LA COLLIMATION

par
Gérard THERIN

Les réglages des instruments ne sont pas définitifs (sauf peut-être, pour les petits réfracteurs) car les dilatations thermiques, les contraintes mécaniques (mise en température) et les manipulations un peu brutales font que les différents réglages peuvent se modifier légèrement. L’amateur d’images à Haute-Résolution se devra de contrôler régulièrement l’alignement optique de son instrument et de retoucher à la collimation si besoin. Bien évidemment, il faut que l’instrument soit parfaitement en température avant de commencer la collimation.

Il existe plusieurs méthodes pour régler un instrument. La collimation géométrique est souvent la technique la plus utilisée par les amateurs malgré le fait que la précision atteinte n’est acceptable qu’avec des instruments dont le miroir primaire est ouvert à F/D=6 ou plus. Il faudra être extrêmement vigilant avec les télescopes de type Cassegrain et plus encore, Schmidt-Cassegrain dont les miroirs primaires sont ouverts, en général, a F/D=2. Dans leurs cas, la moindre petite décollimation se traduira immédiatement par une chute vertigineuse du rendement de l’instrument ! Ces instruments, souvent critiqués, sont en fait fréquemment déréglés (bien entendu, il y en a également qui ne sont pas bons) mais il faut garder à l’esprit que la plus parfaite des optiques ne donnera jamais de bonnes images, si elle n’est pas correctement réglée !

La méthode de collimation la plus efficace, reste celle réalisée sur une étoile. Pour cette technique, il faut pointer une étoile de 3 ou 4ème magnitude très haute dans le ciel afin d’augmenter les chances d’avoir de bonnes images puis utiliser un oculaire donnant un fort grossissement (environ 2x le diamètre de l’instrument exprimé en mm). Très important, il faut bien centrer l’étoile dans le champ de l’oculaire. Attention, si un renvoi-coudé est utilisé, il se peut que l’axe optique et mécanique ne soit pas le même, suite à un décalage induit par ce dernier. Il conviendra alors de placer l’étoile au centre du champ de l’oculaire utilisé sans renvoi-coudé.

Une fois cette opération réalisée, il faut examiner l’aspect de la tache de diffraction et les plages intra et extra-focale (obtenues en défocalisant légèrement de part et d’autre de la mise au point). Si l’instrument est correctement collimaté l’étoile observée doit avoir le même aspect que les figures A, B et C

Instrument parfaitement collimaté

 

Si l’étoile (parfaitement focalisée) présente une tache de diffraction dont les anneaux sont excentrés (figure E) et que les plages intra et extra-focale sont similaires aux figures D et F, il est clair que l’instrument présente un défaut de collimation.

Instrument légèrement décollimaté

 

Le cas suivant (figure G) peut également se présenter si l’instrument est fortement décollimaté. Dans ce cas, le rendement optique de l’instrument est très fortement altéré et les images données restent floues au niveau des détails sur la Lune ou les planètes !

Instrument fortement décollimaté

 

Pour régler la collimation, il suffit de déplacer l’étoile, par rapport au champ de l’oculaire, dans le sens de l’excentration (c’est à dire dans le sens de la flèche sur les figures ci-dessous) en agissant sur une ou plusieurs des 3 vis de réglage situées à l’arrière du barillet du miroir primaire (dans le cas d’un telescope Newton) ou sur l’une des 3 vis se trouvant derrière le miroir secondaire pour un Schmidt-Cassegrain. Plus le miroir primaire sera ouvert F/D=4, 3, 2..., plus le réglage sera sensible. Après chaque correction, il est impératif de recentrer l’étoile dans le champ avant de l’examiner à nouveau pour savoir s’il y a toujours une excentration (figures D, E et F) ou pas (figures A, B et C).

 

Réglage de la collimation à partir des images
intra ou extra-focale d’une étoile, vues dans le champ d’un oculaire.

 

Réglage de la collimation à partir de l’image d’une étoile
parfaitement focalisée, vue dans le champ d’un oculaire.

Après plusieurs retouches, on doit obtenir un résultat ressemblant aux figures A, B et C. Arrivé ce stade, la collimation est terminée.

 

Bibliographie : Livre " la construction du télescope d’amateur par Jean TEXEREAU

 

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