Pollution lumineuse

 



En 2010, à la suite du Grenelle de l’Environnement, la loi «Grenelle 2» a imposé qu'un Schéma Régional Éolien définisse pour chaque région les zones favorables au développement de l'énergie éolienne. C’est l’un des volets du Schéma régional du climat, de l'air et de l'énergie.

Le Schéma Régional Éolien est-il un moyen, pour les projets éoliens, d’outrepasser les autorisations d'urbanisme classiques délivrées avec l’accord des communes et groupements de collectivités locales ? La réponse ne semble pas claire. Si tel devait être le cas, l’installation de parcs éoliens pourrait se faire contre l’avis des populations et des élus locaux, dès lors qu’un projet se situerait dans une zone non exclue par le Schéma Régional Éolien.


En Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Schéma Régional Éolien a été signé par le préfet de région fin septembre 2012 à l’issue d’une consultation publique ouverte pendant les deux mois d’été (avec une clôture le 10 septembre 2012) et qui donc, malgré ses enjeux considérables notamment d’un point de vue paysager, s’est déroulée dans un grand silence médiatique et, ainsi, quasiment dans l’indifférence générale... ce qui peut donner l’impression que la consultation a été organisée «en catimini».

Indépendamment de la controverse sur le coût économique réel des parcs éoliens et leur rentabilité, ainsi que sur leur coût environnemental (y compris l’enlaidissement du paysage), l’énergie éolienne implique une pollution lumineuse sensible puisque chaque éolienne d’un parc éolien doit être équipée d’un éclairage diurne blanc à éclats de 20000 candelas et d’un éclairage nocturne rouge à éclats de 2000 candelas, conformément aux exigences réglementaires imposées pour la sécurité de la navigation aérienne civile et militaire. Les activités astronomiques sont ainsi inévitablement impactées par la pollution lumineuse nocturne des parcs éoliens.


  



Des projets de parcs éoliens pour la Montagne de Lure et ses environs existent déjà, l’un d’entre eux a été présenté il y a quelques mois au maire de Saint-Étienne-les-Orgues. Il concerne la ligne de crêtes allant de Limans à Fontienne et vers Cruis, autrement dit tout un arc de cercle allant du sud à l’est de Saint-Étienne-les-Orgues. Il présente des conséquences paysagères et de pollution lumineuse de première importance pour Saint-Étienne-les-Orgues et environs, la Montagne de Lure et même pour l’Observatoire de Haute-Provence. La SAML craint que, même si l’équipe municipale de Saint-Étienne-les-Orgues s’est positionnée défavorablement à l’égard de ce projet, la zone de Saint-Étienne-les-Orgues ne soit pas exclue du Schéma Régional Éolien et que ce projet de parc éolien présenté - ou un autre - soit construit dès 2013 ou 2014 sur les crêtes de Lure.

La Société Astronomique de la Montagne de Lure a déposé le 6 septembre, en sous-préfecture de Forcalquier ainsi que sur le site internet dédié à la consultation publique (http://www.paca.developpement-durable.gouv.fr/consultation-publique-du-projet-de-a4140.html), sa contribution à la consultation publique concernant le Schéma Régional Éolien en région Provence-Alpes-Côte d’Azur sous la forme du document suivant, téléchargeable en cliquant sur ce lien : Contribution SAML SRE PACA 06-09-2012.pdf. La conclusion de ce texte est celle-ci: la SAML demande «que la Montagne de Lure et ses alentours soient exclus des zones qui seront retenues par le Schéma Régional Éolien» en ajoutant que «Si toutefois l'intérêt général devait conduire à l'édification d'éoliennes sur la Montagne de Lure ou à moins d'une quinzaine de kilomètres de la Montagne de Lure» elle demande «que les permis de construire des parcs éoliens correspondants soient assortis d'une prescription de strict respect des exigences réglementaires minimales de balisage nocturne "et pas un candela de plus"». La SAML a par ailleurs tenue informée l’Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes (ANPCEN) de sa démarche.

Quelques jours plus tard, l’équipe municipale de Saint-Étienne-les-Orgues a fait connaître à la SAML le texte de sa propre contribution à la consultation publique :

«L'équipe municipale de St-Etienne-les-Orgues, représentée par le Maire et ses adjoints, considère que compte-tenu de l'intérêt touristique, agricole (élevages) et paysager du Piémont de Lure et de la proximité des zones habitées, l'implantation de grandes éoliennes à proximité causerait un préjudice à la qualité de vie dans notre commune.

Nous avons été alertés par la Société Astronomique de la Montagne de Lure (SAML) et l’Observatoire de Haute Provence (OHP) sur les nuisances lumineuses nocturnes qu'engendreraient les balises clignotantes destinées à signaler les éoliennes.

En conséquence, un avis défavorable sera donné par le maire, avec l'accord des adjoints, au nom de la commune à tout projet sur le territoire communal.

Une information en ce sens sera donnée lors du prochain conseil municipal, le débat sera ouvert.»


 

  PARCS ÉOLIENS ET POLLUTION LUMINEUSE (2012)



Nous nous sommes fait l’écho, il y a déjà plusieurs années, de la perplexité des astronomes amateurs de la région vis-à-vis du changement d’éclairage nocturne de la citadelle de Sisteron. Présenté alors par ses promoteurs comme respectueux de l’environnement et prenant en compte le souci d’éviter la pollution lumineuse , il était censé éclairer les rochers mais pas le ciel, malgré une puissance dissipée bien plus grande que dans l’ancien système d’éclairage.

Nous avons reçu une photo toute récente et très «parlante» prise par Gaëtan, l’un des membres de la SAML, qui réside à Sisteron. Cette photo, reproduite ci-dessous, démontre clairement le gâchis énergétique et la pollution lumineuse inacceptable du ciel résultant de l’éclairage actuel excessif de la citadelle.


 

  CITADELLE DE SISTERON



Dimanche 11 août 2013, la Société Astronomique de la Montagne de Lure a été heureuse de participer à la première «Chouette Nuit Étoilée» de Vachères.


   


Un compte rendu, en textes et en images, de cette très sympathique et mémorable journée est disponible ici :
Chouette Nuit Étoilée de Vachères.

 

  CHOUETTE !!!


La construction d’un parc éolien de 8 très grandes éoliennes à la Montagne de Lure, de 150 mètres de haut chacune, fait l’objet d’un projet. Ce projet est porté par la société RES. Les éoliennes seraient implantées au Contadour, sur le territoire de la commune de Redortiers, à une douzaine de kilomètres (à vol d’oiseau) de l’Observatoire Marc Bianchi. Si ces éoliennes sont construites, leur éclairage nocturne, imposé par la réglementation aéronautique, s’ajoutera à la pollution lumineuse déjà trop forte dont souffre la Montagne de Lure.

Le bureau de la SAML a adressé la lettre ci-jointe, datée du 12 novembre 2017, au maire de Redortiers pour faire part de son opposition à l’édification d’éoliennes à cet endroit : Lettre_maire_Redortiers.pdf.

Une association s’est constituée le 15 octobre 2017 pour lutter contre ce projet et plus généralement pour préserver l’environnement à la Montagne de Lure : LES AMIS DE LA MONTAGNE DE LURE. Son adresse électronique est <amilure04@gmail.com>. Vous pouvez télécharger sa «lettre ouverte» (Amilure_lettre_ouverte.pdf), ses statuts (Amilure_statuts.pdf) et son bulletin d’adhésion (Amilure_bulletin_adhésion.pdf).

Cette association LES AMIS DE LA MONTAGNE DE LURE a organisé une rencontre-débat consacrée à ce projet de construction de parc éolien du Contadour le vendredi 1er décembre 2017 à 18 heures au complexe intercommunal de Banon.

La SAML, directement concernée par la pollution lumineuse inévitablement associée à ce parc éolien, si celui-ci est effectivement construit, a décidé d’adhérer en tant que personne morale à l’association LES AMIS DE LA MONTAGNE DE LURE. Un autre projet éolien existerait et concernerait le village de Peipin.

Les membres de la SAML sont invités à adhérer eux aussi à l’association LES AMIS DE LA MONTAGNE DE LURE et à lui apporter leur soutien, à titre personnel.

L’association dispose d’une page Facebook, ici : https://www.facebook.com/AmiLure/

Une pétition en ligne lui a permis de faire connaître son opposition au projet :
https://www.change.org/p/préfet-des-alpes-de-haute-provence-éolien-industriel-ne-touchez-pas-a-la-montagne-de-lure-notre-bien-commun

Elle a recueilli à ce jour plus de 5400 signatures électroniques, complétées de plusieurs centaines de signatures sur papier.

Une réunion publique d’information et de débat concernant ce projet, ainsi que plus généralement concernant la transition énergétique et les solutions alternatives aux grandes éoliennes, a eu lieu à la Médiathèque de Saint-Etienne-les-Orgues le vendredi 2 février 2018 à 18 heures 30, en présence d’élus locaux dont plusieurs conseillers municipaux de Saint-Étienne-les-Orgues (le maire, souffrant, était excusé).

La Médiathèque était pleine (près de 200 personnes) et cette réunion publique s’est révélée fort intéressante.




Dans une première partie, les responsables de l’association LES AMIS DE LA MONTAGNE DE LURE ont fait le point de leurs actions et des soutiens qu’ils ont enregistrés de la part de personnalités diverses.

Ils ont par ailleurs rappelé les dangers et les «tares» du projet de Redortiers et des parcs éoliens en général : inconvénients techniques et économiques (faible taux d’utilisation, faible rendement énergétique), «dévastation» du paysage (non seulement à cause des éoliennes mais aussi des lignes aériennes à haute tension qui accompagneraient nécessairement ces parcs éoliens, selon eux), quantités énormes de béton et de métal à mettre en place, «saignées» à faire dans la montagne pour les accès, noria des camions de chantier, importation d’éoliennes allemandes ou chinoises, pauvreté du nombre d’emplois créés sur place et caractère temporaire de ces emplois, profit pour quelques industriels et les quelques propriétaires fonciers concernés mais nuisances sonores et visuelles (dont la pollution lumineuse nocturne) pour tout le monde et contribution forcée de tous les consommateurs EDF au subventionnement de l’éolien.




Dans un second temps, de nombreuses personnes se sont exprimées librement et ont fait valoir leur point de vue personnel. Il a notamment été question des dangers mal connus (parce que non étudiés jusqu’à présent) des éoliennes en liaison avec les infrasons qu’elles produisent. Une habitante originaire du Pays de Galles a par ailleurs témoigné en expliquant comment, dans son pays, un paysage magnifique comparable à celui de la Montagne de Lure a été «ravagé» par l’édification de nombreuses éoliennes.

L’intervention de Mme le maire de Revest-des-Brousses, également conseillère départementale, a été marquante. Elle a notamment fait valoir que les élus doivent être «interpellés» par les citoyens. Elle a considéré que la Communauté de communes est en l’occurrence «inexistante» sur ce dossier mais a fait savoir que le Conseil départemental se prononcerait très prochainement (mi-février) et qu’elle plaiderait contre les projets de Redortiers et de Peipin.

 

  PROJETS DE PARCS ÉOLIENS À LA MONTAGNE DE LURE (2018)


L’ASSOCIATION DES AMIS DE LA MONTAGNE DE LURE («AMILURE») a publié le 5 octobre 2018 le communiqué de presse ci-dessous nous informant de la décision du conseil municipal de Redortiers, en date du 4 octobre 2018, d’abandonner son soutien au projet de construction d’un parc éolien sur la commune de Redortiers.




Rappelons que la Société Astronomique de la Montagne de Lure, membre d’AMILURE, s’oppose à tout projet d’éoliennes à la Montagne de Lure — et plus généralement à proximité de l’Observatoire Marc Bianchi — dès lors que l’éclairage («balisage») nocturne, imposé sur chaque éolienne par la réglementation aéronautique pour des raisons de sécurité de la navigation aérienne, induit une pollution lumineuse sensible qui pourrait s’avérer catastrophique pour les activités de la SAML.

 

  PROJET DE PARC ÉOLIEN DE REDORTIERS



La SAML s’est fortement impliquée dans l’événement « LE JOUR DE LA NUIT » le samedi soir 13 octobre 2018, non seulement à la Montagne de Lure mais aussi dans le beau village perché de Vachères ainsi que dans le Vaucluse à La Bastidonne.

À Lure, ce sont 26 personnes que Philippe (sous la coupole), Bruno et Alain (au pied des pistes) ont accueillies. L'événement a donc rassemblé une trentaine de personnes.

De nombreux objets du ciel profond ont été montrés (M57, M11, M2, NGC 6992, NGC 7331, NGC 672, NGC 891, M52, M31, M33), ainsi que la lointaine Uranus. Si le ciel était assez clair en début de soirée, les choses se sont ensuite dégradées et ce fut un jeu de cache-cache incessant entre les étoiles et les nuages. Malgré ces conditions difficiles, beaucoup d'objets ont pu être observés et les participants se sont montrés satisfaits. Cette soirée a également été l’occasion de souligner les méfaits, surtout pour l’astronomie, d’un éclairage nocturne trop abondant et mal conçu, en énumérant les principales sources de nuisances pour l’OMB mais aussi en louant les efforts du Parc du Luberon.

Enfin, cette soirée a permis d'enregistrer une adhésion "couple" à la SAML.

Ce fut donc une excellente soirée, que nous comptons renouveler en 2019 !

À Vachères, magnifique village perché situé à une petite dizaine de kilomètres au nord de Reillanne, Pierre et Stéphane ont bénéficié d'une météo inespérée et quasiment parfaite : temps doux, vent nul, aucun nuage, belle transparence et excellent seeing. Ils ont été fort bien accueillis par M. Le Cornec, premier adjoint au maire de Vachères bien connu depuis de nombreuses années (il était déjà le promoteur de la "Chouette Nuit étoilée de Vachères" en août 2013 (la chouette nuit étoilée de Vachères 2013).

Pour ce JOUR DE LA NUIT 2018 de Vachères, une soixantaine de participants de tous âges ont été accueillis, entre 20 heures et 22h30 environ. Tout s'est très bien passé, dans une bonne ambiance. Pierre avait apporté son dobson de 350 mm de diamètre, une paire de jumelles et son pointeur laser. Stéphane avait, lui, installé son télescope Schmidt-Cassegrain C11 Edge sur monture équatoriale Astro-Physics Mach1.

De nombreux objets du ciel profond d'été et d'automne ont été montrés à un public enthousiaste, en plus des planètes Saturne (magnifique), Mars (petite mais avec quelques détails), Uranus et Neptune dont les disques étaient bien marqués, sans oublier la Lune en magnifique lumière cendrée en tout de début de la soirée.



   


Enfin, à La Bastidonne, Patrick a tout d’abord proposé une conférence sur l’astronomie et la pollution lumineuse. Ensuite, après une première balade pour aller observer la Lune et Saturne, puis un retour à la salle des Ferrages pour un apéritif offert par la mairie, il a conduit une observation du ciel.

 

  LE JOUR DE LA NUIT


Via le forum Webastro, nous avons été récemment informés de la publication d’un remarquable rapport du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD) consacré à la pollution lumineuse.

Ce rapport de mission de 106 pages, daté de novembre 2018, est intitulé «À la reconquête de la nuit» et sous-titré «La pollution lumineuse : état des lieux et propositions». Il est public et peut être téléchargé ici : À la reconquête de la nuit.

Voici, in extenso, son intéressante conclusion incluant des prises de position et des recommandations :

  1. D’un sujet anecdotique de prime abord, la pollution lumineuse s’avère toucher chacun de nous et nécessite une mobilisation nationale inédite qui serait aussi un signe précurseur de l’implication des autorités publiques françaises dans la recherche de la préservation de la biodiversité.

  2. C’est à la fois un sujet de santé-environnement, de fonctionnement harmonieux des écosystèmes et un pas vers un monde moins énergivore.

  3. La mission est persuadée que cette mobilisation est possible en commençant par des axes de progrès directs et évidents : le plein effet des textes existants, des contrôles ciblés et dissuasifs, une ambition de diffuser le message de l’éclairage excessif et nuisible dans tous les domaines des sources d’éclairage : éclairage public, privé, publicité... et ce, quelle que soit leur localisation, urbaine ou rurale.

  4. Elle propose également d’accentuer la diffusion de la préoccupation lumineuse à certaines réglementations et relancer l’ambition environnementale de la normalisation.

  5. Enfin, elle souhaite insister sur le nécessaire renforcement de la sensibilisation du grand public aux enjeux de biodiversité et de santé publique en matière de pollution lumineuse. La pollution lumineuse est un sujet sur lequel on ne doit pas opposer artificiellement extinction des feux et rénovation de l’éclairage public ; il faut au contraire les combiner dans une approche globale de «sobriété lumineuse».

  6. Comme pour tout sujet émergent à forte portée symbolique, une prise de conscience sociétale est indispensable pour apprécier collectivement qu’un éclairage excessif (public ou privé) n’est plus seulement inutile et coûteux mais désormais aussi nuisible à tous.

  POLLUTION LUMINEUSE