Les phénomènes transitoires lunaires
INTRODUCTION
Entre 1969 et 1972 douze hommes ont foulé le sol lunaire, mais depuis la dernière mission " Apollo 17 " qui débarqua en 1972, dans la région du Golf de l’Amour, plus rien ; les promenades lunaires cessèrent brusquement. Cependant, malgré toutes ces visites humaines, les millions de photographies réalisées depuis la Terre, les informations des nombreuses sondes qui l’ont survolée ou, qui se sont posées sur son sol, et les innombrables observations d’astronomes, la Lune reste un monde à découvrir.
Les résultats des informations récoltées par l’ensemble des techniques d’observation à la disposition des astronomes, et l’analyse des roches lunaires rapportées sur Terre par les différentes missions, classent notre satellite au rang d’astre mort ; au sens astronomique du terme bien sur. Mais pour celui ou celle qui place son œil derrière l’oculaire d’un instrument, dont l’objectif est pointé en direction de la Lune, ce n’est pas une impression de mort qui domine ; bien au contraire. L’observer dans un instrument astronomique, même modeste, nous prouve qu’elle a su garder tout son charme. Et malgré une exploration intensive, elle exerce toujours sur les adeptes de la science d’Uranie, sa puissante attraction ; à l’once de leurs regards, son attrait reste intact.
Mais déjà aux temps les plus anciens, notre proche voisine spatiale fascinait les hommes. Cette fascination est toujours présente, surtout, quand de temps en temps, des observateurs signalent à sa surface d’étranges manifestations qu’ils ont baptisées ‘’ PTL ‘’ pour : Phénomènes Transitoires Lunaires. Ce présent dossier traite donc de ce sujet. Il vous permettra, je l’espère, de comprendre ce que recouvre exactement le terme ‘’ PTL ‘’. Et si vous souhaitez vous lancer dans la surveillance, l’étude ou, plus simplement dans une découverte de notre satellite, les deux dernières parties de ce dossier devraient vous y aider.
UN BRIN D’HISTOIRE
L’étude de la Lune débute avec Galilée (1564/1642). Pour réaliser sa carte lunaire il utilisa un tube de fer de 60 cm de focale, munie d’une lentille simple avec un grossissement de 30 fois. Notons que Galilée construisait lui-même ses instruments, en copiant un principe déjà appliqué par des opticiens hollandais, qui eux-mêmes reprenaient des travaux de savants arabes du moyen âge. Galilée ne se contenta pas d’observer passivement la Lune. Les commentaires qu’il rédige à partir de ses observations nous démontrent sa grande capacité d’analyse et d’interprétation. C’est ainsi que toute la richesse des paysages lunaires, créés par les jeux d’ombre et de lumière, ne lui échappèrent pas. Notons au passage, qu’à la même période, un britannique du nom de ‘’ Thomas Arriot ‘’ observa la Lune, dans les mêmes conditions que l’Italien, mais sans en dégager la moindre interprétation réaliste. La carte lunaire de Galilée à été détruite à sa mort ; hérésie oblige ! Reprenant l’idée déjà émise par son compatriote Léonard De Vinci, Galilée donne aussi une explication correcte au phénomène lunaire de la lumière cendrée . Il écrit :
‘’…conformément à ce qui vient d’être établi, à savoir que la partie lumineuse de la Terre visible de la Lune est toujours à proportion de la partie obscure de la lune tournée vers la Terre ; quand le croissant est très aminci et que par conséquent la partie obscure de la lune est très grande, grande est donc aussi la partie illuminée de la Terre vue de la Lune, et d’autant plus intense est la lumière qu’elle reflète.’’
Après Galilée, à la fin du 17ème siècle, les progrès techniques permettent de développer une nouvelle génération de lunettes astronomiques. De plus en plus performantes, mais de plus en plus longues et encombrantes, elles permirent cependant à de nombreux astronomes de se lancer dans des observations plus précises. Nombre d’entre eux s’attachèrent à rendre compte d’une nomenclature lunaire détaillée. En 1636, le Français Claude Mellan, en utilisant les dessins de Gassendi et Peiresc, grave trois cartes en bois de 22 cm de diamètre, une pour chaque quartier et une troisième pour la pleine lune. Plus tard, en 1645, le père Scheiner édite une carte relativement médiocre, tandis que l’Autrichien Rheita affuble la sienne de pesantes considérations religieuses. A la même époque, le Belge Michel Van Langeren fait publier une nouvelle carte. Astronome du roi d’Espagne, ‘’LANGRENUS’’ (de son surnom), donne des noms à trois types de reliefs : terres, mers et bassins. Les noms qu’ils proposent flattent les grands de l’époque ; Alphonse y était baptisé Louis XIV, Copernic Philippe IV, et sans oublier Mazarin qui avait lui aussi son cratère !
A l’aide d’une lunette qui grossissait jusqu’à 40 fois, en 1647, le Polonais Hévélius publie une carte de qualité sur laquelle 250 reliefs sont indiqués. Il délaisse les mondanités et utilise pour sa nomenclature les noms des reliefs terrestres. La Lune possède alors une mer Méditerranée et un océan Atlantique, mais aussi des chaînes montagneuses, comme les Alpes et les Apennins. Ces deux dernières font encore parties de la nomenclature moderne. En 1651 les jésuites italiens, Riccioli et Grimaldi proposent une nouvelle carte avec trois types de reliefs bien déterminés : Mers Montagnes et Cratères. Chaque structure est identifiée par un nom de savant ou de philosophe, où ceux de l’antiquité sont privilégiés. Cependant, les deux auteurs s’attribuent deux grands bassins, et en bons conservateurs géocentriques qu’ils sont, ils offrent à Galilée un petit cratère sur le limbe Ouest et placent Copernic, pour le punir, dans l’océan des tempêtes ! En fait, les jésuites de Bologne se contentaient de reprendre le travail d’Hévélius en attribuant simplement aux mers des noms en rapport avec les croyances d’alors ; croyances qui rendaient la Lune responsable, sur Terre, d’aléas climatologiques et d’influences comportementales. Pour cette raison, nombre des mers du premier quartier portent des noms aussi évocateurs que : sérénité, fécondité, tranquillité, etc… tandis que celles du dernier quartier sont : humeurs, nuées, pluies, froid, tempêtes, etc… La carte moderne reprends une grande partie de la nomenclature des deux jésuites.
N’oublions pas ici de citer la très belle carte lunaire de J-D Cassini, réalisée en 1690 à l’observatoire de Paris. L’astronome du roi de France avait auparavant sollicité le savoir-faire d’un artiste, Monsieur Patigny. De cette collaboration, en 1679, furent éditées 60 planches lunaires et une carte de la pleine lune de 50cm de diamètre. Pour ce travail Cassini utilisa une lunette de 11 mètres de focale avec un objectif de 10 cm de diamètre.
Au 18ème siècle, Tobie Mayer se lança dans l’élaboration d’une grande cartographie lunaire, mais il mourut avant d’avoir terminé son travail. Puis, entre 1791 et 1802, Schröter fit publier un ensemble de cartes de bonne qualité. Durant le 19ème siècle les Allemands Beer et Madler augmentèrent considérablement la nomenclature lunaire. La carte qu’ils publièrent en 1837 comportait 427 structures identifiables. En 1874, un livre de photographies réalisées par Nasmyth et Carpenter fit sensation. Ces deux adeptes de la science d’Uranie, modelèrent en plâtre, les reliefs lunaires qui servirent de modèles photographiques. La dernière grande carte publiée au 19ème siècle fut l’œuvre du directeur de l’observatoire d’Athènes, Schmidt. Elle mesurait 1.87 mètre de diamètre. Depuis 1935 c’est l’union astronomique internationale (UAI) qui est en charge de codifier la nomenclature lunaire. Aujourd’hui c’est plus de 1 400 noms qui parsèment les magnifiques cartes à la disposition des observateurs. Nous verrons plus loin que des astronomes cités jusqu’ici, ont eux-mêmes observés des phénomènes transitoires lunaires.
LES OBSERVATIONS DE ‘’ PTL ‘’
Contrairement aux vagues d’OVNI qui déferlent périodiquement dans les médias, bien plus que dans le ciel d’ailleurs, les PTL ne sont pas le résultat d’un quelconque délire collectif, encore moins d’un phénomène sociologique de masse ou de mode. Si des PTL sont régulièrement signalées par des astronomes, ces derniers n’observent que très rarement des phénomènes pouvant s’apparenter à des passages de vaisseaux spatiaux, avec à leur bord des êtres verts. Les quelques cas d’OVNI répertoriés dans la revue Ciel Et Espace, sont à ce titre très instructifs. Prenons un exemple. Dans les années quatre vingt, quelques observateurs limités au sud de la région Rhône-Alpes, pour le même jour et dans une fourchette de temps identique, expliquèrent avoir observés un phénomène pour le moins étrange, avec toutes les caractéristiques d’un OVNI classique. L’étude des rapports d’observation, il faut le dire d’une qualité astronomique irréprochable, démontrèrent qu’il ne s’agissait pas de Vénus ni d’un troublant météore, ni de la station MIR ou d’un satellite particulièrement lumineux ; non ; l’OVNI était en fait un tir de missile de la marine nationale au large des côtes de Bretagne.
Si l’intense circulation des entités extraterrestres dans l’atmosphère échappe aux astronomes rompus aux observations les plus secrètes des cieux, les apparitions de phénomènes étranges à la surface de la Lune, sont-elles, largement commentées. Sans donner le moindre crédit aux quelques ‘’lunologues’’ qui tentent au mépris de la raison la plus libre ou d’un imaginaire maladif et non pas débridé, de nous faire partager leur paranoïa sélénite, les astronomes s’accordent sur la réalité des phénomènes de coloration, luminescence, et d’occultation, qui de temps en temps viennent perturber la traditionnelle sérénité de notre satellite naturel.
La première observation connue d’un phénomène pouvant s’apparenter à un PTL remonte à l’an 557 de l’ère chrétienne. A cette date, les moines d’un couvent virent sur le bord d’une Lune âgée de quelques jours, une excroissance particulièrement lumineuse. Si un tel phénomène s’était produit à la renaissance, c’est à dire à l’époque de Galilée et de Copernic, les astronomes des générations suivantes n’auraient sans doute pas douter de l’objectivité de manifestations lunaires passagères. En effet, il faut bien l’avouer, les spécialistes du début du 20ème siècle, pensaient fermement que la Lune était incapable de produire la moindre activité de surface observable depuis la Terre. Pour eux, notre satellite était un astre géologiquement mort. Jusque dans les années cinquante l’idée dominante dans le traitement des rapports de PTL, consistait à dire qu’il s’agissait d’artefacts instrumentaux. L’observateur qui signalait un PTL voyait généralement son observation assimilée à une hallucination.
L’astronome polonais Hévélius, en 1650, nous décrit dans son journal d’observation, l’apparition d’une éruption de lumière rouge dans le cratère Aristarque. Plus tard, le découvreur de la planète Uranus, le très célèbre W-Herschel, dans ce même cratère Aristarque, affirme avoir observé une éruption volcanique :
‘’J’aperçois trois volcans en divers endroits de la partie obscure de la Lune. Deux sont déjà presque éteints ou bien sur le point de disparaître ; c’est ce qui pourra être décidé à la prochaine lunaison… Le troisième montre une éruption active de feu ou de matière lumineuse. ‘’
Mais encore, le 10 décembre 1685, l’astronome Bianchini dans l’arène sombre du superbe cratère Platon, affirme avoir observé d’étranges taches blanches. L’Allemand Schröter, durant la nuit du 26 septembre 1788, et pendant plusieurs minutes, observe à l’intérieur de Platon une tache particulièrement lumineuse. De semblables observations seront ensuite rapportées par différents astronomes, de 1869 à 1877.
Le 26 octobre 1956, avec un télescope de 1.5 mètre de diamètre, l’Américain D-Adler réalise une photographie sur laquelle se distingue une forte nébulosité dans le cratère Alphonse. S’agit-il d’un artefact ? La curiosité s’installe et de nombreux observateurs, surtout amateurs, braquent plus souvent leurs instruments en direction de la Lune. Mais c’est en 1958 que le phénomène des PTL retiendra l’attention des professionnelles de l’astronomie. La raison de ce brusque intérêt résulte de l’enregistrement par Kozyrev, à l’observatoire soviétique de Poulkovo en Crimée, d’un phénomène pour le moins surprenant. Dans la nuit du 02 au 03 novembre, l’astronome russe travaille avec un spectrographe de l’observatoire. Afin de régler son matériel, il pose son œil sur le chercheur visuel du spectrographe et détecte immédiatement un nuage brillant sur les flancs du pic central du cratère Alphonse. Dans une attitude très professionnelle il procède aussitôt à l’acquisition de spectres. Les enregistrements révéleront des émissions inhabituelles dans le bleu et l’orange rouge. En 1961, Kozyrev récidive et enregistre cette fois ci des spectres du cratère Aristarque, sur lesquels un flux d’émission à 0.4634 µm (micron) fut détectée. L’objectivité des phénomènes ébrécha quelque peu les rigides certitudes des spécialistes, obligeant ainsi ces derniers à se poser la question suivante : Que se passait-il donc sur la Lune ?
En 1963, dans la nuit du 29 octobre, Greenacre et Barr, deux astronomes américains attachés au service de la cartographie lunaire de l’US air force, dans la lunette de 60cm de diamètre de l’observatoire Flagstaff en Arizona, observent distinctement dans la région de la Vallée de Schröter et du cratère Aristarque, deux taches lumineuses. D’une teinte franchement rougeâtre, ils estimèrent leurs dimensions à une dizaine de kilomètres, tout en étant séparées l’une de l’autre par une distance d’environ 50 kilomètres. Pendant l’observation de la montée en puissance de l’intensité lumineuse de ces taches, sur le flanc sud du cratère Aristarque une troisième tache fit son apparition. De couleur rose et en forme d’ellipse fortement aplatie, ils évaluèrent sa longueur à environ 20 kilomètres. La durée totale du phénomène fut approximativement de 30 minutes, période à la fin de laquelle les taches disparurent progressivement.
Lors de la lunaison suivante, le 27 novembre 1963 dans les mêmes conditions d’éclairement de la région de la Vallée De Schröter, par le Soleil, Barr et Greenacre firent la nouvelle observation d’une tache elliptique. De couleur rouge, elle se développa sur le rempart du cratère Aristarque. Après plusieurs minutes, constatant que cette dernière persistait, les deux astronomes firent venir le directeur de l’observatoire, le Dr Hall, qui de visu put observer lui aussi le phénomène. Hall contacta alors l’observatoire Perkins. Les astronomes de service à l’observatoire constatèrent eux aussi la présence d’une tache rouge sur le rempart du cratère ; ils confirmèrent ainsi l’objectivité du phénomène. La tache resta observable durant près d’une heure. Dès lors les professionnels admirent que la Lune n’était plus tout à fait cet astre placide, sur lequel rien ne se passait. Ils la soumirent donc à une forte surveillance.
Dans cet objectif, de 1964 à 1967, la NASA organisa entre professionnelles et amateurs une vaste campagne d’observation nommée ‘’MOONBLINK’’. Regroupant 22 observatoires répartis sur l’ensemble de la Terre, elle mobilisa 176 astronomes amateurs de 31 pays. L’opération s’étala sur trois années et enregistra quelques PTL significatifs. Le plus important d’entre eux détecté pendant l’opération, est l’enregistrement visuel d’un magnifique flash bleu dans le cratère Aristarque. Il fut confirmé par l’observatoire allemand de Boschum. La NASA demanda immédiatement à un vol Apollo en cour de mission, de confirmer la détection terrestre. L’équipage enregistra pour sa part, à l’endroit indiqué, une émission de gaz radon. Entre 1973 et 1980, des nouvelles campagnes d’observations lunaires enregistrèrent plus de 40 cas.
Aujourd’hui, les phénomènes transitoires lunaires, comme nous le verrons plus loin, pour une bonne part, s’expliquent scientifiquement. Mais si les observations sont encore enregistrées, et sont d’un point de vue strictement scientifique, utiles, elles n’ont plus le goût extrême du mystère. Cependant, si nous nous arrêtons sur l’étrange observation réalisée par un astronome amateur américain de la ville de Phoenix, il faut bien l’avouer, observer le satellite naturel de la Terre peut faire battre le cœur à tout rompre. En effet, cet astronome affirme avoir assisté au passage d’un groupe d’objets qui ont projeté des ombres sur la Lune… Vous avez dit OVNI !
DESCRIPTION STATISTIQUE ET THEORIE
Les PTL se définissent généralement comme des changements apparents du paysage lunaire ; changements se traduisant soit par un phénomène d’obscurcissement ou au contraire, de luminescence. Les manifestations peuvent donc prendre des aspects très différents. Des nuages brillants et lumineux aux taches sombres qui effacent passagèrement une partie d’un relief donné, la gamme des perturbations est très étendue. Nuages passagers de vapeur ou de brume, rougeoiements, luminescence temporaires, disparition puis réapparition d’une partie d’une formation d’un relief, et taches blanches, bleues, vertes ou violettes, sont les observations les plus couramment décrites.
En date du 24 janvier 1989, on comptait près de deux mille PTL officiellement recensés. Le dernier catalogue publié est celui de la NASA. Il fut édité en 1977 sous la direction du ‘’Goddard Space Flight Center’’. Nous y apprenons que 118 cas furent enregistrés uniquement pour l’année 1969, alors que pour la période allant de 1973 à 1976, le total est inférieur à 20. Au cours de la période suivante, de 1978 à 1980, L’A-L-S recensa un total une nouvelle fois très faible, avec à peine plus de 20 cas. A partir des années 80, le nombre d’enregistrement moyen annuel est d’environ de 30 à 35 cas. L’association A-L-S qui étudie et gère les comptes de PTL, classe ces derniers suivant des critères précis. Voici maintenant le classement des observations répertoriées.
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50% |
Des éclairs très brillants |
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34% |
Occultation du relief |
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18% |
Des rougeoiements |
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17% |
Des lueurs bleues |
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12% |
Obscurcissements temporaires |
Un même phénomène pouvant se classer dans plusieurs catégories, le total des pourcentages est supérieur à 100%.
Que pouvons-nous tirer de toutes ces informations ? Premièrement, si nous nous attardons simplement sur la fréquence des PTL, nous pouvons dire qu’il existe des périodes plus favorables, c’est à dire des périodes d’intense activité, comme l’année 1969, qui pour elle seule totalise 118 cas. En ce qui concerne le pourquoi d’un tel regain d’activité, c’est là un mystère. Par contre, l’augmentation constatée au début des années 80 est certainement due au boum de l’astronomie amateur qui s’est développé à cette époque. En effet, l’explosion du nombre des observateurs a eut pour conséquence d’augmenter la surveillance lunaire, et parallèlement a augmenter les observations de PTL.
L’étude de la répartition et du positionnement des PTL à la surface de la Lune, est elle aussi intéressante. D’après les calculs de W-S Cameron qui travailla pour la NASA, 30% des phénomènes observés sont concentrés sur la seule région du cratère Aristarque ; la Vallée de Schröter et Hérodote, sont les sites les plus actifs après Aristarque, cratère dont elles sont géographiquement très proches d’ailleurs. Le cratère Platon est le suivant sur cette liste. Ces sites sont donc ceux qu’il faut privilégier lorsque l’on braque son télescope ou sa lunette en direction de la Lune, et ce, dans le cas ou vous portez un intérêt à la chose. D’après l’astronome J-GREEN qui a étudié la répartition géographique des PTL, il semble que leur manifestation est plus importante lorsque la Lune est au périgée, c’est à dire au plus près de la Terre, le long des rivages des Mers et près des nombreuses rainures et failles.
En ce qui concerne l’explication des causes réelles, physiques, qui engendrent ces divers phénomènes, les spécialistes sont partagés, et les réponses sont à géométrie variable. Des incandescences liées à un volcanisme résiduel, aux luminescences provoquées par des rayonnements à très haute énergie, la palette des théories est ouverte. Nous savons que la Lune est dépourvue d’atmosphère, les rayonnements cosmiques et solaires doivent donc la percuter sans le moindre freinage énergétique. Dans de telles conditions il semble très probable que ces rayonnements produisent, par contact avec le régolithe et les roches lunaires, des luminescences comme celles si souvent décrites par de nombreux observateurs. Le volcanisme, la diffraction de la lumière solaire sur les poussières, et la chute de météorites complètent le spectre des théories. Cependant, pour rendre compte des occultations et nébulosités passagères qui affectent parfois le relief lunaire, les explications manquent.
Cependant, ne faisons pas de Sélène un astre actif à l’extrême, ni un nichoir à dragons volants comme l’indiquait un article de 1940, article selon lequel un certain professeur Pickering aurait vu ces dragons ! En effet, une bonne part des disparitions et modifications passagères de relief est certainement imputable aux mouvements de libration de la Lune elle-même. Et vous pouvez vous poser la question : mais comment de simples mouvements peuvent-ils engendrer de tels phénomènes ? La réponse réside dans la compréhension des mécanismes qui régissent l’orbite lunaire autour de la Terre. Il faut savoir que cette orbite n’est pas un cercle parfait, mais une ellipse inclinée d’environ 5° par rapport au plan de l’écliptique. La vitesse variable d’un astre sur son orbite, telle qu’elle est décrite dans la seconde loi de Kepler, s’applique non seulement à la Lune ; mais en plus, se retrouve ici associée à une trajectoire inclinée. Il en découle qu’un observateur terrestre peut accéder à 59% de la surface lunaire, et non pas à 50% comme dans le cas d’une orbite circulaire et non inclinée. Rappelons que la Lune tourne sur elle-même dans la même durée que sa lunaison, c’est à dire le cycle des ses phases. Cette durée est de : 29 jours 12 heures 44 minutes et 2.78 secondes. Ce synchronisme fait qu’elle présente toujours la même face en direction de la Terre.
Vitesse orbitale variable due à l’orbite elliptique, et plus ou moins grande hauteur au-dessus de l’horizon terrestre due à l’inclinaison de cette orbite, font qu’un relief lunaire, pour une même phase, se trouve éclairé différemment. Sur un relief donné, la lumière solaire sera donc par le fait de la libration, soit en retard, soit occultée, soit en avance, mais en tout cas aura une incidence modifiée, ce qui induira éventuellement des changements importants pour l’observateur terrestre. Les modifications d’aspect entre les cratères Messier A et B, si souvent décrites au 19ème siècle, sont certainement dues à la libration. En effet, le cratère B possède un second rempart effondré qui ne peut s’observer que par éclairage rasant. Généralement un observateur qui survole la Mer de la fécondité, distingue ‘’Messier’’ comme deux cratères identiques, A et B. Parfois, la libration permet donc un éclairage rasant sur cette région, et le second rempart du cratère B apparaît et modifie son aspect de manière significative. Messier B devient plus important et n’est soudain plus le jumeau de Messier A.
Quoiqu’il en soit il est impossible qu’une seule cause produise toutes les manifestations observées, et ce n’est évidemment pas une seule et unique théorie qui peut rendre compte de la diversité des PTL, mais bien plusieurs. En tout état de cause, qu’un PTL soit le résultat d’un phénomène de thermoluminescence, d’un éclairage modifié par la libration, d’une décharge triboélectrique ou d’une diffraction de la lumière solaire, pour l’astronome amateur, le spectacle que peut réserver un tel phénomène reste, à la mesure de la Lune, tout simplement une fantastique expérience.
L’AMATEUR CONFRONTE A UN PTL
Si par le passé la communauté astronomique doutait de la validité des observations rapportées, voir même de la santé mentale des observateurs, aujourd’hui elle n’en conteste plus la réalité. Les nombreuses observations réalisées par les astronomes professionnels ont modifié cette attitude, qui, il faut l’avouer était assez conservatrice et relevait franchement du dogmatisme. Le scepticisme n’est plus à l’ordre du jour, mais il faut l’avouer, de nombreux observateurs non assujettis au code de déontologie astronomique présentent des rapports qui ne résistent pas à une analyse objective. Quelle perte de temps et d’énergie, pour rien. Vous devez donc savoir, bien calé derrière l’oculaire de votre instrument, que croyant survoler du regard un astre mort, il peut vous arriver une terrible mais passionnante expérience. Si tel est le cas, pensez à noter l’heure, le niveau de turbulence, le grossissement utilisé, l’état du ciel, la puissance du vent, et surtout décrivez objectivement le phénomène, la couleur, la forme, la durée, l’endroit précis, le déplacement, etc… méfiez-vous des artefacts instrumentaux et physiologiques. Les illusions créées par un rayon lumineux d’une discothèque lointaine, par exemple, peuvent vous abuser. Si vous le pouvez, vérifier aussi à l’aide de jumelles l’environnement (atmosphérique) de notre satellite.
En aucun cas vous ne devez laisser votre imagination dépasser le pouvoir séparateur de votre instrument. Si Camille Flammarion voyait sur la Lune des usines, R – Baker de la végétation, et d’autres des ponts, des tunnels, des autoroutes, et même une Muraille de Chine, évitez de commettre de semblables visions ! N’oubliez pas que l’observation d’un important phénomène astronomique demande du sérieux et de l’objectivité. La rigueur scientifique nécessaire à l’étude de ces surprenants phénomènes ne se satisfait pas de la fantaisie idéologique, qui consiste à dénicher à tout prix, et de partout, des petits hommes verts ou, si vous préférez, à prendre des vessies pour des lanternes.
Aujourd’hui l’astronomie s’est démocratisée, et le marché propose des gammes impressionnantes de jumelles, de télescopes et de lunettes. Les amateurs confirmés accèdent pour leur part à des instruments qui feraient rêver les grands astronomes des siècles passés. Des simples curieux aux passionnés, la France compte actuellement, à elle seule, des dizaines de milliers d’observateurs et d’observatrices du ciel. Par ce nombre élevé, le potentiel ‘’temporel ‘’ de surveillance de la surface lunaire est considérable. C’est justement par ce nombre que les amateurs prennent toute leur dimension. Plus nombreux sont les astronomes amateurs responsables et rodés à l’observation des astres, plus grandes sont les chances d’enregistrer de nouveaux phénomènes, et donc d’en rendre compte objectivement auprès de la communauté scientifique.
Actuellement, dans le domaine de la surveillance lunaire, deux associations d’astronomes amateurs collaborent avec les professionnels, il s’agit de l’ALS et de l’ALPO. Les membres de ces regroupements étudient aussi les dômes lunaires.
LES PLUS IMPORTANTS PTL
Sites lunaires et descriptions des observations
ARISTARQUE :
En 1650 HEVELIUS décrit une éruption de lumière rouge. Après lui des observateurs signalent des taches vertes, violettes et bleues. En 1787 W- HERSHEL affirme avoir observé une éruption volcanique. Dans les années 50 des astronomes signalent des taches violettes et dans les années 60, des taches rouges. En 1969 l’observatoire de Boschum en Allemagne signale des lueurs rouges. Le français G-VISCARDY observe et photographie des bandes sombres sur les parois internes du cratère.ALPHONSE :
1950 ADLER observe et photographie une nébulosité, elle fut aussi enregistrée en Ultraviolet. En 1958 KOZYREV observe une émission gazeuse sur le pic central du cratère, il enregistre aussi des spectres d’émission. En 1969 C-HARRIS signale des lueurs rouges.PLATON
: 1685, BIANCHINI observe d’étranges taches blanches. 1788 pendant plusieurs minutes, SCHROTER observe nettement une très forte lumière. Entre 1869 et 1874 de nombreux observateurs décrivent l’apparition de taches claires, en 1877 un triangle lumineux, en 1916 une luminescence rouge, et en 1948 un bref éclair.GASSENDI :
En 1899 des observateurs signalent une tache sombre sur le bord Ouest du cratère. HAAS en 1941 et WILKINS en 1951 observent une tache claire. En 1966 de nombreux observateurs signalent l’apparition de taches claires particulièrement lumineuses.MER DES CRISES :
En 1672 CASSINI observe un nuage de brouillard. En 1774 EYSENHARD signale plusieurs taches claires, SCHROTER y voit pour sa part une nébulosité. En 1826 HEMMETT nous décrit un nuage sombre. De nombreuses observations de nuages ou nébulosités sont ensuite enregistrées jusqu’en 1978.MESSIER A et B :
Au 19ème siècle, GRUITHUISEN remarque que les deux cratères (A,B) ne sont plus de forme identique. En 1842, WEBB confirme l’événement.TYCHO :
Une nébulosité est observée par BIRT en 1878, des taches claires en 1884 par PARSEHIAN, et en 1940 des luminosités furent observées par HASS et BARCROFT.KEPLER :
En 1963 une coloration rougeâtre se forma autour du cratère. En 1967 CLASSEN observa des lueurs blanches.ATLAS :
dans les années 80, de nombreuses taches sombres ont été signalées sur le flanc sud du cratère.PROCLUS C :
En 1985 l’astronome grec G-KOLOVOS photographie un éclair particulièrement intense, long d’environ 20 kilomètres, dans la zone obscure du terminateur
LISTE DES SITES LUNAIRES A SURVEILLER
Pour repérer les sites reportez-vous aux cartes lunaires de la dernière partie
|
LES CRATERES |
|||
|
Sites |
Latitude |
Longitude |
N° sur la carte |
|
Aristarque |
23.7 N |
47.4 S |
233 |
|
Platon |
51.6 N |
09.3 W |
236 |
|
Alphonse |
13.4 S |
02.8 W |
199 |
|
Gassendi |
17.5 S |
39.9 W |
207 |
|
Agrippa |
04.1 N |
10.5 E |
49 |
|
Grimaldi |
05.2 S |
68.6 W |
213 |
|
Riccioli |
03.0 s |
74.3 W |
214 |
|
Copernic |
09.7 N |
20.0 W |
223 |
|
Kepler |
08.1 N |
38.0 W |
221 |
|
Tycho |
43.3 S |
11.2 W |
176 |
|
Eudoxe |
44.3 N |
16.3 E |
9 |
|
Atlas |
46.7 N |
44.4 E |
7 |
|
Archimède |
29.7 N |
04.0 W |
228 |
|
Alpétragius |
16.0 S |
04.5 W |
201 |
|
Arzachel |
18.2 S |
01.9 W |
198 |
|
Clavius |
58.4 S |
14.4 W |
160 |
|
Censorinus |
00.4 S |
32.7 E |
Nord de 74/75 |
|
Cavendish |
24.5 S |
53.7 W |
Proche de 210 |
|
Conon |
21.6 N |
02.0 E |
Nord des Apennins |
|
Calippus |
38.9 N |
10.7 E |
Proche de 10 |
|
Darwin |
19.8 S |
69.1 W |
Nord de 211 |
|
Eratosthène |
14.5 N |
11.3 W |
227 |
|
Herschel |
05.7 S |
02.1 W |
202 |
|
Hyginus |
07.8 N |
06.3 E |
55 |
|
Hérodote |
23.2 N |
49.7 W |
234 |
|
Lichtenberg |
31.8 N |
67.7 W |
Nord de 233/234 |
|
Posidonius |
31.8 N |
29.9 E |
15 |
|
Ptolémée |
09.2 S |
01.8 W |
200 |
|
DIVERS |
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|
Sites |
Latitude |
Longitude |
N° sur la carte |
|
Pico |
46.0 N |
09.0 W |
Sud de 236 |
|
Piton |
41.0 N |
01.0 W |
Ouest de 12 |
|
Le mur droit |
22.0 S |
07. 0 W |
Proche (Est) de 190 |
|
LES MERS |
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Nuées . Sérénité . Nectar . Crises . Humeurs . |
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