Pukara de Quitor, Valle de la Luna

San Pedro de Atacama est situé dans le Nord du Chili, sur le Tropique du Capricorne, et assez a l'intérieur des terres. Depuis Antofagasta, le trajet dure environ 3 heures jusqu'à Calama, puis environ 1h30 jusqu'à San Pedro.
Descendant de l'Observatoire dans l'après-midi, je n'avais pas le temps d'y aller directement, j'ai donc décidé de faire étape à Calama.
Le trajet du Paranal jusqu'à Antofagasta se fait sur une piste quasiment rectiligne, puis sur route, pendant environ 2h; le temps de profiter du désert! Un détail assez amusant: lorsqu'un véhicule se pointe a l'horizon, on voit d'abord l'énorme colonne de poussière soulevée, bien avant de voir le véhicule lui-même... et au moment de le croiser, on se précipite littéralement dans l'écran de poussière, totalement opaque... le tout en étant pas mal secoués sur la piste en tôle ondulée!
Voila ce que ça donne, en 5 images:

Impact -10sec... jusque là, ca va.
Impact - 1sec... aieaieaie
Impact! Visibilité nulle
Ca se dissippe un peu
Ouf! On est passés!

Depuis Antofagasta, il y a des bus réguliers vers toutes les villes de la région, et notamment Calama. La vie de cette ville est intimement liée à la mine de cuivre de Chuquicamata, située à quelques kilometres, la plus grande mine à ciel ouvert au monde (un "trou" de pres de 4km de diametre et 800m de profondeur, d'où sont extraîtes environ 600000 Tonnes de cuivre par an.
D'ailleurs, si vous passez dans le coin, vous verrez surement l'un de ces longs trains transportant les plaques de cuivre vers le port d'Antofagasta.
Les bus au Chili sont confortables et ponctuels; les plus courants sont les "semi-cama", avec siège inclinable; un voyage de 3 heures est donc vite passé (pour Santiago, c'est 19 heures!).
Arrivée à Calama dans la soirée et nuit à l'Hotel El Loa, conseillé par le routard. Effectivement, l'hotel est tres calme, avec des fenetres donnant sur... le corridor intérieur (lui-même eclairé de l'exterieur, donc ca va). Ce que le Routard n'avait pas prevu, c'est le tremblement de terre cette nuit là: vers 1h du mat', réveil pas tres agréable, avec une magnitude V (Echelle de Mercalli comprenant 12 niveaux), pendant près de 45 secondes... on a le temps d'en profiter, si, si, je vous assure...
Le lendemain, au petit dejeuner, lorsqu'on parle au gérant du "Terremotto" (tremblement de terre) de cette nuit, il nous regarde avec un sourire goguenard: "Bah, juste un petit "temblor"...". Effectivement, ce que les Chiliens appellent "Terremotto", c'est un cataclysme qui n'arrive que tous les vingt ans. Tout le reste n'est que petits tremblottements de rien du tout...

Pour ceux qui voudraient avoir une idee plus preciser de la différence entre Temblor et Terremoto, voici un petit simulateur qui vous y aidera (quoi que les effets du Terremoto soit nettement sous-estimé ici)

Reste à se transferer à San Pedro. Pour ca, la meilleure façon est de prendre les bus "Frontera" (8 bus par jour, 1300 Pesos le trajet, soit environ 2 €). En attendant le bus, je fais la connaissance de Brendan, un américain qui fait un séjour de quelques semaines en Amérique du Sud, le sac au dos.
Trajet dans des terrains désertiques, puis arrivée à San Pedro, avec la chaîne volcanique impressionnante, et sur les côtés, des canyons aux couleurs variant du rouge au blanc pur (on dirait de la neige!).
Arrivée à San Pédro: le village, aux rues en terre battue, n'est pas très grand, et est essentiellement constitué d'hotels ou rensidenciales, de restos et cafés, et d'agences proposants des tours dans le pays et louant des VTT.
Les rues sont inlassablement parcourues par des "backpackers", des routards de tous horizons, qu'on reconnait à leurs coups de soleils, leurs barbes de 10 jours, et bien sur leur gros sac sur le dos... C'est certain, San Pedro est une ville touristique!
A droite, la rue en face de la mairie avec au fond le cône du Licancabur.

 


Ci-dessus une vue panoramique de la place de l'église

Après avoir trouvé un point de chute (camping de la Casa de la Senora Nora) et cassé la croûte (petit dejeuner au Café Export), on décide avec Brendan d'aller explorer à pied le Pukara de Quitor, en attendant le milieu de l'après-midi pour aller à la Valle de la Luna.

Le Pukara de Quitor est une ancienne forteresse construite par les habitants de l'époque au XII° Siecle. Le conquistador Fransisco de Aguirre y livra une bataille et fit egorger 300 indiens...
Les ruines du Pukara sont situées à 3km de San Pedro, à flanc de colline, et le chemin traverse plusieurs fois la rivière... bain de pied très agreable vu la chaleur!
Le Pukara lui-meme est un enchevetrement complexe de murs d'habitations aux formes courbes.
Depuis le sommet du Pukara, on a une vue imprenable sur toute l'oasis de San Pedro et bien entendu sur la chaine volcanique et ses multiples sommets. La visibilité n'était cependant pas extra ce jour là, mais on ne pouvait pas manquer les volcans Licancabur et Juriques, qui trônent en fond.

 


Ci-dessus, le panorama depuis le sommet du Pukara de Quitor

 

Une fois revenus à San Pedro, et après avoir loué deux VTT jusqu'au soir, nous sommes partis pour la Valle de la Luna, située un peu plus loin. On suit d'abord la route bitumée sur 5km, puis la piste sur environ 7km avant d'entrée dans le site. Et là, le paysage est assez merveilleux! Des falaises torturées, mellant terre et sel, certaines en sel pur (on dirait de la glace!), avec une alternance de couleurs ocres et blanc intense, et par endroits des dunes de sable très fin. On finit par atteindre un grand cirque plat, avec une enorme dune sur le coté (Duna Grande), et de petits monticules où trouver de l'ombre en attendant que le soleil baisse.


Panorama depuis notre coin à l'ombre: c'est pas de la neige, c'est bien du sel!

Après un petit casse-croûte de fruits et legumes (extra pour la soif!) on monte vers la dune... et on n'est pas les seuls: d'autres cyclistes sortis de nulle part, et surtout des camionette qui deversent leurs flots de touristes vers la dune! Il y a rapidement 150 a 200 personnes!! Au lieu de parcourir la dune à la suite de la troupe, on préfère aller sur le petit sommet juste en arrière, désert lui!

Panorama vu depuis la dune, avec le sommet isolé à droite (c'est la qu'il faut aller!)


Du haut du sommet, vue imprenable sur le cirque... qui fait penser a un cratère lunaire.


Les ombres s'allongent dans le cirque

Le cirque aussi... une nouvelle cargaison de bus

La Duna Grande

Vue sur les volcans (dune dans l'ombre)


Une falaise à l'autre bout du cirque


Meeting Franco-Américain au sommet

Coucher de soleil extra, avec les volcans devenant rouges, et le dégradé des couleurs dans le couchant! On reste un peu après le coucher du soleil car, cerise sur le gâteau, ce soir c'est pleine Lune! Lever de la Lune orange au dessus des volcans, extra aussi.

  Il n'y a plus qu'à revenir à San Pedro, en profitant de la lueur de la Lune pour voir la piste... heu, à vélo en allant assez vite, c'est quand meme du sport car on distingue mal les trous ou ondulations de la piste et on se fait régulièrement secouer comme des pruniers! Mais c'est quand même jubilatoire de redescendre de la Valle de la Luna, sous la Lune et les étoiles, avec une température idéale! (temperature qui descend pas mal dans la nuit d'ailleurs... hey, Brendan, do you remember the cold night of San Pedro?...).

 


Derniers rayons vers le sommet du bout de la dune.