cache amovible. Concernant les "dust-devils" ou "diables de poussière", on a de nombreuses images de ce phénomène, bien connu aussi sur Terre, mais particulièrement actif sur Mars. Je vais te parler @Pulsarx d'un autre rover nommé Opportunity, une machine à énergie solaire dont j'ai aussi conté l'aventure ici sur Astrosurf, et pour laquelle j'ai lentement développé un véritable sentiment d'affection (mal compris dans ce forum parfois mal fréquenté, hanté par de froids "techniciens", voire par des zombis volontiers "scientistes" - j'ai les noms). Après près de 15 ans et plus de 45 km parcourus, la dernière tempête de poussière a obscurci ses panneaux solaires, le dernier contact s'est produit le 10 juin 2018, ensuite l'hiver martien a poursuivi cette "oeuvre" macabre, et la Nasa a officialisé la fin de son odyssée le 13 février 2019.. snifff !.. Illustration d'un dust devil, image iconique prise le 31 mars 2016 par les caméras NavCam d'Opportunity : Un autre illustration du rôle actif du vent, cette énorme "barkane" nommée "Namib", sculptée par les vents dominant, et étudiée longuement par Curiosity en décembre 2015 (pano NavCam de Sean Doran avec incrustation de l'image de Curiosity pour donner l'échelle) : Image cliquable 4,3 mb
  7. Actualités de Curiosity - 2013

    Arrivé le 30 juillet (sol 2481) sur le site de "Glen Etive", et après de deux mois et demi d'immobilité et deux forages suivis de nombreuses analyses, aujourd'hui 14 Octobre (sol 2555) les images démontrent que Curiosity a repris la route ! Avant son départ, le rover s'est offert un nouveau selfie sur fond de vallée argileuse : MAHLI 8,2 mb - 12 OCTOBRE 2019 (SOL 2553) - Paraisosdelsiste : Première ébauche en attendant la version officielle PANO NAVCAM 6,2mb - 14 OCTOBRE 2019 (SOL 2555) - Jan van Driel : Pas encore véritablement de repères pour situer la nouvelle position
  8. Mais non.. enfin.. un peu aussi oui .. J'ai conservé cette image (très connue) depuis des années, pour moi elle évoque quelque chose de plus que la seule grâce de l'astronaute. Regard grave.. concentration.. soupçon d'inquiétude.. genre dans quel guêpier je me suis encore fourré ??.. C'est beau.. Aujourd'hui Anna Fisher a 70 ans. En 2017 elle est venue aux Rencontres de l'Espace à Auriol près de Marseille.. Pas pu m'y rendre malheureusement.
  9. Totalement.. En voici une de ma génération, au hasard bien sûr .. J'adore l'image.. Anna Fisher : https://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_Fisher C'est un peu différent de Leonov.. En 2007, une dénommée Lisa Nowak a eu une histoire invraisemblable, beaucoup moins glorieuse ..
  10. Oui.. l'essentiel c'est que le bouquin rende..
  11. Actualités de Curiosity - 2013

    J'ai essayé d'être synthétique jusqu'ici, mais "en poussant" comme tu dis, ça pourrait devenir compliqué .. À ce jour, la structure interne de la planète rouge n’a pas pu être déterminée directement. En effet, les sismomètres des sondes du programme Viking de la Nasa lancées dans les années 1970 n’ont pu effectuer aucune mesure fiable.. Pour l’heure, avec les données indirectes obtenues par les landers et orbiteurs on suppose, on suppute même, que Mars possède une structure intérieure "standard", constituée d’une croûte d’environ 50 km d’épaisseur, d’un manteau d’environ 1700 km d’épaisseur et d’un noyau d'approximativement 1700 km de rayon, essentiellement, voire entièrement, liquide. Pour en savoir plus, il faudra attendre les résultats des sismomètre SEIS (Seismic Experiment for Interior Structures) de la mission InSight ayant pour mission d'étudier la structure interne de Mars. Il a fourni le premier enregistrement d’un séisme martien le 6 avril 2019.. et actuellement cette mission est suivie sur Astrosurf : Sinon Mars doit contenir moins de fer que le globe terrestre (25 % contre 33 %), bien que l'on observe une forte concentration de fer en surface (17%).. Quant à la tectonique, elle a certainement un peu joué au tout début de la formation de la planète, mais depuis elle est inexistante.. Pour la géologie martienne je te conseille ce site assez complet (mais qui a besoin d'être actualisé), sachant qu'il il existe bien d'autres sources : http://www.nirgal.net/geologie.html
  12. Actualités de Curiosity - 2013

    Il me semble qu'il faut distinguer deux choses : La chimie minérale et les processus géologiques. Tout comme la chimie organique (depuis les nuages interstellaires jusqu'aux planètes en passant par les comètes et les astéroïdes), la chimie inorganique (ou chimie minérale) paraît universelle. Concernant les processus géologiques qui englobent les mécanismes physico-chimiques, tout comme sur Terre ils dépendent essentiellement de critères environnementaux et du temps écoulé.. De nombreux critères environnementaux différencient Mars de la Terre : Gravité, composition et densité de l’atmosphère, pression atmosphérique, radiations, absence de champ magnétique, températures, ensoleillement, absence de tectonique, éléments auxquels il convient d’ajouter les variations chaotiques et importantes de l’axe de rotation de Mars au cours de son histoire qui ont notablement influencé le climat martien. Mais comme sur Terre, les processus géologiques paraissent parfaitement corrélés aux conditions environnementales locales. On ne trouve rien de très "exotique" sur Mars, on y trouve les mêmes types de roches que sur Terre, ce que confirme le labo de minéralogie de Curiosity. Du coup il est facile d'extrapoler au vu des images.. Mars est une petite planète avec une fine atmosphère presque exclusivement faite de CO2. Au premier ordre, la météorologie martienne peut être comparée avec celle qu'on pourrait attendre d'un froid et sec désert sur terre. Cependant plusieurs phénomènes font du climat martien un système plus complexe qu'il apparait de prime abord. Premièrement près de 30% de l'atmosphère de CO2 se condense chaque hiver à haute latitude pour former des calottes polaires de glace de CO2, produisant de larges variations de pression sur toute la surface de la planète et une circulation atmosphérique sans équivalent sur terre. Deuxièmement, une quantité très variable de poussière en suspension poussée par les vents modifie les propriétés radiatives de l'atmosphère, avec parfois des tempêtes de poussières globales capables d'obscurcir complètement la planète. Les observations ont montré que ce système climatique complexe est hautement variable, de saison à saison et d'année en année, mais ces variations restent mal comprises. En fait, le système climatique martien a probablement subi de grandes variations liées aux oscillations des paramètres de l'orbite et de la rotation de Mars (obliquité) il y a quelques millions ou même quelques milliers d'années. Ces oscillations affectent les températures de surface et le cycle de l'eau. Dans un passé beaucoup plus lointain, il est maintenant avéré que Mars ait pu être une planète complètement différente de ce que l'on observe aujourd'hui. Les observations géologiques (cours de rivières et deltas asséchés, sédiments lacustres) et minéralogiques (argile, sulfates) des plus vieilles surfaces de Mars, remontant à plus de 3 milliards d'années, montrent à l'évidence que l'eau était alors abondante à la surface, au moins épisodiquement. Mars a pu être chauffée par une atmosphère plus épaisse contenant des gaz à effet de serre et des nuages, par des flux géothermiques et, épisodiquement, par de grands impacts de météorites. À raison d'une atmosphère dont la pression est de 0,7 % de la pression sur Terre et surtout dont la masse volumique est de 0,020 kg/m3 soit 60 fois moins que sur Terre, il faut un vent √60 ~ 7,7 plus rapide pour exercer la même pression dynamique. Pour résumer, en capacité de pression dynamique, des vents martiens à 200 km/h équivalent à une brise terrestre de 26 km/h quand il s'agit de déplacer un objet et à un bon vent de 68 km/h en termes de capacité à soulever un objet. Sachant que la poussière augmente notablement la masse volumique. Sur mars, le régime des vents est souvent lié à la topographie, mais il est aussi saisonnier. C'est en tout cas le seul facteur d'érosion, et sur des milliards d'années cet élément devient majeur.. En effet deux phénomènes importants façonnent la surface de Mars : 1-Les tempêtes globales de poussières qui s'autoalimentent dans le désert martien et qui se développent principalement lorsque Mars est au plus près du soleil. Les vents y soufflent en moyenne à 60 km/h, avec des pointes pouvant dépasser les 100 km/h. 2-Les tourbillons de poussière (dust devils) qui apparaissent généralement pendant les heures les plus chaudes de la journée, en milieu et en fin d'après midi. On a pu les observer systématiquement avec les rovers, landers et même les orbiters car ils sont très nombreux à sillonner la surface de Mars, et représentent un mécanisme efficace de brassage de la poussière. A tel point qu'ils pourraient être à l'origine des tempêtes de poussière. En général, ils mesurent environ 2 kilomètres de haut, mais on en a observé qui montaient jusqu'à 8 kilomètres. L'aspect le plus marquant de la géologie martienne est probablement la forte dissymétrie morphologique et topographique qui existe entre l'hémisphère sud et l'hémisphère nord. Dans la région australe, on trouve des terres très cratérisées (et donc très vieilles), qui se situent plusieurs kilomètres au-dessus du niveau de référence. Au contraire, l'hémisphère nord est caractérisé par des plaines mornes et jeunes, qui s'étendent quelques kilomètres en dessous du niveau de référence. La croute terrestre est composée aux 2/3 de basaltes, de même la surface de la planète rouge est principalement composée de roches volcaniques. Depuis le départ de son site d'atterrissage, Curiosity étudie essentiellement des roches sédimentaires, les "mudstones" (terme d'origine anglaise), qui sont des roches sédimentaires à grains très fins composées à l'origine d'argile ou/et de boue. Les variations minéralogiques dans ces "mudstones" peuvent être dues à la variété des matériaux déposés par l'eau s'écoulant dans les lacs, et peuvent se différencier selon les processus de sédimentation et de formation de roches, ainsi que la façon dont les roches ont été plus tard altérées. Il semble que le basalte soit aussi une source non négligeable dans la composition de mudstones.
  13. Actualités de Curiosity - 2013

    Salut Alain ! L'équipe ChemCam a déjà réalisé ce genre de tirs sur les parois d'un trou de forage. Il s'agit là d'analyser la chimie d'une fine strate blanche (très probablement du sulfate de calcium) qui apparaît mieux sur cette image ChemCam du 29 septembre : Noter que certains résidus qui entourent le trou de forage présentent une couleur très claire. Ces résidus sont issus des deux premiers cm de profondeur de forage.. Les éléments de couleur claire observés dans ces résidus sont donc très probablement issus de la strate claire cible de tirs laser dans le trou de forage La sélection d'un site de forage prend en compte un certain nombre de facteurs. Ce qui est recherché entre autres c'est une roche "native" , c'est-à-dire un substrat rocheux qui n'a probablement pas été déplacé depuis sa formation et qui comporte un socle plus épais. Bien qu'il puisse y avoir des roches "déplacées" (ou "flottantes") intéressantes, le substrat rocheux "natif" peut être plus stable pour le forage et son contexte géologique est plus simple à interpréter. La priorité est donnée aussi aux relativement grandes expositions du substratum rocheux pour disposer de suffisamment d'espace pour forer, analyser l'échantillon et le vider au sol en fin d'exercice. À "Glen Etive", il s'agit bien d'une roche native et la taille de la dalle de substrat rocheux est encore plus importante que d'habitude, ce qui a permis aussi de forer une deuxième fois.
  14. Actualités de Curiosity - 2013

    En raison d'un problème avec le réseau de communications Deep Space Network la semaine dernière, l'équipe a dû abandonner pas mal d’activités programmées précédemment et les reporter à la fin du week-end des 5 et 6 octobre. Le 8 octobre (sol 2549) était prévu la séquence qui annonce la fin prochaine des opérations sur ce site, celle au cours de laquelle le rover se prépare à vider au sol le reliquat de matériau de forage (de "Glen Etive 2") non utilisé et restant stocké dans la chambre d’échantillonnage. Opération effectuée sans problème comme le prouve cette image : MASTCAM - 9 OCTOBRE 2019 (SOL 2550) : Plus près Le 9 octobre (sol 2550) l’APXS n’étant pas parfaitement centré sur le tas de matériau déversé, l’équipe APXS a donc demandé à se repositionner pour une autre intégration de nuit plutôt que sur les résidus formés autour du trou de forage, comme prévu de manière stratégique Le 10 octobre (sol 2551), MAHLI a pris des images du tas de matériau de vidage pour voir si le capteur de contact APXS y a imprimé une empreinte. Tard dans la soirée, MAHLI prenait une image de l'entrée du labo CheMin et plusieurs de la paroi du trou de forage à l'aide de ses LED pour l'éclairage. MAHLI - 10 OCTOBRE 2019 (SOL2551) : Entrée du labo de minéralogie CheMin (éclairée par les LED de la caméra) Examen des parois du trou de forage "Glen Etive 2" avec l'éclairage LED L'APXS a été ensuite placé au centre du tas de matériau pour une intégration de nuit, CheMin effectuant une autre analyse minéralogique de l'échantillon de forage "Glen Etive 2" en parallèle. Le 11 octobre (sol 2552), MAHLI devait prendre une autre image du matériau déversé pour rechercher une nouvelle empreinte APXS. Ensuite, ChemCam a effectué des tirs laser sur une cible du substratum appelée "Skelbo" afin de mesurer sa composition chimique et a pris une image pour vérifier ces tirs. CHEMCAM RMI - 11 OCTOBRE 2019 (SOL 2552) : La cible des tirs lasers nommée "Skelbo". Les impacts sont alignés au centre de l'image Puis la routine avec Navcam pour rechercher les nuages et les dust-devils avant d'imager le ciel pour mesurer les variations de luminosité et contr-aindre l’évaluation de la taille des particules de poussière en suspension dans l'atmosphère. PANO MAHLI 3,7 mb - 12 OCTOBRE 2019 (SOL 2553) - Paul HAMMOND : La tête du mât avec les caméras MastCam, NavCam et l'instrument ChemCam, au loin les remparts Nord du cratère Gale de 150 km de diamètre.. Coucou Elon, elle est où ta Starpschiiit ????
  15. ce coup ci ça se précise...

    Un excellent et copieux sujet de philo !.. Mais déjà qu'on a piraté ce fil avec le multivers, il ne manquerait plus que de pratiquer ici .. C'est pas le forum idéal.. Y'a qu'à voir la réaction de Superphilo, elle est significative.. Il réduit le "rapport à soi"… à la seule masturbation !! En même temps Motta.. on va dire que tu lui as tendu.. le manche.. non.. la perche !..
  16. ce coup ci ça se précise...

    Houais, mais non, c'est naturel Et puis c'est facile pour toi, c'est ton copain depuis longtemps J.P.L., t'en as probablement discuté du multimachin et tu connais sa pensée profonde. C'est quelqu'un que j'aime beaucoup pour pas mal de raisons… j'ai tellement envie de me convaincre moi-même.. qu'il y croit , ça ouvrirait de nouveaux horizons, même si c'est encore une impasse totale pour l'observation et l'expérimentation. Je suis idiot.. je l'ai ce bouquin, et je n'ai eu qu'à tendre le bras.. Bon, c'est l'édition 2006.. Il y décrit l'hypothèse (page 542 et suivantes) du "Trou noir Univers" (évoqué plus haut dans le débat Barrau/Luminet). J'en cite un tout petit extrait : "Il est vertigineux de penser qu'au sein d'un trou noir, disons de 1 km de diamètre, puisse exister un univers analogue au nôtre, avec ses 100 milliards d'année-lumière de diamètre ! Selon ce scénario, notre univers serait une bulle à l'intérieur d'une autre bulle, elle même à l'intérieur d'une autre bulle… De plus, plusieurs univers-bulles pourraient coexister au sein d'une bulle plus grande." C'est l'univers de Linde.. de Lee Smolin.. Lui, perso, il évoque aussi une idée qui lui est venue en dormant : "Plus qu'un trou noir, notre univers serait un "trou de ver" connectant un trou noir et un trou blanc, rattachés respectivement à deux branes multidimensionnelles flottant dans l'hyperespace..". Il fait de drôles de rêves quand même .. Je le cite à nouveau : "Ces spéculations quelque peu extravagantes ne sont guère académiques - mais l'académisme est une manière de ne pas penser qui convient à ceux qui craignent les heures d'angoisse de l'invention. Force est constater malgré tout qu'elles dépassent de loin la portée de nos connaissances actuelles. Peut-être un jour aurons-nous quelques éléments de réponse à ces étranges interrogations, mais restons modestes : toutes les théories sont fondées sur des images humaines, et la réalité est toujours différente de ce que l'on croit." Et voici aussi pourquoi j'aime bien Luminet - je le cite : "Et surtout, l'Univers ne se réduit pas à ce que la science nous en dit. L'Art, la poésie et une certaine réflexion philosophique sondent le monde à une profondeur que nul télescope, nulle équation ne peuvent atteindre" Perso la cosmologie ne m'intéresse plus vraiment, on y patine depuis des décennies sur des choses assez fondamentales. L'image d'un trou noir.. oui et non, quand on sait avec quels artifices on arrive à ce résultat, c'est quoi vraiment cette "image" (comme ça on va bientôt faire aussi l'image d'un multivers ). Les exoplanètes on les devine sans les "voir" vraiment, elles demeurent inaccessibles pour longtemps.. Et pour aller visiter et explorer les planètes glacées de notre système solaire, il faudrait se bouger un peu (j'ai plus beaucoup de temps). Quant aux rovers martiens.. les biosignatures.., on a de belles images.. voilà, je vais donc bientôt laisser tomber aussi. Oui.. mais là au moins on fait l'amour avec quelqu'un qu'on aime !
  17. ce coup ci ça se précise...

    Si on laisse de côté la version du bouquin de 2005 dont il est vrai qu'on ne connaît pas la tendance sur le sujet, disons qu'il existe manifestement une approche je trouve pour le moins contradictoire entre les déclarations de Luminet en 2011 qui parle de l'hypothèse du multivers en lui déniant toute idée de "fantasme" ou de "science-fiction", ajoutant qu'elle résulte "d'une réflexion profonde" et "émerge de façon relativement naturelle"... et celle conjointe avec Lachièze-Rey du bouquin revu en 2016 que tu as cité, très critique. Je ne sais pas si on peut parler ici d'évolution "cohérente".. Perso je la trouve plutôt radicale . Sinon, je crois bien que le thème du multivers est un peu "la danseuse" de la cosmo.. Les scientifiques en parlent surtout pour nous divertir, et sur ce plan ils ont toutes les chances de réussir. La preuve .. Totalement, et plus que jamais au fil des ans.. Plonger au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !
  18. ce coup ci ça se précise...

    C'est un point trrrrrès important… Merci dg2. Le bouquin de Luminet et Lachièze-Rey de 2005 a donc été revu en 2016... mais pas totalement "corrigé" on va dire En effet, dans le laïus du débat Luminet/Barrau de 2011 que j'ai posté plus haut, J.P. Luminet a déclaré ceci - je le cite : "Ce qui est fascinant, c'est que l'hypothèse des univers multiples, ou multivers, n'est pas mise « à la main » au départ comme retrouver un fantasme « science-fictionnesque » ou utopique, elle est issue d'une réflexion beaucoup plus profonde sur des théories éventuellement unificatrices de la gravitation et de la physique quantique qui font émerger de façon relativement naturelle l'idée de mondes possibles avec des propriétés physiques différentes" C'est un tantinet contradictoire avec - je cite l'extrait du livre du même Luminet et de son co-auteur que Motta nous livre : "la facilité de certains à poser la question du multivers "comme s'il s'agissait d'un fait établi" et "les idées mal ficelées" .. En vérité, c'est bien sûr dg2 qui a raison.. Ils nous parlent beaucoup du multivers surtout parce qu'ils savent que le public s'y intéresse beaucoup.. quitte à se contredire parfois… pas grave, on salive. C'est le côté hyper exotique de la cosmo.. Les planètes c'est bon hein, on en a trouvé plus de 4000.. Les trous noirs aujourd'hui on les prend en photo, et ils prennent la pause.. Et les ondes gravitationnelles nous révèlent les évènements violents de notre part d'Univers, que c'en est même impudique !.. Donc maintenant? Assez !.. Raz le bol !!! Ce qu'il nous faut, c'est pas bien compliqué.. c'est un autre Univers !!!
  19. ce coup ci ça se précise...

    Luminet et Barrau ont abordé quelque peu cette question et d'autres dans un débat sur France-Culture qui date de … 2011 ! Il me semble toujours pleinement d'actualité. Comme il m'a paru intéressant je m'étais donné la peine d'en faire la transcription écrite.. Le thème de l'émission : Comment des univers parallèles pourraient-ils exister ? Barrau travaillant entre autres sur la gravité quantique à boucles, il est donc plutôt versé à imaginer des univers multiples en nombre infini. Sur son approche des "conséquences" des théories, je suis plutôt de l'avis de Luminet, il ne faut pas tout avaliser sous prétexte qu'une théorie le prédit. Même si Luminet semble prêt à le suivre pour sortir un peu du "carcan" popérien, il me paraît nettement plus prudent.. Au final, c'est un débat plus philosophique que scientifique, mais il semble qu'on en restera là pour longtemps encore compte tenu des difficultés d'expérimentation.. Aurélien Barrau : Nous créons une nouvelle mythologie, la différence avec les précédentes, ce n'est pas le « mythos » qui est en premier, c'est le » logos », la raison. Dès les origines de la pensée, dès les grecs, les liens s'articulent très profondément entre le mythe et le « logos » qui est à la fois la parole et aussi la rationalité et ici, il semble effectivement que l'ordre s'inverse, que ce n'est plus le mythe qui est le premier, mais que c'est au contraire à partir d'un enchevêtrement de raisonnements et de déductions purement rationnels, en particulier dans les théories physiques contemporaines qu'apparaissent des univers invisitables et qui, quelque part, touchent donc au mythe. Et c'est ça qui caractérise les univers parallèles que nous allons évoquer. Ils ne sont pas « inventés de toute pièce » dans un geste épistémique ou esthétique, mais ils sont là, présents dans nos théories, et de façon remarquable, ils permettent de répondre à un certain nombre de questions. J.P. Luminet : Le terme « univers parallèle » est plutôt emprunté à la littérature de science-fiction. Ce qui est fascinant, c'est que l'hypothèse des univers multiples, ou multivers, n'est pas mise « à la main » au départ comme retrouver un fantasme « science-fictionnesque » ou utopique, elle est issue d'une réflexion beaucoup plus profonde sur des théories éventuellement unificatrices de la gravitation et de la physique quantique qui font émerger de façon relativement naturelle l'idée de mondes possibles avec des propriétés physiques différentes. Etant entendu qu'il existe plusieurs approches possibles dans ces voies exploratoires actuelles : – Multivers de certaines interprétations de la physique quantique (théorie d'Everett, bourgeonnement continu d'univers) – Multivers de la théorie des cordes – Multivers de l'inflation chaotique – Multivers de la gravité quantique à boucles C'est passionnant pour un physicien théoricien d'explorer ces voies, même si ça pose de très sérieux problèmes épistémologiques. Aurélien Barrau : Les univers multiples, on les trouve chez les épicuriens, Démocrite, Lucrèce, on les retrouve à la renaissance avec Nicolas de Cuse, Giordano Bruno, Rabelais, ensuite avec Leibniz, en philosophie contemporaine avec David Lewis, Nelson Goodman... Dominique Leglu : La résistance à d'autres mondes, c'est une blessure narcissique de plus, après Copernic, après Freud, après Darwin... et la matière non atomique.. Platon se demandait pourquoi s'encombrer d'autres mondes alors que l'on a déjà du mal à déchiffrer le nôtre ? Pour Aristote, pourquoi aurait-on deux chaussures dont l'une ne sert pas ? Aurélien Barrau : Ça s'inscrit dans le sens de l'histoire. Notre pensée est ancrée dans le mythe de « l'un » et le mythe de « l'ordre ». Je crois que c'est une très bonne occasion de tenter de les déconstruire. Le fil de l'histoire, c'est un peu celui-là : On a eu une ère géo-centrée sur la terre, puis hélio-centrée sur le soleil, puis galactico-centrée sur notre voie lactée, et cosmo-centrée, et on entre peut-être dans une ère d'a-centrisme absolue, une nouvelle blessure narcissique. Notre Univers déchu de son piédestal, qu'on revient à interpréter comme un ilot dérisoire et contingent dans un vaste multivers. Nous « n'inventons » pas le multivers, nous n'avons pas de motivations suffisamment fortes pour permettre se saut ontologique et conceptuel absolument faramineux. Si le multivers existe probablement, le gain est considérable pour une raison simple : Les lois physiques semblent extrêmement finement ajustées pour l'existence de la complexité. Si on change un tout petit peu une quelconque constante fondamentale, on se retrouve dans un monde pauvre, un monde sans chimie, morne et uniforme, pas diapré et foisonnant comme celui que nous observons.. Il y a trois solutions : – Soit on a eu une chance extraordinaire, faramineuse sur le « coup de dés » initial, et les lois de la physique sont figées dans cet ilot absolument improbable, permettant la complexité. – Soit les lois ont été orientés par une intelligence, donc Dieu pour ne pas le nommer, hypothèse théologique finaliste. – Soit les dés ont été lancé un grand nombre de fois, explication assez tentante. Notre planète est singulière et n'est pas du tout représentative de l'Univers. Si notre Univers n'est pas du tout représentatif du multivers, ce problème d'ajustement fin tombe de lui même, indépendamment du processus de création. Il y a beaucoup d'erreurs et d'incompréhensions autour du principe anthropique. Dans le cadre scientifique, il ne s'agit en aucun cas d'expliquer les lois à partir de l'existence des êtres humains, c'est un contre-sens absolu. Le principe anthropique dit en fait le contraire, c'est en fait un principe d'humilité qui dit simplement : N'oublions pas que le simple fait que nous observions est – en soi – une observation. C'est simplement une manière de tenir compte que s'il existe une distribution d'Univers, par modestie, il faut se souvenir que l'Univers que nous habitons n'a pas vocation à être « moyen », à être aléatoire, dans cet ensemble de multivers. Il ne peut pas être représentatif de l'ensemble. Dans ce contexte, le principe anthropique est simplement un rappel d'une évidence pour tout scientifique, à savoir ce que l'on appelle le « biais de sélection ». L'échantillon dont on dispose n'est pas n'importe quel échantillon, c'est celui sur lequel on se trouve. Dans le modèle d'Einstein décrit par la relativité générale, il se trouve qu'au moins dans les topologies les plus simples, pour 2 ou 3 des géométries compatibles avec notre cosmologie, l'espace est strictement infini. S'il est infini, tout ce qui peut arriver arrive, c'est une nécessité. Donc en particulier on doit trouver des copies strictement identiques à chacun de nous.. J.P. Luminet : L'espace infini ne suffit pas, il faut un temps infini, éternel, et toutes combinaisons ne sont pas nécessairement réalisées. Aurélien Barrau : Concernant l'image du «coup de dés » initial, il provient d'un concept très clairement défini en physique des particules appelé « brisure spontanée de symétrie. Deux règles pour faire un monde : La première, c'est de sur-déterminer les invariances, ce que l'on appelle les « jauges » en vocabulaire savant. Ce qui signifie simplement les « symétries », c'est à dire tout ce qui ne change pas quand quelque chose se translate ou se déplace. L'ennui, c'est que ceci permet d'unifier, or notre monde n'est pas unifié, fort heureusement ! Il est même extrêmement diversifié. Et donc, pour réhabiliter cette diversité en dépit de l'unification conceptuelle, il faut briser les symétries. C'est là qu'intervient un processus aléatoire. A ce niveau, il faut faire une taxinomie des multivers. J'en dénombre au minimum cinq : – L'espace infini. En ce sens restreint, il constitue déjà un multivers.. – Le multivers de la mécanique quantique où chaque fois que quelque chose se passe, l'Univers s'embranche en univers multiples.. – Le multivers associé aux termes « inflation » et « théorie des cordes », cette infinité d'Univers bulles, chacun avec des lois physiques différentes. – Le multivers très curieux associé aux trous noirs, mais qui a un rôle historique, c'est à dire que l'intérieur des trous noirs, on ne sait pas très bien si c'est un artefact mathématique ou si ce sont des indices « d'arrière monde », mais il semble même en relativité générale, de façon tout à fait banale, faire apparaître d'autres univers. – Les univers temporels, associés par exemple aux effets de rebond, aux univers cycliques que l'on voit apparaître aussi bien en théorie des cordes qu'en gravité à boucles et qui est une très élégante approche de plus en plus étudiée. J.P. Luminet : Ces différentes approches ne sont pas toutes conciliables. On peut peut-être en concilier deux ou trois, il faudra bien un jour tenter d'en réfuter l'une ou l'autre si c'est possible. L'un des problèmes majeurs, de nature épistémologique, est : Comment trancher entre ces théories. La voie ordinaire de la physique, c'est de confronter à l'expérience. Ça s'est souvent passé comme cela dans toute l'histoire de la science, mais pas toujours. Prenons par exemple la simple histoire de l'hypothèse héliocentrique de Galilée, Copernic etc.. De leur vivant, on n'avait aucune possibilité de vérification expérimentale de la validité de leur hypothèse. Aujourd'hui, le problème s'est largement aggravé, nos modèles théoriques vont tellement au-delà de nos possibilités de vérifications expérimentales, en tout cas de vérifications directes, que commence à se poser le problème de la réfutabilité. Epistologiquement, si on s'en tient à certains critères de ce que prétend définir la science au sens énoncé par Karl Popper : « Ce qui est scientifique doit être réfutable ». Or, certaines hypothèses ne sont pas nécessairement réfutables.. On va trouver deux courants différents chez les physiciens, ceux qui s'en tiennent à Popper et qui vont dire qu'au-delà de ce cadre, c'est de la métaphysique, d'autres (comme moi) qui vont dire que ce qui est précisément intéressant , c'est de sortir du cadre de définition habituel de ce que doit être un modèle scientifique. Aurélien Barrau : Je voudrais faire trois commentaires. Le premier, c'est que par rapport à ce que vous évoquiez tout à l'heure, il faudra choisir entre certaines choses, entre théorie des cordes et gravité quantique à boucles, certainement aussi.. Mais tous les modèles qui mènent à des multivers ne sont pas incompatibles. On peut très bien envisager une structure gigogne, une structure de multivers en poupées russes. Le multivers est testable, je voudrais vraiment y insister, pourquoi ? Parce que ce n'est pas une théorie, c'est le point nodal, c'est une conséquence des théories. Ce qu'on teste, ce n'est pas le multivers en tant que tel, c'est la théorie qui lui donne naissance. Or cette théorie, quelle qu'elle soit, des cordes, des boucles, de la relativité générale, elle a lieu ici et maintenant, on peut la tester dans notre Univers. Le multivers est une de ses conséquences. Si la théorie a été suffisamment corroborée pour que nous l'adoptions comme paradigme, il est tout à fait légitime et même nécessaire d'accepter toutes ses conséquences, y compris celle du multivers. J.P. Luminet : Toute théorie physique est fondée sur un système d'équations mathématiques qui, lorsqu'on les résout, engendrent une infinité de solutions possibles qui ne sont pas réalisées dans l'Univers. Un exemple tout simple : La théorie de Maxwell de l'électro-magnétisme a prédit la propagation d'ondes vers le futur et vers le passé, pour des raisons « bêtes » de symétries temporelles. Dans l'Univers que nous connaissons, il n'y a pas vraiment d'ondes qui se propagent vers le passé. Donc, toutes les solutions mathématiques ne correspondent pas à une réalité physique. Sur la relativité générale, on sait très bien que dans les années 60 à 70, il y avait tout un jeu pour trouver des solutions exactes des équations avec tout un tas d'hypothèses. Il y a des livres entiers de 600 pages sur les solutions de la relativité générale. Combien il y en a t'il qui peuvent correspondre à de véritables solutions physiques ? Trois, quatre, cinq ?... Le foisonnement des solutions d'équations ne répond pas à un foisonnement du réel. Aurélien Barrau : Je défends deux choses : La première, c'est qu'on peut tester le paradigme du multivers. C'est très simple l'idée : On a un seul échantillon, c'est notre Univers, mais un seul échantillon suffit déjà pour corroborer à un certain niveau de confiance une théorie. On vérifie la relativité générale dans notre Univers, si elle est suffisamment bien vérifiée pour devenir notre modèle dominant, il faut accepter ses conséquences, y compris celle d'un multivers. Le deuxième point, c'est que quand bien même le multivers ne serait pas si facilement testable que ça suivant les critères de Popper, comme l'a mentionné J.P. Luminet, il faudrait interroger ce même critère. Je ne comprends pas pourquoi les scientifiques sont si timides par rapport aux linéaments de leur propre discipline.. Tous les champs disciplinaires se transforment de l'intérieur. Pourquoi les scientifiques devraient-ils s'interdire la capacité à auto-transformer leur propre jeu. Le critère de Popper est à mon avis très faible et très caricatural. J.P. Luminet : Il y a plusieurs formes de testabilité. Je ne suis pas tout à fait d'accord sur l'idée que si on teste la théorie de base, toutes les conséquences que l'on peut en tirer en découlent nécessairement. En tout cas, il peut y avoir des résistances au moins psychologiques à cela. Je prends l'exemple de la relativité générale : Einstein lui-même a été extraordinairement réticent devant deux conséquences qui, avec le recul, nous paraissent aujourd'hui incontournables, les trous noirs et l'expansion de l'Univers. Aurélien Barrau : Du point de vue conceptuel, le critère poppérien fonctionne encore, du point de vue pragmatique, ça me semble très difficile. Tester la théorie des cordes, c'est très difficile mais pas impossible. Cette théorie n'a pas mes faveurs, je travaille sur le modèle concurrent, la gravité à boucles. Il n'en demeure pas moins que la théorie des cordes qui est une tentative de sujonction, c'est à dire d'unification de toutes les interactions élémentaires à partir d'une unique plage de cordes. Selon les modes de vibration des cordes, on génère toutes les particules, comme une corde de violon, selon la position des mains sur le manche, on génère toutes les notes de la gamme chromatique. Elle n'est pas absolument infalsifiable : Elle prédit des violations du principe d'équivalence, elle nécessite l'existence de la supersymétrie (qui ne prouverait pas sa véracité), mais de toute façon, on ne peut jamais prouver qu'une théorie est vraie. On peut juste prouver qu'elle est fausse.
  20. Actualités de Curiosity - 2013

    En fait, rien de nouveau ici.. James Green entretient un "bruit de fond" sur le sujet de la vie E.T., la NASA est dans ce registre depuis des lustres, on peut comprendre pourquoi.. En revanche, quand il déclare "que le monde ne serait pas prêt pour cette nouvelle", il faut plus encore relativiser .. On se souvient de l'annonce fracassante en 1996 de la découverte de la météorite martienne ALH 84001 censée révéler des structures fossiles microbiennes.. Je ne me souviens pas que la population ait alors souffert d'une angoisse fébrile quelconque, ni de questionnements existentiels soudains .. En premier lieu, je me demande déjà s'il est bien clair pour tout le monde qu'un organisme tel qu'un microbe est déjà un organisme VIVANT, qu'il n'y a aucune différence ou hiérarchie à établir avec toute autre espèce sur cet aspect : microbe ou pachyderme, c'est du pareil au même.. Aucune manifestation de la Vie n'est "supérieure" ou "inférieure" à une autre puisque chacune de ses incarnations est une démonstration de sa puissance créatrice.. Pour beaucoup, une déclaration selon laquelle "nous ne sommes pas préparés à une découverte de la vie sur Mars" évoquerait plutôt la rencontre avec une civilisation martienne "intelligente", ce qui pourtant ne semble plus vraiment envisageable .. Donc, inutile de se "préparer".. Dans sa déclaration, James Green fait certainement référence aux missions martiennes Nasa/Esa qui seront lancées l'an prochain.. Et sur Mars, il est bien clair qu'il pourrait éventuellement s'agir soit de la découverte d'une chimie prébiotique, soit "idéalement" de traces de vie passée (sous la forme de molécules organiques complexes, tels que les acides aminés,acides nucléiques, protéines, lipides ou sucres, constitutifs de l'ADN.. ). Pas vraiment de quoi soulever les foules, à mon humble avis..
  21. Trois rovers se rendront sur Mars en 2020. Ce que vous devez savoir sur leurs missions. Pour la première fois, la Chine, l'Europe, la Russie et les États-Unis pourraient avoir des véhicules fonctionnant simultanément sur la planète rouge Par Sam Lemonick 21 juillet 2019 Source : https://cen.acs.org/content/cen/articles/97/i29/3-rovers-head-Mars-2020.html Traduction : Mars atteint son point le plus proche de la Terre tous les 26 mois. Si vous souhaitez envoyer un vaisseau spatial sur la planète rouge, c'est le moment de le faire. Et c’est exactement ce que les États-Unis, l’Europe, la Russie et la Chine prévoient de faire l’année prochaine. Trois missions devraient décoller en juillet 2020: Mars 2020 de la NASA; ExoMars 2020, géré conjointement par l’Agence spatiale européenne (ESA) et le russe Roscosmos; et la mission Mars 2020 de l'Administration spatiale nationale de Chine (CNSA). La première mission vise à recueillir, pour la première fois, des échantillons martiens qui seront un jour renvoyés sur Terre. Le second projet prévoit de forer plus profondément que jamais sous la surface de Mars, où des signes de vie pourraient attendre. Le troisième serait le premier atterrissage réussi de la Chine sur Mars. Comme la plupart des rovers martiens, tous les trois sont équipés d'instruments capables d'analyser les molécules présentes dans les roches et le sol pour rechercher des preuves que la vie existait - ou existe - sur la planète rouge. La mission de la NASA testera également du matériel pouvant être utilisé lors d’une future mission dans laquelle des êtres humains se déplaceront sur Mars. Si les trois rovers atterrissent avec succès et sont en mesure de renvoyer des données aux scientifiques de la Terre, ils seront les 9ème, 10ème et 11ème vaisseaux spatiaux à le faire. «Il reste encore beaucoup à explorer», déclare Kirsten Siebach, géologue à l’Université Rice, qui étudie Mars. Atterrissage Le voyage sur Mars prend environ 7 à 10 mois. Après avoir échappé à la pesanteur terrestre, chaque engin spatial continuera à s’éloigner du soleil jusqu’à ce qu’il intercepte Mars. Alors que le lancement et le long voyage posent leurs propres dangers - plusieurs missions passées ont échoué au cours de ces étapes - le vrai truc pour mettre un rover sur Mars est de réussir l'atterrissage.HX-1 Un vaisseau spatial parcourt environ 20 000 km / h, soit 10 fois plus vite qu'une balle explosive, quand il frappe l’atmosphère de Mars. Bien que l'atmosphère soit mince, elle contient toujours des molécules d'air causant des frictions. Un bouclier thermique protège l’engin spatial lorsqu’il plonge à travers ces molécules vers la surface. Et un parachute spécialement conçu ou des parachutes se déploient pour ralentir l’engin spatial à des centaines de kilomètres à l’heure alors qu’il continue de chuter vers Mars. Les roquettes tirent alors pour ralentir davantage l'engin. Tout cela prend environ 7 minutes. Mais comme il faut 14 minutes à un signal pour voyager entre Terre et Mars, la NASA appelle ces 7 minutes les «7 minutes de terreur», pendant lesquelles les scientifiques ne savent pas si le vaisseau spatial l’a fait en toute sécurité. La temporisation signifie également qu'un engin doit trouver son chemin vers la surface sans contrôle humain. Après le tir des roquettes, les trois missions vont diverger quant à la manière dont elles mettront leur art au sol. La CNSA va gonfler des airbags pour amortir l’impact de son appareil, selon des informations parues dans la presse. Celles-ci se dégonfleront après l'atterrissage, permettant ainsi à HX-1 (également appelé orbiteur de télédétection global Mars et petit mobile) de se déployer. Les précédents rovers de la NASA Spirit et Opportunity avaient utilisé cette méthode en 2004. HX-1 Roscosmos lancera les roquettes de sa plateforme d’atterrissage de Kazachok jusqu’à ce qu’elle se trouve à quelques mètres de la surface. Le rover Rosalind Franklin devrait ensuite atterrir doucement sur des jambes amortissantes. La précédente mission ESA-Roscosmos sur Mars, en 2016, avait utilisé un atterrisseur russe similaire, Schiaparelli, qui s'était écrasé sur la planète à plus de 500 km / h en raison d'une combinaison de problèmes matériels et informatiques. Le rover 2020 de la NASA, qui n’a pas encore été nommé, utilisera un système de “sky crane” semblable à celui qu’il avait utilisé en 2012 pour poser le rover Curiosity, qui fonctionne toujours sur Mars. À environ 20 m de la surface, l’atterrisseur posera les câbles doucement sur le sol, puis se détachera et s’envolera pour atterrir à une distance de sécurité. La NASA utilisera les nouvelles technologies pour choisir un site d'atterrissage sécurisé. Les caméras et les ordinateurs embarqués comparent la surface aux cartes photographiques stockées de Mars et l’engin devrait pouvoir changer de site d’atterrissage à la volée s’il se dirige vers des obstacles dangereux. À la surface L’une des caractéristiques déterminantes de la Terre est son activité géologique. La tectonique des plaques, les volcans et l’eau liquide ont façonné et remodelé notre planète au cours de son histoire. Mars est beaucoup moins active, mais les scientifiques sont convaincus qu’elle possédait tout ou partie de ces caractéristiques dans son passé. Ces types d’activités géologiques anciennes, associés aux impacts de météorites, ont produit une diversité de caractéristiques sur la planète rouge, notamment les montagnes, les fonds de lacs, les vallées fluviales et les deltas. Cela donne aux rovers beaucoup à explorer. "Ce que vous voulez faire, mais vous ne pouvez pas vous le permettre, c'est envoyer de très nombreux appareils dans de nombreuses parties de la planète", a déclaré Raymond E. Arvidson, géologue à l'Université de Washington à St. Louis. La meilleure chose à faire, dit-il, est de choisir divers sites d'atterrissage pour quelques missions à explorer. Spirit a trouvé des preuves d'une source thermale ou d'un évent volcanique dans un cratère sur Mars. L'occasion a trouvé des minéraux qui se forment lorsque l'eau coule dans une plaine dégagée. Curiosity a atterri dans un autre cratère, appelé le cratère Gale, qui aurait probablement contenu un lac peu profond qui s'est évaporé au fil du temps, laissant derrière lui des roches sédimentaires et d'autres minéraux. Le rover Mars 2020 de la NASA - qui sera nommé dans un concours plus tard cette année - va atterrir dans le cratère de Jezero, dont l’attraction principale est un ancien delta où une rivière s’était autrefois écoulée dans un grand lac ou une grande mer. Timothy A. Goudge, géologue à l'Université du Texas à Austin, explique que la nouvelle technologie d'atterrissage de l'engin Mars 2020 est ce qui nous permet d'explorer ce site, découvert seulement en 2005. «Jezero était en course pour le atterrissage pour Curiosity »en 2012, dit-il, mais il n’a pas été retenu, car les chances d’atterrir en toute sécurité étaient trop faibles à l’époque. Goudge, qui a plaidé pour Jezero lors du processus de sélection du site d'atterrissage de la NASA en 2020, a déclaré que le site avait un certain nombre de caractéristiques géologiques à explorer. Le delta aurait recueilli de l'eau et des sédiments dans un bassin versant de 30 000 km2, dit-il. Cela en fait un bon endroit pour rechercher des signes de vie. "Les deltas sont de bons collecteurs de matière organique sur la Terre", alors il est raisonnable de penser qu'ils collecteraient des molécules organiques sur Mars, explique Goudge. On pense également que le bassin versant de Jezero contient des sédiments entraînés en aval de certaines des plus vieilles croutes martiennes. Goudge note que les orbiteurs de Mars - les engins spatiaux qui entourent la planète rouge plutôt que de s'y poser - ont détecté de loin des affleurements de minéraux carbonatés à Jezero. Les scientifiques pensent qu'il est probable que le dioxyde de carbone atmosphérique ait créé un effet de serre qui a transformé Mars d'une planète humide en une planète sèche, telle que nous la connaissons aujourd'hui. Ce CO2 devrait être stocké dans ces minéraux carbonatés, mais les rovers n’ont pas trouvé les preuves physiques pour étayer la théorie. La mission Mars 2020 de la NASA pourrait changer cela et répondre à des questions sur l’histoire de la géologie et de l’atmosphère de la planète. «Nous espérons voir quelque chose de fondamentalement différent de ce que nous avons pu voir d’orbite ou de la collection de météorites martiennes», déclare Kenneth A. Farley, géochimiste à la California Institute of Technology, chargé de projet pour la NASA pour Mars 2020. La Chine n’a pas annoncé où son rover atterrira, mais la mission européenne et russe ExoMars vise une plaine appelée Oxia Planum. Semblable au cratère de Jezero, on pense qu'Oxia Planum contient les dépôts d'argile laissés par un ancien plan d'eau qui coulait de plusieurs voies navigables. Selon Jorge Vago, responsable scientifique du projet à l'ESA pour la mission ExoMars 2020, le site est à la sortie de l'un des plus grands systèmes de voies navigables anciennes sur Mars. Ce qui rend Oxia Planum particulièrement intéressant pour Vago, c’est que la masse d’eau a pu être très grande, même un océan. L’existence passée d’un océan martien septentrional n’a toujours pas été prouvée, mais Vago pense que le véhicule ExoMars, nommé Rosalind Franklin, pourrait aider à faire avancer les choses. Mais malgré toute la géologie intéressante sur le site, Vago dit que cette mission sera axée sur la chimie. «La mission ne concerne pas la géologie, ni les minéraux. La mission concerne la chimie. »Spécifiquement, la preuve chimique de la vie. Forage Le rover Rosalind Franklin cherchera des biosignatures, terme désignant toute une série de signes indiquant que la vie aurait pu exister sur Mars. Ces signes comprennent des fossiles de cellules, des structures minérales associées à des organismes, des produits chimiques présents dans des créatures vivantes et des molécules modifiées par des processus biologiques. «Les biosignatures qui pèsent le plus sont des substances chimiques», déclare Vago. La surface de Mars n'est pas un lieu convivial pour les molécules organiques. L’atmosphère de la Terre et les molécules de blindage des champs magnétiques sur notre planète contre les rayonnements nocifs solaires et cosmiques. Mars a peu de protection. Les missions passées sur Mars n’ont pas permis de découvrir de nombreuses molécules organiques complexes dans les régions de la surface de Mars qu’elles ont explorées. C'est pourquoi Rosalind Franklin cherchera ailleurs. Rosalind Franklin Un de ses instruments clés est une foreuse capable de collecter des échantillons à 2 m sous terre. L'idée est de déterrer des échantillons protégés à la fois des radiations et des oxydants tels que les perchlorates dans l'atmosphère de Mars, explique François Raulin, professeur émérite de l'université Paris-Est Créteil Val de Marne et chef de l'équipe qui a conçu le Mars Organic Molecule Analyser. (MOMA), qui analysera les échantillons forés. Reste à savoir si l’exercice peut fonctionner comme prévu. L’atterrisseur InSight de la NASA, qui a atterri sur Mars en 2018 et est toujours en opération, dispose également d’un foret destiné à creuser jusqu’à 5 m de profondeur. Mais sa conception est différente. Il est descendu à environ 30 cm avant de cesser de bouger, probablement parce qu’il s’est heurté à un rocher. Les scientifiques et les ingénieurs essaient encore de savoir quoi faire. MOMA effectuera l’analyse chimique de la mission ExoMars 2020. Il peut utiliser ses fours ou ses lasers pour volatiliser des molécules dans des échantillons mis en place par la perceuse, puis analyser ceux utilisant la chromatographie en phase gazeuse / spectrométrie de masse et la spectrométrie de masse à désorption laser. Les instruments GC / MS et LD-MS partagent un seul piège à ions linéaire pour effectuer l'analyse. Il a été sélectionné pour sa petite taille et sa capacité à fonctionner à la pression ambiante de Mars plutôt que sous vide poussé. MOMA contient également des réactifs qui peuvent être ajoutés aux échantillons pour volatiliser les molécules chirales, les petites molécules comme les acides aminés et les très grandes molécules intactes. L'ensemble du programme MOMA est une collaboration entre des scientifiques français, allemands et américains. L’équipe de Raulin a fourni le chromatographe en phase gazeuse, l’équipe allemande, l’appareil de désorption au laser et l’équipe américaine, le spectromètre de masse et la pompe à vide. Fred Goesmann, chercheur principal du MOMA et scientifique à l’Institut Max Planck de recherche sur le système solaire, explique que les différents groupes ne considèrent pas les instruments comme distincts. Les chercheurs ont conçu MOMA «pour qu’il ne puisse pas être divisé», dit-il. Néanmoins, utiliser les données de MOMA pour tirer des conclusions sur la vie sur Mars ne sera pas simple. "Même prouver qu'il y a une vie chimique sur Terre ici n'est pas facile", dit Goesmann. Des membres de l’équipe de MOMA ont pratiqué sur des roches terrestres et il a déclaré: «Il est extrêmement difficile de dire si une molécule carbonée est biotique ou abiotique.» L’équipe cherchera donc ce qu’il décrit comme une chaîne de preuves. Un élément de preuve est constitué par les molécules chirales. «Si nous trouvons sur Mars un énantiomère pur, c'est une très bonne indication de la présence de la vie», déclare Raulin. C’est parce que la biologie, du moins sur Terre, favorise un énantiomère par rapport à l’autre d’une molécule donnée. Cela est vrai pour l'ADN et pour les acides aminés. En plus de la chiralité, les preuves pourraient prendre la forme de la longueur de la chaîne moléculaire. Goesmann fait remarquer que la biologie a tendance à ajouter deux atomes de carbone à la fois lors de la synthèse de composés, de sorte que voir un motif de molécules de longueur égale ou impaire pourrait être une biosignature. MOMA est le dernier instrument d'une chaîne qui commence par l'exercice. Le premier instrument est l'imageur multispectral de Mars pour les études de subsurface (Ma_MISS). Ce spectromètre collecte les données d’une fenêtre de quelques millimètres de large sur le côté du foret. Maria Cristina De Sanctis de l'Institut national italien d'astrophysique, responsable de l'équipe en charge de Ma_MISS, explique que cela aidera à guider la collecte d'échantillons, par exemple en identifiant les minéraux susceptibles d'être liés à des molécules organiques. Et elle dit que si MOMA détecte des molécules organiques, Ma_MISS sera en mesure de fournir un contexte d'où elles viennent, ce qui pourrait aider à tirer des conclusions quant à savoir si elles provenaient d'un organisme. Après analyse par Ma_MISS mais avant MOMA, les échantillons sont analysés par un spectromètre à infrarouge, qui sera utilisé pour déterminer la composition et l’origine des minéraux, et par un spectromètre Raman. Selon Raulin, les spectres Raman sont un bon moyen pour rechercher des molécules organiques. «Si nous voyons clairement les matières organiques provenant de IR et de Raman, nous savons qu'il y a des choses importantes» dans l'échantillon, dit-il. Vago est certain que Rosalind Franklin trouvera des molécules organiques. Il dit que les chances de trouver quelque chose qui suggère la vie, cependant, est d'environ 50-50. "Rappelez-vous, nous parlons de quelque chose qui aurait pu être vivant il y a 4 milliards d'années", dit-il. Sur la Terre, quelque chose que cet âge serait trop dégradé pour être détecté, ajoute Vago, mais le froid de Mars, la préservation des températures et une plus grande quiétude géologique récente signifient que les scientifiques pourraient avoir de la chance. Retour d'échantillon Le rover de la NASA recherchera également des signes de la vie passée, mais pas de la même manière. L’Université de Washington à Arvidson, à Saint-Louis, décrit un arc d’exploration de Mars qui a débuté dans les années 1970 avec les atterrisseurs Viking, sur lesquels il a travaillé. Ces atterrisseurs ont prélevé des échantillons de sol dans l’espoir de trouver des microbes. Selon Arvidson, l’enthousiasme suscité aux États-Unis par l’exploration de Mars s’est rapidement dissipé quand il est devenu évident qu’il n’y avait aucune preuve d’activité biologique dans le sol. Mars Global Surveyor, en orbite dans les années 1990, a suscité un nouvel intérêt pour l’étude de la géologie martienne, et les prochains robots, Spirit et Opportunity, s’occupaient essentiellement de la géologie robotisée. La mission de Curiosity a examiné le rôle de l’eau sur Mars et a évolué afin d’explorer l’habitabilité passée de la planète. Toutes ces missions avaient à leur bord l'équipement analytique nécessaire pour répondre à ces questions sur place. La mission Mars 2020 de la NASA sera différente. «Nous pensons en savoir assez sur la planète maintenant» pour collecter des échantillons, puis les renvoyer sur Terre pour analyse, explique Arvidson. L’idée est que les scientifiques peuvent analyser des échantillons martiens d’une manière que les rovers ne peuvent pas. "Nous pouvons faire beaucoup avec nos rovers sur Mars, mais il y a des choses que nous ne pouvons pas faire avec un robot sur Mars", explique Siebach, de l'Université Rice. Mars 2020 Elle souligne également que les échantillons restitués resteraient disponibles pendant des décennies sur Terre, ce qui permettrait de nouvelles analyses à mesure que l'équipement s'améliore ou que de nouvelles questions se posent. «Nous sommes toujours en train d’apprendre des choses à partir d’échantillons d’Apollo», a-t-il déclaré. En plus d’effectuer des expériences similaires à d’autres missions sur Mars, le robot Mars 2020 de la NASA collectera au moins 20 noyaux de la taille d’un crayon forés dans des roches martiennes, les scellera dans des tubes et les stockera. Ce qui vient ensuite n’est qu’une hypothèse, mais les scientifiques sont convaincus que la NASA financera une mission visant à récupérer ces échantillons. L'administrateur de la NASA, Jim Bridenstine, a déclaré cette année que l'agence s'était engagée dans une mission de retour d'échantillons, et la Chambre des représentants américaine a approuvé un projet de loi visant à financer des recherches en cours sur la manière exacte dont la NASA va procéder. Une proposition, en collaboration avec l'ESA, enverrait un atterrisseur supplémentaire sur Mars, avec un petit mobile pour récupérer les échantillons mis en cache et une fusée pour les propulser sur l'orbite de Mars. Là, les échantillons seraient transférés à un orbiteur qui pourrait les renvoyer sur Terre. Les scientifiques de la NASA avaient évoqué le lancement de ces missions à la fin des années 2020, mais Michael Meyer, chercheur principal de la NASA pour l’exploration de Mars, a déclaré lors d’une réunion sur l’exploration de Mars tenue au printemps que les contraintes budgétaires rendent le lancement de 2031 plus réaliste. Et si la mission de retour n’a jamais lieu ou si elle ne ramène pas les échantillons? «Si, pour une raison quelconque, nous ne les récupérons jamais, la mission n’est en aucun cas un échec», déclare Arvidson. Les données recueillies lors des expériences menées à la surface de Mars contribueraient néanmoins à améliorer notre compréhension de Mars. Comme Rosalind Franklin, le rover Mars 2020 de la NASA emportera plusieurs instruments pour l’aider à rechercher des endroits appropriés pour collecter des échantillons et fournir un contexte à leur sujet. L'instrument d'analyse des environnements habitables avec Raman et Luminescence pour les substances organiques et chimiques, ou SHERLOC, comprend un spectromètre Raman et de fluorescence à ultraviolets profonds pouvant caractériser les minéraux et les molécules organiques. Luther Beegle du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, responsable de l’instrument, a déclaré que, lorsqu’un échantillon martien est analysé un jour sur Terre, «il sera agréable de corréler ce que nous avons vu, ce que les laboratoires voient, quel est le contexte géologique. C’est quelque chose que nous attendions avec impatience. »Les instruments devraient également être en mesure de déterminer si les substances organiques détectées par l’atterrisseur sont natives de Mars ou proviennent d’un météorite qui a bombardé Mars. Une grande partie de ce que le rover Mars 2020 emportera sur Mars est similaire à ce qui a été fait auparavant, mais elle prend un instrument totalement différent. «Nous voulons démontrer que nous pouvons changer le CO2 en O2», déclare Michael Hecht de l’observatoire Haystack du Massachusetts Institute of Technology. L’expérience d’utilisation des ressources in situ sur l’oxygène de Mars (MOXIE), dont il est responsable, fonctionne comme une pile à combustible inversée, explique-t-il. Il utilise l'électrolyse pour diviser le CO2 en ions CO et oxygène. Une membrane sépare ensuite les ions oxygène lorsqu’elle est chauffée à 800 ° C, et ces espèces se combinent pour former des molécules d’oxygène diatomiques. «As-tu vu le martien?» Demande Hecht. "MOXIE est l'oxygénateur" dans ce film. Contrairement à ce film, où le personnage principal utilise l’oxygénateur pour créer de l’oxygène afin de respirer, le principal objectif de MOXIE est de démontrer qu’il peut produire de l’oxygène pour alimenter le voyage de retour des futurs explorateurs de Mars. Selon Hecht, une fusée capable de lancer un équipage et son équipement en orbite depuis Mars aurait besoin d’être propulsée par environ 7 tonnes de méthane et 27 tonnes d’oxygène. Obtenir tout cet oxygène sur Mars nécessiterait de nombreux lancements, mais si une machine comme MOXIE était envoyée à l'avance, elle pourrait produire l'oxygène requis pour un voyage de retour sur plusieurs années. MOXIE est censé produire environ 10 g d'oxygène par heure. Trois rovers Le rover chinois constituera une deuxième tentative d'atteindre Mars, après qu'une tentative conjointe avec la Russie se soit écrasée en 2012 avant de quitter l'orbite Terrestre. HX-1 serait équipé d’un spectromètre à répartition au laser monté sur mât, similaire à la ChemCam sur Curiosity et à la Supercam sur le rover Mars 2020 de la NASA. Les Chinois ont "fait beaucoup pour imiter la ChemCam sur Curiosity, comme nous le faisons, donc ce sera amusant de comparer", a déclaré Roger Wiens du Laboratoire national de Los Alamos, le chef de l'équipe SuperCam. Comme le rover Mars 2020 de la NASA, le HX-1 sera également doté d’un radar pénétrant dans le sol, qui peut révéler des caractéristiques géologiques profondes de plusieurs mètres. L'orbiteur qui accompagnera HX-1 to Mars transportera également un instrument à détection de méthane. Le méthane peut être un produit d'activité biologique et a déjà été détecté sur Mars, bien que sa source reste un mystère. La CNSA a annoncé son intention de lancer le rover l'année prochaine, mais les médias ont fait état de problèmes avec la fusée de transport lourd qu'elle a l'intention d'utiliser pour son lancement. L’agence a indiqué qu’elle pourrait déplacer la mission en 2022 si elle n’était pas prête l’année prochaine. Si la Chine réussit, ce ne sera que la quatrième nation à atteindre Mars. Et si les États-Unis, l'Europe et la Chine réussissent, ce sera la première fois que trois rovers opéreront simultanément sur la planète rouge, sans parler de trois rovers de différentes nations. Leur succès donnera également aux scientifiques des informations inédites sur la planète. Les nouvelles expériences sur Rosalind Franklin et le rover Mars 2020 de la NASA pourraient répondre aux questions sur Mars de différentes manières. Et même si ces plans ambitieux ne se concrétisent pas, les trois rovers vont collecter des données sur des sites que les scientifiques n’ont jamais explorés auparavant, ce qui suscitera leur enthousiasme. "Le fait qu'il y ait trois rovers en route vers Mars est incroyable", déclare Wiens. «Le succès de l’un d’eux n’est pas assuré. C’est toujours très risqué. Mais je peux imaginer les conférences scientifiques qui découleraient de la présence de trois rovers dans trois différentes parties du monde. »
  22. Actualités de Curiosity - 2013

    Non, aucune.. Sur l'ensemble des résultats, et particulièrement dans le domaine biologique, chaque membre de l'équipe scientifique de la mission est tenu par un contrat de confidentialité extrêmement contraignant. Je me souviens qu'il y a eu quelques soucis avec ça au début de l'aventure avec un ou deux membres de l'équipe un peu trop "bavards". Si quelque nouveauté/découverte significative est à mettre à l'actif de la mission, on devra le plus souvent attendre la publi et la conférence de presse ou/et la grande messe annuelle en planéto pour en prendre connaissance, le plus souvent plusieurs mois plus tard, sinon plus. En tout cas, à tort ou à raison, compte tenu des derniers commentaires (parfois sibyllins) des scientifiques lors des mises à jour (et de ma longue expérience ), il me semble que les investigations menées depuis plus de deux mois à "Glen Etive" ont pu être assez "productives"..
  23. ce coup ci ça se précise...

    Pffffffff… Ce Janus.. quel falot !!!!!!..
  24. ce coup ci ça se précise...

    Pffff.. C'est un petit peu plus compliqué que ça.. Et puis au travers de ces propos iniques (ta mère) et blasphématoires (n'ayons pas peur des mots), je suis scandalisé que l'on puisse remettre en question la vocation d'A.B. de "Guide Suprême" de l'Humanité depuis qu'il s'est voué corps et âme à la sauvegarde la planète !!!.. Mais revenons à nos moutons, il convient de le citer sur ce sujet du multivers : Il est fondamental de ne pas omettre que les théories physiques les plus simples et les plus élégantes aujourd’hui considérées conduisent génériquement – en quelque sorte par défaut – à l’existence d’un multivers. Le multivers n’est pas en lui-même une théorie. Il est la conséquence de théories élaborées pour répondre à des problèmes concrets de physique des particules élémentaires. Pour dénier l’existence des univers parallèles, il faudrait être prêt à accepter des modèles plus complexes et plus artificiels, ajouter des postulats ad hoc, réfuter les prédictions des théories fonctionnant ou inventer des asymétries ontologiques. La valeur incroyablement faible (120 ordres de grandeur en dessous de sa grandeur « naturelle ») mais non nulle de la constante cosmologique est qualifiée par Léonard Susskind de « problème-père » de toute la physique. Cette incroyable situation où l’énergie du vide ne présente ni la valeur gigantesque prévue par le calcul quantique, ni une valeur égale à zéro comme un petit miracle mathématique de compensation de tous les termes pouvait le laisser espérer, est très troublante. Il semble qu’un processus annule exactement les 119 premières décimales de ce terme mais pas la 120ème ! Exactement comme nécessaire pour l’apparition d’un univers favorable à la vie… Un paradoxe sans précédent qui trouve évidemment une solution simple si le paysage des cordes permet de générer un très grand nombre de valeurs d’énergie du vide au sein du multivers. Nous nous trouvons alors naturellement dans une de ces vallées – peu nombreuses mais propices à la chimie et à la complexité – où la constante cosmologique est très petite. Contingence-émergence des grandeurs dites « fondamentales ». La question de l’existence d’autres univers émerge donc dans le strict cadre de la physique « poppérienne » usuelle. Elle n’est pas un désir métaphysique ou une résurgence théologique mais une prédiction explicite et inévitable de théories nécessaire à la compréhension de notre univers. Aucun scientifique ne prétendrait que prédiquer sur des galaxies dont le décalage vers le rouge vaut 10 environ n’est pas autorisé par la physique au prétexte qu’elles sont aujourd’hui inobservables. L’idée des mondes multiples n’est vraisemblablement qu’un pas supplémentaire dans cette direction. Résiste-t-elle néanmoins au critère de falsifiabilité (que satisfont en droit si ce n’est en fait les propositions sur les objets lointains de notre Univers) ? Comme précédemment mentionné, il existe différents mécanismes de création de multivers. Inflation éternelle, rebonds dans les trous noirs, dimensions supplémentaires branaires, structures mathématiques différentes, etc. Chaque scénario est attrayant et cohérent. Mais tous sont évidemment spéculatifs. Clairement, c’est une théorie quantique de la gravitation, autorisant une description détaillée de l’Univers primordial, qui permettra d’aller plus avant dans cette voie. Mais le point clé tient à ce que si cette théorie, qui devra être testée dans notre univers où elle sera évidemment falsifiable, prédit l’existence d’univers multiples, il n’y aura aucune raison de ne pas prendre leur existence au sérieux et de ne pas les considérer comme entrant de plein droit dans le champ de la science. Une théorie est « validée » parce qu’un certain nombre de ses conséquences sont observées et, lorsque tel est le cas, elle peut être mise à contribution pour investiguer des situations qui ne peuvent (ni ne doivent) être toutes vérifiées. C’est même, en un sens, la raison d’être du modèle. C’est déjà ainsi que procède la physique contemporaine, sans choquer qui que ce soit : les théories connues et avérées (par exemple mécanique quantique et relativité générale) sont aussi utilisées pour prédiquer sur des situations non observées – voire non observables – comme les quarks ou l’intérieur des trous noirs. Il n’a jamais été nécessaire que toutes les prédictions d’une théorie soient vérifiées. Un certain nombre d’entre elles sont soumises à l’épreuve de l’expérience et, lorsque le modèle a ainsi acquis suffisamment de crédibilité, il peut être utilisé « hors champ ». C’est exactement de cette démarche que procèdent le multivers. FIN DE CITATION Avant que la science permette d'ouvrir la connaissance à une part du réel , elle a souvent à côtoyer.. comment dire.. "l’inchoatif de l’ineffable" .. Car malheureusement la nature n'offre pas vraiment à l'observateur des faits bien propres, rangés, étiquetés, absolus. Dans ce cadre, les théories scientifiques sont des "constructions" provisoires, classées en termes de probabilités plus ou moins hautes. Néanmoins les théories dominantes installent un paradigme, c'est à dire un modèle explicatif qui s’installe dans la conscience collective des scientifiques d’une époque et devient une référence commune. Jusqu'à ce qu'un nouveau paradigme plus abouti le supplante et le remplace. Mais pendant un temps, deux ou plusieurs paradigmes peuvent se chevaucher et se concurrencer. Le fait que la science produise des théories inachevées doit rendre l’être humain plus humble et donc plus lucide quant à ces théories. C'est bien ce que Popper exprime ainsi : "Ce qui fait l’homme de science, ce n’est pas la possession de connaissances, d’irréfutables vérités, mais la quête obstinée et audacieusement critique de la vérité". Il ajoute pourtant : "La découverte scientifique est impossible si l’on ne possède pas une foi en des idées spéculatives". C'est bien dans ce cadre qu'Einstein déclare : "Il s'agit d'affirmer la liberté créatrice de l'homme de science par rapport aux faits, aux phénomènes dont il a à rendre compte : aucun chemin logique n'existe entre les "faits" et l'idée théorique à partir de laquelle ils prendront sens ; seules l'intuition, l'imagination mathématique sont susceptibles de créer, par un miracle que nous ne pouvons toujours comprendre, une construction conceptuelle qui traduise la vérité objective du monde et nous permette de comprendre ce que nous observons". Pour autant, afin d'assurer la démarche scientifique, ces spéculations, ces constructions conceptuelles se doivent de passer ensuite sous les fourches caudines de l'approche objective et critique. Et c'est bien ce qui permet d'éviter d'emprunter trop longtemps de fausses pistes (qu'il n'est toutefois pas inutile d'explorer ), et de se garder des illusions et/ou des impostures manifestes (style « mémoire de l'eau »). La science ne conduit pas à la Vérité absolue, mais elle a le grand mérite de permettre de lever le voile sur des parts de réel. Car la science, contrairement à la pensée mythique, est avant tout partielle et ne vise donc pas à tout expliquer à la fois. Ce qu’il y a de rationnel dans la démarche objective et critique réside d'abord dans son caractère dynamique, c’est-à-dire dans la possibilité d'accroître nos connaissances. Si cette croissance s’arrêtait un jour, ce ne serait pas parce que la vérité définitive serait atteinte, ce qui n’a pas de sens, mais parce que la méthode critique serait abandonnée. Nos connaissances s'enrichissent, mais le prix à payer est qu'elles conduisent à nous poser une foison de nouvelles questions sur la nature. Ce que Luminet traduisait magnifiquement en guise de conclusion dans un épisode d'"Entre Terre et Ciel" (en s'adressant à un obscur journaliste scientifique ) : "L'océan de la connaissance aura toujours un horizon, et l'horizon s'élargit à mesure que nos connaissances s'agrandissent. On ouvre constamment de nouvelles portes, et l'océan de l'inconnu reste toujours aussi vaste".
  25. Actualités de Curiosity - 2013

    Si si, elle avait été prévue le 24 septembre, puis elle a été reportée (et réalisée) sur la période du 28 au 30 septembre.. Je me cite :