La comète C/2006 A1/Pojmanski

 

 

Philippe Morel,

Société Astronomique de France

 

Première comète de l’année 2006, C/2006 A1 a été découverte par l’astronome polonais Grzegorz Pojmanski. Le périhélie est annoncé pour le 22 février 2006 à une distance de 0,568 Unité Astronomique (UA) du Soleil et 0,865 UA de la Terre. Quelques jours plus tard, le 5 mars, la comète passera au plus près de la notre planète à la distance de 0,767 UA. On attend alors une magnitude de l’ordre de 7,7, rendant l’astre chevelu en principe accessible aux jumelles.

Aux jumelles mais pas obligatoirement facile

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Rien à voir depuis la France métropolitaine avant la mi février car la comète sera alors trop australe. Il faudra attendre le 25 février pour commencer à assister à sa rapide remontée au-dessus de l'horizon sud-est au petit matin en fin de nuit astronomique, vers 5h UT. La comète sera alors à son éclat maximal mais sera très basse sur l'horizon.

C/2006 A1 va ensuite se lever de plus en plus tôt et remonter très vite en hauteur et, dès la mi mars, sera à environ 30° de hauteur en fin de nuit astronomique, peu avant 5h UT.

Le 24 mars, elle devient circumpolaire à la latitude de Paris mais la diminution déjà importante de la nuit astronomique fait qu'en fin de nuit astronomique la comète ne sera jamais plus haute que de 35° au-dessus de l'horizon. Malheureusement, fin mars, ce sera déjà un objet difficile aux jumelles car la magnitude sera alors remontée aux environs de 10.

En mars aux jumelles

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Le mois de mars est donc le plus facile pour cette comète, à la condition de jouer à cache-cache avec la Lune.

Une première plage de visibilité sans Lune va du 1er au 10 mars en fin de nuit astronomique, avec une hauteur de l'ordre de 20°, toujours à la latitude de Paris, le 10 mars, à un moment où la comète n'aura pas encore trop perdu en éclat. Elle devrait alors être de 8ème magnitude : il s'agit probablement du meilleur moment pour observer et faire des images et le temps sera alors compté en raison de l'aube naissante.

Seconde plage de visibilité : fin mars, avec une comète atteignant 35° de hauteur en fin de nuit astronomique mais avec une magnitude comprise entre 9 et 10,5. Son éclat sera donc à peu près 6 fois plus faible qu'au début mars.

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D'avril à fin juin, C/2006 A1 sera un objet essentiellement destiné à la prise de vue CCD ou aux observations visuelles avec de gros diamètres. Passée la mi juin et pour les régions situées au nord de la Loire, il n'y aura plus de nuit astronomique, rendant encore plus difficile l'observation de cette comète de 15ème magnitude dans un ciel qui sera alors éclairé par la Lune.

La comète Pojmanski dans le champ des étoiles

Déplacement apparent de la comète Pojmanski du 15 février au 2 mars 2006 (d'après Project Pluto Guide 8.0)

 

Non contente de se dévoiler dans des conditions pas faciles au petit matin, C/2006 A1 va, de plus, traverser des champs d'étoiles peu évidents. Aux confins de la constellation du Microscope et de la constellation du Sagittaire, elle entre le 23 février dans la constellation du Capricorne, dont elle va longer le bord ouest jusqu'au 2 mars. Son mouvement propre va alors s'accélérer. Le matin du 28 février elle sera située entre les étoiles a et ß du Capricorne.

Déplacement apparent de la comète Pojmanski du 1er au 16 mars 2006 (d'après Project Pluto Guide 8.0)

 

Du 2 au 6 mars la comète traverse une petite partie de la constellation de l'Aigle puis le Dauphin avant d'entrer dans le Petit Renard le 13 mars.

Déplacement apparent de la comète Pojmanski du 15 au 30 mars 2006 (d'après Project Pluto Guide 8.0)

 

Du 17 au 26 mars, le spectacle se situe dans le Cygne et la comète se déplacera de moins en moins rapidement. Seul rapprochement notable : l'étoile dzéta du Cygne le matin du 17 mars. A partir du 27 mars, C/2006 A1 entre dans le Lézard.

Dérive et déplacement apparent

 

Selon la date, la comète va se déplacer plus ou moins rapidement sur le fond du ciel. Sans suivi cométaire, il s'en suit une variation du temps de pose limite applicable pour ne pas avoir de bougé de la comète sur l'image. Cela dépend bien sur de la vitesse apparente de la comète mais aussi de la taille du pixel ou du grain photographique, en sachant que plus la focale utilisée est longue et moins le temps de pose " autorisé " sera long. Dans l'exemple ci-dessus, un pixel de 9 µm a été pris en compte. Cette dimension correspond à peu près au grain des pellicules argentiques de 800ISO de sensibilité. On voit, par exemple, qu'avec 500mm de focale (courbe blanche) le temps de pose en suivi stellaire sera limité à environ 30 secondes entre le 4 et le 9 mars.

 

Pour poser plus longtemps, il faudra tenir compte de la distance angulaire parcourue par unité de temps (voir ci-dessus)…

 

… et de la direction de ce déplacement, ou dérive, signalé par l'angle de position du déplacement de la comète. Reste ensuite à choisir une étoile proche de la comète dans le champ et de la déplacer durant la pose, d'une quantité équivalente à ce qui est prévu et en direction opposée à celle de l'angle de position du déplacement.

Eléments orbitaux (source ICQ : MPEC 2006-A21)

Ephéméride

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