UN TELESCOPE DE 460 MM SUR REMORQUE
Patrick Lequèvre
– Frédéric Lequèvre – Raymond Sadin

Présentation technique
Nous avons été séduits par la conception surbaissée et très compacte de certains télescopes américains, et nous nous en sommes très largement inspirés lors de la conception de l’instrument présenté dans cet article. Ce télescope est conçu autour de deux pièces principales : le barillet, et le fer à cheval. Après avoir réalisé quelques croquis ainsi qu'une épure à l'échelle 1, nous avons constaté qu'il était possible de réaliser une monture en fer à cheval de moins de 1 m de diamètre extérieur, et peu encombrante, car très basse (le miroir passe à quelques centimètres du sol). Lorsqu'on vise le zénith, l'oculaire se trouve à 1,8 m du sol.
La monture
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Le berceau est formé de trois éléments
(des tubes cintrés et mécano - soudés) : un fer à
cheval, une "fourche", et un renfort reliant les deux premiers éléments.
Le fer à cheval est un tube cintré sur lequel sont soudées
deux "demi-lunes" recevant les paliers de déclinaison.
Le fer à cheval est entraîné par friction sur un galet. Le galet d'entraînement est rendu solidaire d'une roue dentée par un disque pressant. Une fois la pression sur ce disque réglée et le télescope équilibré, il n'est plus du tout nécessaire de "débrayer" : le moteur tourne toute la nuit et le tube est pointé et dépointé par simple action sur l'avant du tube. |
| Le tube optique
Bien que l'instrument soit très compact, le tube est largement dimensionné puisque son diamètre est de 600 mm au niveau de l'axe de déclinaison. Le tube est formé de deux éléments en tôles d'aluminium cintrées et renforcées avec des pièces en dural vissées. Ces deux éléments sont reliés par des tubes dans un montage "serrurier" démontable. (A l'origine, l'instrument était transporté démonté). Le barillet supporte les axes de déclinaison, les leviers astatiques, ainsi que deux lourds contrepoids. La partie cylindrique avant supporte l'araignée et la platine à cabestan sans rotation. Cette platine reçoit au besoin une platine photo ou un porte oculaire au coulant 50 mm. La déclinaison Le mouvement fin en déclinaison est réalisé à l'aide d'un système vis écrou articulé qui permet de minimiser les jeux sans aucun ressort de rappel. Le déplacement en déclinaison est effectué à la main sans aucun à-coup, ou bien à l'aide du moteur. |
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L'optique
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Le miroir est relativement fin, d'où la nécessité de le soutenir en 15 points dorsaux (dont 12 leviers astatiques). Pour le calcul des pressions exercées sur les deux couronnes de leviers, nous avons utilisé la thèse de André Couder (recherches sur les déformations de grands miroirs employés aux observations astronomiques,1932) |
Le miroir a été taillé par D. Cardoën dans un disque de Pyrex de 465 mm de diamètre et de 42 mm d'épaisseur. Son ouverture F/D est voisine de 4. A titre indicatif nous communiquons la mesure du plus grand écart de tautochronisme effectuée par D. Cardoën au "caustic test" : " La précision du miroir est supérieure à lambda/20 sur la surface optique". "Pour la haute résolution le miroir est très bon jusqu'à 440 mm de diamètre" . Toujours d'après D. Cardoen, le miroir présente une surface "très lisse".
En réalité, aucune de ces affirmations n'est confirmée par des tests indépendants. Sur l'ensemble de sa surface, le miroir ne remplit aucun des critères de l'optique astronomique ! Pour plus d'informations, cliquez ici.
Le miroir secondaire plan provient de chez ASTAM. La combinaison optique donne un champ de pleine lumière de 24 mm.
Le transport
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Le télescope est rangé, le tube optique à horizontale, dans une remorque entre deux utilisations. Pendant le transport, le tube est sanglé, le miroir bloqué et les leviers astatiques sont bridés. La mise en place de l'instrument, qui pèse 200 kg, s'effectue en moins de cinq minutes, sans outil et par une seule personne ! Une fois l'arrière de la remorque ouvert, le télescope roule sur trois rails. Un treuil assure la descente et la remontée de l'ensemble de l'instrument, et ce, tout en douceur. |
La suite …
Cette brève description de l'instrument
ne doit pas cacher le plus important : la passion de Patrick Lequèvre
pour l'astronomie et la belle ouvrage, qui transparaît jusque dans
les moindres détails de l'instrument. Cette passion ne s'est jamais
démentie pendant toute la durée de la réalisation
(l'équivalent d'une année à temps plein sans compter
la remorque !) et ce n'est pas terminé : Patrick rêve déjà
d'un autre grand télescope. En attendant, le 460 est utilisé
principalement pour l’observation visuelle, et nous avons conscience qu’il
reste beaucoup à faire avec cet instrument magique : la photo et
l'imagerie CCD commencent à peine !
Fiche technique de l’instrument
Nom
Le 460 ou ‘’Le bijou dans son écrin’’
Optique
Combinaison : Newton
Diamètre du miroir principal : 465 mm
Distance focale : 1795 mm
F/D = 3.86
Grand axe du secondaire : 110 mm
Champ de pleine lumière : 24 mm
Pouvoir séparateur théorique : 0.26’’
Magnitude limite théorique : 15.42
Mécanique
Type de monture : berceau "en fer à cheval" surbaissée.
Diamètre extérieur du fer à cheval : 950 mm
Motorisation : sur les deux axes, avec raquette de commande. Aucun blocage ni débrayage n'est nécessaire.
Barillet : 15 points dont 12 leviers astatiques en deux couronnes.
Hauteur de l'oculaire au zénith : 1.8 m
Hauteur de l'oculaire sur l'horizon : 0.8 m
Masse totale : 200 kg