Fourmi103

Actualités de Curiosity - 2013

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Le forage de la cible "Nontron" est prévu dans le plan d'activités du 12 au 13 Mars (sols 3056-3057), ce qui signifie qu'elle a satisfait aux premières investigations.

 

Je cite Susanne Schwenzer, géologue planétaire :

""Nontron", qui est bien sûr une ville de France, est aussi l'homonyme d'un minéral argileux très célèbre, connu des chercheurs et des passionnés de Mars, car c'est l'un des premiers minéraux argileux identifiés depuis l'orbite. Les argiles sont des minéraux fascinants qui peuvent stocker l'eau et rendre ainsi un environnement plus habitable. Mais Curiosity trouvera-t-il de la nontronite à "Nontron"... eh bien, cela se verra une fois que le forage aura réussi, que CheMin et SAM auront effectué leurs mesures et que toutes les données auront été analysées".

"Vous ne pouvez pas manquer ce rocher perché au sommet du Mont Mercou, qui porte désormais le nom de cible " Rocamadour ". La question est : "Rocamadour" est-il fait du même matériau que le reste du Mont Mercou ? Mastcam est sur le point de le découvrir, car elle cible l'une de ses deux observations multispectrales sur cette cible. La deuxième investigation multispectrale concernera les résidus de forage de "Nontron"".

 

PANO NAVCAM - 8 MARS 2021 (SOL 3052) - Jean van Driel :

 

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VERSION ANAGLYPHE :

 

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Heureusement que j'ai toujours mes lunettes rouge et bleue :)

Bonne soirée,

AG

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Nontron, Rocamadour, voilà qui fleure bon notre beau vieux terroir français. Y trouvera-t-on, comme dans le Périgord, des traces d'habitations passées, mais encore plus anciennes, datant du Noachien ?

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Il y a 1 heure, serge vieillard a dit :

et y trouver des truffes !!!!!!

A couper au couteau  ...De Nontron :)

couteau-pliant-n22-nontron-manche-buis-sabot.jpg

Edited by fayolle
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il y a 42 minutes, fayolle a dit :

A couper au couteau  ...De Nontron :)

 

Si tu vois passer un rayon laser près de chez toi t'affole pas.. c'est Curiosity en action..

 

En effet, sur les sols 3051 et 3052 ils se sont intéressés à une cible nommée "Montrem-_-

Edited by vaufrègesI3
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LE 30ème FORAGE NOMMÉ  "NONTRON" A ÉTÉ RÉALISÉ CE JOUR 12 MARS 2021 (SOL 3056) !

 

 

NAVCAM 

Début du forage

 

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Fin du forage

 

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HAZCAM AVANT 

 

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PANO NAVCAM - 8 MARS 2021 (SOL 3052) - Olivier de Goursac :

 

Version anaglyphe

 

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HAZCAM - GIF du trentième forage - 12 MARS 2021 (SOL 3056) - Paul Hammond : 

 

21 IMAGES

 

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MASTCAM - 10 MARS 2021 (SOL 3054) - Kevin Gill :

 

Nuages martiens au crépuscule

 

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Un forage réalisé semble-t-il sans difficultés particulières, les résidus démontrent que le foret a pu progresser correctement (5 à 6 cm), et surtout le socle rocheux est resté stable :

 

MASTCAM - 12 MARS 2021 (SOL 3056) :

 

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CHEMCAM-RMI - 13 MARS 2021 (SOL 3057) :

 

 

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Il reste à vérifier si la chambre de stockage (au dessus du foret) a recueilli suffisamment de matériaux de forage :

 

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PANO MASTCAM - 4 MARS 2021 (SOL 3048) - Jan van Driel :

 

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Salut Daniel, toujours un grand plaisir à te lire.

 

Je peux pas résister, je suis passé près du trou de forage n°30 cet après midi :

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Je suis passé aussi près du site (une ancienne mine au lieu dit "Les mine du puy" sur la route entre Nontron et Saint Pardoux la rivière) ou la Nontronite à été classifiée en 1827. Mais je serais bien en peine de reconnaître cette smectite de la famille des phyllosilicates (doctus cum wikipédia), mais peut être connais tu un géologue émérite qui pourrait me donner un coup de main :)

Pour mémoire, la Nontronite est présente dans le cratère Gale...

 

 

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il y a 45 minutes, brizhell a dit :

Pour mémoire, la Nontronite est présente dans le cratère Gale..

 

J'en avais écrit quelques mots page 161 dans mon message du 31 janvier - je me cite :

"Après avoir quitté le quadrant Torridon Curiosity est donc entré dans le quadrant Nontron particulièrement approprié au terrain argileux parcouru actuellement, car Nontron est la localité type d'un minéral argileux appelé nontronite. La nontronite fait partie du groupe des smectites (famille des phyllosilicates) dont elle constitue le pôle ferrique et qui sont les types d'argiles les plus courants sur Mars. Sachant que l'altération d'une roche basique, comme le basalte, donne plutôt des smectites.

En fait le nom de ce minéral fait plutôt référence à sa localité-type de Saint-Pardoux-la-Rivière près de Nontron. Il a été nommé par Pierre Berthier. En 1822 ses découvreurs Johann Jakob Bernhardi et Rudolph Brandes l'avaient nommé chloropal en raison de son aspect cireux (semblable à l'opale) et de sa couleur verte (khlôros) en grec)." 

 

Sachant que le 9 février (sol 3026) tu as été brossé soigneusement et bombardé de rayons X  :D :

 

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12 hours ago, vaufrègesI3 said:

Sachant que le 9 février (sol 3026) tu as été brossé soigneusement et bombardé de rayons X  :D :

 

nom_de_zeus.jpg.d5f74da601654a2d81964b159aff2f15.jpg

 

Je comprend mieux pourquoi j'avais une trame bizarre sur mes images de la nuit du 8 au 9 fevrier !! :ph34r::ph34r::D:D

 

Sur la Nontronite, il s'agit apparemment des veines vertes dans le bloc si dessous.

 

image.png.66e5d2c94ef1e5371619c23f3cdd94a4.png

 

Dans le détail : https://www.mindat.org/min-2924.html

 

La relation avec Mars : https://www.nature.com/articles/s41598-020-71657-9

 

Traduction automatique de l'abstract :

"La présence de matière organique dans les sédiments de mudstone lacustres du cratère Gale a été révélée par le rover Curiosity du Mars Science Laboratory, qui a également identifié des minéraux d'argile smectite. Des expériences analogues sur des phyllosilicates formés dans des conditions aqueuses à basse température ont montré que ce sont d'excellents réservoirs pour héberger des composés organiques contre les conditions de surface difficiles de Mars. Ici, nous évaluons si la capacité des smectites à préserver les composés organiques peut être influencée par une courte exposition à différents fluides diagénétiques. Nous avons analysé la stabilité de la glycine incrustée dans des échantillons de nontronite préalablement exposés à des fluides acides ou alcalins (ci-après dénommés «non-bronites traités») dans des conditions de surface semblables à celles de Mars. Les analyses effectuées à l'aide de plusieurs techniques ont montré une photodégradation plus élevée de la glycine dans la nontronite traitée à l'acide, déclenchée par des processus de décarboxylation et de désamination. En revanche, nos expériences ont montré que les molécules de glycine étaient de préférence incorporées par échange d'ions dans la région intercouche de la nontronite traitée alcali, leur conférant une meilleure protection contre les conditions extérieures. Nos résultats démontrent que la smectite précédemment exposée à des fluides avec des valeurs de pH différentes influence la façon dont la glycine est adsorbée dans leurs régions intercouches, affectant leur potentiel de préservation des composés organiques dans les conditions de surface de Mars contemporaines."

 

 

Edited by brizhell
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Pas encore d'infos supplémentaires ni d'images sur les opérations d'analyse post-forage..

Une inquiétude se fait jour dans la communauté des "suiveurs" de cette mission : les activités du laser ChemCam-RMI semblent stoppées depuis un bon moment. Les spectros de ChemCam n'agissent actuellement que de façon passive. Dans le type d'investigation en mode passif, le télescope de l'instrument transmet aux spectromètres la lumière du soleil réfléchie par un petit point cible. Ce mode utilise aussi les spectromètres LIBS (Laser-Induced Breakdown Spectrometer) qui offrent la possibilité de spectres pris avec la réflectance de la lumière du soleil (sans plasma laser).

À suivre donc..

 

MASTCAM - 13 MARS 2021 (SOL 3057) :

 

La petite roche en forme de noix nommée "Rocamadour" déposée sur "Mercou" et qui présente la même stratigraphie.

 

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PANO MASTCAM - 13 MARS 2021 (SOL 3057) - Robert Charbonneau :

 

BASE DU "MONT MERCOU"

 

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NAVCAM - 14 MARS 2021 (SOL 3058) :

 

Le mur de l'Unité de sulfate et les collines derrière le "Mont Mercou" :

 

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Un peu plus vers l'Est, le "mur" de l'Unité de sulfate et le Mont Sharp :

 

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Plein Est, les petites buttes et au loin la ceinture des remparts Nord du cratère Gale

 

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Une tentative de reconstruction d'un bout de panorama situé au sud-est du rover et à l'est du Mont Mercou, à partir de plusieurs images MastCam (L) brutes, au Sol 3057 :

 

Curiosity-MastCam3057.jpg

Edited by Bill46
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Pour les géologues, plusieurs contributions présentées ce jour à l'occasion de la 52e Lunar and Planetary Science Conference (LPSC 2021) lors d'une session (virtuelle) dédiée à l'exploration de Glen Torridon par MSL Curiosity :

 

- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2765.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1519.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2127.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1271.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1502.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2649.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1586.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2405.pdf

 

A propos des études stratigraphiques de la transition argiles-sulfates dans le cratère Gale, Justin Cowart (Stony Brooke univ.) rapporte ces indications exposées par William Rapin (CNRS/IRAP, Toulouse) à partir des observations faites par l'instrument ChemCam/RMI (Daniel, merci de corriger si c'est mal traduit) :

 

- la texture observée de la formation Murray, au pied du contact avec l'unité de sulfates, est habituellement associée sur Terre à l'excavation et la réhydratation lors de périodes d'évaporation
- au-dessus se situe une zone sédimentaire à couches tabulaires mélangée à une stratification transversale indiquant la migration de dunes en remontant vers le Mont Sharp
- par dessus se trouve un "lit de marquage" (marker bed) que l'on retrouve sur tout le Mont Sharp : une unité d'épaisseur irrégulière essentiellement constituée de blocs rocheux, interprétée comme une surface érodée après l'arrêt de la migration des dunes, indiquant peut-être un changement climatique
- l'unité de sulfates occupe l'étage supérieur à cette zone et il est possible que des dépôts en strates horizontales d'origine subaquatique s'y rencontrent à nouveau
- la zone des sulfates a donc pu enregistrer la période d'un environnement aride suivie d'une transition vers un nouvel environnement où les dépôts sont contrôlés par des mouvements de la nappe phréatique (similaire à celui rencontré à Meridiani Planum interprété comme une migration de dunes sur une surface d'érosion marquée par la nappe phréatique)

 

Stratigraphie-Gediz.jpg

 

Une vue oblique de la région du canyon de Gediz Vallis montrant la stratigraphie au pied du Mont Sharp (le pédiment Greenheugh est la zone en vert, une vaste unité de grès éoliens). Extrait de : https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2019/pdf/2263.pdf (Bryk et al., LPSC 2019)

 

 

D'après une lecture de John Grotzinger (qui conclut sa présentation par "Dans un environnement comme le cratère Gale, un biote profond est parfaitement envisageable parce qu'en profondeur les roches ont été lourdement fracturées et altérées lorsqu'un lac occupait ce lieu. Des minéraux ayant subit une telle altération (argiles, hématite, etc.) en sont une évidence.") :

 

Curiosity.jpg

 

 

Suite des présentations "Exploration du pédiment Greenheugh, unité de sulfates et au-delà" au LPSC 2021 :

 

- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2300.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2411.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1569.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2337.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/2216.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1479.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1192.pdf
- https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1484.pdf

 

Dans l'une des dernières discussions, Ray Arvidson (Dépt. des Sciences de la Terre et planétaires à l'univ. Washington de St Louis) a donné quelques résultats préliminaires des observations effectuées sur le Mont Mercou. Il a précisé entre autre que le spectre CRISM (Compact Reconnaissance Imaging Spectrometer for Mars, spectromètre infrarouge monté à bord de l'orbiteur MRO) de cet endroit est très différent de ceux déjà obtenus par ailleurs et que la campagne de forage in situ promet des résultats très intéressants. Il a également ajouté que Curiosity pourrait s'approcher suffisamment près de la paroi du Mont Mercou pour que l'instrument DAN (Dynamic Albedo of Neutrons, détecteur actif et passif de neutrons dont l'objectif est de détecter la présence d'eau en mesurant l'hydrogène présent jusqu'à 1 mètre sous la surface), situé sur le côté du rover, puisse effectuer des mesures sur l'intérieur de la falaise.

 

Vue prise il y a 15 Sols :

MontMercou-Sol3040.jpg

 

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Toujours au LPSC 2021, Eva Scheller (CalTech) et ses collègues ont fait une présentation intéressante : "Hydratation de la croûte par des volumes d'eau de la taille d'un océan et impact sur le climat et l'habitabilité". (J'en parle ici - pardon Daniel - mais cela ne concerne pas spécifiquement Curiosity, bien que les données de l'ensemble des missions à la surface ou en orbite ont contribué à cette étude)

 

Les observations géomorphologiques et la présence avérée d'importants dépôts de minéraux hydratés ont montré qu'un océan occupant l'équivalent global d'un volume de 100 à 1500 mètres de profondeur réparti sur toute la surface a existé sur Mars (ici les auteurs ne discutent pas de son origine) et que la quantité de cette eau liquide a décru au cours des temps géologiques. De nos jours, la majeure partie de l'eau restante est souterraine, située sous les calottes polaires et dans la glace présente sous la surface (pergélisol) : son volume serait estimé à l'équivalent global de 20 à 40 m de hauteur de liquide. Jusqu'à présent, le ou les processus qui ont contribué à faire varier la quantité d'eau présente que ce soit sous forme de vapeur dans l'atmosphère, sous forme liquide et sous forme de glace solide n'ont toujours pas été expliqués de façon satisfaisante.

 

De précédentes études basées notamment sur la mesure du rapport deutérium/hydrogène (ratio D/H élevé sur Mars, 5 fois plus que sur Terre) ont proposé que la diminution de grande quantité d'eau était essentiellement due à un phénomène d'échappement atmosphérique suite à une baisse de pression importante (H plus léger s'échappant plus facilement que son isotope D plus lourd). Mais la quantité initiale de liquide prise en compte (l'équivalent d'une hauteur globale de 50 à 240 m) est trop faible par rapport à ce que montrent les observations géologiques. De plus, le flux élevé d'hydrogène s'échappant de l'atmosphère nécessaire ne correspond pas à celui que l'on observe de nos jours. D'où un paradoxe.

 

Ce qui n'a pas été pris en compte ou manifestement sous-estimé dans ces études c'est la perte d'une importante quantité de liquide par absorption par la croûte superficielle, comme l'atteste la présence à la surface de nombreux minéraux hydratés. L'équipe de Scheller émet donc l'hypothèse que cette hydratation de la croûte pendant les premiers 1 ou 2 milliards d'années est en grande partie responsable de la baisse du niveau d'eau globalement présent sur Mars. Du coup, plus besoin de la seule évasion atmosphérique pour obtenir le rapport D/H mesuré de nos jours.

 

En se basant sur le principe d'un réservoir d'échange global sur la planète (combinant eau liquide, glace d'eau et vapeur d'eau atmosphérique issue du volcanisme), faisant intervenir l'absorption par la croûte et utilisant les données recueillies au sol ou satellitaires, Scheller et al. ont pu quantifier, à partir de simulations numériques, la perte de cette eau au cours des ères géologiques. Ainsi, 30 à 99 % de l'eau initialement répartie dans le réservoir d'échange global aurait disparu suite à l'absorption par la croûte, ce qui dénote l'importance du phénomène. La quantité disponible (en partant initialement d'un réservoir global équivalent à une hauteur de 100 à 1500 m) aurait ainsi chuté de 40 à 95 % au Noachien (4,5 à 3,5 milliards d'années), pour atteindre à l'Amazonien  un niveau comparable à celui observé aujourd'hui. Et ceci sans qu'il y ait incompatibilité avec le rapport D/H actuel.

 

Les paramètres permettent également de concevoir un réservoir d'échange important à l'Hespérien (300 m puis chutant, ou bien un niveau déjà à cette époque - entre 3,5 et 3 milliards d'années - équivalent à celui d'aujourd'hui). Durant l'Amazonien, l'ère la plus récente, le niveau d'eau très bas et une activité aquifère faible sont compatibles avec un climat aride tel qu'on peut le déduire des observations géomorphologiques et minéralogiques. Les modèles permettent donc d'expliquer l'évolution du climat à la surface de Mars.

 

Les auteurs concluent que le phénomène irréversible de l'absorption de l'eau de surface par la croûte joue un rôle primordial dans l'habitabilité d'une planète et met également en évidence l'importance des mécanismes de recyclage, comme par exemple la tectonique des plaques (inexistante sur Mars), comme régulateurs du potentiel d'habitabilité de planètes analogues à la Terre. Les données futures issues de l'analyse de nouvelles météorites martiennes et des échantillons collectés par le rover Perseverance fourniront des éléments cruciaux quant à l'évolution de la taille et de la diminution du grand réservoir d'eau martien originel.

 

https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1666.pdf

 

 

LPSC2021-Scheller1.jpg

 

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Deux mises à jour consécutives datées des 15 et 16 mars..

 

L’énigme du laser ChemCam (HS ou non) subsiste, pour l'heure black-out complet...

Quelques précisions sur la mise en œuvre de l’analyse d’échantillon classique "EGA" par le labo SAM.

 

Extrait de la mise à jour du 15 mars - Écrit par Scott Guzewich, scientifique spécialiste de l'atmosphère :

 

" L'esprit humain ne comprend pas facilement les vastes éons de temps qui nous séparent des lieux que nous explorons dans l'espace avec des robots comme Curiosity. Notre esprit est conçu pour penser en termes d'heures, de jours, de saisons et d'années, jusqu'à la durée de notre vie et peut-être de celles des quelques générations qui nous précèdent. Lorsque nous explorons Mars, nous parcourons des roches qui se sont formées il y a des milliards d'années et dont beaucoup sont exposées à la surface depuis au moins des dizaines ou des centaines de millions d'années. C'est un laps de temps que nous pouvons comprendre numériquement, mais il n'y a aucun moyen de ressentir de manière innée l'incroyable ancienneté de la planète et du cratère Gale".

"Aujourd'hui, Curiosity poursuit sa campagne de forage à Nontron et prépare SAM pour étudier l'échantillon plus tard dans la semaine. Pendant ce temps, Mastcam va prendre une mosaïque à 360° qui sera certainement spectaculaire et ChemCam va étudier la falaise du Mont Mercou devant nous, y compris une cible appelée "Font de Gaume". La grotte de Font de Gaume, en France, abrite d'étonnantes peintures rupestres paléolithiques représentant des bisons, des rennes et d'autres animaux sauvages de l'ère glaciaire, réalisées il y a 19 à 27 000 ans. Même cette période, qui précède d'au moins 15 000 ans la construction des pyramides en Égypte, représente à peine 0,0005 % du temps écoulé depuis la formation du cratère Gale sur Mars".

 

Extrait de la mise à jour du 16 mars - Écrit par Susanne Schwenzer, géologue planétaire :

 

"L'équipe a donc consacré une partie du planning d'aujourd'hui à discuter de ces magnifiques détails et à établir des priorités dans ce que nous voulons regarder, afin de ne rien manquer. Il est toujours bon de discuter un peu et de partager tous les détails que nous découvrons individuellement, que ce soit dans la façon dont les roches sont stratifiées, les différences de couleur ou le nombre de veines".

 

"Aujourd’hui est un jour centré sur SAM qui fait l’analyse EGA (*). Cela signifie que nous nous rapprochons un peu plus de la question que j'ai posée sur le blog du sol 3056-3057 : Y a-t-il de la nontronite dans le trou de forage de Nonton ? Si c'est le cas, de l'eau sera libérée de l'échantillon selon des schémas caractéristiques - et j'entends par là à des températures spécifiques pendant que l'échantillon est chauffé progressivement de sa température ambiante jusqu’à environ 900°C".

"SAM n'est pas le seul instrument occupé aujourd'hui. ChemCam prend une vue avec son micro-imageur longue distance sur une colline à l'arrière-plan du Mont Mercou, tandis que Mastcam continue à travailler pour compléter une mosaïque qui couvre tout le Mont Mercou".

FIN DE CITATION

 

 

(*) EGA (Evolved Gas Analysis ou analyse gaz dégagés). Une séquence EGA / GCMS / TLS complète (très énergivore) dure de près de six heures.

 

INSTRUMENT SAM VU DE CÔTÉ

Les trois instruments de la suite SAM sont le spectromètre laser accordable (TLS), le spectromètre de masse quadripolaire (QMS) et le chromatographe en phase gazeuse (GC). Toutes les éléments qui le constitue sont conçus pour déplacer les gaz vers et à travers trois instruments analytiques principaux. Même lorsque SAM prélève des échantillons solides, ce qu'il mesure ce sont les gaz produits à partir de ces échantillons.

 

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Le 16/03/2021 à 16:07, vaufrègesI3 a dit :

Je vais me pencher doucement mais consciencieusement sur la lecture attentive de ces 16 PDF.

 

Merci d'avance Vauffy. C'est non seulement "géologique", mais aussi "géomorphologique" et technique (et en anglais...). On s'y perd un peu dans une foule de détails (dont les noms des divers affleurements).

Je n'ai rien trouvé concernant la Crête Vera Rubin qui pose un problème d'interprétation géologique pour sa formation.

 

Globalement, je retiens que, faisant suite à un long épisode de dépôts lacustres explorés jusque-là, on arrive à la zone de transition avec les épais dépôts phosphatés situés au dessus ("Sulfate-Bearing Unit"). Ces dépôts marquent un changement important dans les conditions de sédimentation. avec une sédimentation en milieu aqueux plus acide entrecoupée, comme semblent l'indiquer ces études, par des épisodes d'assèchement.

 

C'est une période charnière qui a affecté l'ensemble de la planète Mars (la fin du Noachien et le début de l'Hespérien). Elle correspond au début d'une intense activité volcanique et à la chute de très gros astéroïdes (les deux étant peut-être liés). De quoi changer assez radicalement l'atmosphère, le climat martien et le devenir de l'eau à la surface de la planète.

 

L'étude de cette période charnière par Curiosity dans le cratère Gale n'en est que plus intéressante.

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il y a 39 minutes, Géo le curieux a dit :

Je n'ai rien trouvé concernant la Crête Vera Rubin qui pose un problème d'interprétation géologique pour sa formation.

 

J'ai trouvé ça au début de mes lectures : les différences entre VRR, GT et le fronton pourraient être liées à des processus physico-chimiques différents pendant la diagénèse.

 

Je cite

 

À l'échelle régionale, les abondances minérales des échantillons forés de Glen Torridon présentent également un contraste marqué avec les unités adjacentes. Ceci est plus particulièrement illustré par la différence entre l'hématite et les phyllosilicates entre VRR et GT. Le VRR est riche en hématite et pauvre en phyllosilicates. De plus, les phyllosilicates dans le VRR sont distincts de ceux des régions environnantes, identifiées comme étant de la ferripyrophyllite ou une smectite altérée par l'acide. En revanche, le GT est enrichi en une smectite effondrée de 10 Å et des abondances relativement basses d'hématite. Enfin, le contact entre le GT et le pédiment marque une diminution des phyllosilicates et une augmentation de l'hématite (par exemple, GG). Ces différences minéralogiques s'accompagnent également de variations géochimiques comme le montre le changement de l'indice chimique d'altération (ICA) dans ces unités. Le GT présente certaines des valeurs CIA les plus élevées de la région, ce qui suggère une mobilisation de cations solubles. En revanche, les valeurs plus faibles de CIA plus faibles dans le VRR et au contact du pédiment peuvent suggérer soit une altération moindre par l'intermédiaire d'un système ouvert ou la recharge d'éléments mobilisés pendant la diagenèse.

 

Le site VRR résistant et le fronton indiquent une roche sédimentaire plus résistante que celles du GT. Ceci est cohérent avec les minéraux argileux et les roches sédimentaires plus altérées (ex. CIA) les échantillons de GT étant plus friables et sujets à l'érosion. Par contre, l'enrichissement en hématite dans le VRR et au contact du fronton suggère que des ciments d'oxyde de fer ont pu jouer un rôle dans la stabilisation des terrains.

Des études précédentes ont détaillé la cannibalisation des smectites dans le VRR par des fluides diagénétiques légèrement chauds et acides pour produire la crête indurée.

Un autre mécanisme permettant de produire ces tendances de composition de la VRR à la GT est la circulation sous la surface d'eaux souterraines et d'eaux lacustres salines qui se mélangent.

 

PDF source :   https://www.hou.usra.edu/meetings/lpsc2021/pdf/1519.pdf 

 

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Merci Vaufrèges. Voila une explication bien argumentée sur la présence de cette ligne de crête "à hématite", alias "Véra Rubin", alias "VRR". Curiosity n'a pas passé pour rien un an à "tourner en rond" pour l'étudier et on en a enfin le résultat.

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AVEC LES NUAGES tels que le rover les a vu :

 

PANO MASTCAM 360° - 4 MARS 2021 (SOL 3048) - Elisabetta Bonora & Marco Faccin : 

 

 

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Edited by vaufrègesI3
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