Le Télescope de 10 pouces de JMB

Aout 2005


J'ai souhaité cumuler l'expérience acquise, tout en apportant des solutions pratiques à des problèmes récurrents tels que la collimation, le porte oculaire, l'araignée. Voici une vue générale de l'instrument, tel qu'il apparaît monté sur une table équatoriale.

J'ai choisi la symétrie hexagonale, car elle permet facilement d'installer le barillet triangulaire, les 6 tubes constituant le corps du télescope, et l'araignée à trois branches. Deux tambours semblables constituent le corps porte miroir et la tête du télescope. Des entretoise de contreplaqué assurent la liaison entre deux flans, montées à la colle et vissées. On arrive pratiquement à un dodécagone de belle rigidité.

La liaison entre les deux tambours assurée par des tubes alu de 12 demande pas mal de soin. Pour que les tubes travaillent dans de bonnes
conditions, il faut qu'ils soient pris sur l'axe. J'ai donc fabriqué des noyaux, tronçons de rond d'alu de 10, longs de 30 mm, percés et taraudés
à 6 mm, collés dans l'extrémité des tubes. L'alu n'est pas commode à tarauder avec les tarauds classiques trois passe, et ça va beaucoup
mieux avec un taraud monopasse.

Dans chaque noyau, un boulon inox de 6 est vissé, et sur la tête du boulon une rondelle de 6 sur chant est brasée à l'argent. C'est par elle
que le tube sera fixé sur le tambour. La brasure argent inox sur inox est facile, à condition d'apporter le flux uniquement une fois les
pièces à température, et juste ce que la baguette de brasure peut retenir. Il ne faut surtout pas trop chauffer.
Un des avantages de cette formule est de pouvoir ajuster la longueur des tubes pour assurer le parallélisme entre les tambours, répartir
correctement les tensions qui doivent être minimales sous peine de vibrations, et cela permet également une certaine latitude dans la
longueur globale du tube, autorisant une certaine plage d'adaptation du foyer.
Le tambour du bas reste ajouré, la culasse est percée de plusieurs trous à la scie cloche, le barillet est percé d'un trou. Tout cela pour
permettre une bonne circulation de l'air. Les tubes sont liés aux tambours par l'intermédiaire de petits boulons
de 6 prenant les rondelles, et vissés dans des écrous brasés sur la têtes des boulons fixés dans les tambours.

L'araignée

Elle est à trois pattes, j'aime mieux six aigrettes très faibles plutôt que 4 fortes. On y gagne pas mal. Les pattes sont en inox brillant, ex ruban de cerclage. Volontairement brillant, aussi poli que possible pour des raisons de thermodynamique.Quand les pattes sont noires mates, elles émettent un maximum dans l'infra-rouge vers le fond de ciel nocturne, et prennent une température inférieure à celle de l'air ambiant. Elles se retrouvent alors gainées d'un couche d'air froid, qui dévie la lumière et aggrave considérablement la diffraction des pattes. C'est le métal nu brillant qui est le moins émissif. Des boutons de commande des vis de réglage sont faits en pâte époxy, permettant une bonne prise de vis par les doigts, cela évite l'utilisation d'un tournevis dans le noir. Sur la vis centrale, un joint néoprène assure la tension des vis de réglage.

Le Crayford: Porte oculaire devenu incontournable.

Il est réalisé en contreplaqué. Une pièce triangulaire percée d'un trou à la scie cloche. Un anneau réalisé de même, coupé en trois segments collés ensemble est le support du chemin de roulement du tube PVC de 40.
Les 4 roulements proviennent d'un magasin de modélisme, le diamètre du trou des roulements est de 4 mm. Ils sont simplement enfilés sur 4 petites tiges de 4, scellées à la pâte époxy, ce qui permet de les aligner correctement pendant la prise.

Le galet noir d'entraînement du tube est en néoprène, provenant d'un joint de robinet, réduit en diamètre par tournage en l'air à la perceuse. Un bras articulé tiré par un ressort assure la pression d'entraînement. Tel qu'il est là, il est
très doux, une plume, et tient parfaitement l'oculaire. Sur la face inférieure du tube, une protubérance en PVC collée coulisse dans une rainure, assurant une limitation de course préventive de chute de l'oculaire. La course est de 25 mm.

 

La platine porte oculaire est montée sur trois vis et ressorts poussants, pour permettre l'alignement de l'axe optique. Les tubes oculaires sont en PVC, 40 de diamètre extérieur, 32 à l'intérieur. Du velours noir adhésif rattrape le diamètre, et évite les réflexions internes.

 

Le capot d'objectif, fait d'un sandwich carton-mousse, avec une bordure en bristol a la fonction de protéger le miroir pendant les périodes de repos, et comporte au centre une poignée de manipulation percée d'un trou de 10 mm. Ce trou permet le passage et le centrage du faisceau du collimateur laser

Le système de collimation

Dans tout ce qui suit, on suppose que l'amateur a comme principaux
outils une scie, une perceuse sur colonne, et sait se servir d'une lampe
à souder à gaz.

La collimation est un vieux problème, quasi insoluble quand on est seul
à faire la navette entre l'oculaire et la culasse du télescope, et pas
vraiment facile quand on est à deux, un qui regarde l'étoile repère, et
l'autre qui manie les vis de réglage du télescope.

J'ai conçu pour faciliter la manoeuvre un barillet particulier.
Pour cela, le barillet est un simple triangle en contreplaqué sur lequel
le miroir est fixé de façon fixe, c'est l'ensemble qui est orientable.
Il est donc fait d'un triangle en contreplaqué de 18 terminé par trois
pattes à ses sommets. L'une d'elles est pincée sur un boulon de 10
solidaire de la culasse entre des rondelles de néoprène, issues du rayon
sanitaire du magasin de bricolage. Cela donne une articulation souple.

l'articulation souple

Les deux autres, enfilées sur deux autres boulons sont poussées sur des
ressorts à compression pas trop raides, mais suffisamment pour bien
rappeler le barillet sur ses pattes.

La poussée est assurée par deux tubes, un écrou de 10 brasé en bas, un
boulon à tête creuse 6 pans brasé au dessus. Ce dernier sert
de prise à un tronçon de clé Allen collé au bout d'un tube alu. Il y en
a donc deux, qui se prolongent en direction de l'oculaire et se
terminent par un bouton de commande.

La collimation se fait de façon quasi instinctive, en manoeuvrant les
boutons de commande tout en surveillant l'étoile repère. On voit tout de
suite dans quel sens elle part, on la recentre au fur et à mesure. Il
n'y a pas grand chose à retoucher d'une séance à l'autre, et la
manoeuvre prend une minute.

une des fixations réglables

le système de réglage opérationnel

le barillet et le tambour, durant la construction