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Found 187 results

  1. Bonjour à tous, Désolé je ne suis pas dans la bonne catégorie mais je ne sais pas trop ou mettre ça. Astro N' Homme revient pour ceux qui ne connaissent pas, le principe de la chaîne est de présenter un astronome amateur ou professionnel au travers de son histoire, et de sa façon de pratiquer l'astronomie. N'hésitez pas à vous abonner et à partager (La page et la chaine You Tube) pour nous soutenir sur ce projet que nous allons soigner de plus en plus, et être au courant quand l'épisode sortira ! Un concept inspiré par nos ami Franck Jobard et Cédric Thomas. Nous nous déplacerons dans toute la France ! Le teaser de l'épisode 3 Astro N Homme est là à mettre en full HD avec le son ! Une nouvelle saison démarre, Nous allons nous préparer pour le prochain tournage. Réalisation : Fabien Rosso, Killian Beaudoin, Séraphin Boiron, Maxime Tessier. Montage : Maxime Tessier #astronhomme #teaser
  2. Nuit du 29 au 30 mars 2019 Dobson Strock 254/1200 Seine et Marne sur le terrain des ballots de foin. 5 dessins : 8695 à 8699. A cause de la météo instable, la sortie avec le groupe Whatsapp de Webastro et mon Dobson 508 est annulée. J'apprends néanmoins que l'un des membres, Thierry, est déjà sur place depuis 20h avec son Dobson 350. Je tente vers 22h car les voiles sont moindres. Le temps d'arriver et de m'installer, il est 23h. Le terrain est vide de ses ballots. Le ciel est malheureusement encore voilé, avec des zones plus épargnées. Je dirige le Strock vers une galaxie du Lion. Observation 8695 : NGC3521. 75x, 109x, 150x. A centre marqué et considérablement faible, cette galaxie montre aussi son halo diffus faible à très faible et incurvé. Les voiles dégradent l'image. J'observe ensuite une galaxie du Petit Lion. Observation 8696 : NGC3344. 75x, 109x. Je la vois faible à très faible, très diffuse. A 1h l'habituel coup de barre survient, 20 minutes de sieste sont nécessaires pour lui échapper. Je passe aux galaxies du Bouvier. Observation 8697 : NGC5660. Je la repère à 75x et la détaille à 150x, faible à très faible, assez large, diffuse, et son centre visible qu'en vision décalée. Ce froid humide est désagréable mais n'atteint pas les optiques. Mais mes pieds oui, 1 heure plus tard. A 2h, les chouettes chevèches s'expriment. A 2h20 Thierry est parti. Observation 8698 : NGC5676. A 109x, elle montre des détails en plus de son centre faible : forme allongée, des nodosités VI3 à 5 et une barre VI3. Le ciel s'améliore, il reste pourtant des voiles par endroits. A la frontière du printemps et de l'été, je cherche une galaxie du Serpent. Observation 8699 : NGC5990. Elle reste petite à 150x, faible et condensée, un petit flocon céleste. Pour faire ce dessin, j'ai perdu du temps à rechercher mon crayon tombé au sol, il faut dire dans une zone riche de brins de foin pouvant être confondus avec. Une variante de l'aiguille perdue dans une botte de foin! A 3h49 L'ISS passe dans le Cygne et la Lyre. Le retour de voiles dans le Serpent et ma fatigue revenue sonnent le glas de cette nuit. Je remballe et dors pas moins de 3 heures sur la banquette arrière de la voiture avant d'envisager de rentrer.
  3. Dobson Strock 254/1200 Seine et Marne au sud des ballots de foin. 4 dessins : 8691 à 8694. Je suis prêt à observer à 22h au son des chouettes. Les horizons diffusants augurent de conditions de transparence perfectibles. Toute la soirée est passée dans la constellation de la Girafe autour de la galaxie NGC2403 par laquelle je commence. Observation 8691 : NGC2403. La galaxie majeure de la Girafe est déjà visible au chercheur 9x50 très faible et floue. 75x, 109x, 150x, 201x. Les spires sont optimales à 109x. La galaxie faible et très diffuse montre plusieurs régions HII à 109x et 150x. Un bras VI3 se déploie à l'est, l'autre limite (VI5) flou se devine à l'ouest. A 218x, c'est le pullulement de nodosités à la limite. Assurément un objet à explorer encore plus en profondeur au Dobson 508! Le vent est gênant. Je poursuis la soirée d'observation sur d'autres galaxies de la Girafe. Observation 8692 : NGC2366. Son noyau est soupçonné à 75x, confirmé à 109x, faible à très faible. C'est très dur de voir le reste de la galaxie, une partie reste à la limite VI5. Observation 8693 : UGC3580. Repérée à 75x, elle est collée contre une étoile et reste compacte, très faible et petite à 109x. Je ressens de la fatigue à 23h50. Observation 8694 : IC2179 et NGC2347. 109x. La galaxie IC reste très faible, petite, condensée, tandis que la NGC apparaît faible, diffuse, allongée en vision indirecte notamment. A 0h30 les chiens aboient au Nord-Est. Il fait froid, notamment aux pieds, ayant omis de mettre les bottes fourrées, trompé par la température clémente de début de nuit. Je pars.
  4. Dobson Strock 254/1200 Seine et Marne à l'entrée de la ferme 6 dessins : 8669 à 8674. Toujours pendant les vacances, une éclaircie impromptue survient alors que je dîne sur Paris-Ouest avec 2 anciens collègues. Le beau temps tient contrairement aux prévisions, donc une fois la soirée terminée, vers 23h, je rentre dard-dard chercher le télescope rapide à installer, donc le 254mm. Je suis prêt à observer un peu avant 1h du matin, et choisis l'entrée de la ferme à cause du vent gênant d'Ouest. Je m'abrite en plus derrière la voiture. Je me focalise sur les galaxies du Lion. Observation 8669 : NGC3666. Vue dès 75x, elle se révèle très faible, diffuse. A 150x son centre stellaire est vu ainsi que son aspect allongé en vision indirecte. Il passe quelques nuages à 1h, poussés par un vent froid assez gênant. Observation 8670 : NGC3547. Je ne la vois pas à 75x, le repérage effectif se fait à 109x. Elle est faible à très faible, sa forme n'est pas évidente, allongée il me semble. A 1h45 je pars pour 25 minutes de repos dans l'auto. Je ré-embraye avec une galaxie du Lion. Observation 8671 : NGC3506. 109x. Faible, elle est à la fois condensée au centre et à bords diffus. Je range les galaxies du Lion dans la boîte aux souvenirs pour cette nuit, direction une galaxie de la Vierge. Observation 8672 : NGC4124. 109x. Je note son aspect diffus, ses limites floues, son centre faible et flou, et ses extensions très faibles à VI1. A 3h un passage nuageux descendu du Nord-Ouest contrarie l'observation. Ca se dégrade. Une heure de sieste s'écoule dans la Dacia à attendre le départ des nuages. Dans un ciel à nouveau dégagé, je rends visite aux galaxies de la Chevelure de Bérénice. Observation 8673 : NGC4293. 75x, 109x. Elle est très faible, diffuse, et vue dès 75x. Observation 8674 : NGC4340 et 4350. Ces galaxies m'apparaissent à 75x puis 150x respectivement très faible et considérablement faible. Le vent a emporté vers la ferme l'une de mes cartes de la Revue des Constellations, . Je n'ai pas réalisé de suite que c'était ça le bruit de papier envolé. J'ai heureusement pu retrouver cette carte et pas tâchée par la terre humide sporadiquement éparse. Le camion de lait arrivé à 4h50 pendant ce dessin est reparti à 5h20. J'ai les pieds gelés. Les nuages reviennent fort alors que Jupiter apparaît dans Ophiucus. Il est 5h30, au vu des nuages arrivant à la limite de l'aube, je remballe et rentre directement.
  5. Double amas

    Pas tout à fait de saison... soit.. Mais s'il est est un objet que j'aime bien c’est celui-ci. Montrer ça aux curieux, aux débutants, à nos amis et familles, c'est ultra efficace à chaque fois.. Découvert à mes tout débuts, je reste encore aujourd'hui très amoureux de cet objet si riche et dense. Deux amas pour le prix d'un, une telle intensité, c'est si beau. L'été dernier j'achetais mon 1er "vrai" télescope (un dobson Meade Lightbridge 203/1219). En effet, avant ça j'observais encore avec un vieux coucou, un PERL JPM 115/900 hérité de mon père, à l'ancien coulant 24,5!! Je vous laisse imaginer mon enthousiasme à re-découvrir ça au 200 ! Je me suis vite pris au jeu du dessin et j'ai lorgné sur le double amas de Persée un moment.. Au fil des nuits je le visitais.. Beaucoup de boulot, la tâche m'a parue immense! Et puis ... un soir.. il fait bon, j'ai le temps? Je suis en forme ..? Allez : Je dessine le double amas de Persée! Même pas peur d'abord ! De la patience, du temps, des crayons ultra affûtés, une gomme de précision et un moment plus tard, voila le résultat d'un dessin soigné. Oculaire, feuille, feuille, oculaire, .. a y perdre son latin! On ne voit plus rien, j'ai du faire quelques pauses pour "reprendre mes esprits", tellement ça fourmille dans cet objet. On ne sait plus "qui est où", et il faut prendre le temps de bien se situer. Mais une fois terminé, vraiment il y a de quoi être fier de son dessin tellement c’était un effort mais à la fois un régal. Nous attendons le paradis après notre mort.. mais en réalité je crois qu'au cours de notre vie, dans ces instants, nous l'avons déjà sous les yeux. Je me sens souvent privilégié de voir ce que nombre de gens n'auront même jamais vus de leur vie.. C'est pourtant si beau... L'astronomie c'est comme le pinard : ça devrait être obligatoire! #coluche Vive notre ciel, vive nos nuits, vive notre passion ! A vos crayons ! -Materiel/Méthode : Dobson Meade LightBrridge 203/1219 Oculaire Meade 25mm WA Crayons graphite et gomme de précision Inversion numérique. -Contexte : Ciel de campagne PL importante (lampadaires oranges)
  6. Dobson Strock 254/1200 Seine et Marne à l'entrée de la ferme. 5 dessins : 8664 à 8668. Je suis en vacances, j'espérais sortir le Dobson 508 à ces occasions, ayant toute la nuit disponible. Malheureusement ce soir le ciel se dégage trop tard et de façon impromptue, défiant toutes les prévisions. Du coup je prends le Léger ou Strock 254 et arrive vers 23h sur place. Je me rends vite compte que le vent est fort, surtout pour un Strock. Du coup je me gare à l'entrée de la ferme et protège du vent d'ouest le télescope grâce à 2 étages de ballots de foin traînant par là. La nuit sera passée sur des galaxies du Lion. Je commence par les Siamoises NGC3226-27. Observation 8664 : NGC3226-27. 109x, 150x. Elles sont vues faciles dès 75x et pas liées. NGC3227 montre un centre considérablement faible et un halo faible à très faible. Le centre de NGC3226 est un poil plus faible et moins détaché que celui de sa compagne, et son pourtour faible à perceptible est beaucoup plus diffus. J'ai des crampes de pieds que je chasse en marchant. J'entends les vaches remuer dans l'étable, peut-être ont-elles aussi des fourmis dans les jambes? Vers 0h15 un voile gêne passagèrement l'observation du Lion. Observation 8665 : NGC3098. 75x, 150x. Je l'ai repérée petite à 75x. A 150x, son centre reste ponctuel, mais elle apparaît effilée et considérablement faible. Observation 8666 : NGC3088A/B. 75x, 109x. La galaxie n'est pas vue à 75x, mais à 109x elle apparaît petite, condensée, pas double, à centre faible. Le vent gronde derrière les ballots, pas de quoi s'en faire un foin grâce à ces derniers! A 1h je suis fatigué. Observation 8667 : NGC3507. A 109x, cette faible galaxie est diffuse, son noyau faible se situe à côté d'une étoile assez faible à assez brillante. A 1h30 une lumière latérale s'est allumée dans l'étable dans mon dos puis vite éteinte. Son faisceau est heureusement perpendiculaire à ma ligne de vision. Un nouveau coup de fatigue est légèrement perturbé par le cri d'une chouette effraie au loin. Observation 8668 : NGC3501. Cette galaxie allongée, vue VI2-3 (75 à 50% du temps en vision décalée), n'est pas facile à détailler à 109x. A 2h je dors debout, toutes les chouettes effraie du monde n'y pourraient rien changer. Une mini-sieste de 20 minutes ne suffit en effet pas à récupérer. Je remballe et dors dans la voiture 3 heures.
  7. III- Coeur de verre Au lecteur : mes excuses, j’ai été sous le boulot. Je sais qu’on dit toujours ça pour se dédouaner, mais là c’est vrai. Au lecteur courageux : je suggère de relire l’épisode (ou les épisodes, pour les plus intrépides) précédent ici : La nuit claque sur la terre comme un coup de fouet. Subitement, il pleut des éclats de cristal. L’instinct commande de ramper. Oui, petit sapiens rampe à la surface de sa planète pendant que le ciel sauvage danse une ronde éclatante et silencieuse autour du pôle sud. Je m’affaire auprès du gros Dobson. Me penche prudemment sur son coeur de verre et m’écrie intérieurement : “Mon Dieu, c’est plein d’étoiles !” tel un Dave Bowman austral (“2001 l’Odyssée de l’espace”. On a les références qu’on peut). J’insère le Panoptic 41, de la taille d’un poing, dans le porte-oculaires. Puis je prends les commandes, enfin j’essaye, en plaisancier du dimanche habitué à une coquille de noix essayant de dompter un glorieux trois mâts. La nuit s’est d’ailleurs levée comme une tempête où la multitude d’éclats de cristal qui ne scintillent pas m’empêche de discerner même une ébauche de constellation. Et c’est un corps à corps, j’y danse quelque chose qui rappelle le ju-jitsu. Le Gros résiste, il faut pousser et tirer, en force et en douceur, tout en même temps. Profiter de sa force pour l’emmener où je le souhaite. Finalement bien entendu, c’est lui qui m’embarque. Après bien des errements le Gros m’emmène à NGC 1566, pourtant facile. Contrastée et tourbillonnante, vue de face. Deux spires sont très évidentes, qui partent en s’effilochant dans des voiles de brumes vertes. Le noyau est brillant, entouré d’un bulbe duveteux tout en nuances de gris brillant et diffus à la fois. C’est une observation facile et splendide. Le Gros vire sur NGC 1617. C’est une autre histoire. Une tache, diffuse et assez étendue, vue de trois-quarts, révèle à l’observation des zones de luminosité différentes. Il y a comme des variations de densité et, mais oui, des zones plus noires qui forment une arabesque : c’est une spirale. Le noyau en revanche est assez brillant ce qui, par contraste, complique l’observation. Emporté par son élan, le Gros bascule non loin vers l’est et NGC 1546 m’apparaît. Elle est elliptique et chétive. Très facilement perçue, elle n’est cependant remarquable en rien, du moins à mes yeux d’éternel dilettante. C’est une âme en fuite, rien de plus. Raymond surgit dans la nuit, un morceau de savon à la main. Heureusement ce n’est pas à moi qu’il veut passer un savon, mais au Gros dont il commence à savonner vigoureusement les axes d’altitude et d’azimut. Intérieurement je me ris du Gros : “ha ha ha, alors ça fait quel effet de se faire savonner les oreilles ? C’est pas ce qui s’appelle se faire savonner la planche, ça, littéralement ?”. Et c’est sur cette planche savonneuse à l’odeur de citron vert que je poursuis désormais mes glissades galactiques. D’ailleurs sans rire c’est vrai, ça marche un peu : le Gros m’emmène plus facilement où il veut. Il n’y a pas de petite vengeance. Nous dérivons toujours dans la Dorade, où ce que j’identifierai plus tard comme NGC 1763 me tombe dans l’oculaire. C’est une empreinte de pas, quatre nébulosités principales recomposent une autre patte de chat sur fond d’étoiles bien visibles. Mais un chat à quatre doigts. Un renard, peut-être. Un renard qui aurait couru dans de l’encre verte sur des poussières de diamant. Non loin, le Gros dérape sur NGC 1672. C’est radicalement différent et il faudra que je me confirme à moi-même qu’il s’agit bien d’une galaxie : vue de face mais asymétrique, elle affecte plutôt la morphologie d’une virgule. Une virgule structurée et brillante, avec un point brillant au centre. Une sorte de point virgule galactique, en somme. Un coup d’épaule, involontaire forcément, m’emmène dans la Grue. Je passe ici sur les péripéties imputables, en vrac, au chercheur, au Telrad, au point rouge, et à moi-même en somme. Tous ces dispositifs que j’ai au fil des nuits montés en série, à moins que ce ne soit en parallèle, produisent des erreurs. Que je préfère mettre sur le compte du Gros, qui a le dos large, forcément. S’il y a un domaine qui ne supporte aucune approximation, c’est bien le pointage astronomique. Bref comme dirait Pépin, je finis par buter sur le trio de la Grue, Abell 5187, qui m’apparaît dans toute sa gloire. Trois galaxies forment un triangle presque isocèle. L’une est vue de face, au sommet du triangle. Les deux galaxies qui forment la base sont vues de trois-quarts mais sous des angles différents, ce qui contribue à la sensation de relief. J’y passe un très long moment, le vertige s’accentue, l’ensemble gagne en densité et en intensité. Au final c’est une gloire de lumière où les trois galaxies, par un effet de perspective abyssal, semblent fuir dans l’Ether. Un peu plus loin je glisse sur NGC 7424. C’est une marguerite vue de face. Ses pétales spiralés sont marbrés de nodosités, il y a des différences de densité. Au Nagler 16 le bulbe est allongé, ovale. L’ensemble est assez brillant et occupe bien le champ oculaire. Tout baigne dans une légère nébulosité qui nimbe les spires, comme un écrin de phosphore. En cherchant NGC 1313 dans le Réticule, le Gros m’amène sur NGC 1574. Mhh, oui bon. Certes. C’est, comment dire, pour le fun. Rien de bien émouvant à la vue de cette galaxie lenticulaire oubliée dans le recoin d’une petite constellation australe. J’observe le vestige d’un vertige, me dis-je. Sur le coup de la déception, je vais dans l’observatoire manger un biscuit chilien aux fourmis australes. Les picotements sur la langue sont toujours surprenants. J’en garderai quelques heures une sorte de difficulté d’élocution. Je décide de faire escale et m’allonge sur le dos, les yeux grands ouverts sur une voie lactée si étincelante qu’elle projette des ombres. L’observatoire, abri à toit roulant du très regretté C14, est notre esquif sur la marée stellaire. On pourrait y pratiquer une sorte de régime de la couchette chaude, comme dans la marine, où chacun effectuerait son quart au rythme non pas des coups de tabac et autres grains, mais bien des coups de barre. Un somme et quelques gorgées de camomille plus tard, je trouve enfin la pourtant évidente NGC 1313. Le Gros a dû avoir pitié. Structurée et brillante, la belle arbore aux Naglers 16 et 9 une forme indiscutable de S. C’est une belle spirale barrée vue de face. Le noyau est tout à fait évident. Il y a des zones de brillance différentes, dans le bras du dessus et d’ailleurs également dans celui du dessous. L’observation est belle. Ces petites constellations australes, on ne pense à rien en mangeant un gâteau aux fourmis et puis ça claque. Vive le Gros. Ce Monsieur Dobson a bien fait de ne pas inventer une simple marque de bière comme je le suggérais, finalement. Il faut dire que, même si le Réticule n’était pas très haut au moment de l’observation (genre 10°) ça ne fait guère de différence ici : les étoiles se lèvent nettes et ponctuelles au ras de l’horizon. Plus haut dans l’Eridan je retrouve NGC 1531 et 1532, couple de galaxies physiquement associées. C’est une belle vision aussi : la petite NGC 1532 semble perchée en oblique juste au-dessus de sa très grande soeur vorace, qui l’attire pour la dévorer. Il y a de la perspective dans l’image, l’ensemble est vu de profil ou de trois-quarts très incliné qui donne une profondeur où je me noie un long moment. J’observe deux galaxies en interaction et en direct, si l’on peut dire. C’est beau, étonnant, intéressant et vertigineux. Quelque chose comme deux coeurs en fusion emportés dans un vertige. Xavier passe et, après un coup d’oeil sur ces objets bien brillants à ses yeux de lémurien, me parle de, je cite fidèlement : “la double boucle concave circulaire de l’Eridan”. Je reste coi et d’ailleurs bouche bée dans la nuit d’encre. Une boucle, je vois sans problème. Une double boucle, je veux bien. Une double boucle circulaire, mhh, il me semble qu’on frise le pléonasme. Mais une double boucle circulaire concave ? Vue de l’hémisphère boréal ou austral ? La tête en haut ou la tête en bas ? Se paye-t-il ma fiole ? Et qu’en pense Bruno qui, à une vingtaine de mètres, filme des escadrilles de F16 (sic) sur ses écrans rougeâtres dans un sifflement de refroidisseur Pelletier ? Nous ne le saurons jamais. Moi bien entendu je suis persuadé qu’il s’agit d’une galéjade. Dilettante oui, naïf non. Je retourne m’épancher sur l’épaule en bois véritable du Gros, qui en profite pour se dérober sous ma poussée comme toujours. Après bien des errements et bien plus tard, je retrouve la S’Nebulae ou NGC 5189, dans la Mouche. Ce n’était pourtant pas très difficile. Le S est bien visible, j’y distingue à l’observation des branches supplémentaires, comme une barre qui raye le S, malheur mais c’est l’horreur me dis-je subitement, un symbole monétaire accroché au ciel ! Heureusement c’est passager, d’ailleurs à la ré-observation la barre est plutôt diagonale que verticale. Et puis l’ensemble est filamenteux, comme effiloché. C’est, à mon grand soulagement, bien plutôt une rose des sables en nuances de gris. J’ai frisé le krach céleste. Toujours sur ma pente savonneuse à la bonne odeur de frais, je glissouille et tombe sur NGC 3621. J’ai failli l’éviter, si je puis dire, car c’est une toute petite condensation de givre. A l’observation je devine l’amorce de bras spiraux, vus de trois-quarts. Et puis à la réflexion, sans jeu de mots, apparaît une brume argentée qui baigne l’ensemble. Finalement c’est joli. Un fantôme perdu dans la nuit. Non loin et toujours dans l’Hydre, le Gros tombe en arrêt (et moi aussi par la même occasion) sur NGC 5101. Une galaxie vue de face, dont je perçois rapidement les bras spiraux. Il me semble qu’elle est barrée. Plus surprenant est le disque qui m’apparaît autour, comme une bague qui entourerait le bulbe ovoïde. Mais c’est en vision décalée même sous le ciel andin. Beaucoup plus loin en remontant vers l’est, au gré d’une erreur de pointage, je vois passer dans le champ une condensation de brume givrée. Il y a ici tellement d’objets que, finalement, laisser faire le hasard et le Panoptic 41 peut constituer une option gagnante. La partie épineuse étant alors l’identification des objets a posteriori. Mais c’est tout simplement NGC 2997, dans la Machine Pneumatique, qui exhibe facilement trois bras spiraux vus de face. Sur la colline, à une trentaine de mètres, les instruments automatiques d’ordinaire inaudibles exhalent un murmure, expriment un changement de fréquence : dans un soupir, les télescopes et autres roues à filtres regagnent leur position de parking. L’aube approche. Xavier fait des excès de vitesse avec 20 dessins à la nuit. Bruno essaye de dompter ses caméras qui sifflent aux étoiles dans la nuit encore étincelante. Nous sommes trois fantômes à l’ombre de la voie lactée. Trois pèlerins au désert. Nous étions du même rêve. Tourbillons de poussières des étoiles passées. Soleils anciens. Etoiles exotiques. De temps à autre une écharde de lumière raye la nuit de diamant. Les météores font des signaux de fumée. Dans le ciel puissant il pleut des gouttes de cristal. Ces constellations éclatantes, ces plages de diamants, les reverrai-je encore ? J'ai été bien loin, la route est presque finie. Mais quoi de mieux que redescendre la colline dans la nuit finissante, les poches pleines d’oculaires et le nez au vent de millions de soleils ? Pierre Heinz, Strasbourg [Fin]
  8. Une soirée nuageuse constellée de satellites. Le ciel n’était pas pour les astrophotographes en cette soirée du 25 mai… mais elle était assez bien pour les observateurs. Étaient présents : Arnaud, Denis, Gérard, Jean-Pierre, Julien, Patricia, Sandrine, Valentin et moi-même. En visiteurs, la moisson fut belle avec deux couples, une maman et sa petite fille, et un curieux désireux d’investir dans un instrument. Les nuages étaient donc présents en début de soirée mais laissaient entrevoir de très belles éclaircies. Seuls trois dobson furent déployés : un 400, un 300 et un tout jeune 200. Ce dernier venait pour sa première lumière. Ce dernier, né au CotonTige Observatory, ne pesait qu’une dizaine de kilos et allait servir à Gérard comme instrument d’appoint dans les voyages lointains où il est préférable de voyager léger. Ce dobson était là pour sa première lumière. Il lui manquait quelques accessoires et quelques réglages mais, après avoir visé sa première étoile et son premier objet du ciel profond, en l’occurrence l’amas d’étoiles d’Hercule (M13), il semblait plus que prometteur, révélant un très joli piqué. Au fur et à mesure que le jour s’effaçait laissant place à la nuit, le vent s’essoufflait. Malheureusement, les éclaircies se rétrécirent d’autant. Avec de la patience, ce qui ne manquait pas à nos visiteurs, on put quand même visiter le ciel de printemps, constellé de galaxies et d’amas d’étoiles. A 22h45, l’alarme du téléphone indiqua le passage de la station spatiale chinoise, Tiangong-2. Malgré tous les yeux braqués sur la région du ciel où elle devait passer, rien ne bougeait. Plusieurs secondes s’écoulèrent et je pestais de ne rien apercevoir. Les nuages n’étaient pas si épais, ni si nombreux. Et d’un coup, quelqu’un dit assez fort en montrant du doigt une portion du ciel assez haute vers le sud-ouest : « Là, la station ! » Oui, elle était là et bien là, presque à son point culminant. Il devait y avoir un décalage de quelques minutes dans les heures de passages… Et cette vision accrocha un sourire à mes lèvres… car je n’y croyais plus ! Du coup, il fallut expliquer à la petite fille de 7 ans ce qu’était une station spatiale et, par ricochet, ce qu’était la force de gravité. On précisa à sa maman que la Station spatiale internationale allait passer d’ici à une demi-heure si elles avaient le courage d’attendre. Ce fut le cas car on reprit les observations du ciel profond : le triplet du Lion, M81-92, M13, le Sombrero, l’Anneau de la Lyre… 23h25 arriva vite et le téléphone sonna à nouveau. L’ISS était attendue. Là aussi les nuages jouaient avec nos nerfs mais on perçut assez vite le point lumineux qui ne devait pas monter plus haut que 25°. Elle clignotait en passant dans les nuages… puis ce fut le passage dans le plus gros nuage et on la perdit de vue pendant un bon moment… A tel point qu’on crut que c’était fini. Et là aussi, un observateur plus têtu que les autres, dit : « on la voit encore ». En regardant vers l’est, on put voir la brillante station s’éloigner à vitesse grand V. C’est à ce moment-là que la moitié des curieux repartirent. En plus la bâche nuageuse s’était intensifiée. Mais l’observation vedette de la soirée allait bientôt avoir lieu… celle des satellites Starlink qui devait passer en procession vers 0h10. Mais il faudrait un miracle météo pour qu’on puisse en profiter. On commença à ranger le dobson 300 de Denis. Le seul point positif avec ces nuages, c’était l’absence d’humidité. Tout était sec, y compris la chienne Chara qui parcourait les champs inlassablement depuis que nous étions arrivés sur site. Après le rangement, on se rapprocha de Jean-Pierre et de son instrument afin de profiter encore un peu de la vision de Jupiter qui clignotait au sud-est au gré des voiles nuageux. L’épaisseur des nuages n’était pas si catastrophique et je reprenais espoir pour l’observation des satellites. A 0h09, le téléphone sonna… et là toutes les têtes restantes se penchèrent vers le ciel afin de tenter d’apercevoir ce défilé de satellites annoncé. Ces satellites, appelés Starlink, étaient les premiers d’une longue série. Ils avaient été envoyés quelques jours plus tôt dans l’espace par SpaceX afin que le continent africain puisse avoir une bonne couverture internet. On savait que les objets seraient de faible luminosité… à peine 4 à 4,5 de magnitude. Les secondes défilées et on ne voyait rien… des éclaircies étaient plus importantes au zénith… on y croyait et… Ouiiiiiiiiiiiii on les voyait ! Il était là !! C’était fin et d’une lumière diffuse… sûrement des voiles nuageux en altitude. Patricia put les voir aux jumelles. Mais on les perdit assez vite au gré d’un nuage plus épais… on cherchait à nouveau en direction de l’est. Encore plusieurs secondes à attendre… c’était long… mais la patience fut récompensée. On revit la procession de satellites Starlink se dirigeant vers la constellation du Cygne, passant juste à côté du sommet du monument. Ça ressemblait à un train fantôme… c’était presque magique. J’étais vraiment émerveillée de pouvoir faire cette observation si inédite pour moi… On put en profiter encore quelques secondes avant sa disparition définitive. On en discuta entre nous comme pour prolonger cette vision originale qu’on venait de vivre. La magie du moment flottait encore un peu sur le site. Je me promis alors de tout faire pour revoir ce train dans les jours suivants quand on sera aux Nuits astronomiques de Touraine. Les satellites seront sûrement un peu moins serrés mais l’observation serait sans conteste toujours aussi féerique. Nous quittâmes le site d’observation peu de temps après… il était déjà 1h du matin. Les astropotes restèrent encore un peu. Les nuages s’écartaient un peu et promettaient encore quelques observations sympas.
  9. Hier soir un fabuleux spectacle avec les membres de mon club aux alentours de 0h50, nous avons vu une longue traînée d'une multitude de petits points suivie de quelques autres espacés à l'arrière et parfaitement alignés, direction SE/NO vitesse de déplacement proche de celle de l' ISS... Nous avons mis 10 minutes à essayer de comprendre ce que l'on voyait... Mais quel spectacle ! Cela ressemblait beaucoup à une très longue guirlande lumineuse.... Nous avons vu ça : https://lm.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fm.youtube.com%2Fwatch%3Ffbclid%3DIwAR1fJ7jum1v7e6hYZWV2A9eYEZoeWnyTCnnTzT0hYTooUWwlYm6TcexjhDI%26v%3DD2XPjOs5qYQ&h=AT1FhGV-_D9iYPEwh4UFpUlRJnMhsSjXyAmtMc2guQkLCkD8gNwn2ucz9E4b_grCrzcCMG7_9gilvBpyL0QC0l3090maWxASg6ZinKJmAQRk3W1LoqgQyZeJWTCTHVqbowY
  10. Dobson Strock 254/1200 Seine et Marne sur le terrain des ballots de foin. 3 dessins : 8661 à 8663. Cette soirée se déroule en compagnie de Malik de mon ancien club de Thorigny sur Marne et du groupe Whatsapp Webastro. Il fera des photos en bande étroite de la nébuleuse de la Rosette avec sa lunette 130. Le pic de pollution qui sévit en IDF laisse sa trace, avec une transparence perfectible, des halos urbains plus marqués que d'ordinaire, dont un vertical à l'est qui apparaît juste cette nuit. Je commence par des amas ouverts de la Licorne. Observation 8661 : Tr5. Trumpler 5 est grossi 109x. Cet amas est assez éparse et ses étoiles sont faibles. A 23h j'ai mis le pull et la doudoune, la veste ne suffisait plus. Il est vrai qu'on est en hiver. Observation 8662 : NGC2236. 109x. Il est concentré et partiellement résolu. Ses étoiles très faibles à faibles se détachent du voile nébuleux VI1 du fond irrésolu. Ca fourmille dans la zone la plus compacte. A 23h30 Malik, présent sur le site depuis 18h, va dormir un peu dans sa voiture. Est-ce contagieux? J'ai aussi un coup de barre. Je prends une pause casse-croûte et marche pour me réveiller. Et ça marche (c'est le cas de le dire)! Je reviens revigoré pour pointer une galaxie du Lynx. Observation 8663 : NGC2532. 109x. Cette galaxie diffuse se révèle faible à très faible avec comme caractéristique notable son centre ponctuel vu qu'en vision décalée poussée (VI3 à 4 soit 25 à 50% du temps). Malik s'est relevé. J'ai mis les gants suite à la morsure du froid. A 0h10, je refatigue et me repose un quart d'heure dans la voiture avant de remballer, laissant Malik seul avec les chouettes et les lièvres. Les ballots de foin Matos de photographe
  11. question existe t'il une appli logiciel type architecture navigation pour donner un cadre/ champs de visibilité sur le ciel des observateurs plutot urbains( porte fenêtres, fenêtres etc). qui,donnerai donc un champs de visibilité precis pour un environement donné et éventuellement reportable sur une appli type stellarium ou skysafari ou autres ???
  12. Dobson Strock 254/1200 Seine et Marne sur le terrain des ballots de foin. 3 dessins : 8658 à 8660. La voiture sert de paravent contre la brise d'Est. Cette soirée sera orientée comète, 3 semblent à portée du télescope. Ca commence mal, j'essuie un échec dans le repérage de la comète Swift-Gehrels dans le Taureau. Par contre je vois la suivante dans le Cocher. Observation 8658 : comète Iwamoto C2018 Y1. Au chercheur 9x50, je la repère très faible et très floue, assez vaste. 75x, 109x, 150x. Je la place sur le dessin à 22h46. Elle s'affiche faible à très faible, très diffuse, à noyau à peine plus accentué. Le noyau est ponctuel en vision indirecte, noté VI3 à 4. Je ne note pas d'autres détails hormis son déplacement sensible pendant le dessin. Un avion passe en plein dessus m'arrachant un cri de surprise. Le vent est éprouvant. Je dirige le tube vers un amas ouvert du Cocher pas loin de la comète et de M38. Observation 8659 : Do18. Dolidze 18. 109x. Cet amas ouvert lâche et faible est détaché. J'ai aussi jeté un oeil à M36 et M38 à proximité. Au risque de me provoquer un torticolis, je trouve la seconde comète de la soirée, 46P Wirtanen dans la Grande Ourse, quasi au zénith. Observation 8660 : comète 46P Wirtanen. 109x. Elle se montre tellement diffuse et faible que j'ai failli la rater bien qu'étant à la position prévue. La vision indirecte confirme sa présence ténue. Très faible à VI1, elle ne révèle pas de signe de déplacement lors de l'observation. Son centre est un peu plus brillant. A 0h35 je remballe.
  13. Bonjour à tous, Ce post pour vous raconter mon séjour Astro-Famille au Sénégal 😎 Rentré il y’a déjà un bon mois, Mais encore des souvenirs plein la tête ! 😆  Bonne lecture ! 1/ Préparation et départ : Ce fut probablement l’étape la plus stressante... car plusieurs problèmes à appréhender. Le premier (après celui où il fallait convaincre madame que je comptais emmener tout mon barda) était de trouver une destination répondant au cahier des charges suivant : • Un bon ciel • mais pas trop éloigné de la civilisation non plus • Météo au rdv et soleil avec 30 degrés en avril • location d’une maison avec piscine, pour une famille avec 3 filles (8 mois, 4ans, 6 ans...) • pouvoir y emmener mon matoss Astro sans pbm de règlementation du pays • avec une compagnie aérienne permettant d’emmener du poids sans se ruiner • Et enfin que tout ça ne coûte pas une blinde A cette période j’avais donc le choix entre l’Asie (genre Thaïlande) que je connais déjà, le sud de l’Europe (mais il n y fait pas encore assez chaud), Maroc/Tunisie on connait deja, et l’Afrique subsaharienne que je ne connaissais pas du tout. J’ai exclu l’Amérique du Sud car trop loin et assez cher. J’avais le Sénégal dans mes cibles depuis un moment, et j’ai donc fait les simul de vol et de location de maison. Ca a très vite matché ! Maison de ouf sur la cote à 1h au sud de Dakar, pas excessivement chère, avec piscine privée, 1ha de terrain magnifiquement arboré, et une dame de maison (à noter : le terme d’usage la bas c’est « Une Fatou » perso j’adhère pas trop donc je dis dame de maison ☺️) qui fait le ménage et la bouffe 6 jours sur 7 🤤🤤🤤 Le cadre parfait pour convaincre Madame 😏. Pour le vol : Air Sénégal, vol direct env 5h, et tenez vous bien, 46kg de bagage par personnes ! Ça commençait donc à bien se préciser... j’ai fait les dernières vérif, pour être sûr que tout irai bien pour la ptite famille, puis fait valider à Madame, et zou ! On réserve pour deux semaines, au programme Astro-Farniente en famille ! Le probleme suivant : comment emmener tout mon matoss en avion ? Pour rappel mon truc c’est la photo, j’ai donc une AZEQ6 complète avec trepied, rehausse, 10kg de contre-poids 😆, tous ce qui est alim queue d’aronde, et tout un tas de bricoles... Bon tout ça j’ai réussi à bien caser dans les valises enveloppées de t-shirts et de couches pour bébé 😁. Le vrai probleme c’est ma lunette 130/780. Evidement hors de question de la mettre en soute ! sauf qu’au plus court possible elle mesure 60cm de long. Et le bagage cabine c’est 55cm Max.. tanpis en tant que tête brûlée je le tenterai comme ca. Reste à trouver un sac de voyage de 60cm de long, ça parait simple mais en fait pas du tout! Après plusieurs commande/retours sur Amazon j’ai trouvé par hasard un truc pilpoil chez un marchand de bagages chinois dans une galerie de centre co. Parfait !👌🏻 J'ai bricolé deux socles a partir de mousses recupérées, enrobé de papier bulle et parée a voyager ! Je vous passe le stress des préparatifs des bagages. Avec la hantise d’oublier LE mini câble qui fait qu’on peut rien faire, et qu’on a ramené touuuuuuuussa pour rien ! Le Jour-J arrive, petite, nan, grande montée de stress à l’enregistrement des bagages, puis aux portiques ou sont scannés les bagages cabine. Les 5cm d’excédent passent comme sur des roulettes 😁. 2/ L’arrivée :  Comment dire.. déjà sur les photos la maison était tellement top qu’on avait peur de se faire arnaquer. Finalement tout était exactement comme ça devait être : une immense maison parfaitement décorée, un grand terrain arboré, une magnifique piscine parfaite et sans vis à vis pour la famille, une vue extra sur la lagune, sèche à cette période de l’année... le bonheur. Mais passons au sujet qui nous interesse, je monte mon premier instrument ! Une belle paire de jumelles 25x100 empruntée à un copain du club, sur un trépied photo. Héhé j’ai réussi à caler tout ça dans les bagages 😏. Et je découvre rapidement les joies de l’observation diurne, les arbres au loin, plusieurs sortes d’oiseaux tous aussi colorés. Et quelques singes, dont on reparlera plus tard... 3/ L’installation du setup :  La première nuit je dois dire que j étais trop fatigué du voyage, autant je suis courageux et motivé, autant il me restait 15 nuits pour en profiter, donc bon j’ai remis au lendemain. J’ai quand même pris le soin de repérer ou éteindre toutes les loupiotes du jardin, j’ai dû fouiller pour débrancher des trucs alimentés par panneaux solaire. Puis j’ai jeté un œil au ciel, et franchement pas degeu, on va dire équivalent à un ciel à 45 min de Paris, avec Orion visible à l’œil nu. Étant surtout orienté photo, ça me paraissait tout a fait convenable ! Puis j’ai cherché la polaire... et la impossible à repérer, je savais qu’elle serai basse mais quand même 😥. Le lendemain fin de journée je commence donc à installer la monture, j’attend que la nuit tombe et je cherche plus assidûment la polaire... surprise je la repère ! Elle est entre les branches d’un grand baobab ! Et impossible de mettre ma monture beaucoup plus loin car je ne disposais pas de rallonge aussi grande... tanpis je fais avec J’ai donc galéré une heure voir deux, avant de trouver une position de monture parfaite pour avoir la polaire à travers les branches du baobab et dans le réticule. Heureusement à cette période de l’année Les baobabs ne sont pas feuillus ! La vache je pensai ne jamais y arriver. Je passe sur la suite de la mise en station qui s’est plutôt bien passé. Je n’ai pas commencé à shooter ce soir là car j’avais entre autres des réglages de backfocus à peaufiner. 4/ Les plaisirs de l’Astro (ça fait un peu film de cuisses nan ? 😅) J’ai commencé Les choses sérieuses le lendemain en démarrant la première cible sur ma liste : Le Trio du Lion. Et comme d’hab en photo, une fois la session lancée on se sent très vite inutile 😅. Alors j’ai dégainé les jumelles et me suis régalé sur Orion. J’ai pu faire découvrir à ma plus grande sa première soirée d’observation. Elle a appris a repérer la grande ourse, le baudrier d’Orion et sa nébuleuse à l’œil nu. Puis elle s’est empressés d’aller raconter à sa maman qu’elle a vu la nébuleuse de Florian 😂. Et puis rebelotte Les jours suivant, après avoir absorbé suffisamment de photons du trio je suis passé sur la chaîne de Markarian, puis NGC4565. Des cibles très hautes et accessibles à partir de 20h30. Les premières nuits j’avais le croissant de Lune en début de soirée pour m’éclater les rétines aux jumelles. Et top surprise ! j’ai eu droit au rapprochement Lune Jupiter. Un régal, les deux objets pil poil dans le champs des jumelles !  Enfin j’avais prévu de consacrer les trois dernières nuit à M8 histoire d’avoir autre chose que des galaxies à traiter. Très basse mais encore accessible a partir de 2h30, à ses 20 degrés d’altitude. Malheureusement l’astrophoto ça ne se passe rarement comme on veut, deux nuit de suite j’ai lancé les poses et le soft a planté au bout de 40min.... je me levais à 6h pour parquer et retrouvait le setup tout bugué... Et la troisième et dernière nuit, j’étais prêt à faire nuit blanche pour surveiller, et ben ciel voilé par des nuages d’altitude 😕. Résultat j’ai que la couche Ha de cette belle nébuleuse. 5/ Le retour 😓 Ben y’a pas grand chose à raconter... on range on remballe, on reprend l’avion, on retrouve le froid, la vie parisienne grisonnante.. Et on vient tout raconter ici histoire de garder encore un peu l’esprit la-bas... Voilà pour ma petite aventure en famille dans ce beau pays... Merci d'avoir lu !! Malik PS : j'ai failli oublier de parler des singes !!! #Jumanji !
  14. Dobson Strock 254/1200 Seine et Marne 3 dessins : 8632 à 8634 Suite au terrain boueux aux ballots de foin, je m'installe de nouveau sur le site de la ferme comme lors de l'unique soirée de décembre. Les soirées dégagées pour le ciel profond sont rares en ce moment. Je passe une bonne partie de la soirée sur des amas ouverts des Gémeaux. L'atmosphère est assez turbulente au départ. Observation 8632 : NGC2420. 75x, 109x, 150x. Il est vu très faible, petit et flou au chercheur 9x50. Le Strock le résoud déjà bien à 75x. Cet amas condensé me montre ses étoiles assez faibles à perceptibles sur fond irrésolu laiteux très faible. Les chouettes sont bruyantes, notamment une au sud-est dans un arbre du pâturage. Observation 8633 : NGC2395. 75x, 109x. Cet amas lâche n'est pas très remarquable, surtout en comparant avec le précédent. A minuit des nuages venus du Nord longent l'horizon ouest et vont un peu monter. Je constate d'ailleurs la présence de voiles par endroits après minuit, on sent que ça se dégrade par le nord. Le dernier objet est une nébuleuse planétaire des Gémeaux, moins connue que le Clown mais bien plus vaste. Observation 8634 : PK205+14.1. Cette grande nébuleuse dite de la Méduse est vue sans ambiguité très très faible à perceptible, très diffuse à 75x, mais qu'avec le filtre OIII. Je remarque aussi que son éclat est inégal. Et ce alors que des cirrus gênent par moments. Ce soir, le froid humide est dur à supporter et entraîne un peu de buée par moments. Les vaches s'agitent dans l'étable. Le givre au sol rend le remballage pénible, vu que j'enlève les gants pour accélérer le rangement du petit matériel. On dirait que les atlas sont passés au freezer!
  15. alula-australis-stf1523ab-hip-55203-mesures/ PS: A compléter avec quelques GIF pour la turbulence….
  16. Surfeurs, surfeuses, bonjour, Avec le mauvais temps ici dans le sud, je vous propose un petit CROA de ce dernier trimestre 2019, durant lequel j' ai essayé de me familiariser avec mon matos et différents logiciels de traitement... Le météo n' était pas très coopératif, et même s'il faisait "beau" il y avait soit du mistral soit un ciel peu transparent, mais on fait ce qu' on peut . Vos remarques et suggestions pour améliorer mes exploits dans le future sont bienvenus En poses courtes, j' ai eu des résultats encourageants avec mon TN 30cm f/d 5.3 et l' ASI ZWO 385 que m' était généreusement offert par ...les lutins de père NoëL Le premier est M1, pris en photo fin décembre et début janvier. Acquisition totale de 1733 images de 5 secondes, soit 2h25min en total. Suite, NGC 2392, la fameuse nébuleuse d' Eskimo, prise le 15 janvier, 5400 subs de 400 msec et 7500 subs de 200 ms (1h en total) La nébuleuse NGC 1514 ne se prêtait pas pour des poses courtes, ici le résultat de 5h d' exposition (115 x 30 secondes, 771 x 10 secondes et 1021 x 7 secondes): Ces derniers mois j' ai aussi essayé de revaloriser mon ancien tube Meade Schmidt-Newton (25cm - f/d 4) un relique myope que j' ai depuis 20 ans.... j' ai changé PO, miroir secondaire, nettoyé l' optique, collimation infernale....eh bien vous voyez les résultats (photos prises avec un Toupcam EP3 6300) ci-dessous. Mon schéma de traitement: -Acquisition avec le logiciel Risingsky fourni avec le Toupcam -empilement avec DSS (après présélection des images sur base de leur FWHM et score) -SIRIL (autostretch/Asinh, deconvolution, réduction du gradient) -GIMP et FITSWORK, corrections cosmétiques. M 106, 118 x 120 secondes (binning 2x2) M90 (et sa voisine IC 3583), 135 x 60 secondes (2h15 en total) : En RVB (avec un ASI 178 MM) j' ai fait un shoot de la NGC 2903 (Leo), 6h25 temps de poses, binning 2x2: Enfin, pour compenser vos efforts de lecture jusqu' à ici, une image des galaxies NGC 4568 et 4567, (les jumeaux siamois) prise le 11 mars, quand j' avais 10 minutes d' accès au Liverpool Telescope (2 mètres) sur La Palma. L' image est composée de deux poses avec le filtre sloan "g" (115 secondes) et "r" (175 secondes) -enfer à calibrer en RVB . Le but était surtout de distinguer la différence de couleurs (et donc l' âge) entre les jumeaux.... J' espère que mon CROA vois plaise. Bonne journée, Jacques
  17. Nuit du 8 au 9 novembre 2018. Strock 254/1200. Terrain d'observation la Canelilla à l'Hacienda des étoiles au Chili, région du Coquimbo. 13 observations : 8577 à 8589. Cette nuit commence comme souvent par l'observation d'objets bas, le premier étant un amas ouvert de l'Autel. Observation 8577 : NGC6200. Je vois cet amas ouvert déjà au chercheur 9x50 comme une tache floue très faible. Je l'observe ensuite à 75X. Bien que bas, il me montre sa richesse avec ses étoiles considérablement brillantes à perceptibles. Comme cet objet est bas, je troque le dossier de la chaise contre le surélévateur en bois du siège directement posé au sol afin de ne pas me tordre le cou et les cervicales. Puis je me dirige vers le bas-centre du Sagittaire, vers delta, pour observer quelques nébuleuses planétaires et un amas globulaire. Observation 8578 : IC4776. Cette nébuleuse planétaire est vraiment petite, quasi stellaire à 480X, autant dire qu'à 75X le seul moyen de la repérer est par blinking Oxygène 3 auquel elle répond bien. Cet astre considérablement brillant ne réagit que très faiblement en HBêta par contre. Observation 8579 : M54. Voici l'amas globulaire Messier du coin, qui est vu comme une étoile floue considérablement faible au chercheur 9x50. A l'oculaire du Strock, il est brillant et bleuté ciel à 75X, vraiment pétant, notamment au centre. A 343X, il reste très concentré et ses étoiles sont trop faibles pour qu'il soit bien résolu, me montrant juste quelques étoiles perceptibles à ce grossissement malgré une turbulence favorable qui est moyenne. J'observe la deuxième nébuleuse planétaire du Sagittaire de mon programme de cette nuit. Observation 8580 : PK3-14.1. Contrairement à la précédente, celle-ci va me montrer un peu de diamètre à 480X, où elle est un peu floue. Alors qu'elle était stellaire à 75X, considérablement faible et réagissant très bien au filtre Oxygène 3 et pas du tout en HBêta. La constellation du Sagittaire, et en particulier cette partie, sont maintenant bien basses. Après une pause casse-croûte, je vais monter plus haut pour observer des objets vraiment emblématiques du Petit Nuage de Magellan dans le Toucan. Observation 8581 : NGC346. Ce complexe nébulaire est vraiment facile, me montrant beaucoup de détails, avec une partie de structure qui fait penser à une galaxie spirale, et pourtant c'est bien une nébuleuse diffuse, qui réagit très bien en Oxygène 3 et considérablement faiblement en HBêta. Cette nébuleuse est plutôt brillante à vision indirecte pour ses parties les plus faibles, elle est complexe, pleine de nodosités et draperies et en plus colorée vert pomme. 150x, 218x et 109 x. Je suis fatigué, il est déjà 1h du matin. L'autre objet bien visible est un amas globulaire qui pourrait concurrencer M13 dans un 200 sous nos ciels européens. Cet amas globulaire a la malchance de se situer à proximité d'un phare de l'hémisphère sud qui est l'amas globulaire 47 du Toucan, dit aussi NGC104, ce qui fait qu'il est souvent délaissé. Par cette observation, j'espère vous inciter à l'observer si un jour vous avez la chance d'aller observer dans l'hémisphère sud. Observation 8582 : NGC362. Cet objet apparaît déjà comme une étoile floue assez brillante dans le chercheur 9x50. Il explose d'étoiles à 75X et 150X, étant brillant, bleu avec un centre pétant. Quel bel amas globulaire résolu! Pierre et Bruno ont décidé d'unir leurs forces pour pointer ensemble sur le gros Dobson. J'observe ensuite quelques objets plus discrets du Petit Nuage de Magellan. Observation 8583 : NGC458. Observé à 150X et 343X, il est résolu et me montre des étoiles à 343X, VI2 à 5, ce qui est vertigineux quand on pense qu'il s'agit d'un amas globulaire situé à près de 190000 années-lumière dans une autre galaxie! Ce qui aide, c'est que la turbulence est exceptionnellement stable aussi à 1 sur l'échelle de Danjon, à 343X. Cet objet est considérablement faible à faible. Observation 8584 : IC1660. Cet amas ouvert est une petite tache très faible et petite à 150X. Je prends ensuite mon courage à deux mains pour avancer sur mon programme d'amas ouverts dans la Voie Lactée de ce qui est notre ciel d'hiver français à savoir la Poupe et le Grand Chien. Observation 8585 : Ru21. Dit aussi Ruprecht 21. Cet amas ouvert est fourni, dur à dessiner avec ses étoiles considérablement faibles à perceptibles à 75X. A 3h10, je suis tout seul sur la colline de l'observatoire car mes comparses sont partis dormir. Observation 8586 : NGC2374. Cet amas ouvert du Grand Chien observé à 75X est riche avec une zone plus condensée avec ses étoiles considérablement faibles à perceptibles. Un avion a trouvé le moyen de passer en plein dans le champ à 109x et de me faire sursauter. Pour qu'il n'y ait pas de jaloux, après le Petit Nuage de Magellan, je vais rendre visite à son grand frère, le Grand Nuage de Magellan. Observation 8587 : NGC2092/2100. Duo d'amas ouverts NGC2092 et 2100 dans cette galaxie satellite dans la constellation de la Dorade. Dans le même champ d'oculaire, le premier est très faible avec des étoiles perceptibles, tandis que le second est plutôt brillant, riche et très serré à quelques encâblures de l'énorme nébuleuse de la Tarentule, hors champ à 218X. Observation 8588 : NGC2108. Cet astre est très faible à 218X, et c'est visiblement un amas globulaire car il en a toute l'apparence non résolue. Depuis mon observatoire terrestre, ce qui est impressionnant c'est le silence absolu. Il n'y a vraiment aucun bruit tout autour, la nuit étant figée dans son écrin de cristal. Je termine en apothéose avec un ensemble d'amas ouverts nichés dans le Grand Nuage de Magellan. Observation 8589 : NGC2043 à 2072. Imaginez qu'à 150X et 218X vous ayez dans le même champ quasiment une dizaine d'amas ouverts. C'est ce qui m'est arrivé lors de cette observation. Alors commençons donc cette énumération par NGC2043 qui est très faible à VI1. Puis une première ligne est constituée par NGC2046 très faible, NGC2047 très faible à VI1, NGC2058 plutôt faible, et NGC2059 qui est vue VI1. Une seconde ligne est formée de NGC2057 qui est faible, NGC2065 considérablement faible, NGC2066 VI2 et un peu à l'écart NGC2072 vu VI1. Cet intéressant ensemble finit par s'effacer dans l'aube à 5h40. La nuit s'est terminée de façon magnifique sur ce groupe. La suite des photos touristiques : Le 29 octobre 2018 Ovalle La Feria, marché d'Ovalle. Les boutiques sont quasi mono-activité. Dans une droguerie, des médicaments dont je douterai de l'origine, les contrefaçons étant légion sur ce continent. Les couleurs du Chili sont omniprésentes sur cette boutique. Marchand de fausses fleurs. Vendeur de croquettes pour chiens et chats. Le 12 novembre 2018, Pichasca, Ovalle et la vallée del Encanto Aujourd'hui, nous descendons vers Ovalle. Passage par Pichasca et sa verdoyante vallée. Musée préhistorique de Pichasca Dans un parc au bord de la route vers Pichasca, parmi des jeux d'enfants, une paroi rocheuse abrite dans ses cavités des perroquets tricahue Petit arrêt à la place d'Armes (place centrale) d'Ovalle Nous passons au marché couvert pour quelques courses et là surprise, on tombe sur un musée dans un wagon, sur le parking! Puis direction un site archéologique déjà visité une autre année, la Vallée de l'Enchantement vers Ovalle. Beau rapace caracara chimango à la Vallée de l'Enchantement. L'une des nombreuses pierres tacites de la vallée, creusées par les indiens El Molle. Entre 2 rochers marqués par les indiens El Molle, vivent ces petits rongeurs, les dègues du Chili Les pétroglyphes de comètes Cette formation s'appelle le visage du diable Le bain Inca
  18. II- Sur des nuées de vapeurs Episode précédent : http://www.astrosurf.com/topic/124994-lumières-des-terres-arides-épisode-i-compagnons-des-bords-du-monde/ Le Dieu était au sommet du ciel et son oeil fixe m'interpellait : "Qu'as-tu fait de tes nuits ?" et le son de sa voix était de millions d'étoiles de cristal s'entrechoquant. Tombant à genoux je m'écriai : "J'ai dormi ! Une nouvelle fois j'ai dormi !" Quelques étoiles filantes se détachèrent du ciel comme des larmes de cristal et j'entendis un rugissement tectonique : "Alors cette fois tu seras condamné à ne rien trouver. Tu erreras sans but entre les constellations. C'est ta pénitence." -"Nooon !' m'écriai-je en m’éveillant. Car j'avais dormi et me réveillai en sueur. Ainsi suis-je revenu une troisième fois jouer à la marelle dans les constellations australes, au rythme des braiments de l’âne et des jappements du renard. Il y a la montée vespérale à la colline-observatoire, montée symbolique aux étoiles car il s’agit d’une ascension vers le ciel, mais aussi grimpette physiquement un peu raide après un abondant dîner souvent arrosé, il faut le dire, au Carménère qui est endémique dans le coin. La nuit est établie et je marche dans mon souffle à la lueur d’une frontale rouge. Des cailloux peints en blanc bordent le chemin. Excellente idée pour le retour, car si à l’aller on trouve forcément le chemin du sommet, au retour il y a plusieurs moyens de se perdre un peu dans la descente, surtout quand on a le nez en l’air. Autrefois la chatte Grisette jouait à m’effrayer en bondissant de buisson en buisson dans la nuit d’encre. Désormais seule la voix du renard sera audible dans le silence minéral de la redescente, comme le jappement de quelque chien de Gabriel dans les lointains. Je monte guidé par Rigil Kentaurus. Alpha et beta du Centaure sont des feux nets et qui ne scintillent pas. A l’ouest le Scorpion plonge derrière la montagne, les pinces en avant, sa fausse comète comme un jet de diamants. Il faut s’habiller chaudement car en toutes saisons les nuits sont au minimum fraîches : nous sommes à 1500 m d’altitude. Et cette fois ce n’est que le printemps. Après la relative chaleur des jours succède vite le froid des nuits. Le ciel de diamant ne les réchauffe pas. On monte au théâtre des contemplations comme le pénitent va au pèlerinage. Il y a quelque chose de la cérémonie. Chacun a ses rituels. Xavier arrive toujours frais et dispo après l’un de ses désormais mythiques cycles de sommeil. Bruno règle ses écrans rougeâtres. Je trébuche sur un caillou pourtant peint en blanc. Tout est bien. Il y a une belle heure, quand le ciel se pare de teintes sombres. Le bleu a viré au violet puis à la violine. La nuit arrive rapidement, elle prend le pas sur le jour avec force, avec puissance, implacablement. Le vent qui souffle ici régulièrement en journée tombe d’un coup, une histoire d’inversion des températures semble-t-il. Un silence absolu se fait alors, sans bruissements d’insectes, sans aucun des bruits résiduels auxquels on est habitué. C’est un silence où le son lui-même pourrait ralentir, s’engluer, se figer. On pourrait entendre battre son coeur. Alors dans l’atmosphère ultra-stable, les étoiles s’allument vraiment. Sans aucun scintillement. Nettes, même au ras de l’horizon. Elles brillent fixement dans un silence spatial. Une angoisse se fait. Sentiment d’être un primate égaré sur un grain de sable en orbite autour d’une étincelle perdue en bordure de cent milliards d’éclats de cristal. Ce n’est pas un environnement conçu pour l’humain, on le sent, on le ressent intimement par toutes les cellules du primate destiné à ramper. Sur le terrain, le sentiment est d’être dans un cirque lunaire ou sur le piton central de quelque cratère, à la surface en tout cas d'un astre sans atmosphère. Encore une fois les étoiles brillent d’un éclat fixe. Les nuits ici ne sont pas romantiques, mais stupéfiantes, hypnotiques et implacables. Le ciel n’est désormais plus sombre mais comme fait de matière noire, de cette qualité de noir connue uniquement des lieux oubliés. Ce n’est que plus tard, quand la voie lactée sera levée, que nous retrouverons même nos ombres dans une nuit toujours sans diffusion mais éclairée de millions de soleils. Xavier est venu avec un programme millimétré, méthodique, une vraie machine. C’est “la máquina”. Bruno semble venu avec un programme assez souple, mais un programme. Quant à moi je n’ai absolument aucune idée de rien, comme souvent. Je retrouve l’observatoire à toit roulant, qui abritait un C14 sur une Gemini 41, dans un triste état. Des indélicats ont saccagé les lieux alors qu’ils étaient cependant mandatés pour en être les gardiens. La monture a été pliée sur sa base par un choc avec le toit roulant. Le tube optique, qui était véritablement au-dessus du lot de la production industrielle et qui m’avait si souvent enchanté par ses images découpées au rasoir, gît démonté dans un coin. Rien d’irréparable probablement, mais une tentative idiote de démontage de la lame de fermeture et de recollimation dont il n’avait absolument pas besoin a parachevé le saccage. Il est inutilisable pour cette fois. Je me souviens qu’il reflétait une voie lactée si brillante qu’on aurait dit que des gouttes de cristal ruisselaient sur son tube d’aluminium. Plus tard dans le séjour nous tenterons de réparer une partie des dégâts mais sans y parvenir totalement : l’appairage de la lame de fermeture avec le miroir primaire est perdu. Il faudrait un banc optique. Grand dommage pour ce tube vraiment exceptionnel qui j’espère trouvera une deuxième vie, mais pas pour ce séjour. Seul le lit est intact dans l’observatoire. Ce n’est pas l’accessoire d’astronomie le moins utile. Nous y pratiquons de temps à autre une sorte de régime de la couchette chaude, comme dans les bateaux, partageant les siestes non pas en fonction des coups de tabac mais des coups de millions de soleils. AH, se perdre à nouveau dans les constellations éclatantes, surchargées ! Reprendre contact avec ce ciel sauvage qui danse une ronde de lumière autour du pôle Sud. En cette saison le navire Argo émergera de la montagne en deuxième partie de nuit, en marche arrière, la Poupe la première, rapidement suivie de la Carène puis des Voiles. En 2011 j’avais écrit : “Ici le ciel est sauvage, dévorant et fou ; chaque soir il prend la terre et l’étreint dans un accès de beauté” (1). C’est toujours vrai. Le C14 étant aux fraises faute aux barbares, je m’empare du 406 (TN 406/1827). L’idée d’utiliser un escabeau pour accéder à l’oculaire me paraît incongrue, ah ces Newton sont étranges. Je fais ma révolution culturelle et me retrouve vite perché à des hauteurs vertigineuses, le bazar est branlant sur le sol inégal, le gros Dobson en revanche est dur sur ses axes, du coup il faut tirer et pousser avec force mais douceur tout en même temps, enfin je vous jure, mais où est l’axe de déclinaison, ah oui il n’y en a pas. Pour couronner le tout Xavier me met en garde : “ne tombe pas dans le trou du Dobson”. Me prend-il pour un benêt, effectivement je manque plus d’une fois tomber la tête la première sur le primaire, manquerait plus que ça, sûrement sept ans de malheur en perspective ? Au moins sur les SC y’a-t-il une lame de fermeture, on ne risque pas de tomber dedans, mais qui a été m’inventer un truc pareil je vous le demande. Un Monsieur Dobson, moine de son état, ben voyons. Il aurait mieux fait d’inventer une marque de bière. Et où est l’axe de déclinaison ? Ah mais c’est qu’il n’y en a toujours pas, et justement le trou du Dobson ce n’est pas ça me dit-il, mais le croisement des deux axes au zénith, du coup plus rien ne bouge ou à peine. Mouais, me dis-je, ça bouge à peine ça je m’en étais rendu compte, sauf l’escabeau qui a la danse de saint-Guy. Ca s’annonce folklorique. D’ailleurs le dieu accroché au sommet du ciel m’avait prévenu : tu accoucheras dans la douleur. Ce que je fis. Rétrospectivement ces quatorze nuits se rassemblent en une nuit unique où je tâtonnai pour tenter de retrouver des chemins, bravant la malédiction. Pour le fun je pointe Mercure dans le couchant. Au 406 avec les Naglers 16 puis 9, quoique très brillante elle ne révèle pas grand-chose et, à la réflexion (c’est le cas de le dire), rien du tout. Saturne au Nagler 9 est en revanche très fine. C’est une très belle vision, avec la division de Cassini bien sûr mais également celle de Encke, l’anneau de crêpe, l’ombre des anneaux sur le disque, l’ombre du disque sur les anneaux, les pôles assombris donnant une sensation de relief à l’ensemble. Trois satellites sont visibles. Bref, c’est la quasi totale saturnienne. Mars, au Nagler 9. Fine, des détails et formations sont perceptibles contrairement à juillet où le confetti orange était noyé sous une tempête de poussière globale. La calotte polaire, brillante, donne du relief à l’ensemble. On voit la sphère. Mars est une orange, si j’osais. Xavier m’invite à observer NGC 6496 dans le Scorpion, avec son flying Strock (TN 254/1200). C’est un amas globulaire ovale. Etonnant. Non résolu, il est discret mais une poignée d’étoiles apparaît au centre. Dans le Scorpion toujours et en revenant de M7 pour le plaisir, je tombe sur NGC 6441 ou “amas des pépites d’argent”. Le petit globulaire apparaît assez concentré, mais comme entouré d’un léger halo au Nagler 7. Mais tout s’enfuit rapidement à l’ouest, la fausse comète sombrant derrière la montagne dans un ultime jaillissement de diamants. Pour renouer avec le ciel austral je pointe Rigil Kentaurus : deux composantes dorées apparaissent. Il est toujours émouvant de contempler ce système, triple en fait, dont le troisième larron ici invisible est l’étoile la plus proche. Plus à l’ouest les nuages de Magellan sont éclatants. Perchée au bord du grand nuage, la Tarentule attend. Il me semble que ses yeux luisent. Au gros Dobson j’appelle Bruno, qui me demande s’il y a un filtre… Mais non. Avec le Nagler 9 elle explose. Le grand nuage déborde largement du champ. La Tarentule brille. Ses petits yeux sont perçants. Son corps est tourmenté de volutes, de nodules, de filaments verts et maléfiques. Elle est complexe et tourmentée, filandreuse. Au Panoptic 41 elle tient cette fois intégralement dans le champ. Impressionnante, menaçante, elle rayonne d’un vert empoisonné. Oméga du Centaure est absent en cette saison. Je me souviens que c’était un bouillonnement d’étoiles parfaitement résolues. Une flambée de soleils. Par un effet optique l’oeil le faisait s’animer, bouillonner. L’étalement de soleils sur une si grande surface était impressionnante. On aurait pu palper ou lécher ce miel stellaire. Mais cette fois il est absent et restera perpétuellement juste sous l’horizon, au désespoir de Bruno. Mais un autre amas globulaire perce le ciel. Dense, il est à la fois énorme et très brillant. C’est un phare. C’est 47 Toucan. Au gros Dobson avec le Nagler 16 c’est un puits de lumière granuleux. La perspective se renverse et je vois distinctement des billes, comme des bulles de lumière mousseuse qui en éclabousseraient les rives obscures. La Croix du Sud se lèvera bien plus tard et je revisiterai d’ailleurs les classiques avec un plaisir toujours intact, même si je n’en ferai plus l’énumération détaillée ici. D’ailleurs en cette saison la voie lactée se lève tout aussi tardivement, paresseusement. Mais elle émerge de la montagne dans une gloire de lumière. Très contrastée, tourmentée de nébuleuses obscures qui lui donnent relief, épaisseur et volume. Une belle Capricornide raye le ciel d’un trait de diamant. Puis Eta Carène apparaît au ras de la montagne. Je m’en empare avec avidité et le gros Dobson. L’hypergéante explosée montre clairement deux lobes avec un Ethos 13 : la nébuleuse de l’Homoncule. C’est un double champignon atomique, l’un au-dessus, l’autre en-dessous, l’étoile au centre. L’ensemble est vu de trois quarts, j’ai l’impression d’être positionné au-dessus. Le lobe supérieur est saillant, tandis que l’inférieur, plus petit et partiellement masqué, donne une profondeur et met l’ensemble en perspective. Le double champignon, atomique au sens littéral du terme, est stupéfiant de relief. Dans les deux lobes sépia des détails sont visibles. Oui il y a des détails, quand bien même l’ensemble émerge au ras de la montagne et ne doit pas encore dépasser 10 degrés de hauteur. Je remplace l’Ethos 13 par tous les Naglers à ma disposition, successivement les 16, 9, 7, 5. Mais c’est au 13 mm qu’elle reste définitivement la plus belle. Les deux lobes sont finement détaillés. Des structures complexes y sont visibles. Il y a des zones sombres et de densités différentes. L’ensemble reste petit à l’oculaire, mais les deux lobes donnent une impression de relief irrésistible qui restitue profondeur et perspective. J’assiste en direct à l’explosion d’une supernova. Pour rire je tente un filtre OIII. L’étoile vire au rouge sombre, certaines nébulosités gagnent un tout petit peu en densité, mais globalement l’ensemble s’éteint : c’est définitivement nature qu’elle est la plus belle. Je reprends mes esprits après une longue contemplation. Le silence est opaque. Ahh si, vers le fond du cratère, enfin du terrain, le bruissement très étouffé de quelque engrenage repositionne un instrument automatique. On pourrait presque s’attendre à capter, par un micro resté ouvert sur l’autre bout du monde, le grésillement nasillard d’un journal de 20h sur TF1 ou autre émission d’infotainment. Je n’ai jamais trop compris cette pratique en chambre, si j’ose dire, mais enfin c’est ainsi. Et puis d’ailleurs, on n’entend rien. Sinon le battement de son coeur. Je m’étais fait la promesse de ne plus acheter de matériel : trop d’instruments dorment au placard, dont les miens. Trop peu d’occasions d’observer, entre les obligations typiques de l’agitation boréale, la météo rarement favorable et les grandes fatigues vespérales. Exit les achats de matériel, donc, mais s’offrir du ciel ça oui. Raison de ma présence ici. J’ai néanmoins et pour une fois fait une entorse à cette règle (car toute règle n’existe que par ses exceptions, n’est-ce pas), en raison justement de ce voyage : je me suis offert une paire de jumelles Omegon 2,1*42. J’ai longuement hésité avec les nobles Vixen, mais ces dernières étaient notablement plus lourdes et surtout plus chères : normal, il doit y avoir plus de verroterie dedans. Et je ne suis pas déçu, je gagne facilement une magnitude, avec un champ gigantissime style 20 degrés. J’ai des yeux de lémurien. Je suis un lémurien dans le désert. Ces petites jumelles droites n’ont de sens que sous un ciel d’exception, je reste donc quelque part cohérent avec mon propre raisonnement. Il n’y a pas de petites satisfactions. J’alternerai ainsi les 2,1x42 et les plus classiques 15x70 pour revisiter les riches amas ouverts qui se bousculent une fois la voie lactée levée. Car remonter la voie lactée, de la Croix du Sud à Sirius, c’est remonter des rivières de perles sur un fleuve de lumière ! Dans la Poupe, NGC 2451 est microscopique aux 2,1x42, petit aux 15x70. Quelques étoiles bleutées accompagnent un solitaire orangé. L’ensemble est discret mais a le charme des lointains. Juste à côté NGC 2477 est étendu, peuplé, riche. Tout à la fois étendu et compact. On dirait un amas globulaire, mais complètement résolu. Ouvert, en somme. Un des plus beaux amas du ciel austral, à mon sens. Dans la Carène NGC 2516, “The Diamond Cluster” le bien nommé, est plus spectaculaire. Plus clinquant aussi. Aux 2,1x42 c’est à peine un petit paquet d’étoiles serrées. Aux 15x70 les gemmes colorées se révèlent. Etendues sur du velours noir, c’est une explosion de couleurs, de lumières. Des étoiles oranges contrastent avec les bleus et les blancs purs, francs et frais, des étoiles alentours. Dans la Carène toujours, NGC 3532, ou “football cluster”, est beaucoup plus dispersé. Il exhibe quelques dizaines d’étoiles blanches, mais une poignée d’étoiles jaunes contrastent comme des opales de feu sur un lit de diamants. Dans les Voiles IC 2391 est une petite chose qui exhibe sept ou huit aigues-marines blanc-bleutées Bien regroupées, elles sont d’aspect semblable, et forment un petit trapèze éclatant et frisquet. Plus loin mais toujours dans les Voiles, NGC 2547 montre une trentaine d’étoiles dispersées, comme une poignée de poussières de quartz bleu. Aux 2,1x42 c’est un fleuve de perles. La voie lactée, nuit après nuit, montre des volutes tourmentées, les nébuleuses obscures plus noires que le noir du ciel. L’impression de relief, de densité et de profondeur est magnifiée par ces petites jumelles de théâtre. Mais le théâtre est cosmique, et je reviendrai au fil des nuits en longues contemplations sur le fleuve des perles. En attendant je repasse au gros Dobson. Vite, au sud-ouest je retrouve NGC 253 : la galaxie du Sculpteur. Evidente, vue de profil ou plutôt de trois quarts elle apparaît en diagonale et exhibe ses spires ostensiblement. Un reste de pudeur l’empêche de se montrer de face, mais ce profil vu de trois quarts restitue une sensation de profondeur. Fine et évidente au Panoptic 41, elle emplit le champ oculaire au Nagler 19. Je distingue facilement des différences de densité dans la matière et les gaz environnants. Dans le Sculpteur toujours et infiniment plus discrètes, NGC 7507 et NGC 7513. Au gros Dobson elle sont dans le même champ avec le Panoptic 41. La première m’apparaît comme une galaxie elliptique vue de face. La seconde, plus loin, est une spirale vue de trois quarts. Au Nagler 19 j’en discerne la barre, en diagonale, mais même ici sous le ciel de diamant et avec un grand diamètre les spires sont difficiles. L’ensemble reste discret. Dans la Dorade, NGC 1566. La galaxie se devine dès le Panoptic 41, mais elle est détaillée au Nagler 16. J’essaye le 9 mm mais elle s’assombrit. Je repasse au 16, qui est définitivement le meilleur ici. La galaxie, vue de face, est brillante, bien structurée. Deux spires sont détaillées, avec des différences de densité perceptibles. L’ensemble baigne dans des volutes de gaz. J’ai l’impression d’observer un flocon de neige figé dans un voile de givre. Un peu plus bas, NGC 1596 est bien perceptible au 16. Vue par la tranche et en diagonale, elle est nettement moins spectaculaire mais le fuseau est évident en vision directe. Par un effet de perspective et de reconstruction cérébrale sans doute, j’ai l’impression au bout d’un moment qu’elle s’enfuit. Une âme en fuite, me dis-je. Non loin et toujours dans la Dorade, NGC 1553 et 1549 sont deux petites choses vue par la tranche, la première me semble horizontale et la seconde presque de face, comme de trois quarts. Deux tachouilles figées dans l’éternité. Dans le Grand nuage de Magellan, NGC 2080 ou nébuleuse de la tête de fantôme, est brillante mais irrégulière. Un coeur baigne dans des voiles de gaze. On sent les énergies à l’oeuvre, on devine des processus physiques sûrement complexes. Il y a un côté vivant et dynamique. Mais hormis la curiosité, peu d’émotion pour moi au final. Toujours dans le GNM, NGC 2077. Ouh voilà qui est bien complexe. On dirait des traces de pattes de chat, Grisette qui aurait marché dans de l’encre verte. Le PSA indique aussi 2078 et 2079. Je veux bien le croire. Il y a un entrelacs de nébulosités, l’encre verte a été projetée entre les traces de pattes. De très fins filaments sont perçus directement. Il y a comme des voiles de fumée, des fumées vertes bien entendu. Il y a à la fois du spectacle et de la finesse. Intéressant à détailler en prenant son temps. Mais je plains les dessinateurs. Plus tard, en bordure de la Dorade, dans le Centaure, IC 2944 ou “Nébuleuse de la Poule qui court”. Je ne discerne aucune poule, et encore moins au galop. L’ensemble est plutôt diffus et, pour tout dire, tient plutôt du rond de fumée céleste. Il faut y passer du temps et utiliser la vision décalée, même ici sous le ciel andin et au gros Dobson. Alors apparaissent des zones de contrastes différents. Des brumes de vapeurs. Des souvenirs de fumées. Dans les Voiles, je trouve NGC 3132. La nébuleuse planétaire exhibe ses pétales de fleur vus de face. Il y a en fait, autour du résidu d’étoile bien visible, un rond de fumée. Celui-ci semble se diffuser sur les bords, formant ainsi trois pétales. En prolongeant l’observation je vois des différences de luminosité dans ces pétales, qui apparaissent mouchetés. Il y a un effet pommelé. Bien que petit, l’ensemble est délicat, à la fois contrasté et doux. Intéressant et beau, à condition de s’y attarder un peu. Bien plus à l’est, je m’échine à chercher le casque de Thor. Tout est difficile, ça freine, ça grippe, j’accouche dans la douleur, le dieu n’avait pas menti. Mais tout de même, s’acharner à ce point ! Xavier qui passe par là me le trouve en 5 secondes d’un air désinvolte. J’en suis comme deux ronds de flan. Le Casque de Thor est ici magnifique. Bien que discret, même avec le gros, il se révèle au filtre OIII. Au Panoptic 41 je distingue 2 extensions, Xavier en voit directement 3. Evidemment. Le centre forme une bulle bien structurée. La partie située à l’avant est plus brillante. Assez brillante, même. A la contemplation, il y a des différences de luminosité maintenant évidentes dans la bulle. J’y passe un moment. C’est tout de même la transfiguration de l’objet aperçu sous le ciel boréal des Vosges moyennes du nord. “Sculptorides” et “Carénides” abondent. Elles laissent des sillages de fumée verte qui se mettent rapidement à onduler, en une sorte de danse au rythme des turbulences de la haute atmosphère. Il pleut des météores danseurs. Mais dans la nuit résonnent des coups sourds, comme un martèlement rythmique, antique. Xavier s’est redressé et frappe lourdement le sol de ses pieds. Il s’agit là de quelque danse ancienne, me dis-je, la vivante réincarnation de rituels indiens sous le ciel hypnotique. Et d’ailleurs il émet maintenant une sorte de psalmodie : “houlà houlà, làà, houlà houlà làà... !”, en rythme. Il est toujours déconcertant de constater les effets de l’indicible sur les gens. Un peu plus et, mais oui, il se roulerait au sol façon crise d’épilepsie. Les effets du ciel-qui-rend-fou, sûrement. Peut-être va-t-il même falloir se dire adieu, ah mourir ici sous des larmes de cristal ! Mais la litanie se mue très vite en quelque chose de bien plus prosaïque : “Merde, meeerdeeuh !” et je dois sortir de ma transe. Non cette fois c’est sûr : il a dû casser un crayon. Au moins. ...Et c’est tout de même moins pire en réalité, car il est victime d’une invasion de fourmis. Type sud-américain, piquantes quoi. Attirées par les victuailles qu’il trimballe dans son sac à dos, sans doute. Ah la gourmandise. Et puis aussi quelle idée, me dis-je, planter son Dobson sur une fourmilière. Je retourne à mes observations. Vite dans le Paon avant qu’elle ne disparaisse, NGC 6744 : vue de face, faible et diffuse au 16, allongée dans le sens nord - sud au 9, à force d’observation j’y perçois des zones de densité différente et, mais oui, plusieurs spires ou au moins des départs de spires ! J’en ai noté 4, peut-être 5 mais sans certitude. Tout est dilué dans des voiles de brumes vertes sur des rivages phosphorescents. A proximité il y a un petit globuleux brillant, NGC 6752. Résolu et bleuté il semble néanmoins s’étendre dans quatre directions. Une petite croix de diamants. A côté brille une étoile, comme un compagnon d’éternité. Une éclatante Carénide griffe le ciel, Xavier marmonne qu’il a failli crier “lumière”, ça devait être une magnitude -3 ou -4. Elle laisse une longue traînée verte persistante. D’ailleurs de retour dans la Carène, qui en a profité pour bien monter, et après bien des errements, je retrouve NGC 3324. La Nébuleuse Gabriela Mistral. Née justement ici, dans la vallée de l’Elqui, la poétesse chilienne révèle son profil aquilin dès 16 mm. Un peu plus bas brille un amas ouvert que j’identifierai plus tard comme NGC 3293. En son centre repose une gemme orange. Mais c’est avec un filtre OIII que la poétesse se dévoile complètement. L’ensemble est curieusement assez compact et brillant, je peux passer au 9 mm. Mais je préfère toujours le 16 qui donne évidemment plus de champ et de lumière, et restitue au final mieux l’ensemble dans son jus, si j’ose dire. Le profil aquilin est tout à fait évident, et ce visage vu de profil se dilue dans une traînée de brumes. Un fantôme dans la nuit. Mais la danse de Saint-Guy de mon escabeau s’amplifie et soudain un déséquilibre se fait dans l’équilibre précaire des forces qui composent d’ordinaire le trio échelle - Dobson - observateur. Des pensées s’enchaînent rapidement : ne pas perdre l’objet très laborieusement trouvé, mais je renonce vite et dois choisir entre tomber sur le Dobson et choir au sol. La première option est inenvisageable, je risquerais d’endommager le primaire, alias le Précieux. La seconde est moins enquiquinante, je risque juste de me casser la jambe. Mais le dixième de seconde de réflexion est passé et je chute en épargnant le Dobson, au péril de mes membres. Une dernière pensée stupide me traverse l’esprit : Xavier va crier “lumière !”, mais non c’est idiot puisque c’est de bruit qu’il va s’agir. Donc el escabadem : patatras ! Le tout dans un fracas d’aluminium qui se replie. “Ne vous inquiétez pas, je n’ai rien !”, m’empressai-je de dire. Mais personne ne répondit. Je n’entendais que le frottement du crayon sur le papier. Plus loin une exclamation étouffée du genre “meerdeuh j’ai pas le fmvh” provint du secteur des écrans rougeâtres. Heureusement je n’ai que quelques égratignures, bande de sans coeurs. L’univers lui-même s’en fout, qui continue sa ronde de diamant dans un silence opaque. Je me remets de mes émotions lorsque plus tard, à l’est, M42 émerge de la montagne. Ce classique parmi les classiques du ciel boréal mérite la visite ici, sous le ciel parfait, avec un instrument de compétition. M42 montre de grandes ailes de feu vert. Leur extrémité est d’une belle teinte saumonée rouge brique. Mais les ailes sont ici renversées, hémisphère austral oblige. Au centre, dans le trapèze, je distingue une poignée de minuscules points rouges qui deviennent, au Nagler 16, six petites étoiles pourpres. Je reviens au 41 et les ailes de feu renversées forment une coiffe étendue, une sorte de chevelure faite de fibres et de volutes entrelacées. Alors sous la coiffe émerge une forme. Un contour se dessine. C’est le crâne d’un animal. J’y reviendrai souvent et j’aurai toujours la même vision. Ce n’est pas l’effet de mon imagination. Sous les bois étincelants, il y a un crâne, le crâne d’un cerf mort. Au fond de son orbite gauche brille une étoile du champ. C’est une vision insensée mais qui se reproduira pourtant à chaque fois. Je regrette de ne pas avoir osé à ce moment-là mon premier dessin d’astronomie. J’ai même été tenté de le reconstituer a posteriori, mais ce serait erroné et vain. Les ailes renversées sont en réalité des bois de cervidé resplendissants, brûlants. Dessous émerge le crâne, vu de face, comme sorti du néant. Son contour est net. La mâchoire est ouverte sur le vide. Au fond de son oeil gauche une étoile brille. J’ai chevauché un cerf mort sur des nuées de vapeur. En fin de nuit il flamboiera au zénith. [à suivre] (1) C’était ici : http://www.astrosurf.com/topic/6103-croa-fragments-de-vide-au-bord-du-monde-episode-i-vers-lhorizon/
  19. Nuit du 6 novembre au 7 novembre 2018. Terrain d'observation la Canelilla à l'Hacienda des étoiles au Chili, région du Coquimbo. Strock 254/1200 16 observations : 8549 à 8564. Je commence la nuit en observant Mars qui est quasiment au zénith dans le Capricorne. Observation 8549 : la planète Mars. Malgré son diamètre décroissant à 11,3 secondes d'arc, elle me montre beaucoup de détails avec une turbulence moyenne ce qui me change des observations en France, où elle était basse cette année. Les images sont en effet assez stables dans le crépuscule. La petite calotte polaire Sud est vue immédiatement ainsi que quelques nuages sur le limbe. L'observation se fait d'abord sans filtre puis avec le filtre rouge pour renforcer le contraste des formations puis le filtre bleu pour bien confirmer les nuages. Je la grossis directement à 480X. Mes compagnons d'observation Pierre et Bruno sont là, ainsi que Raymond le propriétaire de l'observatoire et du site. Pierre est arrivé en silence derrière Bruno pour demander qui était là et ça a fait sursauter ce dernier, ce qui nous a tous bien fait rire. Le puma des Andes a encore frappé! Puis je commence les observations ciel profond de cette nuit avec déjà la réobservation de plusieurs objets. Observation 8550 : NGC6397. Cet amas globulaire est situé dans la constellation de l'Autel, dit Ara en latin, qui va bientôt se coucher. Il est déjà visible au chercheur 9X50 comme une large tache assez brillante à centre plus brillant. A l'oculaire Nagler 16 à 75X il est aussi assez brillant. C'est une explosion d'étoiles à 75X et 109X où il est déjà très résolu. Quel calvaire à dessiner, il est vraiment très riche! Sur la même carte de l'atlas Uranometria 2000, je glisse un peu plus vers l'Est ce qui vu l'orientation du ciel revient ici à glisser un peu plus vers le haut, pour regarder un autre amas globulaire dans la constellation du Télescope (sous le Sagittaire en déclinaison). Observation 8551 : NGC6584. Dans cette constellation inventée par l'abbé Lacaille, cet amas globulaire apparaît au chercheur 9X50 comme une étoile floue très faible. A 75X, il est assez faible à considérablement faible, bleuôté, et en poussant le grossissement à 150X, je note un début de résolution et des lignes non résolues d'étoiles. Pas mal pour un amas globulaire dont les étoiles les plus brillantes seraient de magnitude 15,5 d'après le Deep Sky Field Guide, catalogue associé à l'Uranométria. Je poursuis mes observations d'objets avec l'amas de galaxies de la Dorade, notamment ses composantes les plus spectaculaires. Je rappelle que cette constellation située vers le pôle céleste Sud est celle où se trouve la plus grosse partie du Grand Nuage de Magellan. En s'éloignant du pôle à partir de cette galaxie satellite, on tombe sur cet amas bien plus lointain. Observation 8552 : NGC1515. Cette galaxie allongée est considérablement faible à 75X, et à 150X les extensions ont tendance à s'effacer. 109X est le grossissement optimal pour voir des nodosités dedans. A proximité, une galaxie satellite orbite autour d'elle, NGC1515A qui est vue VI2 à 150X. Observation 8553 : NGC1566. Cette galaxie spirale est le joyau de l'amas de galaxies de la Dorade. Elle est assez faible à 75X où l'enroulement des spires est déjà perçu. A 150X, le bras Est est vu en vision indirecte VI1 tandis que le bras Ouest apparaît moins facilement en vision indirecte VI2 à 3. J'ai grossi 75X, 109X et 150X pour détailler cet objet alors qu'un peu de fatigue se fait ressentir à quasiment 1h du matin. Je vais me reposer un peu dans l'observatoire à l'occasion d'une pause casse-croûte. Observation 8554 : IC2066. Je grappille cette galaxie VI1 à 109X dans le champ de la précédente. Elle était déjà perçue dès 75X. Je me rapproche d'Alpha de la Dorade pour regarder un couple de galaxies de cet amas. Observation 8555 : NGC1596 et NGC1602. NGC1596 est vue assez faible, très effilée, et a pour voisine NGC1602 qui est très faible et diffuse. Je prends quelques photos à côté avec le bridge Panasonic, avec des temps de pose de 15 secondes à 1600 ISO, et les résultats sont plutôt étonnants avec ce ciel de folie. Observation 8556 : NGC1581. Cette galaxie est faible, petite et allongée à 109X et 150X, avec une turbulence à 1 ou 2. Les images sont de cristal. Je change de constellation, pour me diriger vers les constellations qui correspondent à notre ciel d'hiver, destination la Colombe. Cette constellation se situe au pied sud-ouest du Grand Chien et affleure à peine l'horizon dans nos contrées d'Europe du Nord. Mes cibles dans la Colombe sont deux galaxies très intéressantes. Observation 8557 : NGC1808. A 75X, elle est bleutée et en grossissant plus à 109X sa structure spirale est supputée, puis confirmée à 150X. Un bras Nord est très faible à VI1 tandis que le bras Sud est flou et VI1 à 2. Observation 8558 : NGC1792. Cette galaxie observée assez brillante à 75X est bleutée. A 109X et 150X, elle m'apparaît grumeleuse. Bizarre. L'examen de photos sur Internet le lendemain m'apprendra que c'est une galaxie spirale effectivement très grumeleuse avec plein de nodosités, au point de rendre sa structure spirale peu lisible. Je vais maintenant quitter ces galaxies assez lointaines pour explorer l'une des deux galaxies satellites de notre Voie Lactée qu'on a la chance de pouvoir voir depuis notre site chilien. Il s'agit du Petit Nuage de Magellan dans le Toucan. Observation 8559 : NGC220/222/231. J'observe un enfilement de 3 amas ouverts à 75X, 109X et 150X. Le plus à l'ouest NGC220 est considérablement faible à faible. Celui du milieu NGC222 est faible. Le plus oriental NGC231 est très faible et révèle des étoiles à la limite en vision indirecte 4 à 5 en poussant le grossissement à 150X. C'est un groupe intéressant. Je suis désormais tout seul à cette heure-ci. Il est 4h15 du matin. La seule présence, si on peut dire, est le ronronnement des instruments en remote qui sont tous au travail. Ces instruments sont une nouveauté du site de la Canelilla qui propose l'hébergement de télescope de particuliers ou de clubs. Je poursuis mon exploration des amas ouvert du Petit Nuage de Magellan avec le couple suivant. Observation 8560 : NGC241/242. Ce couple NGC241 et 242 est dessiné à 75X et 150X. Ils sont faibles et minuscules, mais n'oublions pas que ces amas ouverts se situent à près de 190000 années-lumière de nous. Observation 8561 : NGC248/256/265. Nous avons là un mélange d'objets : les nébuleuses NGC248 et 256, et l'amas globulaire NGC265. Plus précisément, NGC248 est très faible et réagit bien en Oxygène 3 et pas du tout en HBêta. NGC256 est considérablement faible et ne réagit à aucun des deux filtres cités. NGC265 reste très faible, diffus et en vision indirecte son centre est plus brillant. Observation 8562 : NGC269. Cet amas globulaire observé à 150X est très faible et très diffus dans l'aube qui est de plus en plus présente. J'arrête là les observations d'objets faibles du ciel profond mais profite encore de l'opportunité d'observer deux belles étoiles doubles. Je les repère grâce au Pocket Sky Atlas, vu que j'ai oublié ma liste d'étoiles doubles australes à la maison, bien joué... Observation 8563 : thêta de l'Éridan dit aussi Acamar. Cette double est brillante à 75X et 343X où elle me montre ses deux composantes respectivement très brillante et brillante, séparées de 8,2 secondes d'arc. Une bien belle double très brillante, assez large mais incolore, avec une turbulence qui par contre se dégrade à l'aube, de 4 à 5 sur l'échelle de Danjon. Enfin, le dernier objet de la nuit est une autre étoile double dans le Phénix. Observation 8564 : dzeta Phoenicis. Cette étoile double du Phenix est inégale et serrée à 75X. Je vais les séparer plus franchement à 343X avec une composante brillante et une composante considérablement faible orangeâtre, séparées de 6,4 secondes d'arc. Il est 5h50, je descends me coucher. La suite des photos touristiques : le 28 octobre 2018 la réserve de Humboldt partie 2. Au nord de Punta de Choros, paysages côtiers magnifiques. Et encore des cactus. Une plage magnifique et vide, il faut dire que l'eau est fraîche ici à cause du courant de Humboldt qui remonte de l'Antarctique. Autre fresque à Punta de Choros, je reconnais nos amis les guanacos. Et le renard de Magellan. Un petit phare au sud de Punta de Choros. Un panorama pour illustrer ce lieu magnifique. Punta de Choros depuis le phare. Goéland Sur une autre plage pleine de coquilles vides, un huîtrier d'Amérique. Pélican. J'ai eu la chance de réunir sur cette photo un pélican, 2 goélands et un courlis corlieu.
  20. Bonjour Avec un peu de retard je vous propose un petit CROA d'une soirée remontant au 26 février. Mardi soir je n’ai pas résisté au scintillement des étoiles, après une mise en station rapide du Mak 127 mm dans mon jardin c’est parti pour une séance d’observation purement visuelle. Pour commencer une cible facile avec la nébuleuse d’Orion M42, toujours aussi magnifique, elle remplit tout le champ de l’oculaire de 35 mm et il me semble percevoir sa teinte verte fluorescente. Un peu au Nord dans le Taureau je rend une visite à la nébuleuse du Crabe, jolie tache grisâtre dont la forme est facilement reconnaissable. A l’Est s’élève le Lion, je pars à la recherche du couple galactique M65 et M66, les deux galaxies d’égale intensité sont facilement visible dans le même champs. Pour les comparer au couple M81 et M82 je vise le sommet de la Grand Ourse. Toutes les deux sont déjà visible au chercheur 8x50mm, à l’oculaire c’est la claque. M82 est facilement reconnaissable avec sa forme de cigare et un petit renfoncement en son centre, M81 est magique, j’ai l’impression de distinguer ses bras en spirales. Toujours dans la Grande Ours je me tourne vers la nébuleuse planétaire M97, une jolie tache ronde et grisâtre, j’en profite aussi pour visiter la galaxie M108 assez diffuse et légèrement allongée. J’enchaîne sur la galaxie M109 plus facile avec un centre bien marqué. Un autre classique me tend le bras, M51, là encore le spectacle est accentué par la grande limpidité du ciel doublé d’une faible turbulence. Les deux noyaux galactiques baignent dans une lueur diffuse et ile me semble distinguer le bras qui les relis, observation confirmer par sa position par rapport aux étoiles voisines. Je continue mon voyage vers M63, un jolie disque diffus avec une condensation centrale, puis d’étoiles en étoiles je capture NGC 5005 très fine et légèrement allongée. Je remonte vers M94, une belle galaxie avec une zone lumineuse plus concentrée. Je rebondie sur NGC 4490 puis NGC4449, toutes les deux visuellement assez semblable, fines et diffuses, avant d’atterrir sur M106 coupée en deux par une barre lumineuse. Enfin il se fait tard et termine par M101, finalement pas si évidente car elle apparaît très étalée et diffuse sans condensation marquée. C'est décidé la prochaine fois je me met au dessin pour illustrer mes observations.
  21. Une soirée ponctuée par les voiles nuageux et les caresses félines ! Du forum, étaient présents : Clément A., Denis, Florent b., FredAstro, Jérémy, Sandrine et moi-même. Sébastien P. et un ami à lui étaient venus en touristes. Parmi le public, un homme, une femme et deux enfants. Les nuages nous accueillirent à notre arrivée vers 18h. Je n’avais porté qu’un appareil photo et je comptais faire un time-lapse de la soirée. Denis avait quand même son dobson. Les astrams arrivèrent petit à petit en même temps que les éclaircies se formaient. Parfois, on gardait espoir car l’observation était possible. On en profita. Au gré des passages nuageux, on discutait autour de la table de réconfort. On voyait dans les champs alentours, une loupiote rouge se balader à droite et à gauche. C’était notre chienne Chara qui chassait. Elle avait au harnais un repère lumineux qui nous permettait de ne pas la perdre de vue. Vers 21h, un chat pointa le bout de sa queue. Il semblait très câlin, se frottant à tous les participants. Chara, revenue voir l’intrus, ne l’effrayait pas et, après un instant d’étonnement, ils firent connaissance et restèrent l’un près de l’autre un petit moment, tentant d’assouvir leur curiosité respective. Ce chat devait être en partie « angora » car il avait le poil long. Sombre de couleur, il affichait des nuances de gris et de marron. Chara, se lassant de sa présence, repartit agrandir les trous et galeries des rongeurs des champs. Ce chat resta un moment encore. Il semblait bien nourri et ne paraissait pas non plus perdu. Il devait appartenir à l’une des fermes des alentours mais c’était bien la première fois qu’on le voyait au pied du mémorial. Quelques minutes encore, plus il disparut. L’astronomie reprit ses droits. Après quelques minutes d’observation, les nuages revinrent plus nombreux mais pas trop épais. Un homme et une femme arrivèrent accompagnés de deux enfants. Il était déjà 22h30. C’est rare de voir des gens venir si tard, surtout avec des enfants. Pendant quelques minutes, des éclaircies nous permirent de satisfaire partiellement leur besoin d’évasion spatiale. Pendant qu’on discutait, je sentis une pression sur mes jambes. Pensant que c’était Chara, je n’y prêtai pas l’attention qu’il aurait fallu, sortant machinalement une croquette de ma poche et la tendant vers mon amie canine. Alors que je restais bêtement avec mon bras tendu vers le sol, attendant qu’une gueule prenne la récompense, j’entendis la petite fille dire : « Oh un petit chat ! ». Il était de retour. Il se frotta à tous le monde, prenant plaisir à voir de nouvelles jambes n’ayant pas encore son odeur. Passé ce moment félin, et les nuages étant revenu bâcher le ciel, les curieux nous quittèrent ainsi que le félin. J’allais rechercher mon appareil photo dans le champ nu. Bien sûr l’objectif était embué car je n’avais pas mis de résistance pour l’empêcher. Je revins à la voiture et télécharger les images dans mon ordi. Au final, la buée n’était arrivait que tardivement. Sur les images, on voit même Mercure que j’avais renoncé à observer, pensant que les nuages étaient trop nombreux sur l’horizon ouest. Le rangement des setups étaient presque terminés. Chara était montée en voiture. La température n’était pas trop fraîche et elle ne semblait pas avoir froid mais elle avait le poil humide. J’enlevais sa loupiote, attachais sa sangle et rabattis sa couverture sur elle. Avec les derniers astrams prêts au départ, on discuta encore quelques minutes. Une nouvelle pression sur les jambes me fit comprendre que le chat était de retour. Il y mettait du cœur, comme s’il voulait me faire tomber. Chacun de nous y eut droit. Pendant quelques secondes, en remontant dans les voitures, on s’inquiétait de savoir si on n’allait pas le blesser. Mais je fus rassurée dès que notre voiture démarra car allumant les phares, on le vit prendre le chemin de terre à droite. Il avait compris qu’on partait et retournait soit chez lui, soit vers quelques autres aventures câline dans un autre univers ! Voici le time-lapse réalisé ce soir-là :
  22. Nuit du 4 au 5 novembre 2018. Terrain d'observation la Canelilla à l'Hacienda des étoiles au Chili, région du Coquimbo. Strock 254/1200 9 observations : 8530 à 8538. Suite à la sortie à la fête du village voisin du Romeral cet après-midi, nous sommes tous un peu fatigués et je viens après un cycle de sommeil. Cette fête était intéressante à voir, mêlant une cérémonie de messe puis une procession religieuse à des danses et rythmes tribaux des Indiens d'Amérique du Sud. En voici quelques photos avec quelques costumes un peu anachroniques des Indiens d'Amérique du Nord! L'Enfant Dieu, ou Nino Dios en espagnol, qu'on célèbre ici aujourd'hui. A mon arrivée, Bruno est déjà en action et Pierre encore en train de dormir. Je galère un peu à re-régler le chercheur. Les premiers objets de la nuit sont des galaxies du Phénix, qui se situe à proximité de l'Eridan vers Achernar étoile principale de cette constellation. Observation 8530 : IC5328. Cette galaxie est vue facilement à 75X à côté d'une étoile brillante assez faible à considérablement faible, condensée et petite. Observation 8531 : PGC71907 et PGC130875. Ce couple de galaxies se situe près de IC5328. PGC71907 est très faible à VI1. La PGC de forme incertaine est VI1 à 150X. Observation 8532 : IC5325. A 150X, elle est facile, considérablement faible et ceci aussi à 75X. Je perçois une structure à la limite avec un éclat hétérogène à 150X et 218X. Pierre arrive à 1h du matin et cette fois-ci il pourra tenir jusqu'à l'aube. Je m'attelle à l'observation d'un amas de galaxies du Phénix, Abell 2877. Observation 8533 : NGC1627. Cette galaxie de forme effilée est faible à très faible et elle s'étend en vision indirecte. A côté se trouve PGC73637 vue VI3 à 109X. Observation 8534 : groupe de galaxies autour d'IC1633. Me voilà au cœur de l'amas de galaxies Abell 2877. A 109X et 150X, il y a du monde mais c'est faible. IC1633 est considérablement faible. Dans son proche voisinage, nous avons deux galaxies VI3 et VI1. Puis un peu plus au nord nous trouvons PGC73688 vue VI1 et une galaxie vue VI3. La partie nord de ce champ nous montre PGC4085 qui est vue très faible puis PGC4104 qui est faible, et enfin PGC73694 vue VI1. A l'opposé du champ côté sud, nous avons trois autres galaxies : PGC73666 vue VI3, PGC73684 vue VI4 et enfin PGC73700 vue VI1 à 2. Observation 8535 : PGC 130092/73697/73698. A 150X, en vision décalée, elles sont respectivement vues VI3, VI3 à 4 et VI2. Je quitte le monde des galaxies pour celui des amas ouvert d'abord dans la constellation des Voiles. Observation 8536 : NGC2660. Il est petit et partiellement résolu à 75X. Même en poussant le grossissement à 218X, il n'est encore que partiellement résolu en étoiles faibles à perceptibles. Très dense, il ressemble à un amas globulaire en cours de résolution. J'ai dû mettre trop de hargne à le dessiner puisque j'ai cassé en deux mon crayon. Ha la qualité Auchan n'est plus ce qu'elle était! Puis je dévie plus vers le pôle sud, dans la Carène, pour observer un autre amas ouvert. Observation 8537 : NGC3255. Cet amas ouvert est petit et très concentré à 75X. Je le résouds en étoiles faibles à perceptibles à 218X. Je suis assez fatigué, il faut dire qu'il est quasiment 5h du matin. Je termine sur un dernier amas ouvert de la Carène. Observation 8538 : Stock 13 dit en abrégé St13. Observé à 150x, cet amas ouvert est assez détaché dans l'aube qui arrive. La suite des photos touristiques : Le 27 octobre 2018 Copiapo, La Silla, vers la réserve de Humboldt. On rentre dans la camanchaca, brouillard côtier né de la rencontre entre l'air frais et humide du Pacifique refroidi par le courant de Humboldt, et le sol chaud du Chili. Camion de transport de matériel minier, nous on s'éloigne des mines de l'Atacama vers le sud. La Silla depuis la route d'accès. Le portail de l'observatoire. Les 2 instruments mythiques de l'observatoire sont proches maintenant. Les bâtiments d'accueil des techniciens et astrophysiciens et quelques coupoles d'instruments secondaires. Guanaco et ânes à la Silla. La coupole du 3.6m et son relais optique interférométrique CAT dans la plus petite, à 2400m d'altitude. Passage obligé dans une salle à côté du NTT pour une présentation de l'observatoire et de l'astronomie en espagnol. Panorama à la coupole du 3.6m. Le radiotélescope SEST La rampe d'accès au NTT et les autres coupoles du site depuis la colline du 3.6m. Le télescope de 3.6m, plus exactement 3.566m, inauguré en 1977. En panoramique, le pont entre l'ancienne technologie du 3.6 et la nouvelle du NTT (New Technology Telescope). L'abri du NTT. L'un des 2 foyers Nasmyth du NTT Le NTT a un miroir primaire de 3.58m. Formule optique Ritchey-Chrétien pour corriger la coma, avec déport de l'image vers des foyers Nasmyth (le long de l'axe d'altitude). En route vers l'antenne radio sub-millimétrique SEST. Panoramique entre SEST et le 3.6m. L'antenne radio sub-millimétrique SEST de 15m de diamètre, plus utilisée depuis la mise en service du réseau de 66 antennes radio sub-millimétriques ALMA. En route vers la côte Pacifique Un jeune guanaco. Avec sa maman. Au même endroit que les guanacos, un renard. Arrivée sur la côte vers la réserve de Humboldt, les nuages bas et la fraîcheur ne nous quitteront plus ici. Le village de Punta de Choros où nous logerons. Depuis notre bungalow, les îles au fond constituent la réserve marine de Humboldt.
  23. bonjour les amis je vous propose un tutoriel video explique comment je traite mes images, niveaux, HDR n couleurs, débruitage et rehaussement des contrastes (conseil affichez les sous titres) NB Issue d'une image d'un co-clubeur AVEX pour qui j'ai traité son image. ce document est fait vite fait, il ne respecte pas toujours l’orthodoxie du traitement et n'explique pas toujours pourquoi tel ou tel paramètre est utilisé, de plus je n'ai pas multiplié certain essais sur des déconvolutions ou des traitement spécifiques de façons à éviter d'allonger cette video déjà longue. La plupart de ces opérations sont réalisables dans photoshop (pas toutes). quand je traite "en vrai" je passe bcp plus de temps a ajuster les paramètres
  24. I : Compagnons des bords du monde Récit d’un voyage au Chili du 23 octobre au 14 novembre 2018, centré sur la nouvelle lune du 7 novembre. Pour Pierre Vesper, tout a commencé par une nuit très sombre, alors qu’il cherchait une petite galaxie qu’il ne trouva jamais. C’est là qu’il les vit, ses compagnons des terres désolées et lumineuses. La voie lactée, tresse brillante tourmentée de nébuleuses obscures et de diamants, leur restituait une ombre dans la nuit d’encre. “Où vas-tu ?” demandais-je à l’un, mais il poussa un cri strident et s’enfuit épouvanté vers son écran rougeâtre, car il ne m’avait pas reconnu. Mais n’anticipons pas. Roissy, 23 octobre 2018 vers 20h30. Après mon TGV depuis Strasbourg et quelques heures d’attente et autres déambulations dans les halls bondés, XavierC arrive tout sourire avec sa fidèle valise et son vénérable flying Strock 254 en sac à dos. Il m’informe derechef qu’il a mangé deux endives et un camembert pour vider son réfrigérateur. Etant parti depuis près de 6 heures je commence à ressentir les tous premiers effets hypnotiques du voyage et reste coi. Chacun ses goûts, me dis-je en m’efforçant de ne pas penser trop fort. Je lui souhaite silencieusement une bonne digestion. Voici un voyage qui commence sous les meilleurs auspices. Lire les présages dans le camembert aux endives n’est pas donné à tout le monde. Nous abordons les contrôles de sécurité. Une légende urbaine affirme désormais que les miroirs seraient devenus indésirables en cabine au motif que, une fois brisés, leurs éclats pourraient former de dangereuses échardes susceptibles de servir d’armes. Décidément, nous sommes à l’ère de la rumeur. Et d’ailleurs nous passons sans encombre. Les douaniers ne sont même plus étonnés par les astro-pèlerins et leurs flying dobsons. L’ère glorieuse des pionniers, des ouvreurs de voies, est déjà dépassée. Tempus fugit, le temps s’enfuit... ...Et d’ailleurs nous aussi, dont l’avion décolle non sans avoir embarqué notre troisième co-voyageur, à savoir Bruno, adorateur d’électrons, de pixels, et pratiquant du culte de l’écran rougeâtre. Quelques instants après nous nous ruons vers la lumière. J’ai gagné mon ciel. Nous planons sur une très longue pente descendante, vers le grand sud-ouest. Ni évidemment morts, ni plus tout à fait vivants. Boîte de Schrödinger volante. Brel chantait Aristote : “Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts et ceux qui sont en mer.” Aristote ne pouvait envisager ceux qui seraient un jour en l’air. J'aime cette sensation de ne plus appartenir au monde. Près de 15h plus tard. Nous sortons de la boîte de Schrödinger et retrouvons les couleurs lumineuses du Chili, loin des brumes pré-hivernales méphitiques du nord. Santiago, gare routière Alameda. Le Chili a une spécialité de transports en autocar, de plusieurs niveaux de confort, aux prix dérisoires pour un occidental du nord, si on peut dire, et d’une ponctualité à la logique floue. Sur un quai, notre marée de bagages : mon premier a son flying Strock, mon second des caméras et autre lunette à grand champ, mon troisième une paire de Naglers et deux jumelles. Qui suis-je ? Et, d’ailleurs : où vais-je ? Je mobilise mes souvenirs d’espagnol de classe de troisième et m’enquiers un peu partout comme une âme en peine : “¿Dónde está el autobús a Ovalle?”- où est le bus pour Ovalle, charmante mais sans éclat petite ville du Coquimbo ? “Se fue !” - Il est parti !, me répond virilement et en claquant des mains un chilien râblé d’âge moyen. Bigre. Va-t-il falloir racheter des billets ? Retrimballer les pesantes valises ? Moi j’ai mes semelles de vent, mais les autres, et surtout les astro-imageurs ? Les mines s’allongent, nous sommes partis depuis plus de 24 heures, lorsque… mais, mais oui c’est lui, notre autocar, qui s’avance et affiche fièrement sur son front en lettres de lumière “El Salvador - Le Sauveur”, bon sang mais c’est bien sûr, le bien nommé ! Lentement nous remontons la panaméricaine, plein nord. A gauche, le Pacifique déroule de longs rouleaux gris. Nous achetons des pâtisseries locales trop sucrées comme toujours et nous rendormons les yeux ouverts, de ce sommeil hypnotique dont on s’enivre à force d’heures non dormies. Ville de Ovalle, 24 octobre 2018 au soir. J’ai quitté Strasbourg il y a un peu plus de trente heures. Nous retrouvons Raymond, notre hôte, après 5 années d’absence. Il a toujours le regard des coureurs d’espaces ouverts. Nous poursuivons notre périple dans le 4x4 qui a dû faire l’aller-retour Terre-Lune et une partie d’un troisième voyage. C’est une mule fidèle, un animal de bât dont Raymond connaît les moindres hoquets, une mécanique incassable qui, même cassée, rentrera à l’écurie. Accélérant sur les pistes sèches, il y a dans le voyage des frémissements temporels, tout s’étire, s’étend et se contracte, il y a des accélérations dans l’accélération, je suis maintenant en hypnose, c’est l’ivresse du voyage et Raymond a le pied sur la pédale d’avance rapide d’un film aux contours flous. Retrouver ces terres arides est un peu rentrer chez soi après une longue absence. Un mélange de souvenirs d’autres années, pas si lointaines mais déjà éloignées, nostalgie d’anciennes nuits éblouies de coups de millions de soleils et au goût de menthe poivrée, tisane vespérale du lieu. Nous trouvons pour la première fois la Canelilla, notre lieu de résidence, sous les nuages. C’est inédit, ici au pied des Andes, à 25 km à vol d’oiseau du Gemini Sud. Je n’avais jamais vu ce paysage ennuagé. Nous pouvions compter sur un ciel coronal de façon implacable, sans faille, mécaniquement. Le changement climatique opère globalement, c’est un fait avéré. Nous retrouvons Nadine, maîtresse des lieux, hôte aux petits soins et à la cuisine savoureuse. Le chien Baladin est mort, j’espère qu’il course les chèvres au paradis des animaux heureux. Grisette, autrefois chatte libre du désert, est désormais à la retraite dans la nouvelle maison de nos hôtes. Elle se cache, terrorisée par le successeur de Baladin, une jeune doberman recueillie ici pour le meilleur et qui vibre d’énergie. La colline - observatoire est peuplée d’installations récentes. En plus du traditionnel observatoire à toit roulant du C14 il y a maintenant un abri qui cache un dobson 530 en location séparée et trois constructions basses qui hébergent des instruments automatisés. Un RC 520, une lunette de 127 mm, un Newton 350 et leurs bazars électronifiés respectifs. Pour un peu on entendrait, venu de quelque micro resté ouvert dans l’hémisphère nord, le son nasillard d’un journal de 20H ou autre émission d’infotainment… L’électricité est solaire et il faudra un jour conter comment Raymond a acheminé du wi-fi ici, dans une vallée perdue sur les marches des Andes. Cette capacité à bâtir, dans un endroit reculé et sans aide, à quatre heures de 4x4 du plus proche magasin de bricolage, l’ensemble des bungalows, installations et maintenant observatoires en remote, me laisse toujours admiratif et incrédule à la fois. Moi qui ai les deux mains dans la même moufle et les pieds dans le même sabot me demande toujours, comme devant les pyramides, si cela a réellement été possible sans une aide venue d’ailleurs. Pantois et pantelant après quasiment 40h de voyage, je descends la colline pour rejoindre ma chambre. Hélas très momentanément car si je n’ai qu’une envie, m’allonger, encore faut-il que je m’acquitte d’une tâche ardue : reformater ma lourde valise pour qu’elle passe du statut “3 semaines” au statut “1 semaine”. Demain matin tôt, nous partons en effet pour l’Atacama. Le matin n’est pas encore levé, si je puis dire, lorsque je reprends ma désormais légère et magnifique valise pour un départ d’une semaine vers le grand nord. Je ne sais plus en réalité où je suis exactement : entre les fuseaux horaires, les lenteurs et les accélérations du voyage, les quelques heures de sommeil grapillées ici n’ont pas permis à mon esprit de retrouver mon corps, en quelque sorte. Tel un automate, j’embarque. Pour quelques heures de piste et une bonne journée de panaméricaine. C’est presque une expérience de décorporation et il reste forcément peu de souvenirs de cet épisode, autres que ceux d’être passé au large de La Silla dont nous apercevons les mythiques coupoles, et de m’être observé, comme flottant hors de mon corps au son d’une musique andine jouée je ne sais plus comment par Xavier. Au rythme d’une flûte de pan endiablée, les regards s’éclairent d’étincelles étranges et de sourires entendus. C’est une secte, d’accord, mais laquelle ? Je n’arrive plus à m’en rappeler. C’est à la lisière de ma conscience. Nous avalons la panaméricaine à haute vitesse. Tout est trouble sur les bords. Et au milieu aussi, un peu. Un flux d’air baigne mon front. Parfois il se relâche, mais la plupart du temps il est fort et constant. Une main tire sur mon crâne et m’emporte à Copiapo. La porte de l’Atacama. A l’hôtel, en chambre double avec Xavier et dans l’incapacité de trouver le sommeil, nous regardons des dessins animés en italien. Il faut le faire, me dis-je, venir de France, ici au Chili, au seuil du désert, pour rigoler devant des dessins animés en italien. Xavier se penche à la fenêtre pour essayer de distinguer, dans la nuit orange de Copiapo, l’une ou l’autre étoile. En se dévissant le cou il en trouve une, quelque part au zénith, et aussitôt exhibe avec désinvolture et à ma stupéfaction un gigantesque smartphone qui lui indique derechef, toujours à ma surprise, qu’il s’agirait de Fomalhaut. Moi qui ai toujours connu un Xavier low tech je suis, comme disent les anglo-saxon, flabbergasted. Je range, reformate et défragmente le contenu de ma valise pour que les choses et les événements reprennent un cours normal. Vendredi, 26 octobre 2018. Au matin tôt et après une courte nuit (durant cette partie du voyage les nuits seront toujours courtes, faut-il continuer à le mentionner ? C’est ensuite que les nuits prendront l’avantage sur les jours), nous attaquons la piste pour les hauts-plateaux de l’Atacama. L’ascension, lente et régulière, commence en faux-plat. Au début, nous croisons encore quelques camions. D’imposants trucks, à l’américaine. Mais rapidement nous sommes seuls. Le ciel bleu roi touche la terre sans dégradés, sans nuances, sans pudeur. Au bout de quelques heures de route le paysage est surréaliste : ici un lac de soufre rejoint le ciel, le jaune vif touchant le bleu intense, profond et uniforme, tandis que là un champ de pénitents, silhouettes de neige sculptées par le vent froid, tend ses échardes comme des doigts glacés. Plus loin le salar de Maracunga s’étire en plaine de sel jusqu’à l’horizon. Le blanc pur touche le ciel coronal, c’est une vision de début des mondes. Nous passons en Argentine puis revenons au Chili car ici les frontières se chevauchent, forment des boucles, et dépassons les 4000 m pour continuer à monter. Les sommets des “Tres cruces”, trois volcans andins, occupent l’horizon. Massifs, ils semblent cependant peu hauts et assez proches. Mais nous sommes bernés par l’altitude : ces volcans culminent à 6749 m et, s’ils dépassent assez peu de l’horizon c’est que nous sommes déjà vers 4700 m. La distance est trompeuse également, ici tout semble proche car l’air est d’une transparence de cristal. Aucune poussière, très peu d’humidité : la sensation est d’avoir de nouvelles lunettes. Les myopes comprendront. Ici les nuits doivent être de diamant. Mais il semble que le manque d’oxygène finisse par dégrader sévèrement la vision de nuit. Et puis il fait déjà très froid de jour, ça doit être intenable pour des observations prolongées. D’ailleurs l’air est tellement léger que les efforts semblent un peu plus difficiles même si, à ma grande autosatisfaction, je constate que je réagis bien. Il suffit de s’économiser un peu, me dis-je avec une pointe d’orgueil. Ces histoires de malaises en altitude, c’est forcément pour les inconscients, les imprudents, les inconséquents. Tous défauts que je n’ai manifestement pas. Je me sens bien, très bien même : léger, pour tout dire. Intérieurement, je me ris de la difficulté. Un peu plus loin et un peu plus bas, à 4300 m, nous abordons la Laguna Verde. Ici, l’eau turquoise éclabousse les flancs des volcans. Ceux-ci dépassent de l’horizon avec leurs plumetis enneigés au sommet. Bleu sombre du ciel, turquoise de l’eau, brun et blanc des volcans : telle est l’ambiance, telles sont les couleurs du lieu. Il y a une sorte de refuge décati au bord du lac, une cabane montagnardo-routarde où Raymond nous fait chauffer une infusion de feuilles de coca. Parfaitement légale ici, cette infusion légère anesthésie un peu la gorge mais produit l’effet d’un double expresso. Ragaillardis, nous nous attardons en contemplations. C’est au moment où, en fin de journée, nous remontons en voiture pour aborder la redescente qu’un mal de tronche terrible me tombe dessus. Brutalement et sans crier gare. Mon orgueil de montagnard tout frais s’écroule d’un coup. Puis je suis assailli alternativement de moucherons noirs et de lucioles brillantes. Sans oublier de puissantes nausées. Je suis victime de la terrible Puña, le mal d’altitude qui sévit en ces hauteurs. Il faut redescendre, et vite. Mais vite, tout le mot est là. Ai-je dit qu’il s’agissait, à l’aller, d’un faux-plat s’étirant sur des centaines de kilomètres ? Eh bien au retour c’est pareil. Dans l’autre sens. Ainsi le malaise dura-t-il longtemps, s’étirant au fil des kilomètres de piste de redescente. Je me suis senti tel un Icare qui aurait la migraine dans sa chute. Samedi, 27 octobre 2018. Rétabli sans séquelles (quoi que, diront les esprits forts…) de cette terrible Puña, je prends place dans le 4x4 pour redescendre de Copiapo vers la mythique Silla. Nous filons bon train et nez au vent sur la panaméricaine, dans le sens de la descente si l’on peut dire, lorsque j’aperçois un énergumène planté au beau milieu de l’autoroute. Solidement campé sur ses deux jambes, à cheval sur la bande discontinue, il semble agiter une lampe. Ses fringues bizarres renvoient la lumière, par endroits. “Piéton sur la piste ! “ dis-je de façon humoristique à Raymond juste avant qu’il n’entame de lui-même un freinage d’urgence. Nous arrivons à hauteur de l’inconscient, à qui j’envisageais vaguement de rappeler les règles élémentaires du code de la route (...en français !) lorsque la réalité et la fatalité nous rattrapent d’un seul coup : le costume bizarre était un uniforme, les réflexions sont dues aux décorations, ou plutôt devrais-je dire à la déco’ style latino brillant au soleil, et la lampe… est un radar. Le flic s’avance, très macho, viril, sud-américain quoi. Il n’a pas l’air content d’être encore en vie, bizarrement. Il s’accoude à la portière et sans un mot nous montre l’arrière de sa lampe, qui arbore un nombre : 148. En kilomètres par heure, s’entend. Au lieu de 120, il faut le dire. Oui bon, ce n’est pas non plus la vitesse de la lumière, hein. Mais le gars semble sincèrement en colère. Je saisis qu’il dit des choses définitives et désagréables, du genre “inutile de s’excuser”, “ce coup-ci vous n’y couperez pas”, “amende grillée” et autres paroles blessantes. Plus sérieusement, il a vraiment l’air sérieux, lui, et j’ai la conviction sur l’instant que Raymond va devoir manger son permis de conduire. Mais comme souvent au Chili, les choses prennent une tournure étrange. Dialogue reconstitué (et librement adapté de l’espagnol) : - “Je m’excu…” - “Silence. Inutile de vous excuser. Ni de promettre : je ne vous croirai pas” - “Mais…” - “Et vous allez où ? Vous vous croyez tout permis ? Et qui sont vos passagers ?” - “Nous allons à la Silla. Et ce sont des astronomes français, enfin amateurs…” - “Mmmhhh. Ahh. Moi aussi, je suis passionné d’OVNIS… Mmmhhh…” - ??? - “Et dites-moi : vous en avez déjà vu ?” - “Euh, bah, bon ben c’est que, vous savez, en fait l’astrono…” - “Je le savais, je le savais ! C’est passionnant…” - “Moui bon (prudent)” - “Ici on en voit assez régulièrement…” - “C’est-à-dire qu’en fait je suis propriétaire d’un gîte - observatoire…” - “Un observatoire ! J’en étais sûr, j’en étais sûr ! Et bien sûr…” - “Bien sûr… (?)” - “Ah je le savais, c’est fabuleux, et toutes ces planètes extra-terrestres, enfin extra-solaires, enfin c’est extra et ça confirme tout le reste !” - “(?) Oui, euh, c’est... vrai… (sentant venir le bon coup)” - “Ah c’est fabuleux, c’est extraordinaire !!” - “Oui, euh, magnifique, hemm…” - “Bon ben vous savez quoi ?” - “Euh, non… (espoir)”. - “C’est bon pour cette fois. Mais soyez prudent à l’avenir !” - “Oh merci, oui, oui, oui ! Et passez nous voir, à la Canelilla, avec la famille, une soirée on vous montrera tout ça…” - “Je le savais ! J’en étais sûr ! C’est magnifique ! Merci !” - “Merci à vous ! Qué le vaya bien !” Raymond passe la première et repart sur les chapeaux de roue. Je suis bouche bée. Pour un peu je lui aurais fait le salut de vulcain (“Star Trek”. On a les références qu’on peut). Décidément ces reptiliens sont bizarres. Quelques instants plus tard nous filons aux alentours de 150. Ce gars-là était marrant mais il ne faut pas exagérer : il nous a mis en retard. Le site historique de l’ESO se présente comme une crête de dragon pustuleux, à seulement 2400 m (car nous sommes maintenant aguerris, n’est-ce pas). Les coupoles sont ici nombreuses et témoignent de l’activité de recherche et développement qui anime le lieu depuis les années soixante. Nous visitons d’abord le 3,60 m Cassegrain. Le vénérable est désormais accouplé au bien connu spectrographe HARPS, pionnier dans la détection d’exoplanètes. Notre flic serait heureux. Sous la coupole néanmoins, l’ambiance fleure bon les années 70. On se croirait un peu dans un film rétrofuturiste, ou steampunk. Non loin, voici le résolument plus moderne NTT. Précurseur des technologies déployées au VLT, l’ambiance est ici plus contemporaine. Il y a deux foyers Nasmyth. Xavier reconnaît ça et là des pompes à vide. Sur un mur, un tableau blanc affiche une procédure manuscrite au feutre, en plusieurs langues. Il y a un schéma de câblage du type : “le fil vert sur le bouton rouge, le fil rouge sur le bouton vert” (“La 7e compagnie”. Les références qu’on peut, etc). Sage précaution ici : mieux vaut en effet ne pas se planter. Le miroir de 3,58 m est à portée de main, nous nous en étonnons et frémissons en voyant des visiteurs tendre leurs téléphones juste au-dessus de sa surface pour le photographier. Avec bien plus de précautions et de respect, nous effleurons des doigts la tranche de l’oeil du cyclope. Nous finissons avec le radiotélescope Suédois submillimétrique. L’oreille de géant termine la crête du dragon. Une structure puissante dresse fièrement le disque d’acier de 15 m. C’est une oeuvre d’ingénieur, campé sur des certitudes inébranlables et une foi constante en la culture du progrès technologique. Mais il est néanmoins réformé et tend désormais vers l’horizon son oreille unique et inutile, tel un antique pavillon de gramophone. Sic transit… C’est vers l’océan Pacifique que nous redescendons plus tard. Sur la route, nous croisons des renards peu farouches et une famille de Guanacos, petits lamas du coin. Ici on passe rapidement d’un milieu ultra-sec à un milieu ultra-humide : un brouillard côtier nous accueille, la Camanchaca. Nous prenons nos quartiers dans un bungalow de bord de mer. Avant de m’écrouler sur une couchette je fais et défais ma valise, sorte de reformatage et de défragmentation rituels. Les choses retrouvent ordre, calme et sérénité sous l’oeil de Xavier qui se paye ma fiole. Au programme demain, visite de la réserve de Humboldt et autres promenades en mer. Il fait froid la nuit au bord de l’océan. Un courant frais s’est infiltré jusque sur mes épaules par la fenêtre disjointe. J’ai dormi au vent du Pacifique. Nous partons tôt voir les pingouins, lions de mer et autres mouettes. Les bêtes ne sont pas farouches et nous pouvons leur dire bonjour de très près. Même avec mon 50 mm qui tire forcément bien trop court, je réussis quelques jolis portraits. C’est dire. Xavier, avec son super zoom, traque la moindre moustache de Morse (ou apparenté). Bruno se bat pour sortir d’un mode de pose lente que lui impose son compact depuis le début du voyage. Il y a quelque chose d’héroïque dans ces efforts un peu vains, comme une lutte désespérée entre l’homme et la machine. Des pics dentelés sont visibles sous l’eau. Un rocher affleure comme une bouche ouverte et semble pousser un cri vers le ciel. Un peu plus loin, les plages sont immenses. Quant à moi j’ai oublié ma crème solaire et, malgré la journée grise, j’attrape un fort coup de soleil. C’était pourtant évident et pas très malin : maintenant j’ai la tronche qui pèle. Heureusement j’aurai bientôt quinze nuits pour me soigner. Car demain, après la visite des villes portuaires de La Serena et Coquimbo, nous rentrerons à la Canelilla. Demain s’ouvre le théâtre des contemplations. Demain, flambée d’étoiles. [à suivre]
  25. Nuit du jeudi 1er novembre au vendredi 2 novembre 2018. Strock 254/1200 Terrain d'observation la Canelilla à l'Hacienda des étoiles au Chili, région du Coquimbo. 13 observations : 8486 à 8498. Je commence par faire quelques photos notamment de la conjonction Jupiter-Mercure dans le Scorpion grâce à mon appareil bridge à 1600 ISO et F/D 2.8. Les résultats sont franchement impressionnants. Le Scorpion, pinces et Antarès en bas, plonge sur la droite de l'image vers l'horizon, derrière la silhouette du télescope de 406mm. A gauche, on voit les 2 étoiles principales alpha et bêta du Centaure. Un poil plus tard et plus haut, le centre galactique est au milieu de l'image, le Scorpion à gauche, le Sagittaire à droite, enrichi par Saturne. Le premier dessin de la nuit est sur la planète Mars dans le Capricorne, qui ici est quasiment au zénith, ce qui nous change de l'opposition du mois de juillet à ras de terre depuis la France métropolitaine. Observation 8486 : Mars. A 480X, j'observe Mars de l'œil gauche sans filtre afin de ne pas perdre ma vision nocturne, puis avec l'œil droit avec le filtre rouge 23A qui améliore encore le contraste. Les images stables sont plaisantes, ça me change de l'opposition vue depuis la France. Je note beaucoup de détails malgré le diamètre apparent qui diminue (12"). Sauf erreur j'observe les mers Cimmerium et Sirenum. Je vois aussi la tache plus claire de Hellas ainsi que la calotte polaire Sud. Toute la nuit en fil rouge je prendrai des photos des constellations en regardant avec l'oeil gauche dans le viseur de l'appareil photo, écran repliable fermé, afin de ne pas éblouir mon œil droit observateur et donc de garder mon adaptation nocturne. Le Grand Nuage de Magellan flou est à gauche du centre, l'étoile brillante en bas à gauche est Canopus de la Carène. La région du pôle céleste sud est vers le centre de l'image. Le Grand Nuage de Magellan est en bas, le Petit plus discret un peu sous le centre de l'image. L'étoile brillante à gauche du Petit Nuage de Magellan est Achernar de l'Eridan. Encore une fois, je constate l'invasion des fourmis dans la partie bouffe du sac à dos alors que hier j'ai sorti les barres de chocolat et que j'ai secoué le sac. Une m'a carrément mordu et jeté de l'acide sur la main ce qui me fait mal pendant quelques minutes. Après avoir constaté que le Celestron 14 est hors de fonctionnement, Pierre et Raymond viennent observer Mars au télescope 406 avec Bruno. C'est toute une histoire l'état actuel du C14 : il en est là à cause d'un astro-employé indélicat qui devait assurer la maintenance du matériel. Il a fait la bêtise de démonter la lame de fermeture du C14 pour la nettoyer sans vérifier s'il y avait une marque d'apairement. De plus il a mal parqué le télescope avant de fermer l'observatoire, le toit métallique a tapé la monture, endommageant des moteurs et la plaque de fixation au pilier. A cause de cet imbécile, cet instrument à l'optique exceptionnelle et au suivi impeccable est maintenant l'ombre de lui-même. Je sens que Raymond et Pierre vont passer quelques après-midis à essayer de le remettre sur pied. Je commence les observations ciel profond sur le Scorpion qui descend assez vite, avec un nuage obscur. Observation 8487 : SL28. Ce nuage obscur est observé à 75X et se révèle assez sombre avec des limites très floues. J'observe ensuite un amas globulaire du Sagittaire. Observation 8488 : M69. Cet amas globulaire est assez brillant et bleuté à 75X et déjà résolu. Je l'ai aussi repéré au chercheur 9x50 comme une étoile floue faible à côté d'une autre étoile de même brillance. A 218X, il est bien éclaté avec beaucoup d'étoiles faibles à très faibles plus un fond stellaire VI3 à 5. Il devient assez sombre à 218X et il commence à être bas. C'est vrai qu'il est dans une constellation d'été. Je continue d'explorer la zone de galaxies vers iota du Sagittaire. Observation 8489 : NGC6878A. Cette galaxie n'est pas vue à 150X mais je la repère très faible à VI1 à 109X. Je pense que c'est parce qu'elle était très diffuse et peu contrastée que je l'ai râtée à 150X. Observation 8490 : PGC64319. Cette galaxie est soupçonnée à 109X et confirmée à 150X très faible à VI2 et diffuse. Observation 8491 : PGC64257. Je l'observe à 150X, très faible, condensée et petite. Observation 8492 : PGC64188. Cette galaxie elle aussi n'est pas vue à 150X mais je la repère à 109X, diffuse et VI2. J'arrive dans les choses sérieuses avec les objets du Petit Nuage de Magellan. Observation 8493 : NGC456 et 465. Je suis dans un coin déjà assez riche du Petit Nuage de Magellan dans le Toucan avec NGC456 qui réagit bien en Oxygène 3 et faiblement en HBêta. Juste à côté, je repère aussi NGC465 qui est très faible en HBêta, et il réagit bien en filtrage Oxygène 3. Soit ces objets sont très morcelés, soit j'ai noté plusieurs autres objets à proximité. J'utilise comme grossissement 75X, 109X et 150X. Ce champ est un bel ensemble. Observation 8494 : NGC419. Cet amas globulaire du Petit Nuage de Magellan est observé à 150X et 75X. Bien qu'incolore, il est assez brillant, diffus et granuleux à 343X dans sa zone centrale, waouh! Vers 3h heure locale, Pierre est frigorifié, et découragé de ne pas avoir trouvé le casque de Thor, et du coup il est parti dormir. Observation 8495 : NGC330. Cette fois-ci c'est un bel amas ouvert. Il est petit à 75X. Par contre à 218X et 343X, où il est assez faible, il me montre en vision indirecte beaucoup d'étoiles très serrées, ça grouille d'étoiles. Observation 8496 : NGC416. Il est considérablement faible à faible. Je l'observe minuscule à 75X et le grossis davantage à 218X où il est diffus. Comme la nuit dernière, des nuages venus du Sud-Ouest débordent. C'est quoi ce temps très inhabituel au Chili? J'observe une galaxie du Phénix. Observation 8497 : NGC625. Cette galaxie est observée à 109X et 150X. A ce second grossissement, elle me montre des nodosités VI3 à 5. Elle est considérablement faible, diffuse et allongée. A 4h30, la Lune s'est levée mais reste noyée dans les nuages à l'est. J'ai un coup de barre une fois de plus. Je pointe une galaxie de l'Éridan. Observation 8498 : IC1953. Cette dernière galaxie de la nuit est vue dès 75x très diffuse, faible, et un compagnon très faible facile l'accompagne, c'est PGC13172. La brillante étoile tau 5 de l'Eridan gêne par son fort éclat. Je la sors du champ pour mieux observer les deux galaxies et je n'arrive pas à voir la troisième qui jouxte IC1953 sur ma carte. A 5h, je tombe de fatigue. Des nuages se répartissent entre le sud-est et le nord-est et ils débordent presque jusqu'au zénith. La Lune est noyée dedans. Je me repose un peu sur le lit de l'observatoire avant d'avoir la force de remballer à 5h30 alors que l'aube arrive. La suite des photos touristiques : le voyage aller et l'arrivée à l'observatoire. Dans le car reliant Santiago à Ovalle. En route depuis Ovalle vers l'hacienda des étoiles, on aperçoit l'observatoire américain du Cerro Tololo, que j'avais visité en 2008. Vallée de Pichasca à 30kms de notre gîte On atteint au Soleil couchant le village du Romeral, le plus proche à quelques kilomètres de notre destination. Le Romeral, où on viendra assister à une fête un dimanche. L'hacienda des étoiles