Article SAF Interactive Eclipse du 3 octobre 2005 : anneau de Soleil depuis le sud tunisien, l'Espagne et la France

Eclipse du 3 octobre 2005 : anneau de Soleil depuis la France, l'Espagne et le sud tunisien

 

© Philippe Morel, Georges Saccomani, René Verseau, SAF

 

Depuis la France

 

Depuis l'observatoire de Rocbaron : les images de Sylvain Dantonel

 

L'animation française de Jean-Christophe Dalouzy

 

Depuis l'Espagne

 

Un important rassemblement SAF à Forna

 

Les alphinistes en Espagne et les images de Gérard Faure

 

Les souvenirs et images de B. David, R et M-A Gauzente, A. M-P. et S. Rondi

 

L'énigme photographique espagnole de Brice Poirey

 

L'animation espagnole de Jacques Depigny (attention : 5,28 Mo)

 

Depuis le sud tunisien

 

Les images tunisiennes de Roger Marical

 

 

 

Des membres de la SAF depuis le sud tunisien

 

 

Assemblage de 21 images prises au PST+SM40, © Philippe Morel, SAF

Assemblage de 93 images traitées par filtre passe haut prises au PST+SM40, © Philippe Morel, SAF

 

 

Philippe Morel ,

Société Astronomique de France

 

L'éclipse annulaire du 3 octobre 2005 a été largement observée en Espagne mais plus rarement en Algérie et en Tunisie où les conditions étaient excellentes avec un ciel entièrement dégagé et une éclipse 15° plus haute sur l'horizon qu'en Espagne, permettant, dès le début des phases partielles , la pratique de la prise de vue en H alpha avec double filtration.

 

Cette éclipse n'a pas fait l'objet d'une mission SAF « institutionnelle » mais d'un voyage réunissant 29 passionnés. La SAF y était toutefois très largement représentée par son Président, l'un de ses Vice-présidents, sa trésorière, un de ses Présidents de Commission, deux membres de son Conseil d'Administration et un de ses Correspondants Régionaux.

 

Orage en vue, deux jours après l'éclipse, © : Philippe Morel, SAF

 

En destination du sud tunisien, il est facile de trouver sur Internet des séjours d'une semaine associant demi-pension et vol aller-retour depuis Paris à un coût moindre que le vol seul. Fort de ce constat, chaque participant a été avisé des « bons plans » pour cette première semaine d'octobre ; l'une des plus creuse de l'année en Tunisie.

 

Le point de ralliement était fixé à l'hôtel Giktis de Zarzis et a été choisi, non sur la ligne de centralité de l'éclipse mais en un point à partir duquel il était facile d'aller en tout point de la centralité tunisienne en moins de cinq heures. Ne s'agissant pas d'un voyage organisé avec car et guide, mais d'une organisation préservant au maximum la liberté et l'autonomie de chacun, les déplacements étaient effectués à l'aide de véhicules de location. Cette semaine ne sera pas seulement dédiée à l'éclipse, elle sera aussi touristique et « météoritique ».

 

3 octobre : une éclipse à 45km au sud de Tataouine

 

 

Des chasseurs d'éclipse à la borne « Tataouine 45km » : une éclipse bien méritée, © : Jean françois Déjardin, CAC

 

Une première partie du groupe est arrivée à l'aéroport de Djerba dans la nuit du premier au 2 octobre et la seconde partie le soir du 2 octobre à 19h50m, soit un peu moins de 13 heures avant le début de l'éclipse. Plus de temps qu'il n'en faut pour rejoindre une ligne de centralité située à une distance de 220km croirait-on ?...ce serait sans compter avec les imprévus qui, en Tunisie comme dans de nombreux pays, sont monnaie courante. Après une heure passée à l'immigration nous pensons prendre possession de nos quatre véhicules loués auprès de quatre agences différentes mais en fait, un seul est présent avec son loueur, un second est garé devant l'aéroport mais sans loueur, le troisième a été loué à d'autres clients et le quatrième est disponible mais à 10km de l'aéroport. Le temps de réunir tous les éléments manquants, deux heures s'écoulent au terme desquelles nous espérons enfin rejoindre à Zarzis les partant du premier octobre. Nouvel imprévu : le véhicule récupéré à 10km de l'aéroport tombe en panne sèche, ce qui vaut 1h30 de palabres et d'attente en plus. Nous quittons enfin l'aéroport vers 0h30m et nous dirigeons vers l'entrée de la Chaussée Romaine reliant l'île de Djerba au continent et où se trouve un poste de police. Nouvel imprévu : le premier véhicule du convoi freine alors un peu trop brutalement pour le second véhicule. Nouvel arrêt avec plus de peur que de mal et des policiers éclatés de rire. Le temps d'aller, de chercher et de trouver l'Hôtel Giktis, nous arrivons à Zarzis vers 2h30.

 

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... à 2h30 ... de l'après midi : l'hôtel Giktis de Zarzis, © : Jean françois Déjardin, CAC

 

La nuit va être très courte car nous ne sommes plus qu'à un peu plus de 6h du début de l'éclipse et la météo est incertaine. Xavier Leprette et Nicolas Biver, aidés de René Verseau ont passé une bonne partie de la journée à scruter les prévisions météo : des nuages sont prévus dans la région de Tataouine mais le pire pourrait être évité en se rapprochant de la frontière libyenne. La situation n'est pas beaucoup plus brillante au nord ou un front pouvant descendre jusque Tozeur est aussi annoncé. A l'instant où Xavier et Nicolas nous donnent ces informations par téléphone depuis Tataouine, les nuages de Djerba ont fait place au même ciel étoilé qu'au lieu de villégiature de nos amis. Nous partons sur le champ rejoindre nos amis à l'entrée de Tataouine à un moment où l'imprévu va aussi les guetter. Une panne de voiture après chargement du matériel oblige Xavier et Nicolas à nous rejoindre. Il est 6 heures du matin et le jour se lève dans un ciel sans nuages. Restent à parcourir les 45 derniers kilomètres nous séparant de la ligne de centralité qui coupe la route de Tataouine à Remada. Le GPS nous indique le point d'arrêt.

 

 

Les observateurs et leurs instruments, © : Georges Saccomani, SAF

 

3 PST dont un doublé d'un Solarmax 40, une lunette Williams Optics Megrez 2 Apo, un ETX 125, un MTO 1000, un MTO 500 avec doubleur et une paire de jumelles de 80mm pour les observations visuelles, tel était défini l'équipement réuni sur place en un paysage semi désertique et loin de toute trace de civilisation.

 

Georges Saccomani a réalisé de très belles images en lumière blanche avec sa lunette Williams Optics Megrez 2 apo de 80 mm de diamètre et de 480 mm

 

 

© : Georges saccomani, SAF

 

Cliquer sur l'anneau pour découvrir les images de Georges

 

Nicolas Biver a aussi photographié l'éclipse en lumière blanche et en argentique avec un téléobjectif MTO 1000 de 100 mm de diamètre et de 1000 mm de focale recouvert d'un filtre Astrosolar.

 

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© : Jean François Déjardin, CAC

 

Cliquer sur l'image pour découvrir les images de Nicolas

 

Xavier Leprette accompagnait Nicolas Biver ; il nous fait part de ses souvenirs.

 

Philippe Morel a aussi photographié l'éclipse en lumière H alpha et en numérique avec un PST doublé d'un Solarmax 40.

 

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© : Philippe Morel, SAF

 

Cliquer sur l'éclipse pour découvrir les images de Philippe

 

<Christiane Saccomani, René Verseau et Jean François Déjardin ont pris des images de l'éclipse sans instrument astronomique ni aucune protection. Une simple feuille cartonnée percée de trous et placée à environ 2 mètres d'un papier blanc ... et c'est parti pour des dizaines de petites images de l'éclipse !

 

© : Xavier Leprette, SAF

 

Cliquer sur l'image pour découvrir les images de Christiane, René et Jean François

 

Stève Annet a utilisé un téléobjectif MTO 500 pour des prises de vue numériques.

 

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© : Stève Annet, SAF/CAC

 

Cliquer sur l'éclipse pour découvrir les images de Stève

 

Jean François Déjardin, venu sans matériel d'observation, a fixé son attention les particularités de l'éclipse et du paysage ... tout en saisissant les clins d'oeil cocaces.

 

© : Stève Annet, SAF/CAC

 

Cliquer sur l'ombre du photographe pour découvrir les images de Jean François

 

 

Eclipse et météorites

 

Quand on choisit la région de Tataouine pour observer une éclipse, difficile de résister au plaisir d'enquêter auprès de la population locale à propos de l'événement sidéral du 27 juin 1931. ce jour là est tombée à 4 km au nord est du centre ville une météorite d'un type exceptionnel : une diogénite.

 

58 grammes de "Tataouine" : de quoi faire rêver tous les collectionneurs de météorites, © : Philippe Morel, SAF

 

Plusieurs membres de la Commission Météores, Météorites, Impactisme de la SAF font partie des observateurs de l'éclipse et sous la conduite d'Hélène Reyss la chasse est ouverte le 5 octobre avec au programme le ratissage de la zone à la recherche du site au moyen d'un véhicule tout terrain. Le site de la chute se situe à proximité d'une décharge publique en un lieu qui n'a rien de bucolique. Inutile de dire que toute trace de diogénite a disparu.

 

Jean Marie Bigré, ou comment une "Tataouine" peut cacher une autre météorite, © : Philippe Morel, SAF

 

Reste à questionner les autochtones pour tenter d'en trouver dans les greniers. L'alerte est donnée le soir de cette pêche peu miraculeuse par Jean Marie Bigré : un vendeur de journaux, ami du Directeur de la Bibliothèque de Tataouine lui assure connaître les découvreurs d'une météorite tombée près de la ville il y a trois ans.

 

Rendez-vous est pris pour le lendemain matin, et, devant le caractère exceptionnel de cette opportunité, les 300 km de piste prévus pour l'aller-retour à l'oasis de Ksar Ghislane sont remis aux calendes grecques. Non seulement il s'agit réellement d'une chute de plusieurs kilogrammes et, de plus, des échantillons à la croûte de fusion et à la matrice hors du commun commencent à apparaître.

 

Rien à voir avec la décharge publique située près du site de la chute de la vraie " Tataouine " : nous sommes ici en zone pré-désertique et accueillis avec tout ce qu'a d'unique l'hospitalité berbères au milieu de nulle part près d'un cabanon et d'une tente entourés de quelques chèvres et de quelques poules avec tout autour, du sable et des cailloux à perte de vue. A l'évidence, les cailloux recueillis sur le site sont bien des météorites mais n'ont rien à voir avec celles vues à Tataouine : chute unique à deux types de météorites ou chutes distinctes, l'avenir nous le dira … et le site SAF Interactive vous tiendra au courant de la suite de ce passionnant feuilleton.

 

L'appel du sud

 

Sous le sol de Matmata, © : Philippe Morel, SAF

 

Le sud tunisien est riche de nombreux villages troglodytes dont les plus célèbres sont probablement Chénini et Matmata, hauts lieux du tourisme organisé, fort heureusement très peu envahissant début octobre. Dans cette organisation " à la carte " chaque véhicule avait le choix de sa destination, où de retourner à Zarzis bénéficier de la demi-pension " comprise dans le prix " du voyage. Après trois jours passés à Tataouine et dans sa région, certains sont partis visiter le nord et la région de Tozeur.

 

A Zaafrane, Xavier Leprette (à gauche), Hélène Reyss et Jean-Louis Christiaens en route pour le grand désert, © : Philippe Morel, SAF

 

Loin des paradis artificiel, une bonne partie de l'équipée a opté pour la direction du grand lac salé et des montagnes environnantes sur deux jours et un dépaysement total dès le matin du premier jour à la vue du théâtre naturel entourant le village de Toujane.

 

Toujane ou le vrai sud tunisien, © : Philippe Morel, SAF

 

Après une rapide visite de Matmata et une promenade aux portes du désert à Zaafrane, Sabria et El Faouar, nuit de ramadan à la pénombre des arcades du souk de la ville de Douz et à la lueur des éclairs, en somme, rien de ce qu'on trouve dans les agences de voyage mais un vrai contact avec l'habitant et sa culture.

 

Le Chott El Djerid au petit matin : une mer de diamants de sel, © : Philippe Morel, SAF

 

Vendredi 7 : réveil matinal pour une traversée du grand lac salé au lever du jour puis pour la destination de la gare de Metlaoui ; point de départ du trop touristique " Lézard Rouge ", un train datant du début du siècle dernier serpentant dans des gorges aux à-pics vertigineux jusqu'à son terminus : Seldja et ses mines de phosphates.

 

L'heure tourne et les plus prudents retourneront dans l'après midi à Zarzis, située à 400 km de distance. Quant aux plus téméraires, ils s'offriront 200km de plus pour aller saluer le vieux village et la chute d'eau de Tamerza…

 

La chute d'eau de Tamerza, © : Philippe Morel, SAF

 

...avant de faire demi-tour face à l'éperon rocheux supportant le vieux village de Midès...

 

L'éperon de Mides, © : Philippe Morel, SAF

 

La moitié du groupe repart le 8 octobre après un passage sur le site archéologique de l'ancienne cité romaine de Gichtis située juste en face de l'actuelle île de Djerba qui fut aussi l'île des lotophages de "L'Odyssée" d'Homère.

 

Le temple d'Esculape à la sortie du Forum de l'ancienne Gichtis, © : Philippe Morel, SAF

 

La Lune et Vénus à la nuit tombante depuis El Faouar, © : Xavier Leprette, SAF

 

 

 

Vos images de l'éclipse seront les bienvenues et, placées sur ce site, elles pourront être admirées par plus de 4000 internautes chaque mois.

A SUIVRE...

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