CHOIX DU SYSTEME GRANDISSANT

par
Gérard THERIN

L’amateur dispose de plusieurs systèmes optiques pour agrandir l’image primaire de son instrument. Les deux plus connus sont l’oculaire et la barlow. Contrairement à une idée largement répandue, la projection par oculaire et par barlow, ne sont pas des montages concurrents mais au contraire complémentaires puisque des conditions d’utilisations bien précises s’appliquent à chacun des deux montages !

 

La projection par oculaire :

Avant toute chose, il faut savoir que l’oculaire est une sorte de " loupe " plus ou moins sophistiquée qui permet à l’oeil d’exploiter au maximum l’image primaire fourni par l’objectif ou le miroir. Pour bénéficier d’une qualité d’image optimale, il est impératif de n’utiliser que des oculaires très bien corrigés tels que les plössls, orthoscopiques... (les oculaires à formule optique simple, type Huygens, Ramsden, Kellner... étant à proscrire).

Les oculaires sont calculés pour donner une image à l’infini afin de permettre l’observation visuelle et les images fournies seront d’autant plus altérées que les conditions d’utilisations seront éloignées de ce cas.

En photographie ou en imagerie CCD, les rayons lumineux sortant de l’oculaire ne sont plus parallèles (images à l’infini) mais convergents afin de former une nouvelle image au niveau du film ou du capteur CCD.

En conséquence, l’oculaire ne devra être utilisé qu’avec des grandissements supérieurs à 6x (en imagerie Lunaire) puisque pour des grandissements inférieurs, il travaille dans de mauvaise condition. L’une des principales aberrations se manifestant alors, est la courbure de champ. Il devient impossible d’obtenir une mise au point correcte au centre et sur les bords de l’image (défaut particulièrement gênant pour l’imagerie Lunaire). Sur les planètes, ces effets seront moins importants dans la mesure ou le champ de netteté demandé sera plus petit et que la focale sera plus importante.

Toutefois, il existe un type d’oculaire pour lesquels les remarques précédentes ne sont pas valables. Il s’agit des oculaires dit " de projection " qui ont été spécialement conçus pour cette utilisation. Deux marques proposent ce type d’oculaire : PENTAX avec la série XP (4 oculaires allant de 3.8 à 24 mm de focale) et TAKAHASHI (oculaires de 12 et 20 mm de focale).

 

 

Projection par lentille de Barlow :

La lentille de Barlow est un accessoire bien connu des amateurs mais qui est rarement utilisée en imagerie. Rappelons pour mémoire qu’une lentille de Barlow est un système optique divergent qui permet d’augmenter la focale de l’instrument utilisé, de façon identique à celle d’un miroir secondaire de télescope Cassegrain.

Il faudra veiller à ce que les Barlows utilisées soient composées d’au moins deux ou trois lentilles (doublet , triplet) afin de constituer un ensemble achromatique. Les modèles à simple lentille (souvent livrés avec des instruments bas de gamme) sont à proscrire car n’étant pas corrigés, ils présentent de fortes aberrations chromatiques et sont généralement de qualité optique douteuse !

Les Barlows sont calculées pour fournir le meilleur d’elles-mêmes, à un grandissement bien précis (par exemple 2x ou 3x), généralement inscrit sur le tube. En théorie, si l’on veut respecter la parfaite correction sphérique de la lentille de Barlow, il faudrait s’en tenir à ce grandissement. Toutefois, on peut porter cette amplification respectivement à 3x et 4x, dans le cadre d’une utilisation photographique ou en imagerie CCD.

Lorsqu’un grandissement compris entre 2x et 6x est nécessaire, il est préférable d’utiliser une ou deux lentilles de Barlow puisque dans cette gamme de grandissement, l’oculaire travaille dans de mauvaise condition alors que les Barlows sont particulièrement bien adaptées. De plus, la courbure de champ propre à l’objectif ou au miroir, sera diminuée ce qui permettra d’obtenir des images nettes sur la totalité du film ou du capteur CCD !

En combinant et en faisant varier le tirage des lentilles de Barlow et, on modifie les grandissements ce qui permet d’obtenir des amplifications intermédiaires (2x, 3x, 4x, 5x...).

Retour à la page d’accueil

La reproduction totale ou partielle de cet article est interdite sans l'accord de son auteur (Gérard THERIN).