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93 résultats trouvés

  1. Bonjour Avec un peu de retard je vous propose un petit CROA d'une soirée remontant au 26 février. Mardi soir je n’ai pas résisté au scintillement des étoiles, après une mise en station rapide du Mak 127 mm dans mon jardin c’est parti pour une séance d’observation purement visuelle. Pour commencer une cible facile avec la nébuleuse d’Orion M42, toujours aussi magnifique, elle remplit tout le champ de l’oculaire de 35 mm et il me semble percevoir sa teinte verte fluorescente. Un peu au Nord dans le Taureau je rend une visite à la nébuleuse du Crabe, jolie tache grisâtre dont la forme est facilement reconnaissable. A l’Est s’élève le Lion, je pars à la recherche du couple galactique M65 et M66, les deux galaxies d’égale intensité sont facilement visible dans le même champs. Pour les comparer au couple M81 et M82 je vise le sommet de la Grand Ourse. Toutes les deux sont déjà visible au chercheur 8x50mm, à l’oculaire c’est la claque. M82 est facilement reconnaissable avec sa forme de cigare et un petit renfoncement en son centre, M81 est magique, j’ai l’impression de distinguer ses bras en spirales. Toujours dans la Grande Ours je me tourne vers la nébuleuse planétaire M97, une jolie tache ronde et grisâtre, j’en profite aussi pour visiter la galaxie M108 assez diffuse et légèrement allongée. J’enchaîne sur la galaxie M109 plus facile avec un centre bien marqué. Un autre classique me tend le bras, M51, là encore le spectacle est accentué par la grande limpidité du ciel doublé d’une faible turbulence. Les deux noyaux galactiques baignent dans une lueur diffuse et ile me semble distinguer le bras qui les relis, observation confirmer par sa position par rapport aux étoiles voisines. Je continue mon voyage vers M63, un jolie disque diffus avec une condensation centrale, puis d’étoiles en étoiles je capture NGC 5005 très fine et légèrement allongée. Je remonte vers M94, une belle galaxie avec une zone lumineuse plus concentrée. Je rebondie sur NGC 4490 puis NGC4449, toutes les deux visuellement assez semblable, fines et diffuses, avant d’atterrir sur M106 coupée en deux par une barre lumineuse. Enfin il se fait tard et termine par M101, finalement pas si évidente car elle apparaît très étalée et diffuse sans condensation marquée. C'est décidé la prochaine fois je me met au dessin pour illustrer mes observations.
  2. Une soirée ponctuée par les voiles nuageux et les caresses félines ! Du forum, étaient présents : Clément A., Denis, Florent b., FredAstro, Jérémy, Sandrine et moi-même. Sébastien P. et un ami à lui étaient venus en touristes. Parmi le public, un homme, une femme et deux enfants. Les nuages nous accueillirent à notre arrivée vers 18h. Je n’avais porté qu’un appareil photo et je comptais faire un time-lapse de la soirée. Denis avait quand même son dobson. Les astrams arrivèrent petit à petit en même temps que les éclaircies se formaient. Parfois, on gardait espoir car l’observation était possible. On en profita. Au gré des passages nuageux, on discutait autour de la table de réconfort. On voyait dans les champs alentours, une loupiote rouge se balader à droite et à gauche. C’était notre chienne Chara qui chassait. Elle avait au harnais un repère lumineux qui nous permettait de ne pas la perdre de vue. Vers 21h, un chat pointa le bout de sa queue. Il semblait très câlin, se frottant à tous les participants. Chara, revenue voir l’intrus, ne l’effrayait pas et, après un instant d’étonnement, ils firent connaissance et restèrent l’un près de l’autre un petit moment, tentant d’assouvir leur curiosité respective. Ce chat devait être en partie « angora » car il avait le poil long. Sombre de couleur, il affichait des nuances de gris et de marron. Chara, se lassant de sa présence, repartit agrandir les trous et galeries des rongeurs des champs. Ce chat resta un moment encore. Il semblait bien nourri et ne paraissait pas non plus perdu. Il devait appartenir à l’une des fermes des alentours mais c’était bien la première fois qu’on le voyait au pied du mémorial. Quelques minutes encore, plus il disparut. L’astronomie reprit ses droits. Après quelques minutes d’observation, les nuages revinrent plus nombreux mais pas trop épais. Un homme et une femme arrivèrent accompagnés de deux enfants. Il était déjà 22h30. C’est rare de voir des gens venir si tard, surtout avec des enfants. Pendant quelques minutes, des éclaircies nous permirent de satisfaire partiellement leur besoin d’évasion spatiale. Pendant qu’on discutait, je sentis une pression sur mes jambes. Pensant que c’était Chara, je n’y prêtai pas l’attention qu’il aurait fallu, sortant machinalement une croquette de ma poche et la tendant vers mon amie canine. Alors que je restais bêtement avec mon bras tendu vers le sol, attendant qu’une gueule prenne la récompense, j’entendis la petite fille dire : « Oh un petit chat ! ». Il était de retour. Il se frotta à tous le monde, prenant plaisir à voir de nouvelles jambes n’ayant pas encore son odeur. Passé ce moment félin, et les nuages étant revenu bâcher le ciel, les curieux nous quittèrent ainsi que le félin. J’allais rechercher mon appareil photo dans le champ nu. Bien sûr l’objectif était embué car je n’avais pas mis de résistance pour l’empêcher. Je revins à la voiture et télécharger les images dans mon ordi. Au final, la buée n’était arrivait que tardivement. Sur les images, on voit même Mercure que j’avais renoncé à observer, pensant que les nuages étaient trop nombreux sur l’horizon ouest. Le rangement des setups étaient presque terminés. Chara était montée en voiture. La température n’était pas trop fraîche et elle ne semblait pas avoir froid mais elle avait le poil humide. J’enlevais sa loupiote, attachais sa sangle et rabattis sa couverture sur elle. Avec les derniers astrams prêts au départ, on discuta encore quelques minutes. Une nouvelle pression sur les jambes me fit comprendre que le chat était de retour. Il y mettait du cœur, comme s’il voulait me faire tomber. Chacun de nous y eut droit. Pendant quelques secondes, en remontant dans les voitures, on s’inquiétait de savoir si on n’allait pas le blesser. Mais je fus rassurée dès que notre voiture démarra car allumant les phares, on le vit prendre le chemin de terre à droite. Il avait compris qu’on partait et retournait soit chez lui, soit vers quelques autres aventures câline dans un autre univers ! Voici le time-lapse réalisé ce soir-là :
  3. Nuit du 4 au 5 novembre 2018. Terrain d'observation la Canelilla à l'Hacienda des étoiles au Chili, région du Coquimbo. Strock 254/1200 9 observations : 8530 à 8538. Suite à la sortie à la fête du village voisin du Romeral cet après-midi, nous sommes tous un peu fatigués et je viens après un cycle de sommeil. Cette fête était intéressante à voir, mêlant une cérémonie de messe puis une procession religieuse à des danses et rythmes tribaux des Indiens d'Amérique du Sud. En voici quelques photos avec quelques costumes un peu anachroniques des Indiens d'Amérique du Nord! L'Enfant Dieu, ou Nino Dios en espagnol, qu'on célèbre ici aujourd'hui. A mon arrivée, Bruno est déjà en action et Pierre encore en train de dormir. Je galère un peu à re-régler le chercheur. Les premiers objets de la nuit sont des galaxies du Phénix, qui se situe à proximité de l'Eridan vers Achernar étoile principale de cette constellation. Observation 8530 : IC5328. Cette galaxie est vue facilement à 75X à côté d'une étoile brillante assez faible à considérablement faible, condensée et petite. Observation 8531 : PGC71907 et PGC130875. Ce couple de galaxies se situe près de IC5328. PGC71907 est très faible à VI1. La PGC de forme incertaine est VI1 à 150X. Observation 8532 : IC5325. A 150X, elle est facile, considérablement faible et ceci aussi à 75X. Je perçois une structure à la limite avec un éclat hétérogène à 150X et 218X. Pierre arrive à 1h du matin et cette fois-ci il pourra tenir jusqu'à l'aube. Je m'attelle à l'observation d'un amas de galaxies du Phénix, Abell 2877. Observation 8533 : NGC1627. Cette galaxie de forme effilée est faible à très faible et elle s'étend en vision indirecte. A côté se trouve PGC73637 vue VI3 à 109X. Observation 8534 : groupe de galaxies autour d'IC1633. Me voilà au cœur de l'amas de galaxies Abell 2877. A 109X et 150X, il y a du monde mais c'est faible. IC1633 est considérablement faible. Dans son proche voisinage, nous avons deux galaxies VI3 et VI1. Puis un peu plus au nord nous trouvons PGC73688 vue VI1 et une galaxie vue VI3. La partie nord de ce champ nous montre PGC4085 qui est vue très faible puis PGC4104 qui est faible, et enfin PGC73694 vue VI1. A l'opposé du champ côté sud, nous avons trois autres galaxies : PGC73666 vue VI3, PGC73684 vue VI4 et enfin PGC73700 vue VI1 à 2. Observation 8535 : PGC 130092/73697/73698. A 150X, en vision décalée, elles sont respectivement vues VI3, VI3 à 4 et VI2. Je quitte le monde des galaxies pour celui des amas ouvert d'abord dans la constellation des Voiles. Observation 8536 : NGC2660. Il est petit et partiellement résolu à 75X. Même en poussant le grossissement à 218X, il n'est encore que partiellement résolu en étoiles faibles à perceptibles. Très dense, il ressemble à un amas globulaire en cours de résolution. J'ai dû mettre trop de hargne à le dessiner puisque j'ai cassé en deux mon crayon. Ha la qualité Auchan n'est plus ce qu'elle était! Puis je dévie plus vers le pôle sud, dans la Carène, pour observer un autre amas ouvert. Observation 8537 : NGC3255. Cet amas ouvert est petit et très concentré à 75X. Je le résouds en étoiles faibles à perceptibles à 218X. Je suis assez fatigué, il faut dire qu'il est quasiment 5h du matin. Je termine sur un dernier amas ouvert de la Carène. Observation 8538 : Stock 13 dit en abrégé St13. Observé à 150x, cet amas ouvert est assez détaché dans l'aube qui arrive. La suite des photos touristiques : Le 27 octobre 2018 Copiapo, La Silla, vers la réserve de Humboldt. On rentre dans la camanchaca, brouillard côtier né de la rencontre entre l'air frais et humide du Pacifique refroidi par le courant de Humboldt, et le sol chaud du Chili. Camion de transport de matériel minier, nous on s'éloigne des mines de l'Atacama vers le sud. La Silla depuis la route d'accès. Le portail de l'observatoire. Les 2 instruments mythiques de l'observatoire sont proches maintenant. Les bâtiments d'accueil des techniciens et astrophysiciens et quelques coupoles d'instruments secondaires. Guanaco et ânes à la Silla. La coupole du 3.6m et son relais optique interférométrique CAT dans la plus petite, à 2400m d'altitude. Passage obligé dans une salle à côté du NTT pour une présentation de l'observatoire et de l'astronomie en espagnol. Panorama à la coupole du 3.6m. Le radiotélescope SEST La rampe d'accès au NTT et les autres coupoles du site depuis la colline du 3.6m. Le télescope de 3.6m, plus exactement 3.566m, inauguré en 1977. En panoramique, le pont entre l'ancienne technologie du 3.6 et la nouvelle du NTT (New Technology Telescope). L'abri du NTT. L'un des 2 foyers Nasmyth du NTT Le NTT a un miroir primaire de 3.58m. Formule optique Ritchey-Chrétien pour corriger la coma, avec déport de l'image vers des foyers Nasmyth (le long de l'axe d'altitude). En route vers l'antenne radio sub-millimétrique SEST. Panoramique entre SEST et le 3.6m. L'antenne radio sub-millimétrique SEST de 15m de diamètre, plus utilisée depuis la mise en service du réseau de 66 antennes radio sub-millimétriques ALMA. En route vers la côte Pacifique Un jeune guanaco. Avec sa maman. Au même endroit que les guanacos, un renard. Arrivée sur la côte vers la réserve de Humboldt, les nuages bas et la fraîcheur ne nous quitteront plus ici. Le village de Punta de Choros où nous logerons. Depuis notre bungalow, les îles au fond constituent la réserve marine de Humboldt.
  4. bonjour les amis je vous propose un tutoriel video explique comment je traite mes images, niveaux, HDR n couleurs, débruitage et rehaussement des contrastes (conseil affichez les sous titres) NB Issue d'une image d'un co-clubeur AVEX pour qui j'ai traité son image. ce document est fait vite fait, il ne respecte pas toujours l’orthodoxie du traitement et n'explique pas toujours pourquoi tel ou tel paramètre est utilisé, de plus je n'ai pas multiplié certain essais sur des déconvolutions ou des traitement spécifiques de façons à éviter d'allonger cette video déjà longue. La plupart de ces opérations sont réalisables dans photoshop (pas toutes). quand je traite "en vrai" je passe bcp plus de temps a ajuster les paramètres
  5. I : Compagnons des bords du monde Récit d’un voyage au Chili du 23 octobre au 14 novembre 2018, centré sur la nouvelle lune du 7 novembre. Pour Pierre Vesper, tout a commencé par une nuit très sombre, alors qu’il cherchait une petite galaxie qu’il ne trouva jamais. C’est là qu’il les vit, ses compagnons des terres désolées et lumineuses. La voie lactée, tresse brillante tourmentée de nébuleuses obscures et de diamants, leur restituait une ombre dans la nuit d’encre. “Où vas-tu ?” demandais-je à l’un, mais il poussa un cri strident et s’enfuit épouvanté vers son écran rougeâtre, car il ne m’avait pas reconnu. Mais n’anticipons pas. Roissy, 23 octobre 2018 vers 20h30. Après mon TGV depuis Strasbourg et quelques heures d’attente et autres déambulations dans les halls bondés, XavierC arrive tout sourire avec sa fidèle valise et son vénérable flying Strock 254 en sac à dos. Il m’informe derechef qu’il a mangé deux endives et un camembert pour vider son réfrigérateur. Etant parti depuis près de 6 heures je commence à ressentir les tous premiers effets hypnotiques du voyage et reste coi. Chacun ses goûts, me dis-je en m’efforçant de ne pas penser trop fort. Je lui souhaite silencieusement une bonne digestion. Voici un voyage qui commence sous les meilleurs auspices. Lire les présages dans le camembert aux endives n’est pas donné à tout le monde. Nous abordons les contrôles de sécurité. Une légende urbaine affirme désormais que les miroirs seraient devenus indésirables en cabine au motif que, une fois brisés, leurs éclats pourraient former de dangereuses échardes susceptibles de servir d’armes. Décidément, nous sommes à l’ère de la rumeur. Et d’ailleurs nous passons sans encombre. Les douaniers ne sont même plus étonnés par les astro-pèlerins et leurs flying dobsons. L’ère glorieuse des pionniers, des ouvreurs de voies, est déjà dépassée. Tempus fugit, le temps s’enfuit... ...Et d’ailleurs nous aussi, dont l’avion décolle non sans avoir embarqué notre troisième co-voyageur, à savoir Bruno, adorateur d’électrons, de pixels, et pratiquant du culte de l’écran rougeâtre. Quelques instants après nous nous ruons vers la lumière. J’ai gagné mon ciel. Nous planons sur une très longue pente descendante, vers le grand sud-ouest. Ni évidemment morts, ni plus tout à fait vivants. Boîte de Schrödinger volante. Brel chantait Aristote : “Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts et ceux qui sont en mer.” Aristote ne pouvait envisager ceux qui seraient un jour en l’air. J'aime cette sensation de ne plus appartenir au monde. Près de 15h plus tard. Nous sortons de la boîte de Schrödinger et retrouvons les couleurs lumineuses du Chili, loin des brumes pré-hivernales méphitiques du nord. Santiago, gare routière Alameda. Le Chili a une spécialité de transports en autocar, de plusieurs niveaux de confort, aux prix dérisoires pour un occidental du nord, si on peut dire, et d’une ponctualité à la logique floue. Sur un quai, notre marée de bagages : mon premier a son flying Strock, mon second des caméras et autre lunette à grand champ, mon troisième une paire de Naglers et deux jumelles. Qui suis-je ? Et, d’ailleurs : où vais-je ? Je mobilise mes souvenirs d’espagnol de classe de troisième et m’enquiers un peu partout comme une âme en peine : “¿Dónde está el autobús a Ovalle?”- où est le bus pour Ovalle, charmante mais sans éclat petite ville du Coquimbo ? “Se fue !” - Il est parti !, me répond virilement et en claquant des mains un chilien râblé d’âge moyen. Bigre. Va-t-il falloir racheter des billets ? Retrimballer les pesantes valises ? Moi j’ai mes semelles de vent, mais les autres, et surtout les astro-imageurs ? Les mines s’allongent, nous sommes partis depuis plus de 24 heures, lorsque… mais, mais oui c’est lui, notre autocar, qui s’avance et affiche fièrement sur son front en lettres de lumière “El Salvador - Le Sauveur”, bon sang mais c’est bien sûr, le bien nommé ! Lentement nous remontons la panaméricaine, plein nord. A gauche, le Pacifique déroule de longs rouleaux gris. Nous achetons des pâtisseries locales trop sucrées comme toujours et nous rendormons les yeux ouverts, de ce sommeil hypnotique dont on s’enivre à force d’heures non dormies. Ville de Ovalle, 24 octobre 2018 au soir. J’ai quitté Strasbourg il y a un peu plus de trente heures. Nous retrouvons Raymond, notre hôte, après 5 années d’absence. Il a toujours le regard des coureurs d’espaces ouverts. Nous poursuivons notre périple dans le 4x4 qui a dû faire l’aller-retour Terre-Lune et une partie d’un troisième voyage. C’est une mule fidèle, un animal de bât dont Raymond connaît les moindres hoquets, une mécanique incassable qui, même cassée, rentrera à l’écurie. Accélérant sur les pistes sèches, il y a dans le voyage des frémissements temporels, tout s’étire, s’étend et se contracte, il y a des accélérations dans l’accélération, je suis maintenant en hypnose, c’est l’ivresse du voyage et Raymond a le pied sur la pédale d’avance rapide d’un film aux contours flous. Retrouver ces terres arides est un peu rentrer chez soi après une longue absence. Un mélange de souvenirs d’autres années, pas si lointaines mais déjà éloignées, nostalgie d’anciennes nuits éblouies de coups de millions de soleils et au goût de menthe poivrée, tisane vespérale du lieu. Nous trouvons pour la première fois la Canelilla, notre lieu de résidence, sous les nuages. C’est inédit, ici au pied des Andes, à 25 km à vol d’oiseau du Gemini Sud. Je n’avais jamais vu ce paysage ennuagé. Nous pouvions compter sur un ciel coronal de façon implacable, sans faille, mécaniquement. Le changement climatique opère globalement, c’est un fait avéré. Nous retrouvons Nadine, maîtresse des lieux, hôte aux petits soins et à la cuisine savoureuse. Le chien Baladin est mort, j’espère qu’il course les chèvres au paradis des animaux heureux. Grisette, autrefois chatte libre du désert, est désormais à la retraite dans la nouvelle maison de nos hôtes. Elle se cache, terrorisée par le successeur de Baladin, une jeune doberman recueillie ici pour le meilleur et qui vibre d’énergie. La colline - observatoire est peuplée d’installations récentes. En plus du traditionnel observatoire à toit roulant du C14 il y a maintenant un abri qui cache un dobson 530 en location séparée et trois constructions basses qui hébergent des instruments automatisés. Un RC 520, une lunette de 127 mm, un Newton 350 et leurs bazars électronifiés respectifs. Pour un peu on entendrait, venu de quelque micro resté ouvert dans l’hémisphère nord, le son nasillard d’un journal de 20H ou autre émission d’infotainment… L’électricité est solaire et il faudra un jour conter comment Raymond a acheminé du wi-fi ici, dans une vallée perdue sur les marches des Andes. Cette capacité à bâtir, dans un endroit reculé et sans aide, à quatre heures de 4x4 du plus proche magasin de bricolage, l’ensemble des bungalows, installations et maintenant observatoires en remote, me laisse toujours admiratif et incrédule à la fois. Moi qui ai les deux mains dans la même moufle et les pieds dans le même sabot me demande toujours, comme devant les pyramides, si cela a réellement été possible sans une aide venue d’ailleurs. Pantois et pantelant après quasiment 40h de voyage, je descends la colline pour rejoindre ma chambre. Hélas très momentanément car si je n’ai qu’une envie, m’allonger, encore faut-il que je m’acquitte d’une tâche ardue : reformater ma lourde valise pour qu’elle passe du statut “3 semaines” au statut “1 semaine”. Demain matin tôt, nous partons en effet pour l’Atacama. Le matin n’est pas encore levé, si je puis dire, lorsque je reprends ma désormais légère et magnifique valise pour un départ d’une semaine vers le grand nord. Je ne sais plus en réalité où je suis exactement : entre les fuseaux horaires, les lenteurs et les accélérations du voyage, les quelques heures de sommeil grapillées ici n’ont pas permis à mon esprit de retrouver mon corps, en quelque sorte. Tel un automate, j’embarque. Pour quelques heures de piste et une bonne journée de panaméricaine. C’est presque une expérience de décorporation et il reste forcément peu de souvenirs de cet épisode, autres que ceux d’être passé au large de La Silla dont nous apercevons les mythiques coupoles, et de m’être observé, comme flottant hors de mon corps au son d’une musique andine jouée je ne sais plus comment par Xavier. Au rythme d’une flûte de pan endiablée, les regards s’éclairent d’étincelles étranges et de sourires entendus. C’est une secte, d’accord, mais laquelle ? Je n’arrive plus à m’en rappeler. C’est à la lisière de ma conscience. Nous avalons la panaméricaine à haute vitesse. Tout est trouble sur les bords. Et au milieu aussi, un peu. Un flux d’air baigne mon front. Parfois il se relâche, mais la plupart du temps il est fort et constant. Une main tire sur mon crâne et m’emporte à Copiapo. La porte de l’Atacama. A l’hôtel, en chambre double avec Xavier et dans l’incapacité de trouver le sommeil, nous regardons des dessins animés en italien. Il faut le faire, me dis-je, venir de France, ici au Chili, au seuil du désert, pour rigoler devant des dessins animés en italien. Xavier se penche à la fenêtre pour essayer de distinguer, dans la nuit orange de Copiapo, l’une ou l’autre étoile. En se dévissant le cou il en trouve une, quelque part au zénith, et aussitôt exhibe avec désinvolture et à ma stupéfaction un gigantesque smartphone qui lui indique derechef, toujours à ma surprise, qu’il s’agirait de Fomalhaut. Moi qui ai toujours connu un Xavier low tech je suis, comme disent les anglo-saxon, flabbergasted. Je range, reformate et défragmente le contenu de ma valise pour que les choses et les événements reprennent un cours normal. Vendredi, 26 octobre 2018. Au matin tôt et après une courte nuit (durant cette partie du voyage les nuits seront toujours courtes, faut-il continuer à le mentionner ? C’est ensuite que les nuits prendront l’avantage sur les jours), nous attaquons la piste pour les hauts-plateaux de l’Atacama. L’ascension, lente et régulière, commence en faux-plat. Au début, nous croisons encore quelques camions. D’imposants trucks, à l’américaine. Mais rapidement nous sommes seuls. Le ciel bleu roi touche la terre sans dégradés, sans nuances, sans pudeur. Au bout de quelques heures de route le paysage est surréaliste : ici un lac de soufre rejoint le ciel, le jaune vif touchant le bleu intense, profond et uniforme, tandis que là un champ de pénitents, silhouettes de neige sculptées par le vent froid, tend ses échardes comme des doigts glacés. Plus loin le salar de Maracunga s’étire en plaine de sel jusqu’à l’horizon. Le blanc pur touche le ciel coronal, c’est une vision de début des mondes. Nous passons en Argentine puis revenons au Chili car ici les frontières se chevauchent, forment des boucles, et dépassons les 4000 m pour continuer à monter. Les sommets des “Tres cruces”, trois volcans andins, occupent l’horizon. Massifs, ils semblent cependant peu hauts et assez proches. Mais nous sommes bernés par l’altitude : ces volcans culminent à 6749 m et, s’ils dépassent assez peu de l’horizon c’est que nous sommes déjà vers 4700 m. La distance est trompeuse également, ici tout semble proche car l’air est d’une transparence de cristal. Aucune poussière, très peu d’humidité : la sensation est d’avoir de nouvelles lunettes. Les myopes comprendront. Ici les nuits doivent être de diamant. Mais il semble que le manque d’oxygène finisse par dégrader sévèrement la vision de nuit. Et puis il fait déjà très froid de jour, ça doit être intenable pour des observations prolongées. D’ailleurs l’air est tellement léger que les efforts semblent un peu plus difficiles même si, à ma grande autosatisfaction, je constate que je réagis bien. Il suffit de s’économiser un peu, me dis-je avec une pointe d’orgueil. Ces histoires de malaises en altitude, c’est forcément pour les inconscients, les imprudents, les inconséquents. Tous défauts que je n’ai manifestement pas. Je me sens bien, très bien même : léger, pour tout dire. Intérieurement, je me ris de la difficulté. Un peu plus loin et un peu plus bas, à 4300 m, nous abordons la Laguna Verde. Ici, l’eau turquoise éclabousse les flancs des volcans. Ceux-ci dépassent de l’horizon avec leurs plumetis enneigés au sommet. Bleu sombre du ciel, turquoise de l’eau, brun et blanc des volcans : telle est l’ambiance, telles sont les couleurs du lieu. Il y a une sorte de refuge décati au bord du lac, une cabane montagnardo-routarde où Raymond nous fait chauffer une infusion de feuilles de coca. Parfaitement légale ici, cette infusion légère anesthésie un peu la gorge mais produit l’effet d’un double expresso. Ragaillardis, nous nous attardons en contemplations. C’est au moment où, en fin de journée, nous remontons en voiture pour aborder la redescente qu’un mal de tronche terrible me tombe dessus. Brutalement et sans crier gare. Mon orgueil de montagnard tout frais s’écroule d’un coup. Puis je suis assailli alternativement de moucherons noirs et de lucioles brillantes. Sans oublier de puissantes nausées. Je suis victime de la terrible Puña, le mal d’altitude qui sévit en ces hauteurs. Il faut redescendre, et vite. Mais vite, tout le mot est là. Ai-je dit qu’il s’agissait, à l’aller, d’un faux-plat s’étirant sur des centaines de kilomètres ? Eh bien au retour c’est pareil. Dans l’autre sens. Ainsi le malaise dura-t-il longtemps, s’étirant au fil des kilomètres de piste de redescente. Je me suis senti tel un Icare qui aurait la migraine dans sa chute. Samedi, 27 octobre 2018. Rétabli sans séquelles (quoi que, diront les esprits forts…) de cette terrible Puña, je prends place dans le 4x4 pour redescendre de Copiapo vers la mythique Silla. Nous filons bon train et nez au vent sur la panaméricaine, dans le sens de la descente si l’on peut dire, lorsque j’aperçois un énergumène planté au beau milieu de l’autoroute. Solidement campé sur ses deux jambes, à cheval sur la bande discontinue, il semble agiter une lampe. Ses fringues bizarres renvoient la lumière, par endroits. “Piéton sur la piste ! “ dis-je de façon humoristique à Raymond juste avant qu’il n’entame de lui-même un freinage d’urgence. Nous arrivons à hauteur de l’inconscient, à qui j’envisageais vaguement de rappeler les règles élémentaires du code de la route (...en français !) lorsque la réalité et la fatalité nous rattrapent d’un seul coup : le costume bizarre était un uniforme, les réflexions sont dues aux décorations, ou plutôt devrais-je dire à la déco’ style latino brillant au soleil, et la lampe… est un radar. Le flic s’avance, très macho, viril, sud-américain quoi. Il n’a pas l’air content d’être encore en vie, bizarrement. Il s’accoude à la portière et sans un mot nous montre l’arrière de sa lampe, qui arbore un nombre : 148. En kilomètres par heure, s’entend. Au lieu de 120, il faut le dire. Oui bon, ce n’est pas non plus la vitesse de la lumière, hein. Mais le gars semble sincèrement en colère. Je saisis qu’il dit des choses définitives et désagréables, du genre “inutile de s’excuser”, “ce coup-ci vous n’y couperez pas”, “amende grillée” et autres paroles blessantes. Plus sérieusement, il a vraiment l’air sérieux, lui, et j’ai la conviction sur l’instant que Raymond va devoir manger son permis de conduire. Mais comme souvent au Chili, les choses prennent une tournure étrange. Dialogue reconstitué (et librement adapté de l’espagnol) : - “Je m’excu…” - “Silence. Inutile de vous excuser. Ni de promettre : je ne vous croirai pas” - “Mais…” - “Et vous allez où ? Vous vous croyez tout permis ? Et qui sont vos passagers ?” - “Nous allons à la Silla. Et ce sont des astronomes français, enfin amateurs…” - “Mmmhhh. Ahh. Moi aussi, je suis passionné d’OVNIS… Mmmhhh…” - ??? - “Et dites-moi : vous en avez déjà vu ?” - “Euh, bah, bon ben c’est que, vous savez, en fait l’astrono…” - “Je le savais, je le savais ! C’est passionnant…” - “Moui bon (prudent)” - “Ici on en voit assez régulièrement…” - “C’est-à-dire qu’en fait je suis propriétaire d’un gîte - observatoire…” - “Un observatoire ! J’en étais sûr, j’en étais sûr ! Et bien sûr…” - “Bien sûr… (?)” - “Ah je le savais, c’est fabuleux, et toutes ces planètes extra-terrestres, enfin extra-solaires, enfin c’est extra et ça confirme tout le reste !” - “(?) Oui, euh, c’est... vrai… (sentant venir le bon coup)” - “Ah c’est fabuleux, c’est extraordinaire !!” - “Oui, euh, magnifique, hemm…” - “Bon ben vous savez quoi ?” - “Euh, non… (espoir)”. - “C’est bon pour cette fois. Mais soyez prudent à l’avenir !” - “Oh merci, oui, oui, oui ! Et passez nous voir, à la Canelilla, avec la famille, une soirée on vous montrera tout ça…” - “Je le savais ! J’en étais sûr ! C’est magnifique ! Merci !” - “Merci à vous ! Qué le vaya bien !” Raymond passe la première et repart sur les chapeaux de roue. Je suis bouche bée. Pour un peu je lui aurais fait le salut de vulcain (“Star Trek”. On a les références qu’on peut). Décidément ces reptiliens sont bizarres. Quelques instants plus tard nous filons aux alentours de 150. Ce gars-là était marrant mais il ne faut pas exagérer : il nous a mis en retard. Le site historique de l’ESO se présente comme une crête de dragon pustuleux, à seulement 2400 m (car nous sommes maintenant aguerris, n’est-ce pas). Les coupoles sont ici nombreuses et témoignent de l’activité de recherche et développement qui anime le lieu depuis les années soixante. Nous visitons d’abord le 3,60 m Cassegrain. Le vénérable est désormais accouplé au bien connu spectrographe HARPS, pionnier dans la détection d’exoplanètes. Notre flic serait heureux. Sous la coupole néanmoins, l’ambiance fleure bon les années 70. On se croirait un peu dans un film rétrofuturiste, ou steampunk. Non loin, voici le résolument plus moderne NTT. Précurseur des technologies déployées au VLT, l’ambiance est ici plus contemporaine. Il y a deux foyers Nasmyth. Xavier reconnaît ça et là des pompes à vide. Sur un mur, un tableau blanc affiche une procédure manuscrite au feutre, en plusieurs langues. Il y a un schéma de câblage du type : “le fil vert sur le bouton rouge, le fil rouge sur le bouton vert” (“La 7e compagnie”. Les références qu’on peut, etc). Sage précaution ici : mieux vaut en effet ne pas se planter. Le miroir de 3,58 m est à portée de main, nous nous en étonnons et frémissons en voyant des visiteurs tendre leurs téléphones juste au-dessus de sa surface pour le photographier. Avec bien plus de précautions et de respect, nous effleurons des doigts la tranche de l’oeil du cyclope. Nous finissons avec le radiotélescope Suédois submillimétrique. L’oreille de géant termine la crête du dragon. Une structure puissante dresse fièrement le disque d’acier de 15 m. C’est une oeuvre d’ingénieur, campé sur des certitudes inébranlables et une foi constante en la culture du progrès technologique. Mais il est néanmoins réformé et tend désormais vers l’horizon son oreille unique et inutile, tel un antique pavillon de gramophone. Sic transit… C’est vers l’océan Pacifique que nous redescendons plus tard. Sur la route, nous croisons des renards peu farouches et une famille de Guanacos, petits lamas du coin. Ici on passe rapidement d’un milieu ultra-sec à un milieu ultra-humide : un brouillard côtier nous accueille, la Camanchaca. Nous prenons nos quartiers dans un bungalow de bord de mer. Avant de m’écrouler sur une couchette je fais et défais ma valise, sorte de reformatage et de défragmentation rituels. Les choses retrouvent ordre, calme et sérénité sous l’oeil de Xavier qui se paye ma fiole. Au programme demain, visite de la réserve de Humboldt et autres promenades en mer. Il fait froid la nuit au bord de l’océan. Un courant frais s’est infiltré jusque sur mes épaules par la fenêtre disjointe. J’ai dormi au vent du Pacifique. Nous partons tôt voir les pingouins, lions de mer et autres mouettes. Les bêtes ne sont pas farouches et nous pouvons leur dire bonjour de très près. Même avec mon 50 mm qui tire forcément bien trop court, je réussis quelques jolis portraits. C’est dire. Xavier, avec son super zoom, traque la moindre moustache de Morse (ou apparenté). Bruno se bat pour sortir d’un mode de pose lente que lui impose son compact depuis le début du voyage. Il y a quelque chose d’héroïque dans ces efforts un peu vains, comme une lutte désespérée entre l’homme et la machine. Des pics dentelés sont visibles sous l’eau. Un rocher affleure comme une bouche ouverte et semble pousser un cri vers le ciel. Un peu plus loin, les plages sont immenses. Quant à moi j’ai oublié ma crème solaire et, malgré la journée grise, j’attrape un fort coup de soleil. C’était pourtant évident et pas très malin : maintenant j’ai la tronche qui pèle. Heureusement j’aurai bientôt quinze nuits pour me soigner. Car demain, après la visite des villes portuaires de La Serena et Coquimbo, nous rentrerons à la Canelilla. Demain s’ouvre le théâtre des contemplations. Demain, flambée d’étoiles. [à suivre]
  6. Nuit du jeudi 1er novembre au vendredi 2 novembre 2018. Strock 254/1200 Terrain d'observation la Canelilla à l'Hacienda des étoiles au Chili, région du Coquimbo. 13 observations : 8486 à 8498. Je commence par faire quelques photos notamment de la conjonction Jupiter-Mercure dans le Scorpion grâce à mon appareil bridge à 1600 ISO et F/D 2.8. Les résultats sont franchement impressionnants. Le Scorpion, pinces et Antarès en bas, plonge sur la droite de l'image vers l'horizon, derrière la silhouette du télescope de 406mm. A gauche, on voit les 2 étoiles principales alpha et bêta du Centaure. Un poil plus tard et plus haut, le centre galactique est au milieu de l'image, le Scorpion à gauche, le Sagittaire à droite, enrichi par Saturne. Le premier dessin de la nuit est sur la planète Mars dans le Capricorne, qui ici est quasiment au zénith, ce qui nous change de l'opposition du mois de juillet à ras de terre depuis la France métropolitaine. Observation 8486 : Mars. A 480X, j'observe Mars de l'œil gauche sans filtre afin de ne pas perdre ma vision nocturne, puis avec l'œil droit avec le filtre rouge 23A qui améliore encore le contraste. Les images stables sont plaisantes, ça me change de l'opposition vue depuis la France. Je note beaucoup de détails malgré le diamètre apparent qui diminue (12"). Sauf erreur j'observe les mers Cimmerium et Sirenum. Je vois aussi la tache plus claire de Hellas ainsi que la calotte polaire Sud. Toute la nuit en fil rouge je prendrai des photos des constellations en regardant avec l'oeil gauche dans le viseur de l'appareil photo, écran repliable fermé, afin de ne pas éblouir mon œil droit observateur et donc de garder mon adaptation nocturne. Le Grand Nuage de Magellan flou est à gauche du centre, l'étoile brillante en bas à gauche est Canopus de la Carène. La région du pôle céleste sud est vers le centre de l'image. Le Grand Nuage de Magellan est en bas, le Petit plus discret un peu sous le centre de l'image. L'étoile brillante à gauche du Petit Nuage de Magellan est Achernar de l'Eridan. Encore une fois, je constate l'invasion des fourmis dans la partie bouffe du sac à dos alors que hier j'ai sorti les barres de chocolat et que j'ai secoué le sac. Une m'a carrément mordu et jeté de l'acide sur la main ce qui me fait mal pendant quelques minutes. Après avoir constaté que le Celestron 14 est hors de fonctionnement, Pierre et Raymond viennent observer Mars au télescope 406 avec Bruno. C'est toute une histoire l'état actuel du C14 : il en est là à cause d'un astro-employé indélicat qui devait assurer la maintenance du matériel. Il a fait la bêtise de démonter la lame de fermeture du C14 pour la nettoyer sans vérifier s'il y avait une marque d'apairement. De plus il a mal parqué le télescope avant de fermer l'observatoire, le toit métallique a tapé la monture, endommageant des moteurs et la plaque de fixation au pilier. A cause de cet imbécile, cet instrument à l'optique exceptionnelle et au suivi impeccable est maintenant l'ombre de lui-même. Je sens que Raymond et Pierre vont passer quelques après-midis à essayer de le remettre sur pied. Je commence les observations ciel profond sur le Scorpion qui descend assez vite, avec un nuage obscur. Observation 8487 : SL28. Ce nuage obscur est observé à 75X et se révèle assez sombre avec des limites très floues. J'observe ensuite un amas globulaire du Sagittaire. Observation 8488 : M69. Cet amas globulaire est assez brillant et bleuté à 75X et déjà résolu. Je l'ai aussi repéré au chercheur 9x50 comme une étoile floue faible à côté d'une autre étoile de même brillance. A 218X, il est bien éclaté avec beaucoup d'étoiles faibles à très faibles plus un fond stellaire VI3 à 5. Il devient assez sombre à 218X et il commence à être bas. C'est vrai qu'il est dans une constellation d'été. Je continue d'explorer la zone de galaxies vers iota du Sagittaire. Observation 8489 : NGC6878A. Cette galaxie n'est pas vue à 150X mais je la repère très faible à VI1 à 109X. Je pense que c'est parce qu'elle était très diffuse et peu contrastée que je l'ai râtée à 150X. Observation 8490 : PGC64319. Cette galaxie est soupçonnée à 109X et confirmée à 150X très faible à VI2 et diffuse. Observation 8491 : PGC64257. Je l'observe à 150X, très faible, condensée et petite. Observation 8492 : PGC64188. Cette galaxie elle aussi n'est pas vue à 150X mais je la repère à 109X, diffuse et VI2. J'arrive dans les choses sérieuses avec les objets du Petit Nuage de Magellan. Observation 8493 : NGC456 et 465. Je suis dans un coin déjà assez riche du Petit Nuage de Magellan dans le Toucan avec NGC456 qui réagit bien en Oxygène 3 et faiblement en HBêta. Juste à côté, je repère aussi NGC465 qui est très faible en HBêta, et il réagit bien en filtrage Oxygène 3. Soit ces objets sont très morcelés, soit j'ai noté plusieurs autres objets à proximité. J'utilise comme grossissement 75X, 109X et 150X. Ce champ est un bel ensemble. Observation 8494 : NGC419. Cet amas globulaire du Petit Nuage de Magellan est observé à 150X et 75X. Bien qu'incolore, il est assez brillant, diffus et granuleux à 343X dans sa zone centrale, waouh! Vers 3h heure locale, Pierre est frigorifié, et découragé de ne pas avoir trouvé le casque de Thor, et du coup il est parti dormir. Observation 8495 : NGC330. Cette fois-ci c'est un bel amas ouvert. Il est petit à 75X. Par contre à 218X et 343X, où il est assez faible, il me montre en vision indirecte beaucoup d'étoiles très serrées, ça grouille d'étoiles. Observation 8496 : NGC416. Il est considérablement faible à faible. Je l'observe minuscule à 75X et le grossis davantage à 218X où il est diffus. Comme la nuit dernière, des nuages venus du Sud-Ouest débordent. C'est quoi ce temps très inhabituel au Chili? J'observe une galaxie du Phénix. Observation 8497 : NGC625. Cette galaxie est observée à 109X et 150X. A ce second grossissement, elle me montre des nodosités VI3 à 5. Elle est considérablement faible, diffuse et allongée. A 4h30, la Lune s'est levée mais reste noyée dans les nuages à l'est. J'ai un coup de barre une fois de plus. Je pointe une galaxie de l'Éridan. Observation 8498 : IC1953. Cette dernière galaxie de la nuit est vue dès 75x très diffuse, faible, et un compagnon très faible facile l'accompagne, c'est PGC13172. La brillante étoile tau 5 de l'Eridan gêne par son fort éclat. Je la sors du champ pour mieux observer les deux galaxies et je n'arrive pas à voir la troisième qui jouxte IC1953 sur ma carte. A 5h, je tombe de fatigue. Des nuages se répartissent entre le sud-est et le nord-est et ils débordent presque jusqu'au zénith. La Lune est noyée dedans. Je me repose un peu sur le lit de l'observatoire avant d'avoir la force de remballer à 5h30 alors que l'aube arrive. La suite des photos touristiques : le voyage aller et l'arrivée à l'observatoire. Dans le car reliant Santiago à Ovalle. En route depuis Ovalle vers l'hacienda des étoiles, on aperçoit l'observatoire américain du Cerro Tololo, que j'avais visité en 2008. Vallée de Pichasca à 30kms de notre gîte On atteint au Soleil couchant le village du Romeral, le plus proche à quelques kilomètres de notre destination. Le Romeral, où on viendra assister à une fête un dimanche. L'hacienda des étoiles
  7. Nuit du mercredi 31 octobre au jeudi 1er novembre 2018. Strock 254/1200. Terrain d'observation la Canelilla à l'Hacienda des étoiles au Chili, région du Coquimbo. 13 observations : 8473 à 8485. Je suis de retour en ce lieu magique du Chili après 5 ans d'absence. Cette fois-ci, j'ai enfin pris le temps de découvrir le reste du pays avec une semaine touristique à notre arrivée, avant 2 semaines d'astronomie à l'hacienda. Je posterai en fin de certains CROAs quelques photos de la partie touristique. Pierre observe sur le télescope 406 de focale 1827 et Bruno image plus loin au sud sur une configuration photo à base de lunette de 70mm près des télescopes en remote. Lunette 130 en remote. Télescope 520 en remote. Je commence par la planète Saturne assez haute ici (40°) dans le Sagittaire. Observation 8473 : Saturne. 480X et 343X. Les images sont assez fines. La division de Cassini est visible sur tout le pourtour. Elle affleure le pôle sud de Saturne. Les anneaux sont blanc crème et le globe est jaune clair. La turbulence est moyenne à 3 sur l'échelle de Danjon. Je poursuis les observations sur un amas ouvert du Scorpion. Observation 8474 : Tr29 ou Trumpler 29. Cet amas ouvert est soupçonné au chercheur 9x50. A 109X, il est assez riche avec des étoiles plutôt faibles à perceptibles. Bruno a des soucis de suivi pour ses photos. Il finira par améliorer la mise en station de la monture HEQ5 à poste fixe sur pied colonne. J'observe ensuite un amas globulaire du Scorpion. Observation 8475 : NGC6496. Il est résolu dès 75X, considérablement faible. A 150X, je vois ses étoiles qu'on dirait en surimpression. Il est bizarrement allongé pour un amas globulaire. Je poursuis les observations sur des galaxies du sud du Sagittaire, vers iota qui est sous l'horizon chez moi. Observation 8476 : NGC6890. Cette galaxie est assez faible à considérablement faible et compacte à 150X. Observation 8477 : PGC64389 et 64391. En préparant mes observations, j'ai imprimé avec Guide 7 les cartes de champ des galaxies principales et j'ai rajouté toutes les galaxies jusqu'à magnitude 15, du coup ces galaxies sont voisines de la précédente. Ces galaxies ne sont pas séparées, je vois un ensemble de 3 condensations faibles à très faibles à 150X et 218X. Observation 8478 : PGC64380. A 150x, cette galaxie voisine des précédentes est très faible avec un centre plus marqué. Elle est diffuse et assez facile. Observation 8479 : PGC64383. Cette galaxie dans le même périmètre que les précédentes est minuscule même à 150X. Elle est très très faible à vision indirecte 1. A 1h le calme est parfait, à tel point que je me demande si Pierre est parti dormir dans le lit de l'observatoire. Observation 8480 : NGC6878 et PGC64328. La galaxie NGC est vue très faible à VI1, très diffuse, tandis que PGC64328 est faible à très faible, compacte à 150X. J'observe une galaxie de la Grue. Observation 8481 : IC5170. Cette galaxie est vue à 150X faible à très faible et très allongée en VI1 surtout. Un spectaculaire météore de type Capricornide de magnitude visuelle -4 est visible vers 2h avec traînée et fragmentation. Je constate aussi avec effroi une invasion de fourmis dans mon sac, dans la poche où j'ai mis les barres chocolatées. Il y en a des dizaines et elles finiront aussi par envahir l'observatoire, ses gâteaux et le thé. Je passe ensuite sur une galaxie du Phénix, constellation à proximité du bout de l'Eridan avec son étoile phare Achernar. Observation 8482 : NGC7796. A 109X, je vois le centre considérablement faible de cette galaxie et son pourtour VI1 à 5. Un coup de barre me saisit vers 2h45 puis un mal de ventre et je descends précipitamment aux toilettes pour un besoin naturel. Je me vautre d'ailleurs dans un trou de la piste lors de cette retraite précipitée. Je note malgré ça que les horizons ne sont pas propres. Je reviens près d'une heure après suite à ce souci de santé que je pense dû à un coup de froid ; les écarts de température sont importants ici au crépuscule sans qu'on s'en rende spécialement compte. La Lune en dernier quartier est levée au retour vers 4h, elle a franchi l'horizon des montagnes et éclaire directement le site d'observation. Les autres sont partis dormir. Quelques cirrus traînent sur le site d'observation et ensuite ça s'intensifie avec un ciel voilé par endroit. J'observe un amas ouvert des Voiles dans ce ciel voilé, drôle de hasard. Observation 8483 : NGC2659. Cet amas ouvert est riche à 109X. Ses étoiles plutôt faibles à perceptibles le rendent dur à dessiner. Puis quelques gros cirrus cantonnés au sud-ouest arrivent. J'observe d'autres amas ouvert des Voiles. Observation 8484 : Pi6. Cet amas ouvert à 150X est petit, assez brillant et me montre une vingtaine d'étoiles. Observation 8485 : Pi8. Il est observé dans l'aube. Un météore passe juste dessus à 150X. Il est petit et laiteux à 75X et se résout partiellement à 150X. J'entends les moteurs des télescopes en remote au sud à 5h30. L'aube arrive à 5h45, le ciel se bâche de voiles, bon timing. Pour finir, quelques photos du voyage aller : Survol des Andes. Des vallées verdoyantes au milieu de montagnes arides, voici le nord du Chili. Santiago du Chili et ses immeubles Gare routière d'Alameda à Santiago du Chili, d'où nous prenons le car jusqu'à Ovalle, 400kms au nord. Rues de Santiago
  8. Dobson Strock 254/1200. 5 dessins : 8462 à 8466. Je me suis positionné solitaire au sud des ballots de foin en étant arrivé à 22h35 dans un ciel qui est encore voilé. La voiture sort de révision, je le sentais bien sur l'autoroute qu'elle avait plus de pep's que dernièrement. Je m'offre d'abord quelques petits souvenirs du ciel estival avec un amas ouvert du Cygne. Observation 8462 : DoDz10. 10ème objet du catalogue Dolidze-Dzimselejvili (à vos souhaits!). J'observe cet amas ouvert assez riche à 109X et 75X dans un ciel qui se dégage bien. Je m'y perds, il est éparse et hétérogène. Puis je vais regarder deux galaxies dans Persée à la croisée des ciels d'automne et d'hiver. Observation 8463 : NGC1175 et 77. Alors que de petits nuages éparses circulent dans le ciel, ces 2 galaxies se montrent plutôt bien à 150X, notamment la faible à très faible NGC1175 avec son centre flou. Elle est diffuse et allongée tandis que NGC1177 est petite et vue VI3. Encore une fois, la fatigue se rappelle à moi et du coup je dors dans la voiture jusqu'à 2h40, ce qui représente quand même 2 heures de sommeil d'affilée. J'en avais vraiment besoin. Malheureusement le ciel en a profité pour tirer lui aussi sa couverture car il est voilé à mon réveil. Du coup, je refais une sieste, cette fois-ci jusqu'à 5h30. D'ailleurs à mon réveil je vois le camion de lait qui repart mais il n'est pas le seul vu que les voiles ne sont plus là eux aussi. Le ciel a bien tourné. Je tente deux nébuleuses diffuses secondaires d'Orion mais je ne les vois pas. Je vais aller regarder quelques galaxies dans l'Éridan comme la précédente nuit. Observation 8464 : NGC1779. La galaxie est faible à très faible, évidente à 109X, moins à 150X, condensée mais avec des bords diffus. Observation 8465 : NGC1752. Soupçonnée à 75X, cette galaxie diffuse est étendue et confirmée à 150X, très faible à VI1. Il est 6h30, les coqs chantent, annonçant l'imminence de l'aube. J'ai encore le temps de faire un dessin, ce sera une galaxie dans le Grand Chien. Observation 8466 : NGC2271. Observée à 109x, cette galaxie montre un noyau un peu étiré, l'ensemble étant vu VI1 à 2 et s'effaçant peu à peu dans l'aube alors qu'il est quasiment 7h du matin. Un avion est passé juste à côté dans l'oculaire. Je remballe les affaires et rentre directement à l'aube, bien reposé avec mes deux siestes imposées par la météo. L'humidité au sol est forte mais les optiques sont restées sèches. Cette nuit sera la dernière à la campagne avant le magnifique séjour qui m'attend au Chili à la fin de ce mois. Là, je verrai le fleuve Eridan en entier.
  9. La Super Lune de Sang 2019… noyée dans les nuages Encore frustrée de la dernière éclipse de Lune, celle de juillet 2018 où les nuages s’étaient invités à la fête, j’espérais beaucoup de celle-ci. Malheureusement, les prévisions météo étant bien pessimistes le dimanche soir, on a dû se résoudre à faire une croix sur cette « Super Lune de Sang » . Pour le boulot à Denis, le réveil sonna à 5 h. En allant voir dehors, je constatais que les nuages n’étaient pas aussi épais que prévu et quelques trouées étaient présentes. Je sortais de la maison et regardais à l’ouest. La vision d’une Lune qui était déjà à moitié immergée dans l’ombre de la Terre me galvanisait. J’appelais Denis pour qu’il profite lui aussi du spectacle. Au vu des belles trouées qui nous laissaient bien voir le spectacle céleste, je filais vers la pièce de la maison où nous gardons le matériel. Je récupérais vite fait mon sac photo, la StarAdventurer et son trépied. On était à Ayguemorte-les-Graves, près de La Brède, pour le week-end et il fallait rentrer sur Eysines, dans la métropole bordelaise, pour la semaine. Je remis mon départ à plus tard. Denis dut se résoudre à aller au travail, me laissant seule avec Chara, notre chienne, pour tenter d’apercevoir la vedette du moment. On voyait encore, par intermittence, les rares éclaircies qui laissaient percevoir le fin croissant lunaire encore illuminé par le Soleil avant d’entièrement se cacher dans l’ombre de notre planète. Le temps de tout installer, les nuages s’étaient refermés en s’épaississant. La longue attente commença. Je savais qu’à 6 h 45, si les éclaircies ne se montraient pas, il me faudrait attendre 2022 avant de pouvoir revoir une si belle couleur rouille sur l’astre sélène. Je pistais, regardais, scrutais les différences dans la chape nuageuse, espérant voir un nuage qui serait moins épais et qui pourrait se déchirer partiellement le temps de son passage devant la Lune. Mais parfois, j’avais l’impression que c’était le contraire… une trouée arrivait du nord et se refermer pile au moment de passer à hauteur de la Lune… Maiis ! Euuuh ! J’étais maudite !!! Cependant, mon attente fut partiellement récompensée, me laissant entrevoir une partie de notre satellite naturelle teinté de rouge sombre. Cela ne dura qu’une seconde ou deux, juste le temps de réaliser mon cadrage et la mise au point. Quelques minutes plus tard, un autre rideau se leva et me permis de déclencher la photo. Mais sur les 5 secondes de pose, la Lune ne montra qu’une partie d’elle durant 2 secondes. La revue rapide de l’image sur l’écran de l’APN me laissa sur ma faim… j’en voulais plus ! Ce n’était pas possible de ne me donner que ce petit bout sans rien de plus ! Je fulminais… et mon attente repris. Chara insista pour rentrer dans la maison. Elle commençait à avoir froid et ne comprenait pas pourquoi je restais à l’affût ainsi, bien qu’elle avait l’habitude de nos sorties nocturnes avec Denis. D’habitude, durant nos séances astronomiques, elle chassait de son côté. Mais là, dans le jardin de la maison, rien ne bougeait, rien ne présentait un intérêt quelconque pour ses sens canins. Alors, je lui ouvris la porte et elle fila se lover sur le canapé. Les minutes s’égrainaient... les voitures qui passaient sur la route, se faisaient plus nombreuses. Les maisons commençaient à s’allumer et les sorties de chaudières et poêles fumaient. Au loin, un coq chantait, un chien aboyait. Je commençais à avoir un peu froid. Je serais bien rentrée quelques minutes pour boire un café chaud mais je risquais de louper une nouvelle éclaircie. Je savais que plus la Lune descendait sur l’horizon ouest, moins j’avais de chance d’avoir une bonne éclaircie. Il aurait fallu un sacré dégagement… Malgré tout je gardais espoir ! Revenant de sa balade nocturne, la petite chatte, prénommée Vénus, avait pris la place de la chienne en s’asseyant à mes côtés et en tentant de comprendre ce que j’attendais. Au bout de quelques minutes, elle se lassa. Elle se leva et, d’un bond, monta sur la table de jardin pour grignoter quelques croquettes mises là à son attention. L’heure de la fin de la totalité arriva et je savais que c’était fini. Malgré tout, je tentais d’apercevoir la sortie de l’ombre. Mais le froid et la déception me poussèrent à entrer dans la maison afin de retrouver un peu de chaleur. Je téléchargeais ma pose unique… on ne voit pas grand-chose. Je verrais bien ce que je peux en faire. A nouveau dehors, je pliais le matos et le rangeais dans la pièce « astro ». Revenue dans la cuisine, je pris un petit-déjeuner. Pourtant je n’avais pas faim… mais je devais rentrer sur Eysines et je savais que la route serait longue… Après 7 h 30, les bouchons étaient d’usage entre l’autoroute et la rocade. Je fis bien de manger car j’ai mis une heure de plus qu’habituellement pour rentrer chez moi. Est-ce que ça a valu le coup ? Oui, tout simplement oui ! La passion… quelle drôle de chose quand même… être heureuse après une Super Lune de Sang noyée dans les nuages ! Photos prises le 21 janvier 2019 à Ayguemorte-les-Graves (33) – Canon 400D avec objectif 90-300, ouvert à f/5.6, focale à 300 mm, sur monture StarAdventurer (sans goto, ni autoguidage). 1 pose de 5s – ISO 400 – Camera Raw et Toshop. Cliquez sur l'image pour voir la full en tiff.
  10. Dobson Strock 254/1200. 9 dessins : 8453 à 8461. Je me suis un peu reposé avant de venir, n'ayant pas récupéré totalement de la nuit d'hier donc je suis arrivé à 22h45. Je commence par d'autres galaxies du Verseau comme la nuit précédente. Observation 8453 : NGC7723. Cette galaxie est évidente à 75X et je la détaille à 109X, 150X et 218X. Elle est intéressante, faible à très faible, car je la soupçonne spirale mais ça reste dur à analyser. J'ai mis juste la veste mais pas le pull, la température étant moyennement fraîche. Le silence de la nuit est troublé un moment par un groupe de camions bruyants qui passe sur la route départementale pas très loin. Observation 8454 : NGC7727. Cette galaxie condensée est considérablement faible à faible avec un centre net. Elle pourrait ressembler à une étoile floue à faible grossissement, mais à 150X le doute n'est plus permis. J'ai fini par mettre le pull et carrément le manteau car le froid devient vif alors qu'il est quasiment minuit. Observation 8455 : NGC7717. Je détaille une autre galaxie du Verseau. Elle est petite, faible et condensée à 150X, à proximité d'une étoile jaunâtre qui egaie un peu le champ. Je subis un petit coup de barre. Comme souvent dans ce cas, je dors une demi-heure dans la voiture avant de m'attaquer à un groupe de galaxies mais cette fois-ci dans Pégase. Observation 8456 : groupe NGC7383 à 7390. Je compte cinq galaxies dans ce groupe : d'abord une première ligne composée de NGC7387 qui est vue VI2 et de NGC7389 vue VI1. La seconde ligne presque parallèle à la première est constituée de NGC7383 qui est vue VI1 à 2 puis de NGC7385 qui est faible et enfin de la très faible NGC7386. Observation 8457 : NGC7432. Cette galaxie est observée à 150X et 218X. Il y a besoin de beaucoup la grossir car elle est petite et reste très faible à VI1, repérée à 150X et diffuse. Décidément, j'entends encore des camions, il y en a beaucoup qui passent par ici cette nuit, est-ce un transport de moisson? Observation 8458 : NGC7611. Cet univers-île montre son centre facile et faible, mais son enveloppe externe n'est vue qu'en vision indirecte 75% du temps donc VI2 à 150X. Une étoile là aussi jaunâtre traîne à proximité dans le champ. Les bruits de la nuit deviennent plus naturels avec un hibou petit-duc mais aussi une vache qui fait du bruit dans l'étable. Je suis de nouveau un peu fatigué, du coup je m'offre une autre sieste courte. Au réveil, je change de constellation mais pas de type d'objet puisque je vais aller voir d'autres galaxies mais côté Baleine. Observation 8459 : NGC151. Cette galaxie est très faible, diffuse et assez allongée à 150X, avec une zone plus brillante assez large. Je virevolte vers une autre constellation qui est l'Éridan, dans sa partie nord, pour aller regarder 2 galaxies après avoir mis les gants tellement le froid s'intensifie. Observation 8460 : NGC1140. Celle-là, elle ressemble plus à une étoile floue faible, et à 150X sa nature galactique ressort mieux alors qu'à 109x ce n'était pas si évident. Je suis encore fatigué mais je résiste, on arrive à la fin de la nuit à 4h du matin. Observation 8461 : NGC1084. Je termine la nuit, alors que la Lune s'est levée vers 4h15 en croissant dans le Lion, sur cette galaxie considérablement faible à faible dont la structure spirale se dévoile à 150X et surtout à 218X. Ses spires vues uniquement en vision décalée sont respectivement VI3 et VI5, ce qui signifie vues 50% du temps dans le premier cas et moins de 10% pour l'autre. Il est 4h40 du matin. Je suis trop fatigué pour continuer, du coup je range le télescope et dors dans l'auto quelques heures avant de rentrer. En remballant, je constate beaucoup d'humidité sur les affaires.
  11. Dobson Strock 254/1200. 4 dessins : 8449 à 8452. Je suis arrivé à 21h45, le crépuscule est encore visible. Lors de cette courte soirée avant une nouvelle journée de travail, je vais observer surtout des galaxies du Verseau. Observation 8449 : NGC7184. Cette galaxie n'est pas facile mais il faut avouer qu'elle est basse. Je la vois effilée à 109X, diffuse avec un centre faible à très faible tandis que le reste est VI2 à 5. Observation 8450 : NGC7180. Elle reste petite à 150X avec un centre faible à très faible tandis que le reste n'est vu qu'en vision indirecte VI1 à 2. Observation 8451 : NGC7185. Cette galaxie observée à 150X est très faible, allongée en vision indirecte et diffuse. Un petit vent se fait sentir mais ça ne m'empêchera pas d'observer le dernier objet de la soirée, une galaxie du Triangle. Observation 8452 : NGC669. Et j'ai bien fait de l'observer celle-là! Elle est hétérogène, effilée, et montre des nodosités en vision indirecte VI4, son centre faible à très faible, et ses autres extensions vues VI1 à 5 à 150X. Je remballe un peu après minuit car il faut bien aller travailler demain.
  12. 2019 commence bien !!

    2019 commence bien !! Alors que nous n’avions pas pu maintenir de sorties officielles depuis début novembre, la période des fêtes de fin d’année 2018 a été plutôt pourrite ! L’anticyclone, pourtant bien présent en Aquitaine, maintenait sur place le brouillard et les nuages bas. Mais le début de l’année 2019 a vu un tout autre visage… le ciel s’est enfin montré à la faveur du froid qui s’est installé. Et même si des voiles nuageux ont persisté, le ciel du samedi 5 janvier au soir s’est montré très étoilé. Un peu de monde lors de cette première nuit : du forum Astrosaucats, étaient présents : Denis, Florent B, Fredastro, Geotowicz, Hageshii, Ju, LostFred, Patou, Petrus, Sandrine et moi-même. Un astram bourguignon, depuis peu sur Bordeaux, prénommé Vincent, était aussi de la partie. Une fois sur place, il faisait encore plutôt bon, environ 3 à 4°C. Le Soleil commençait à être bas sur l’horizon ouest. L’installation finie, je constatais avec amusement que le tube de Vincent brillait, pensant à une customisation. En fait, c’était la gelée qui avait fait son apparition à l’occasion de la baisse de la luminosité. La polaire étant en vue, je repartis vers mes setups (APN au foyer d’une lunette + APN au foyer d’une StarAdventurer) pour faire la mise en station. Les astrams arrivaient petit à petit. Au gré des salutations et des vœux, je m’attelais déjà à réaliser les Flat grâce à mon écran (à flat) avec l’aide de Denis. Je préfère les faire sur le fond du ciel mais les voiles nuageux du tout début de soirée me l’avait interdit. J’attaquais dans la foulée la mise au point. Il était déjà 19h… Je décidais de pointer la comète Wirtanen à la lunette mais j’avais un peu de mal. Je connaissais sa position mais je n’arrivais pas à mettre le capteur au bon endroit. J’utilisais alors le Dobson de Denis pour la trouver… j’y arrivais sans trop de difficulté bien qu’elle était assez pâlichonne. Je retournais alors à ma lunette maintenant que j’avais bien enregistré sa position et je la trouvais sur la première pose photo… deux minutes suffirent pour la cadrer et je lançais les poses. Je me reportais sur le second setup : l’APN sur la StarAdventurer. Je la captais facilement mais je n’avais pas de suivi correct. En vérifiant si aucun câble ne contraignait le suivi, je m’aperçus que la monture bougeait. Je n’avais pas serré les vis et ça ne pardonnait pas. Je réalignais la monture et refis la mise en station. La première image me confirmait la bonne tenue du suivi. Je réussis le cadrage voulue, à savoir inclure bien sûr la comète mais aussi les galaxies M81 et M82. Malheureusement ces deux objets se situant en haut à gauche de l’image, se retrouvent pris dans la coma de l’image, soit à l’endroit de l’objectif où les étoiles filent un peu. Je laissais le cadrage tel quel car la vedette restait la comète. Je lançais les poses et put enfin aller voir les camarades. Je m’aperçus qu’une famille était déjà sur place. Trois générations de femmes d’une même famille : la grand-mère, la mère et la fille. Elles voulaient voir la comète. Alors, je leur montrais mes premières images. Puis nous allâmes vers le Dobson de Denis et je la captais assez vite. Je les guidais pour qu’elles puissent toutes trois la voir. Alors qu’on discutait, je commençais à avoir froid. Je n’avais pas encore ma doudoune et je ressentais les premiers frissons. Alors que Denis prit le relais, je partis à la voiture pour mieux me couvrir en mettant la chapka, la doudoune et une seconde paire de gants. Patou fit des essais sur une nouvelle monture, une HEQ5, cadeau de noël qu’elle s’était fait. Après un peu de prise de tête, la monture répondait correctement. Peu après une seconde famille arriva : un couple et leur fille. Ils demandèrent de l’aide pour l’installation et l’utilisation de la lunette de leur fille. Je leur expliquais qu’avec la nuit et le gel, il était difficile de faire ça maintenant. Le mieux étant de reporter leur venue sur une autre soirée et de venir un peu avant le coucher du Soleil. On leur donna toutefois quelques conseils pratiques. Je commençais à avoir faim… Denis me dit qu’il était temps d’aller manger car il était déjà 21h. Je n’avais pas vu l’heure passée. On mangea alors nos sandwichs près de la table de réconfort suivis d’un bon chocolat chaud. Un autre thermo de chocolat et un thermo d’infusion avaient pris place, ainsi que des papillotes de chocolat. En en goûtant une, je fus surprise par sa dureté... le gel était passé par là aussi ! On discuta technique et pratique de l’astro avec les uns et les autres. Nous pûmes voir quelques belles filantes. Était-ce-ce des Géminides retardataires ? Ou des Orionides même si on n’est plus à la bonne époque ? En tout cas, le radiant semblait être la constellation d’Orion. En candidates possibles, il y aurait bien les quadrantides, dont le pic était la veille, vendredi 4 janvier, mais d'après les infos prises, elles ne montraient le bout de leur nez qu'en seconde partie de nuit. Après avoir profité de quelques objets à l’oculaire, les familles nous quittèrent, le froid ayant raison de leur motivation. Les astrams sur place poursuivirent leurs occupations, que ce soit en photo ou en observation. Régulièrement on entendait untel annoncer l’objet qu’il tenait à l’oculaire… et deux ou trois participants se déplaçaient pour observer à leur tour. Les astrophotographes, dont je faisais partie, étaient plutôt content de leurs acquisitions. Le ciel devenait très bon au zénith malgré la montée du brouillard sur les horizons. Chara était enfin monté dans la voiture. Quelques temps auparavant, elle patrouillait à la recherche de rongeur. En la caressant, je m’aperçus qu’elle était plutôt froide et humide. On la voyait assez bien dans les champs avec sa loupiote rouge accrochée au harnais. Je me demandais comment elle faisait pour supporter ce froid. Mais maintenant, couchée en boule, la tête dans les pattes, elle tremblait. Je remontais sa couverture sur elle, la frictionnait un peu et la bordait. Une nouvelle réunion se fit autour de la table de réconfort où les discussions sur les pratiques et techniques étaient de rigueur. Les thermos de boissons chaudes se vidèrent. Le froid était plus intense bien qu’encore raisonnable. Quelqu’un annonça -4°C. Les tubes, les tables, les jupes… tout était givrés. Vers 23h, le brouillard s’évanouit presque totalement. Il restait une légère brume mais rien de méchant. Certains astrams commencèrent à plier. Quant à moi je lançais les dark. Encore un peu d’observation au dobson de Sandrine, celui de Denis étant totalement embué, en comparaison avec la vision au Newton de Patou, nous nous occupèrent encore un moment. Puis, après avoir attaché la sangle de sécurité au harnais de la chienne et remis la couverture sur elle, je constatais qu’elle ne tremblait plus et s’était profondément endormie. Je rangeais mes setups pendant le téléchargement des images vers mon ordi, puis après sur une clé USB. Tout était presque rangé quand les derniers participants nous quittèrent. Nous étions les derniers. A presque qu’une heure du matin, nous repartîmes vers la maison. J’étais heureuse… j’avais enfin pu faire les deux acquisitions sur 46P qui me tenaient à cœur… reste à espérer que le résultat soit à la hauteur de mes ambitions !
  13. Cette année, nos vacances de Noël tombent vraiment mal, à la Pleine Lune ! Et cerise sur le gâteau de la malchance, j’ai attrapé un rhume qui me transforme en fontaine à soubresauts. J’aurais bien aimé jeter un œil à la visiteuse du moment, on la dit brillante, visible à l’œil nu… Si bien que le soir de Noël, emmitouflée comme un esquimau, je suis invitée à la fenêtre ouverte sur la nuit, face au Cocher qui se lève à me saisir des jumelles pour chercher Wirtanen P46. Ce ne sont pas les taches floues qui manquent dans l’hexagone du Cocher mais la comète est hors de ses limites, à quelques degrés de Capella. Elle m’apparaît comme une boule diffuse sans queue. Mais les éternuements ont raison de mes observations et je ne m’aventure même pas à la chercher à l’œil nu. Ce n’est que le 26 que je retrouve suffisamment de tonus pour l’observer au dobson 300. Elle s’éloigne déjà de Capella, mais elle est bien visible à l’œil nu en effet, donc facile à trouver. Au télescope, elle présente un peu l’aspect diffus et rond de Holmes. Avec de l’attention, on distingue le départ d’une queue, large mais léger renforcement dans son halo, proche du pseudo noyau. Pour être sûre qu’il ne s’agit pas d’un effet de mon imagination, nous nous succédons à l’oculaire pour décrire son orientation. Et comme nous sommes tous d’accord, ce doit bien être elle . Avant le lever de la lune nous avons profité des quelques instants de nuit pour admirer les couleurs de M42 en grand champ avant de rentrer soigner mes éternuements à coup de tisane d’Hysope… Je remercie vivement notre voisin de m’avoir obligeamment servi ce remède efficace ! Dès le lendemain, la source de mes sinus s’est tarie et le 28 décembre, nous avons pu profiter du T1000 pour revisiter un peu du ciel profond d’hiver. Rien d’extrême, la transparence n’était pas optimale, SQM de 21,4 (ce qui est plutôt bas pour ce site) mais le seeing était réellement très bon ! Au menu c’est la fête des pupilles, IC 418, le trapèze de M42, le casque de Thor, NGC 1999, M1 et M77. IC 418 montrait sa coquille d’un rose soutenu, rose, ni bordeaux, ni saumon, rose délicat, un peu passé comme les édredons en satin de ma grand-mère et la centrale était une tête d’épingle brillante ! Par contre, même à fort grossissement, je n’ai pas vu de détails de la structure interne. M42 C’est un plaisir à tous les grossissements, de son aspect "technicolor" à faible grossissement ou au crépuscule aux innombrables détails floconneux de sa surface en passant par la détection des myriades de petites étoiles en train de s’allumer au cœur de la nébuleuse. Comme le ciel était très stable, avec les 6 étoiles du trapèze parfaitement séparées ( les 4 plus brillantes avec des aigrettes!), nous avons monté « un peu » en grossissement. Je n’ai jamais eu autant de facilité à voir G et H. G en permanence alors que d’habitude je la trouve difficile, plus même que H à cause de l’éclat dansant de D. J’étais donc surprise que H soit moins facilement accessible, même en sachant où la chercher. Et tout autour, nombres d’étoiles faibles qui apparaissent comme des épingles brunâtres. C’est d’ailleurs une remarque que je me fais à chaque fois. Les étoiles qui entourent le trapèze, contrairement aux autres astres faibles qui apparaissent par glimpses, sont bien présentes mais colorées d’une teinte chaude voire « brûlée » est-ce dû à la présence de poussières qui les enchâssent encore dans leur prime jeunesse ? NGC 2359 alias le casque de Thor, à cause de la présence de deux ailes quasi symétriques de part et d’autres de la bulle autour de l’étoile WR centrale. Ici, ces ailes étaient parfaitement définies, les fines lignes qui s’enroulent autour de WR7 brillantes et fines et les jugulaires plus diaphanes et floues mais bien visibles, l’une plus ramassée que l’autre. Il y avait des années que je n’avais pas rendu visite à cette magnifique nébuleuse parfaitement reconnaissable au premier coup d’œil. NGC 1999, un objet dont on a pas mal parlé sur Astrosurf ces derniers jours. Parsamyan 34 est vraiment très sombre et parfaitement définie, l’étoile qui la borde est brillante mais son halo semble s’arrêter au bord du trou sombre, la nébuleuse diffuse qui l’entoure n’a pas de contour bien défini et semble se fondre dans le fond de ciel. Je n’ai pas noté le détail qui a fait l’objet de la discussion récente, j’y reviendrai c’est certain. M1, j’ai failli l’oublier alors que nous en avons eu une vision inédite ! On connaît tous cette tache ovale dont on est souvent bien content de saisir les petites échancrures et parfois des zones plus brillantes sur sa surface. Mais ce sont des détails qui restent difficilement accessibles. Au T1000, il y a tant de lumière qu’on peut l’observer avec le filtre OIII 3nm d’Astrodon… Et là, la vision en est transfigurée, exit la tache floue, elle disparaît dans le fond de ciel mais le réseau de filaments apparaît soudain avec une facilité déconcertante, et ce n’est pas juste 3 branches mais toute une toile de fils, «gris» malgré le diamètre, visibles sans difficulté. C’est comme d’observer le squelette d’une personne sur une radio, la chair s’efface mais toute l’ossature apparaît. M77, brillante galaxie spirale de face. Dans sa partie la plus dense, on y devine l’amorce des bras. En surimpression proche du noyau, je discerne une étoile évaluée à au moins magnitude 16 par Fred. Elle est visible tout contre l’un des bras. Je ne connais pas assez M77 pour identifier cette étoile et je lance à la cantonade : « J’ai découvert une SN dans M77 ». C’est au retour à la maison qu’on a l’idée de regarder des photos de la galaxie pour apprendre qu’une SN a effectivement été découverte le 24 novembre dans M77, très proche d’un bras de la galaxie et non dans son halo externe comme c’est souvent le cas. Sa magnitude qui a été évaluée à 14,5 lors de sa découverte, était encore de 15 le 10 décembre. Par contre, on peut voir des zones H2 actives dans les bras de M77 et mon interrogation est de savoir si elles sont assez denses et brillantes pour les confondre avec des étoiles (l’une de ces zones est justement assez proche de la position de SN 2018ivc). Vue ou non, la recherche du détail aura été un excitant prolongement de l’observation. La photo est de Koishi Itagaki. J'ai volontairement inséré directement le lien vers l'original (et non une copie) pour rendre à César ce qui est à César. La lune nous a délogés bien tôt, il y a tant d’objets que nous aurions aussi voulu voir et revoir, mais cette session était inespérée, ne boudons pas notre plaisir !
  14. Pour bien commencer cette année 2019, je vous adresse mes meilleurs voeux et partage la suite de mes observations de l'automne 2018. Dobson Strock 254/1200 7 dessins : 8415 à 8421. Ce soir, je n'ai pas emporté le télescope de 508 à cause d'une contrainte le lendemain matin m'empêchant d'observer toute cette nuit donc je prends le Strock. La lune se couche à mon arrivée à 22h35. Je commence en allant chercher dans le Petit Renard des objets d'un type inhabituel pour cette constellation à savoir des galaxies. Observation 8415 : NGC7052. La galaxie est vue faible et allongée à 75X et j'ai confirmé à 150X sa forme, notamment en vision indirecte, car elle est assez diffuse. Observation 8416 : NGC7080. Cette galaxie est nettement plus diaphane que la précédente, pas sûre à 75X, étant très faible à VI1, peu condensée à 109X. A noter que ces deux galaxies sont dans le Petit Renard du côté qui jouxte Pégase, ceci expliquant du coup la présence de ces galaxies à cet endroit-là de la constellation. Observation 8417 : Mars. 480x. Comme lors de la dernière nuit, des chiens se manifestent encore par leurs aboiements au nord-est assez loin heureusement. Puis je me dirige dans une constellation réputée pour ses objets galactiques à savoir le Verseau. Observation 8418 : NGC7600. A 150X, elle est évidente avec un centre considérablement faible à faible et un halo bien diffus autour. En plus des chiens cette fois-ci c'est les vaches qui deviennent bruyantes. Observation 8419 : NGC7606. Je l'observe à 109X et 150X, elle commence à montrer du détail. Si ce n'est pas déjà fait, il faudra que je l'observe au Dobson de 508 aussi car au 250 je vois déjà une structure spirale avec des nodosités qui sont en VI 4 à 5 à 150X tandis que la galaxie est faible et diffuse. J'arrive à voir tout ça malgré un coup de fatigue et de la buée intermittente sur l'oculaire. Je dors debout après ce dessin, du coup je préfère aller dormir couché dans la voiture sur la banquette arrière et je ne me réveille qu'au bout de 3h, heureusement il fait encore nuit. Je rends visite à mon réveil à la comète Giacobini-Zinner 21P qui est encore dans le Cocher comme la précédente nuit. Observation 8420 : Comète Giacobini-Zinner. Sa position est intéressante pour une photographie grand champ car elle est à peine à un demi-degré avant de passer sur M35 le bel amas ouvert des Gémeaux. Le centre et la coma de la comète sont plutôt faibles tandis que sa queue étirée est faible à perceptible et diffuse. Le noyau a été placé à 4h44. J'ai essayé plein de grossissements à savoir 75X, 109X et 218X. Le froid s'accentue et j'ai mis mes gants. Je termine la nuit sur une petite galaxie d'Andromède Observation 8421 : NGC662. J'observe cette galaxie condensée à 150X où elle m'apparaît très faible à VI1 avec l'étoile brillante dans le champ qui gêne. L'aube semble poindre. Un hibou et son chant régulier sont assez proches et m'agacent un peu pendant 5 minutes à cause de cette régularité. Le camion de lait est passé aussi, je suis allé me protéger les yeux plus loin. Je remballe avant l'aube effective car aujourd'hui je dois passer à la banque pour envoyer mon virement au Chili afin de payer mon séjour du mois de novembre. Voilà pourquoi je n'avais pas pris le Dobson de 508 cette nuit car sinon je n'aurais pas pu dormir beaucoup avant d'aller à la banque.
  15. Un bolide à défaut de comète A la demande d’un enseignant d’une classe de CM2 du village de Cérons en Gironde, les animateurs d’ASTRONOMIE GIRONDE 33 se sont déplacés dans cette commune du Langonnais pour offrir une animation astronomique le vendredi 7 décembre 2018. Les enfants et leurs parents s’étaient réunis à la salle des Fêtes afin de visionner un film et des photos issus de leur voyage dans les Pyrénées, voyage qui les a emmenés du Château d’Henry IV à Pau, jusqu’à la Cité de l’Espace de Toulouse, en passant par l’Observatoire du Pic du Midi. L’environnement autour de la salle était plutôt pollué par l’éclairage public et sportif. Mais comme les nuages et la pluie était de la partie, ce n’était point gênant. Après le film, un repas façon « Auberge espagnole » fut pris en commun. Ensuite, on montra aux enfants quelques photos sur des panneaux d’exposition et les instruments d’optique montés dans la salle. Des discussions s’entamèrent, des questions trouvèrent leurs réponses, chacun put assouvir sa curiosité. Puis il fut décidé de sortir avec un petit groupe d’enfants voir si les étoiles montraient le bout de leur nez… ce fut le cas ! Mars, les Pléiades, Aldébaran, etc. étaient parfaitement visible bien qu’un voile nuageux semblait présent. Et d’un coup, alors que tous les yeux regardaient vers l’est, un bolide passa à toute vitesse, brillant de mille feux, un peu comme une ampoule gonflée de lumière trainant un sillon lumineux. Il explosa en trois ou quatre morceaux rouge qui s’éparpillèrent avant de disparaître. Les enfants hurlèrent, s’excitèrent, tous persuadés d’avoir vu la comète dont on leur parlait tant ! Une animatrice, après avoir repris son souffle, tout aussi impressionnée qu’eux par la vision de ce météore, calma leur enthousiasme. Elle leur expliqua ce qu’ils avaient vu, revenant petit à petit à la réalité des phénomènes atmosphériques attachés à la Terre. Comme ce météore se déplaçait du sud-ouest vers le nord-est, il était exclu que ce soit une grosse Géminide. Après quelques recherches, il semble que ce bolide ne soit pas attaché à aucune pluie d’étoiles filantes mais est simplement un météore isolé, comme il en tombe tant. Des jumelles et une petite lunette permirent aux enfants et à leurs parents de mieux observer les Pléiades et M42. Il ne fallait pas espérer en voir plus, malgré les tentatives de pointer la comète Wirtanen. La pollution lumineuse était trop importante, même placé derrière la salle à l’abri des spots du stade. Il restait les rangées de lampadaires à quelques mètres en face de nous. Si la météo avait bonne dès le départ, l’enseignant aurait choisi d’aller mettre les télescopes à l’école où le site était bien plus noir. Quand la soirée prit fin, les enfants et leurs parents étaient ravis du peu qu’ils avaient pu voir, même si ce peu était assez frustrant pour les animateurs qui espéraient en montrer beaucoup plus ! Mais ce bolide restera graver dans leurs jeunes esprits et, nous l’espérons, feront de certains d’entre eux quelques futurs astrams qui viendront grossir les rangs des observateurs réguliers du ciel nocturne !
  16. 7 dessins : 8376 à 8382. Dobson 508/1920 Il fallait bien que ça arrive, cette dernière nuit avant le départ. Je dors jusqu'à minuit et quart et suis opérationnel à 1h, soit 10 minutes après le coucher de la Lune en premier quartier, que je voulais éviter. Le ciel est bien dégagé après l'orage de l'après-midi avec toutefois quelques nuages à l'horizon nord. Je commence par la planète rouge au généreux diamètre mais basse donc lourdement affectée par la turbulence. Observation 8376 : Mars dans le Capricorne. 631x. Yves du club d'Ivry et Bernard B. sont passés. J'enchaîne sur 3 nébuleuses planétaires des fiches de Michel Nicole, dans autant de constellations d'été différentes, Lyre, Dauphin et Cygne. Observation 8377 : PK55+16.1. 138x, 201x, 85x. Cette nébuleuse de la Lyre répond bien en Oxygène 3 mais pas du tout en HBêta où seule l'étoile centrale perce. Elle est soupçonnée sans filtre Oxygène 3 et confirmée avec, cette nébuleuse faible à très faible en Oxygène 3. L'étoile centrale reste visible avec ce filtre, et est notée faible sans filtre. Au filtre, elle semble un peu ovale à 201x, et ne révèle pas d'autres détails. Cette nuit s'avère plus sèche que celle d'hier, en conséquence le chercheur ne sera pas du tout embué, quel plaisir! Mars se couche à 2h30 dans l'Aups. Observation 8378 : PK59-18.1. 138x, 201x, 85x. Soupçonnée à 85x sans filtre, mais incertaine, elle se situe dans le Dauphin. Je la vois sûre à 85x et avec une bonne réponse au filtre Oxygène 3. Elle s'efface en HBêta. Elle supporte mal les forts grossissements, étant très effacée à 201x. Optimale à 138x, elle montre alors une forme de demi-cercle. Observation 8379 : PK86-8.1. 85x, 631x, 1262x. Elle a été repérée grâce à son apparence un peu floue à 85x et aussi en blinking Oxygène 3. Elle envoie un peu de signal en HBêta et crache bien en Oxygène 3. La turbulence moyenne à 631x m'encourage à doubler la mise mais elle devient mauvaise à 1262x. Cette nébuleuse du Cygne a vraiment une forme bizarre, qui évoque une galaxie spirale pour le tronc principal, avant de percevoir les 2 pointes opposées. Une sorte de petite bête à 4 pattes trotte donc là-haut! En Oxygène 3, les condensations internes s'affinent et ressortent mieux, et les pointes s'atténuent un peu. Je ne perçois pas d'autres détails, néanmoins c'est un petit joyau de découvert! J'observe une poignée de galaxies Arp dans la Baleine jusqu'à l'aube. Observation 8380 : IC298 et IC298A. 276x, 402x. C'est Arp 147 , le fameux "10 dans le ciel" de la photo de Hubble. Et une grosse déception pour ma part. Je comprends pourquoi j'avais échoué par 2 fois pour le voir. J'avais repéré sur une photo le cheminement d'étoiles pour arriver pile dessus. Et qu'est-ce que je vois au final? Déjà l'étoile repère à côté est VI1-2. L'objet est bien plus dur que ce que je croyais pour sa magnitude de 14.3, juste quelques glimpses d'une tache floue à la limite VI5, collée à cette étoile. 276x est le meilleur grossissement pour les repérer, 402x assombrissant trop le champ, l'oeil s'y perd alors pour accrocher l'étoile repère. On ne peut pas gagner à tous les coups avec le catalogue Arp! Observation 8381 : NGC145. 201x, 276x, 85x. Après la déception du 10 dans le ciel, je renoue avec une belle observation de galaxies Arp avec ce 19ème membre du catalogue. Considérablement faible à 85x, il explose de détails à plus fort grossissement, montrant sa barre centrale grumeleuse avec noyau vu par intermittences en vision décalée. Un bras VI2 s'enroule, un autre VI3-4 se déploie à l'est du noyau. C'est beau! Observation 8382 : NGC497. 85x, 276x. Je termine la nuit et ce séjour avec Arp 8. La galaxie est faible à 85x et diffuse dans l'aube. Dans ces conditions de jour naissant, ce n'est pas évident d'y voir des détails. Des chouettes restées silencieuses pendant la nuit noire se manifestent vers l'aube. L'humidité a fini par se manifester sur les affaires mais rien n'a atteint les surfaces optiques (miroirs ou lentilles). Je remballe la partie haute et le miroir primaire avant d'aller dormir à 6h. Au revoir, Valdrôme! Les prochaines vacances feront date, 2 semaines astro-australes précédées d'une semaine de visites touristiques au Chili, en octobre-novembre. Mais avant ça, les CROAs de ce bel été indien!
  17. 11 dessins : 8365 à 8375. Dobson 508/1920 Je prends quelques photos d'ambiance cette nuit qui sera marquée par une forte humidité. Le croissant lunaire de 30% se tient à côté de Jupiter. J'observe d'abord 2 amas ouverts de l'Ecu de Sobieski. Observation 8365 : NGC6664. 85x, 138x. Il est riche, avec une curieuse disposition des étoiles les plus brillantes sur 2 flancs à angle droit. Je subis un premier passage de nuages. Observation 8366 : NGC6631. 138x. Cet amas tout en longueur montre bien ses étoiles faibles bien qu'un nuage gêne pendant ce dessin. Nous entendons la fête de la colonie de vacances, bien sonore sous le teepee dans le vallon de la station. Elle se finit à 23h, rendant à la nuit sa quiétude. Le télescope de 508 est ensuite pointé vers des galaxies du catalogue Arp dans Hercule. Observation 8367 : NGC6052. 85x, 276x, 402x. C'est Arp 209, vu dès 85x. Elle semble déjà hétérogène à ce grossissement, ce qui est évident à plus fort grossissement, avec cette forme de C parcouru de nodosités perceptibles à 402x. La galaxie considérablement faible est condensée. Observation 8368 : UGC10310 ou Arp 2. 138x, 201x, 276x. Cette galaxie est ténue, difficile à détaillée, VI1 et assez indistincte. A 1h30 d'autres nuages traînent sur l'Aups. Afin d'éloigner la menace, j'enchaîne quelques galaxies Arp dans Pegase. Observation 8369 : NGC7678 ou Arp 28. 85x, 201x, 276x. Assez faible à 85x et bleuôtée, elle a un centre très faible, un bras VI2 avec des nodosités. Le reste est diffus, VI4 à 5. A 2h je ressens les premiers signes de fatigue. Observation 8370 : groupe de NGC7578. 276x, 402x. Ce groupe difficile est Hickson 94 mais aussi Arp 170. NGC7578A très faible, PGC70836 vue VI3 à 4, et PGC70943 vue VI2 escortent la faible NGC7578B. A 2h30 je dois désembuer le miroir secondaire avec le sèche-cheveux mais ne peux rien pour le papier à dessin mouillé. Je suis le seul levé. Observation 8371 : NGC7588. 276x. Elle fait comme une très faible étoile floue. Observation 8372 : NGC7597/98/602 276x. Le trio contient NGC7597 faible à très faible, NGC7598 très faible, et NGC7602 faible et petite. La buée est incessante à 3h50. Observation 8373 : NGC7625 = Arp 212. 276x et 402x. Je la vois immédiatement, assez brillante et bleutée à 85x. Sa structure spirale asymétrique se pare de 2 nodosités en grossissant. Les galaxies de la Baleine m'accompagnent jusqu'à l'aube à 5h. Observation 8374 : NGC45. 201x et 138x. Trop sombre à 201x, elle est optimale à 138x, très diffuse et peu contrastée. Observation 8375 : NGC59. 85x, 201x. Elle est vue considérablement faible à faible à 85x, diffuse. Je dois me reposer dans l'auto 30 minutes avant d'avoir la force de ranger les affaires dégoulinantes d'eau.
  18. 9 dessins : 8348 à 8356. Dobson 508/1920 En début de nuit, Georges anime pour le public de 7 à 8 personnes. Laurent, le dernier des Mosellans, fait les 100 pas près de moi. Je l'envoie tourner un peu plus loin, je risquais de lui donner involontairement un coup de cage secondaire en tournant le télescope dans l'obscurité de la nuit. En préambule, je vise un amas globulaire d'Ophiucus. Observation 8348 : NGC6356. Il m'apparaît assez brillant et bleuté à 85x. Ses étoiles sont très faibles à perceptibles à 276x. Je me dépêche d'observer ensuite un amas ouvert du Sagittaire, qui va se coucher dans la montagne de l'Aups. Observation 8349 : NGC6540. Je l'explore à 201x, partiellement résolu et laiteux avec ses étoiles qui ressortent faibles à perceptibles. Je tente aussi Mars encore bien grosse après son opposition de fin juillet mais si basse. Observation 8350 : Mars. Encore située dans le Capricorne avec un diamètre confortable de 23.3", elle est victime de la forte turbulence. Le filtre rouge 23A permet d'en tirer quelque chose à 631x : une zone autour de la calotte polaire et une bande irrégulière sur la surface (Mare Cimmerium /Thyrrenum?). Je passe une demi-heure à dormir dans l'auto. Bien revigoré, je suis d'attaque pour regarder les faibles galaxies de l'amas Abell 2197 d'Hercule. Observation 8351 : NGC6184. Elle est faible, condensée et en même temps diffuse à 201x. Là une explication est nécessaire : elle est condensée par sa luminosité concentrée vers la zone centrale, mais diffuse par ses bords évanescents et flous. Observation 8352 : NGC6180. Je la vois faible à 201x, accompagnée de PGC58397 vue 100% du temps mais en vision décalée (VI1). Observation 8353 : NGC6175. La NGC faible à très faible et diffuse est escortée de 2 galaxies PGC58373 vue VI1 et nette et PGC58378 à 201x. Observation 8354 : NGC6173/74. NGC6173 est considérablement faible à diffuse et NGC6174 (=PGC58350) très faible à VI1. PGC58377 vue VI3 complète ce duo. Grossissements de 201x et 276x. A 3h30 elles sont trop basses pour que ça vaille le coup de continuer à les observer. Thomas et Georges remballent. Voici l'objet phare de cette nuit, nébuleuse planétaire connue de la Baleine. Observation 8355 : NGC246. Vue très faible au chercheur 9x50, elle répond fortement au filtre OIII et faiblement en HBêta à l'oculaire du 508. Je note une coloration verdâtre pomme sans filtre à 85x sur ce disque irrégulier assez faible. La forme générale type mortadelle ou crâne est déjà bien visible sans filtre. Elle est complexe à détailler à 201x et 138x et devient ciselée en OIII, magnifique! Fatigué à 4h40, je termine toutefois par une galaxie du Sculpteur dans l'aube. Observation 8356 : NGC150. Assez faible à considérablement faible à 201x, diffuse, elle résiste suffisamment longtemps à l'arrivée de l'aube pour que j'y soupçonne un bras, confirmé le lendemain par les photos. Je note aussi sa coloration bleuôtée ciel. Il faudra que j'y revienne en pleine nuit. Thomas puis Georges démontent leur télescope (chacun a son 400).
  19. L’apprentissage astronomique des tout-petits A la demande du centre de loisirs du Teich sur le Bassin d’Arcachon (33), les animateurs d’ASTRONOMIE GIRONDE 33 étaient conviés à faire une découverte de l’astronomie aux tout-petits. En 2015, les animateurs s’étaient déjà déplacés pour les 6-11 ans, mais là il s’agissait de s’occuper des 3-5 ans. Le défi fut relevé. Après le repas de midi pris à la cantine avec les enfants, nous eûmes trois quarts d’heure pour l’installation dans la cour de l’école maternelle où opérait le centre de loisirs durant les vacances. L’été indien était bien installé depuis plusieurs jours et nous pûmes bénéficier d’un beau ciel bien dégagé et de températures très douces. A 14h, on commença par 13 enfants de 4-5 ans qui ne faisait pas la sieste. Une première approche fut faite avec les lentilles de lunettes astronomiques suivie d’une initiation de l’observation à l’oculaire. Un des animateurs fit de l’acquisition à la webcam sur les protubérances du Soleil. Le succès fut immédiat car les enfants n’avaient à fournir aucun effort pour voir vivre notre étoile. Puis on leur proposa de dessiner les taches et éruptions du Soleil sur un cercle, simulant l’astre diurne, déjà mis sur papier. Pour finir, on leur proposera des tirs de fusées à aspirine avec fabrication de capsules Apollo simplifiées. C’est, à n’en pas douter, l’atelier qu’ils préférèrent. A 15h15, on passa aux plus jeunes : 14 enfants de 3-4 ans. On décida de laisser tomber l’astrodessin solaire pour se concentrer sur l’initiation de l’observation à l’oculaire, bien plus délicat quand il s’agit d’expliquer en premier comment fermer un œil sans fermer l’autre. Mais avec beaucoup de patience, les petits bouts y arrivèrent. La fabrication des capsules Apollo prit un peu plus de temps qu’avec le premier groupe et nous pûmes terminés sur les tirs qui, là aussi, les ravirent. A 16h, il était l’heure du goûter et les enfants nous quittèrent avec, comme pour le premier groupe, pour chacun une paire de lunette à éclipse et leur fusée. Ils semblaient assez contents de leur après-midi. Les encadrants nous confirmèrent l’intérêt des enfants qui sont restés, malgré leur jeune âge, assez concentrés sur l’activité, ce qui n’arrivent pas à tous les ateliers qui leurs sont proposés. De notre côté, nous fûmes satisfaits d’avoir pu apprendre quelque chose à ces jeunes, très jeunes padawans. Leur en restera-t-il quelque chose d’ici à la fin de l’année… personne ne le sait vraiment mais on l’espère fortement ! . . . . . . Crédit photo protubérance solaire : Dominique Durand
  20. 12 dessins : 8336 à 8347. Dobson 508/1920 La nuit sera marquée par des passages de nuages gênants au début, accompagnés d'une turbulence pourrie. Je pointe d'abord un amas ouvert du Sagittaire. Observation 8336 : M21. Cet amas ouvert du catalogue Messier se situe à proximité immédiate de la nébuleuse de la Trifide et vaut lui aussi le coup d'œil. Je l'observe à 138X. De toutes façons ça ne sert à rien de grossir davantage avec la turbulence qui est forte à 5 sur 5 sur l'échelle de Danjon. Il est fourni mais la forte turbulence diminue la magnitude limite visuelle et en plus des nuages gênants l'atténuent par moments. A cause des nuages perturbateurs, je déserte le Sagittaire et pars pointer à l'est un amas globulaire de M31. Observation 8337 : Mayall 2. Voici le plus facile amas globulaire de la galaxie M31, G1 ou encore Mayall 2 qui, escorté par ses deux étoiles fait penser à une tête de Mickey. Je le grossis 276X puis 402X mais là aussi la turbulence est bien gênante et malgré ça je vois une petite boule considérablement faible. On le voit certes mais les images sont donc floutées par la turbulence. Encore des passages nuageux à noter au programme de cette nuit... Je poursuis plus loin ma fuite vers l'est vers la comète Giacobini-Zinner 21P dans Cassiopée. Observation 8338 : comète Giacobini Zinner. Je la dessine à 85X et 201X. Cette comète est verte pomme et déjà visible faiblement comme une tache floue au chercheur 9 x 50. Son centre brillant est réhaussé par sa queue plutôt faible à perceptible. Les nuages sont maintenant chiants, n'ayons pas peur des mots. Je refais le grand écart à l'opposé du ciel pour fuir les nuées. Et hop retour dans le Sagittaire pour regarder un autre amas ouvert du catalogue Messier! Observation 8339 : M18. Après M21 voici cette fois-ci M 18 qui se situe pas très loin de la nébuleuse de l'Oméga ou du Cygne dite M17. Cet amas ouvert est assez riche et brillant à 138X et je l'ai déjà vu au chercheur 9 x 50 assez faible et en partie résolu. La turbulence est pourrie cette nuit sûrement en rapport avec ce temps partiellement nuageux et instable. Les nuages sont enfin partis le temps de finir ce dessin. Je peux tenter des objets plus faibles, à commencer par des galaxies dans Hercule, inspiré par les fiches de Michel Nicole. Observation 8340 : Hickson 82. Ce groupe est composé de 4 galaxies : NGC6172 qui est considérablement faible à faible, NGC6163 faible et diffuse, NGC6161 très faible et enfin PGC58231 vue VI2 à 3. Cet ensemble est décortiqué à 201X et 276X en profitant d'une baisse de la turbulence qui est maintenant moyenne à 3 sur 5. Les cibles suivantes seront des galaxies du Dragon en suivant les fiches de Michel Nicole. Observation 8341 : Arp 311. Voici un petit groupe intéressant formé de trois galaxies dont deux seulement ont été vues à 85X. Il faudra grossir 201X et 276X pour voir la troisième, l'ensemble étant apprécié avec une turbulence moyenne. IC1258 qui est faible est accompagnée de la considérablement faible IC1259 et de IC1260 qui est très faible. Observation 8342 : NGC6370. A 276X cette galaxie est faible et facile à voir malgré sa proximité de la brillante étoile. Je note une recrudescence de la turbulence. J'ai repéré sur la même carte de l'Uranométria un petit groupe de galaxies bien sympa qui est encore plus riche que ce que je croyais, voici donc la cible suivante toute désignée. Observation 8343 : groupe de NGC6338 à 6346. J'ai pas moins de 6 galaxies à 85X mais plus sûrement 276X dans le champ de l'oculaire. La galaxie la plus brillante du groupe est NGC6338 vue considérablement faible à faible et accompagnée à proximité par PGC59943 vue VI2. Les autres sont à quelques minutes d'arc : NGC6345 faible et allongée, NGC6346 faible et diffuse et pour terminer le triangle rectangle isocèle la PGC59929 vue VI2 à 3 au sud-ouest de ces dernières. Enfin n'oublions pas un peu à l'écart la galaxie IC1252 qui est vue très faible à VI1. Je quitte un peu le monde des galaxies pour observer deux nébuleuses planétaires du Cygne des fiches du québécois Michel. Observation 8344 : PK81-14.1. Je la grossis 201X et la soupçonne sans filtre. Elle devient facile en filtrage Oxygène 3... Facile c'est un grand mot car selon les zones je la vois seulement en vision décalée VI1 à 5! Par contre c'est marrant, j'aperçois comme deux spires dans la nébuleuse planétaire. Elles sont vues 50% du temps en vision décalée donc VI3. Je constaterai sur des photos qu'effectivement elle a cette drôle d'apparence. Elle réagit bien au filtre Oxygène 3. Observation 8345 : pk77+14.1. Je vois cette nébuleuse planétaire à la limite entre vision directe et vision indirecte en Oxygène 3 mais rien sans filtre. Je l'observe à 85X, elle ne supporte pas plus. Elle est très diffuse, décorée d'étoiles en surimpression. Je vise une galaxie du Cygne à côté. Observation 8346 : NGC6783. Cette galaxie est très faible, petite et condensée même à 201X. Je termine par des objets plus proches à savoir Uranus et ses satellites dans le Bélier à l'aube quasi nautique. Thomas, Georges, Nicolas viennent de ranger. Observation 8347 : Uranus et sa famille. J'observe ce mini système solaire à 631X. Je note 3 astres autour d'Uranus qui est verte clair et brillante et je les identifierai comme étant Umbriel qui est très faible à VI1 puis Titania qui est faible tout comme Obéron. Les affaires et le télescope sont humides ce qui ne m'étonne pas vu l'instabilité de cette nuit. Bref le fond de l'air était humide.
  21. Valdrôme nuit du 11 au 12 août 2018 9 dessins : 8322 à 8330. Dobson 508/1920 Je poursuis l'exploration des amas globulaires d'Ophiucus comme hier. Observation 8322 : NGC6355. 201x. Il reste faible, assez petit et partiellement résolu. Ses étoiles sont notées très faibles à perceptibles. Un groupe de photographes placés au plus haut du talus à l'Est gênent par leurs lumières, ça rouspète autour de moi : PC éclairant les arbres derrière, et leurs frontales dirigées vers nous lorsqu'ils regardent leur écran de PC. Certes ils n'ont pas été placés par l'organisation à l'endroit réservé où ils pensaient moins gêner, mais on sent un manque de préparation sur ce point. Mes collègues astrophotographes du club de Thorigny placés sur le talus sont bien impactés, Jean-Marc ira jusqu'à utiliser comme bafflage une serviette de bain pour prémunir ses photos de leur éclairage. Il finiront par trouver des réglages et une organisation plus appropriée la nuit suivante, les débutants de leur groupe ayant été briefés, au point qu'on pourrait croire que ce ne n'est plus le même groupe que la veille. Observation 8323 : NGC6401. 276x, 85x. Considérablement faible et petit à 85x, il devient granuleux puis partiellement résolu à 276x. Je tente ensuite une discrète nébuleuse planétaire du Sagittaire. Observation 8324 : PK5-2.1. 201x. Elle est très faible sans filtre et faible en OIII. Elle reste ponctuelle, je l'ai repérée avec certitude par blinking. Encore grosse (23,8") après son opposition de fin juillet, Mars dans le Capricorne a été dessinée. Observation 8325 : Mars. Je l'observe de l'oeil gauche pour garder mon adaptation nocturne. Sans filtre rouge, l'image est trop peu visible (turbulence de 4 à 5 sur 5). Avec ce filtre, la région de Syrtis Major et Hellas sont bien reconnues parmi pas mal de détails fugaces. 402x, 631x et filtre 23A. Je suis fatigué. Pour se réveiller un peu, on se chambre avec Thomas dit Locus et son ami Georges. Qui aime bien charrie bien! Ca a marché, je suis plus alerte pour arpenter les sentiers des amas de galaxies d'Hercule. Observation 8326 : Abell 2199. 201x. Heureusement que j'ai observé Mars avec l'oeil faible (mon gauche) sinon c'était mort pour apercevoir ces faibles et lointaines lueurs! 201x. NGC6166 est assez faible à considérablement faible, NGC6166A faible, 6166C faible à très faible, 6166D très faible, PGC58277 faible à très faible, PGC58212 très faible à VI1. Observation 8327 : NGC6145/6/7. 201x. Je regarde ce faible groupe à proximité de la précédente. NGC6146 est la plus facile, considérablement faible à faible, NGC6145 est très faible tandis que NGC6147 ferme la marche en vision indirecte VI3. Je reviens dans notre système solaire pour traquer l'objet suivant, errant par nature. Observation 8328 : Comète Giacobini Zinner 21P dans Cassiopée. 85x, 201x. J'ai placé le noyau à 3h42, le déplacement de la comète a été perceptible au fil du dessin. Elle est bien colorée vert pomme à 85x, plus diffuse mais avec une queue plus longue que lors de la précédente observation. Le noyau est brillant, et la queue semble considérablement faible à perceptible. Je profite de la proximité qu'a donné ce pointage pour observer une nébuleuse planétaire détaillée de Cassiopée. Observation 8329 : IC289. 201x, 402x, 276x. Invisible en HBêta, elle réagit bien en Oxygène 3 (OIII). Son étoile centrale très faible se détache de la nébuleuse considérablement faible à 201x, turquoise pâle à 85x. Son anneau mieux vu en OIII a un aspect irrégulier, ainsi que la zone interne d'éclat hétérogène. A 4h30 ça remballe autour de moi. Je termine avec un amas ouvert de la Girafe dans l'aube. Observation 8330 : St23. 138x. C'est une belle surprise, cet amas ouvert dit de Pazmino est brillant et coloré, assez fourni, caractérisé par un large écart de magnitudes. Les affaires sont trempées.
  22. Soirées aoûtiennes à la Frayse Avec un autre de nos partenaires privilégiés en matière d’animations astronomiques, la section « Environnement » de l’UFCV du Domaine de la Frayse, à Fargues-Saint-Hilaire (33), a fait appel aux animateurs d’ASTRONOMIE GIRONDE 33 pour initier à l’observation astronomique des enfants de centres de loisirs venus passer quelques jours au Domaine, histoire de bivouaquer et de se rapprocher de la nature. Le jeudi 23 août 2018, c’est un groupe de seize enfants 7 à 9 ans qui étaient présents. La météo était plutôt en dents de scie. Nous ne savions pas si l’observation serait possible tant en début de soirée, le ciel était couvert. Comme il n’était pas menaçant, les tubes furent installés. Vers 22h, les nuages partirent enfin et nous pûmes montrer aux enfants et à leurs accompagnants, les planètes et la Lune. Les jeunes yeux curieux étaient enchantés des merveilles qu’ils pouvaient découvrir à l’oculaire, et comme il y avait de la demande, l’offre suivit avec grand plaisir. Ce n’est qu’après minuit qu’ils nous quittèrent pour rejoindre leurs tentes et rêver peut-être aux voyages interstellaires. Le mardi 28 août 2018, c’est un autre groupe de seize enfants mais cette fois de 6 à 7 ans. Malheureusement pour eux, les orages menaçaient dès le début de soirée et, après le repas, il fut décidé de ne pas sortir le matériel. Les encadrants décidèrent aussi de ne pas dormir sous la tente et d’investir le dortoir mis à disposition par l’UFCV. Mais l’heure n’était pas encore au dodo. On les invita alors en salle pour assister à la présentation en diaporama commenté de la planète Mars. Malgré leurs jeunes âges, aucun ne s’endormit. Bien au contraire, ils posaient des questions, parfois plutôt bienvenue, parfois hors sujet mais toujours en rapport avec l’astronomie. L’orage éclata pendant la présentation. Et c’est sous une pluie battante que se terminèrent ses soirées aoûtiennes à la Frayse.
  23. Un été aux Sources Les Sources de Caudalie, un centre de remise en forme et de bien-être situé au milieu des cépages girondins des Graves et qui propose des soins à base des fruits et feuilles de la vigne, est devenue depuis 2017 un partenaire récurrent de nos soirées d’astronomie. Leur clientèle apprécie grandement l’observation du ciel nocturne, que ce soit avec des instruments ou à l’œil nu. C’est donc tout naturellement que le centre a demandé aux animateurs d’ASTRONOMIE GIRONDE 33 de venir chaque mercredi des mois de juillet et août 2018, sous couvert de bonnes conditions météorologiques. Ce n’est pas moins de 5 mercredis qui furent maintenus à la grande joie des petits et grands occupants temporaires des Sources de Caudalie. Après installation des tubes, les animateurs étaient invités à prendre un repas à la carte au restaurant « La table du Lavoir », la soirée ne débutant qu’à 21h30. La clientèle ne restait généralement pas plus d’une semaine et, à chaque soirée, les curieux se renouvelaient. La variété des nationalités permit aux animateurs de soit améliorer leur anglais parlé, soit leur gestuelle internationale. Des européens, des américains, des asiatiques et des africains, tous les continents étaient présents. Les clients, plutôt aisés, ne boudaient pas leur plaisir d’autant que la Lune, Vénus, Mars, Jupiter et la belle Saturne se prêtaient avec délices à l’admiration des néophytes, arrachant à ces derniers des « Oh my god ! », des « Waouuuuuuu » et des « Amazing ». Les fins de soirée, après minuit, c’est le personnel du centre qui venait profiter de l’observation. Généralement, cela finissait vers 1h/1h30 du matin. Lors de la soirée du 25 juillet, les animateurs eurent la grande chance de rencontrer l’épouse de l’arrière-arrière-petit-fils de Camille Flammarion. Son mari absent, elle ne fut pas en reste pour observer en toute simplicité dans les tubes proposés, malgré l’habitude qu’elle avait de côtoyer de plus grands instruments. Elle nous parla du projet de réfection de l’observatoire de son ancêtre par alliance. Lors de la soirée du 15 août, ce fut un flash d’Iridium qui brilla assez fortement, impressionnant les curieux mais également les animateurs qui ne se lassaient pas de ce spectacle. Provenant de satellites devenant de plus en plus rares, ces Iridiums auront bientôt totalement disparu de l’orbite terrestre. Il est toujours très agréable et valorisant de faire, ou refaire, découvrir notre ciel nocturne à des personnes curieuses et envieuses d’en savoir plus. Et malgré la frustration, parfois, de ne pas arriver à bien se faire comprendre ou de pouvoir entamer des discussions plus poussées sur l’astronomie, cela restait un régal de voir et d’entendre cette première fois d’un regard à l’oculaire d’un télescope ! . . . . . . .
  24. Maksutov 127 : exemples d'observations

    Salut, J'ouvre ce sujet entre autres pour les débutants et/ou autres personnes intéressées par l'achat d'un Mak 127 (j'ai constaté qu'il y en avait pas mal ! ) qui se demandent ce qu'ils peuvent espérer tirer de ce matériel. Voici donc quelques comptes-rendus dans des situations diverses de lunaison, avec différents objets observés en fonction. J'alimenterai au fil du temps et des nouvelles observations, et vous êtes bien sûr les bienvenus à participer (même si vous n'avez pas exactement le même Mak ) Je possède un Mak SW 127/1500 (le fameux tube bleu !) depuis une dizaine d'années, mais je le redécouvre avec plaisir depuis la vente de mon lourd Dobson ! Observations du 22 octobre 2018 - Saturne et M25 Saturne est basse sur l'horizon sud-ouest. Dans le Pentax XW 20 (grossissement 75x), elle est petite, souffre de la turbulence et de la dispersion atmosphérique. Pourtant, l'image est loin d'être affreuse, ce n'est pas un pâté, c'est même plutôt fin malgré les désagréments cités. Les anneaux assez ouverts se détachent sans équivoque 100% du temps, et dans les trous de turbulence on voit bien comment ils "coupent" le globe en passant devant lui, masquant toute la partie inférieure. Cette coupure est matérialisée par une bande très sombre caractéristique qui épouse la forme arrondie des anneaux et les sépare du globe tronqué. Cette ombre est visible 1/4 à 1/3 du temps, mais quand elle y est elle y est et c'est très joli. Il faut rappeler que Saturne n'est qu'à une quinzaine de degrés au-dessus de l'horizon, tout au plus ! Le passage à un grossissement de 150 fois (Delos 10) n'apporte rien de plus sur Saturne, pas de bandes nuageuses contrastées sur le globe. Ha oui, peut-être la division de Cassini qui semble vouloir s'extraire de la turbu sans vraiment y arriver. Mais soulignons quand-même que ce doublement du grossissement n'a pas non plus dégradé l'image ! On note aussi la présence de Titan non loin de là. Juste à côté de Saturne, M25 entre entier dans le champ du Delos 10. Ses quelques étoiles les plus brillantes sont largement visibles en vision directe et je suis très satisfait de leur piqué pour un grossissement de plus de 1D dans la turbulence de l'horizon. Pour aller plus loin, quelques étoiles beaucoup plus faibles se laissent deviner dans ce fond de ciel très éclairci par la quasi pleine Lune. Bien sûr on ne peut pas les compter tellement c'est subtil, mais il n'y a aucun doute possible, on a bel et bien un amas ouvert sous les yeux. - Mars Je pensais que cette cible plus haute que la précédente souffrirait moins de la turbulence, mais il n'en fut rien ! Dès 75 fois l'image bouillonne, pourtant on arrive quand même à sentir que la surface est contrastée. De façon moins évidente qu'au C14 (quelle est la part du diamètre, de la turbulence, de la clarté de l'atmosphère ?), mais en tout cas il y a bien un prémisse de contraste. Je ne m'y attarde pas (j'ai un doute après coup, je ne sais pas si la mise au point était vraiment au top car la turbu était étonnamment forte, signe parfois d'une légère défocalisation. Ma foi...) - La Lune Voici le dernier objet, et le clou de la soirée. Je ne comprends pas comment marche la turbulence. Elle en souffrait aussi, mais beaucoup moins. C'est avec ce genre d'observation qu'on peut juger la qualité optique de façon assez sûre, et je dois dire que je n'ai pas été déçu Ce télescope m'avait déjà surpris cet été par la finesse des images planétaires quand l'atmosphère était stable, mais je n'avais pas eu l'occasion de le pousser comme hier soir dans ses derniers retranchements en observation lunaire. La turbulence est là, mais sans plus. L'image est fine, ciselée, pure, dépourvue de toute aberration. Pour le coup, je n'ai pas de doute sur la mise au point que j'ai soigneusement réglée jusqu'à avoir le meilleur contraste (qui ne laisse pas à désirer). Je passe du XW 20 au Delos 10 sans qu'il y ait un chouia de différence question netteté. Les fronts de turbulence se voient juste un peu plus, donnant l'impression amusante d'un pli rectiligne qui avance à la surface de la Lune. Mais c'est tout... je m'attarde sur les cratères Pythagore, Philolaus ou encore Carpenter, pris dans le terminateur ou proches de lui. C'est un régal de finesse et de contraste, on embrasse du premier regard leur contour qui descend en gradins, formant des strates à peu près circulaires et concentriques qui se touchent par endroits, se confondent puis s'écartent à d'autres. Leurs pitons centraux, simples ou doubles selon le cratère, sont très nets, éclairés ils ressortent de l'obscurité du fond du cratère. L'image est tellement bonne que je pousse le grossissement à 330x avec le Delos 4,5, pour voir ce que ça donne. Hé bien, à 2,6D, le piqué reste diabolique (je ne dis pas "correct", non, l'image n'a carrément rien perdu en netteté par rapport au XW 20, ou alors ce n'est quasiment pas perceptible ). La turbulence assombrit l'image par vagues, quand même assez espacées, mais rhâ là là, le contraste, les détails sont toujours là, ils ne sont pas pâteux du tout, au contraire on en voit même des nouveaux. D'autres reliefs dans le fond des cratères les mieux éclairés accompagnent les pitons centraux, le sol tourmenté de leurs environs apparaît clairement, précisément, bosselé, dans les trous de turbulence. Notamment autour de Philolaus (dont je ne connaissais rien avant hier soir, étant un ignare total en lunaire !). J'y reste longuement et songe abasourdi à un truc... 4,5 est ma plus courte focale (aussi la plus courte que j'utilisais généralement sur mon Dob 350 à f/4,5 ). Mais vu la qualité d'image presque hallucinante, on aurait pu monter tranquillement à 3D. Et après ? 3,5 ? 4 ??? Non je vous jure, à 2,6 il ne souffrait pas du tout, mais alors pas du tout du tout. (Bien sûr je tiens à préciser pour enfoncer le clou que la collimation n'a jamais été touchée une seule fois en 10 ans ! Je sais même pas comment ça marche ) Enfin bref, pour une première batterie de test, je suis vraiment très satisfait, je me suis même régalé. Ca promet pour les observations planétaires les nuits de bonnes conditions. D'autres comptes-rendus d'observations à venir, mais déjà ça peut vous donner une première idée PS comme c'est d'usage sur d'autres posts, je joins une image (pas de moi !) de la zone dont je parle : Pythagore, à gauche, était pris dans le terminateur, Carpenter au-milieu est situé au bout d'une sorte de coeur pointé vers la droite (qui ressortait magnifiquement bien d'ailleurs ) , et Philolaus, le grand et profond cratère sur la droite avec ses deux pitons centraux. Source de l'image : http://www.astrosurf.com/astromak/vierge3.html
  25. 11 dessins : 8311 à 8321. Dobson 508/1920 Après avoir montré M4, je me cantonne à la même zone du ciel pour regarder quelques amas globulaires d'Ophiucus Le Serpentaire. La turbulence est défavorable pour ces objets bas, de 5 sur 5 en échelle de Danjon. Observation 8311 : NGC6325. 201x, 276x. Diffus et considérablement faible, il commence à être résolu en étoiles perceptibles. Observation 8312 : NGC6316. 276x. Assez faible, il révèle un début de résolution mais la turbulence pourrie limite le pouvoir séparateur. Je poursuis avec quelques nébuleuses diffuses du Sagittaire. Observation 8313 : NGC6589/90/95. 85x, 138x. NGC6589 et 90 sont considérablement faibles à faibles et NGC6595 assez faible. Ces nébuleuses sont faciles, verdâtres émeraude à 85x. Ces nébuleuses par réflexion réagissent très faiblement en OIII et pas du tout en HBêta. Observation 8314 : IC1283/84. 85x. Très faibles et très diffuses, ces nébuleuses n'apparaissent qu'en HBêta. Passons aux nébuleuses planétaires de l'Aigle, notamment la première que quelques dessins sur les forums m'avaient donné envie d'observer enfin au 508. Observation 8315 : NGC6804. 402x, 201x, 85x. Sans filtre, je la vois colorée verdâtre pomme à 85x. Assez faible, sa forme est complexe. Les extensions sont très faibles à VI1. En OIII la nébuleuse est plus arrondie. Elle réagit bien à ce filtre et très faiblement au filtre HBêta. Observation 8316 : NGC6803. 85x, 631x. Brillante, elle répond bien en OIII, elle aussi est vert pomme à 85x. Comme je fatigue à 2h30, place à une demi-heure de sieste dans l'auto. La suite concerne la comète 29P dans les Poissons. Observation 8317 :Comète Schwassmann Wachmann 29P. 85x, 201x. Elle est vue dès 85x assez facile, faible, très diffuse. Je pars sur 2 groupes de galaxies Hickson dans les Poissons d'après une idée d'observation de Michel Nicole. Observation 8318 : Hickson 97. 201x, 276x. IC5356 et IC5351 sont faibles, la seconde n'est pas facile à repérer collée à l'étoile, mieux détachée à 276x. IC5357 est considérablement faible à faible, IC5359 très faible et enfin PGC72405 est vue VI1. Observation 8319 : Hickson 98. 276x. NGC7783 faible est accompagnée de PGC72808 très faible à VI1, PGC72810 = NGC7783C vue VI2-3. C'est aussi Arp 323. A 4h quasi tous les autres sont partis dormir. Je termine par 2 autres galaxies des Poissons jusqu'à l'aube quasi nautique. Observation 8320 : NGC7787. 276x. Elle est très faible et très diffuse. L'aube arrive. Observation 8321 : NGC7750. 276x. Très faible et très diffuse comme la précédente, elle est allongée dans l'aube. A 5h20 on est encore quelques-uns levés. Cette nuit j'ai aussi montré M8, M11 notamment aux voisins Thomas, Georges et Aymeric.