LA TURBULENCE
par
Gérard THERIN
Lair se compose de masses de températures différentes, donc de densités variables qui se comportent comme des systèmes optiques convergents ou divergents et à chaque passage à travers ces masses dair, les rayons lumineux (provenant dun astre) perdront de leurs parallélismes. La conséquence directe est une altération des images, dautant plus importante que les masses dair seront hétérogènes. Il est donc impératif de réduire au maximum, les principales sources de turbulence.
Locale :
La turbulence peut-être due à lenvironnement immédiat de linstrument car autour de ce dernier et jusquà plusieurs dizaines de mètres, existent des sources de chaleur que lon doit éliminer ou réduire. Les espaces bétonnés largement exposés au soleil pendant la journée, maisons, voitures... doivent être le plus éloignés possibles.
Si vous avez choisi dinstaller votre instrument sous une coupole, il faut savoir que celle-ci est souvent sujette à des échanges thermiques important et de ce point de vue, un abri à toit roulant est nettement préférable. Néanmoins, si une coupole a été retenue, une trappe large denviron 3 fois le diamètre de linstrument est impérative afin de limiter au maximum les remous destructeurs, tout en nutilisant que la partie centrale.
Il faut également faire attention (pour les possesseurs de tube ouvert genre Newton ou Cassegrain) à la direction du vent car un courant dair latéral venant obliquement sur lentrée du tube, provoquera de graves tourbillons spiralés à lintérieur du tube.
Un autre facteur, très important, est lenvironnement au niveau des voies de circulation (routes, voies ferrées...) car un trafic dense (voitures, camions, trains...) est générateur de " micro-vibrations " qui ne sont pas toujours évidentes à détecter mais pourtant bien présentes.
Instrumentale :
Ce type de turbulence est souvent négligé par les amateurs, et pourtant, elle atteint souvent des valeurs inacceptables de plusieurs secondes darc, voire dizaines ! Dailleurs, certains instruments pourvus dexcellents objectifs, nont jamais donnés de bonnes images simplement parce que leurs tubes étaient constitués de matériaux isolants ou beaucoup trop épais.
Au début dune soirée dobservation, linstrument tout entier (ainsi que la coupole, si elle existe) est plus chaud que lair ambiant. Il suit le refroidissement nocturne avec un certain retard ce qui implique des échanges thermiques incessants entre les différentes parties de linstrument et lair environnant. Pour réduire le plus possible " ce retard " linstrument, sil est transportable, aura été sorti dehors (à labri du soleil) longtemps à lavance et sil est sous coupole, celle-ci devra être ouverte au plus tôt.
Donc, pour que le refroidissement nocturne affecte le moins possible la qualité optique dun instrument, il faut impérativement que celui-ci prenne rapidement la température ambiante. Malheureusement, les matériaux souvent employés dans la construction des tubes, tels que le bois, la fibre de verre..., ne sont pas du tout adaptés de ce point de vue et les tubes ces instruments deviennent le siège déchanges thermiques très gênant qui les transforment en cheminées ! Ces échanges seront dautant plus long que le tube sera fabriqué dans un matériau peu conducteur et quil aura une longueur importante. Vous avez sûrement compris que les instruments dont le tube est métallique, ont un énorme avantage de ce point de vue (ce qui nempêche pas de devoir les sortir dehors au plus tôt).
Dautre part, tout les instruments ne sont pas égaux face aux problèmes thermiques. En fonction de leur principe optique, certains instruments sen sortiront mieux que dautres. En effet, ceux dont le faisceau optique ne parcourt quune seule fois le tube optique (genre lunette), seront avantagés par rapport à dautres dont le faisceau parcourt 2 fois (télescope Newton) ou 3 fois (télescope Cassegrain ou Schmidt-Cassegrain) le tube optique.
Ce nest quune fois le télescope en température quil sera possible de le collimater efficacement
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