Repères pratiques
pour réussir des images d’éclipse partielle ou annulaire de Soleil

Depuis
Philippe Morel,
Société Astronomique de France
Réussir de belles images d’éclipse de Soleil est aisé à un
instant donné, réussir un ensemble d’images durant toute la durée d’une éclipse
l’est beaucoup moins. En effet, pendant que nous nous émerveillons devant la
beauté du spectacle…des phénomènes occultes agissent « dans l’ombre »
et à notre insu, conduisant rapidement à la destruction d’une mise au point
photographique réalisée avec précision. Ces quelques considérations ne sont d’ailleurs
pas spécifiques à la prise de vue d’images solaires ; elles sont aussi
valables, pour deux d’entre elles pour n’importe quelle prise de vue
astronomique.
Dilatation linéaire
du tube du télescope et tolérance de mise au point
La plupart des tubes optiques des instruments d’amateur du
commerce sont constitués d’un cylindre réalisé à partir d’une feuille d’acier.
Si l0
est la longueur du tube à la température t0,
C le coefficient linéaire de dilatation de l’acier (1,22 x 10-5),
la longueur l du tube à une
température t donnée
devient approximativement :
l = l0 x (1 + (t – t0)
x C)
Prenons l’exemple d’un télescope de
l = 750 x (1+(20 – 5) x 1,22 x 10-5)
…soit l =
Une augmentation de
Qu’en est-il alors de la mise au
point ?
Si λ est
la longueur d’onde de la lumière (0,55 μm dans cet exemple), Δλ la précision du miroir
sur l’onde (1/10ème dans cet exemple), et F/D le rapport d’ouverture de l’optique (5 dans cet exemple), la
tolérance de mise au point TMAP à pour expression :
TMAP = +/- 8 x (F/D)² x λ
x Δλ
…soit, dans l’exemple :
TMAP = +/- 8 x 25 x
0,00055 x (1/10)
…ou TMAP = +/- 11
μm !
Si donc, notre tube de
A F/D = 15, toujours avec une même précision optique et
pour la même longueur d’onde, cette tolérance de mise au point atteint à peu
près +/-
ADAPTER LA MISE AU POINT AUX
MODIFICATIONS DE TEMPERATURE.
Pouvoir séparateur,
mise au point et imagerie Hα
Contrairement à ce qui est admis habituellement, le
pouvoir séparateur d’une optique
astronomique n’est pas toujours égale à 12/D ; D étant le
diamètre exprimé en centimètres. Ce pouvoir séparateur correspond à ce qu’on
mesure en lumière jaune, soit pour une valeur de λ égale à 0,55 μm. En
imagerie Hα, λ prend
pour valeur 0,65628 μm.
Pour cette longueur d’onde, le pouvoir séparateur ps devient :
Ps = 251643 x λ / D
Dans le cas, par exemple, d’un Solarmax
60, le pouvoir séparateur n’est donc pas
de 2’’ mais de 2,75’’. A tolérance de mise au point, dans ce cas, sera un peu
plus large et atteindra à F/D = 5 : +/- 13 μm, ce qui ne change pas
grand-chose à la difficulté qu’on aura de maintenir la mise au point.
Mettre au point…mais
pas n’importe où
Avec un télescope de type Newton, on a l’habitude de
mettre au point sur l’axe optique car à cet endroit, l’image est la plus
parfaite qui soit. Cependant, rien ne prouve qu’il en est
de même tout autour du limbe du Soleil ; zone de loin la plus intéressante
au moment de l’éclipse annulaire.
Le rayon RPCN
du champ de pleine netteté dépend de la focale de l’objectif F et de son diamètre D. il a pour expression :
RPCN = arctang (0,0109 x F²/D3) x 206135
Où F et D sont exprimés en millimètres et RPCN en ’’.
Toujours pour notre télescope de
RCPN = 374’’, soit
6’14’’.
Dans cet exemple, si on met au point sur l’axe optique, le
limbe sera flou. Avec
LES LONGS RAPPORTS F/D SERONT DONC
AVANTAGES.
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