Le traitement des images d’éclipse totale de Lune

par Philippe Morel
Société Astronomique de France

9s_5,9_6s_3s_5,9courbes_lum_contraste_vignette.jpg (37 Ko)
T406 F/D=4,77. 0h54 UT.
© Philippe Morel, SAF

La dernière éclipse totale de Lune du 9 novembre 2003 a été l’occasion rêvée de réaliser de nombreuses images. Cette éclipse très claire en raison de sa faible grandeur et d’une position de la Lune par rapport à la Terre située presque à l’apogée, a offert de nombreuses nuances colorées au prix de temps de pose relativement courts. Cette totalité a vu le plein développement de l’imagerie numérique et webcam mais l’argentique n’était pas en reste surtout quand il est joint aux techniques de numérisation et de traitement des images.

La prise de vue

Le procédé décrit ici à pour base des images réalisées durant la totalité de l’éclipse du 9 novembre au foyer Newton d’un télescope TRASSUD de 406mm de diamètre ouvert à F/D = 4,77. La pellicule utilisée était du Fuji 100 Provia. Les temps de pose étaient de 9, 6 et 3 secondes par une forte turbulence atmosphérique mais une excellente transparence du ciel ; ce dernier ayant été " lavé " par 36 heures de trombes d’eau durant les deux jours précédent l’éclipse. Le suivi tenait compte de la vitesse lunaire.

Les buts du traitement

Restituer fidèlement l’impression visuelle du relief lunaire tel qu’il apparaît durant une totalité d’éclipse de Lune n’a jamais été obtenu en photographie argentique à pose unique…pas plus d’ailleurs qu’en numérique. La principale raison est probablement la nécessité d’utiliser un compositage de plusieurs images prises à différents temps de pose pour récupérer l’information en sur ou sous exposition qu’une image unique ne peut offrir.

Tout comme pour une éclipse totale de Soleil, restituer l’aspect " visuel " oblige à trouver un moyen de renforcer la perception des fins détails (sans en ajouter), sans faire monter le bruit de fond de l’image finale et d’offrir à l’œil une image faisant la synthèse des seuls détails intéressants de chacune des images concernées par le compositage.

Les logiciels utilisés

Dans le cas d’une éclipse totale de Soleil, le renforcement des détails fait appel à des procédés de renforcement de contraste respectant la structure radiaire de l’image. On utilise le plus souvent la technique du gradient rotationnel, inutilisable pour une éclipse de Lune où l’image n’a aucune symétrie circulaire. Dans l’essai présenté ici la fonction Ondelettes de niveau 1 sous le mode " Dyadic " dans Registax a été utilisée pour chacune des trois images qui ensuite ont été compositées en produit à la transparence de 50 % sous Photoshop.

Toujours sous Photoshop, des retouches " cosmétiques " de courbes, contraste et saturation ont permis de bien faire ressortir, comme on peut les voir en observation visuelle, les petits points brillants de la surface du disque correspondant non pas à des artefacts, mais à de petits cirques lunaires.

Le procédé en images

Les trois images doivent être redimensionnées à une largeur de 1024 pixels pour être admises dans Registax.


Pose de 9s prise au T406 F/D=4,77 à 0h54 UT.
© Philippe Morel, SAF


Pose de 6s prise au T406 F/D=4,77 à 0h54 UT.
© Philippe Morel, SAF


Pose de 3s prise au T406 F/D=4,77 à 0h54 UT.
© Philippe Morel, SAF

Importées dans Registax, les trois images vont être traitées par ondelettes "Dyalic" de niveau 1.


Pose de 9s traitée par ondelettes de niveau 1 à 5,9 pixels.


Pose de 6s traitée par ondelettes de niveau 1 à 5,9 pixels.


Pose de 3s traitée par ondelettes de niveau 1 à 5,9 pixels.

Les trois images sont compositées sous Photoshop en produit et en transparence 50%


Compositage des trois images passées aux ondelettes.

Derniers traitements facultatifs : courbes, contraste, balance des couleurs.

AUTRES IMAGES REALISEES AVEC CE PROCEDE

Variante du procédé en images

Il suffit de commencer par le compositage des trois images avant passage aux ondelettes puis passage aux ondelettes du seul compositage, toujours rélisé en produit et transparence 50%. L'inconvénient est l'impossibilité de lissage naturel du bruit de fond généré par le passage aux ondelettes. Le résultat final se laisse d'autant plus regarder qu'à aucun moment on ne touche aux balances de couleur, contrairement au procédé précédent


Compositage des trois images avant ondelettes.


Compositage traité par ondelettes de niveau 1 à 5,9 pixels et ondelettes de niveau 2 à 1,8 pixel.

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