Au programme aujourd'hui, Salar de Surire, situé plus au sud (125km de Putre). On se lève donc plus tôt et on déjeuneura en route.
On file vers l'altiplano, et l'on bifurque sur la piste située peu après Las Cuevas. Traversée de gués dont l'eau est gelée, preuve de la temperature glaciale la nuit.On se rapproche du volcan Guallatire. Ce volcan actif a une activité dite "fumerolique", autrement dit simplement des nuages de gaz et de vapeur. Un plumet de fumée est bien visible à son sommet, et d'autres foyers se repartissent sur son flanc Sud. Petit déjeuner sur le bord de la route avec vue imprenable sur les pentes enneigées et fumantes du Guallatire. On passe ensuite au village du même nom (point de contrôle des passeports), puis on continue dans l'altiplano désert. Dans un petit village, les lamas ont été regroupés dans un parc pour être marqués.
A chaque passage de gué, le guide avance lentement... non pas par mesure de securité... mais pour reperer les saumons dans les eaux de la riviere, il parait qu'il y en a d'énormes! Un peu plus loin, entre quelques troupeaux de vigogne, on apperçoit des nandus, sortes d'autruches.Enfin on arrive en vue du Salar de Surire, au blanc éclatant. Sur son bord Nord, des installation minières: en effet, le sel (du borax) est exploité sur cette zone. Le reste est protégé. Le Salar s'étend entre les volcans, avec beaucoup d'eau en ce moment, due aux pluies recentes de "l'hiver bolivien". Multitude de flamants roses visibles sur toute son étendue. On se dirige vers le bord opposé, en direction des thermes de Polloquere. Sur le bord du chemin, deux renards jouent sans nous remarquer. C'est incroyable le nombre d'animaux dans cette zone. En fait de thermes, à Polloquere il n'y a aucune installation (et on s'en félicite!!), mais on découvre une grande piscine naturelle fumante, aux eaux bleu clair, et au parfum souffré.
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caliente, caliente!...Sur l'une des rives, l'eau est vraiment tres chaude et s'echappe du bord avec des bulles. Il y a plusieurs sources dans le coin mais c'est celle-ci la plus chaude. Baignade obligatoire... par contre, il faut s'accrocher! L'eau est tellement chaude (meme sur le cote dit "froid"), c'est à la limite du suplice! Une fois dedans, ca va un peu mieux, mais chaque mouvement remue l'eau chaude. De plus, le fond est constitué d'une boue profonde et très chaude aussi, ce qui ne facilite pas les déplacements. On en ressort plutot "zen", avec une peau de nouveau né, mais rouge écarlate!
Et l'effet conjugue de l'altitude et de la chaleur font un peu tourner la tête... (on est quand même à 4250m!)
Repas sur les bords de notre piscine. Bernhard a mesuré la température avec sa montre: sur le bord (là ou on la trouve juste tiède) elle est a 40 degrés... On l'évalue à 50 ou 55 en centre... (Le Routard annonce 66 degrés au point chaud)
Un autre petit groupe de la même agence arrive... mais tandis qu'on a mis 5 minutes à s'immerger, eux y plongent sans hesiter (là on est très vexés! :-)On prends le chemin inverse. Arrêt sur le bord du Salar pour chasser le flamant au téléobjectif. Un peu plus loin dans le plateau, le guide nous montre de grandes clotures: elles servent annuellement à regrouper les vigognes sauvages, d'une part pour les tondre, d'autre part pour les compter. L'an dernier, dans toute la première région, le cheptel s'elevait à 35000 têtes. Pour le chemin de retour, apres être repassés au pied du Guallatire et à côté de la mine d'or un peu plus loin, on bifurque sur la piste descendant directement de l'altiplano sans passer par Putre. Au passage traversée entre deux petites zones minées... ca fait toujours plaisir de voir que ces cretins ont miné des endroits aussi splendides!... Le col avant de plonger dans le vallée frolle les 5000m. En passant sur la piste déserte, on fait partir des guanacos, sortes d'alpagas sauvages à la laine épaisse. La piste descend en zigzag jusque vers la vallée. Elle est utilisée par les camions chargés de borax qui descendent du Salar. D'ailleurs, certains sont visibles avec leur chargement blanc au fond du ravin, brrr... On rejoint la route revétue un peu plus loin, et l'on peut filer en direction d'Arica. On retrouve peu a peu les brumes et le ciel blanc... Arrivée a Arica en fin d'après-midi.
A nouveau 2 jours intenses en haute altitude. Cette région du Parc Lauca est vraiment d'une richesse phénomenale du point de vue de la faune et la flore!
Je décide de prendre une chambre au residencial Raissa, où logent Miriam et Bernhard. C'est 7000 $ch, avec le patio interieur envahi de plantes vertes, très reposant, et dans un quartier calme, un peu excentré, le tout avec un accueil très souriant. Douche réparatrice, mais pas facile de se débarasser de l'odeur souffrée des eaux thermales, et les vetements en sont impregnés. Le soir, pizza et discussion sympa avec mes amis helvetiques, au resto "France Tropicale", tenu par des francais évidemment, avec des vues de Paris accrochées au murs.
Miriam et Bernhard font un voyage de près de deux mois en Amérique du Sud; ils viennent d'aller au Pérou et leur prochaines étapes sont San Pedro et la Bolivie.La nuit promettait d'être calme jusqu'à ce que le bal du coin ne s'y mette: ambiance salsa à fond! Je reussis à retrouver au fond de mon sac les "bouchons d'oreilles" habituellement utilisés contre les ronfleurs en refuge, ouf!