Fourmi103

Actualités de Curiosity - 2013

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Au 30 août 2016 (Sol 1446) Curiosity a parcouru 51 mètres (plan de situation à venir).
Au matin l'instrument ChemCam a utilisé le logiciel AEGIS pour réaliser une observation de façon autonome. Dans la nuit du 30 au 31 août, le labo CheMin s'est préparé à analyser une cellule vide en prévision d'un prochain échantillon de forage. Tôt au matin du 31 août (sol 1447), les MastCam et NavCam permettrons de mesurer le taux de poussières dans l'atmosphère et et de rechercher des nuages.


Images NavCam du 30 août (sol 1446) :


Pano de Paul Hammond – 30 août (sol 1446) :



Original : http://www.unmannedspaceflight.com/index.php?act=attach&type=post&id=40030

[Ce message a été modifié par vaufrègesI3 (Édité le 31-08-2016).]

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Oui Kaptain, on considère en effet que les argiles peuvent se révéler le "Graal" pour espérer trouver des traces de carbone.

Rappel de quelques éléments sur ce sujet :

Les argiles ont, par rapport à l’eau et aux molécules organiques, des capacités étonnantes de catalyses qui favorisent les réactions chimiques. Ce sont des pièges à grosses molécules. Elles forment un échafaudage où les briques de la XXX peuvent déjà se former en polymères biochimiques. La capacité des argiles à concentrer la matière organique est l'une des raisons pour lesquelles leur analyse est une priorité pour Curiosity qui est en mesure d'identifier les matières organiques.

Sur Terre, les argiles sont présentes dans les sols, essentiellement partout où l'eau s'infiltre à travers les roches de silicate.. En effet la formation de l'argile nécessite typiquement la présence d'eau liquide, et en particulier beaucoup plus longuement que nécessaire pour la formation de sulfates (ou d'autres sels). La différence entre les argiles et les sulfates est le pH à laquelle ils se forment. Par exemple, l'un des sulfates trouvé par Opportunity dans les substratums rocheux étudiés est la jarosite formée par des fluides très acides.

Au contraire pour la formation d'argiles le pH de l'eau est relativement neutre, ce qui représente un potentiel d'habitabilité pour le développement d'une chimie prébiotique, ou plus..

Selon Rocard, Curiosity pourrait atteindre ces argiles en fin 2017, il pourra alors effectuer des prélèvements grâce à sa foreuse et les analyser à l'aide de l'instrument SAM conçu pour pouvoir détecter les fameuses molécules organiques complexes (à condition que le perchlorate ne vienne à nouveau véroler l'analyse(*)).

Les molécules organiques sont constituées d’un squelette d’atomes de carbone auxquels viennent se greffer ou se substituer d’autres atomes (essentiellement hydrogène, azote, ou oxygène). Ces molécules sont à la base de toute vie : les protéines (enchaînements d’acides aminés), les sucres, les lipides ou encore notre ADN sont des molécules organiques plus ou moins grosses. Cependant, trouver des molécules organiques quelque part ne veut pas forcément dire que l’on a trouvé de la vie. En effet ces molécules peuvent se trouver isolées, hors de toute cellule ou organisme vivant.

Dans ce cadre, SAM peut mesurer la masse de ces molécules, en déduire leur composition chimique et faire des mesures de rapports isotopiques de manière à déterminer si elles sont le fruit d'un processus biologique ou minéralogique. L'atout majeur de SAM, c'est son chromatographe en phase gazeuse (GCMS).. Il sera capable de trier les molécules en fonction de leur type, et surtout, il est équipé d'une "case chiralité".. Il pourra donc (le GCMS) nous dire quelles sont parmi les molécules organiques, celles issues de la vie; sauf que brûler dans les fours du labo SAM un cadavre ou un organisme vivant, ça donne exactement les mêmes molécules organiques.. Donc si du matériau issu de la vie est détecté par le GCMS, on ne pourra absolument pas savoir s'il s'agit d'une vie présente ou passée.. Sauf en ramenant un échantillon sur Terre..

De toute façon concernant les investigations de Curiosity sur ces aspects, il est convenu qu'il ne puisse s'agir que "d'indices" sur l'existence d'une vie présente ou passée : Un retour d'échantillons sur terre s'impose pour une éventuelle validation définitive (avec tout le toutim + analyse ADN etc..)..

Par ailleurs, si le rover trouve des acides aminés, on aura fait un grand pas ! Il faut noter, comme le montrent les études théoriques et expérimentales sur le sujet, que les molécules constitutives des acides aminés sont particulièrement résistantes à la dégradation. Et ces molécules, en plus d'avoir un intérêt en tant que possibles résidus d'une vie passée, peuvent se révéler comme les produits résiduels de colonies bactériennes vivantes. Et des quantités substantielles de matière organique résiduelle (donc détectables) peuvent être associées à de très faibles quantités de micro-organismes.

A minima, la découverte d'argiles peut donner de précieux renseignements sur l'environnement martien et son histoire, et aider à orienter les futures recherches.


(*)voir mon message du 29 04 2016 - 22h59 - page 51..

[Ce message a été modifié par vaufrègesI3 (Édité le 31-08-2016).]

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Si j'ai bien compris la présence d'argile serait un bon marqueur pour attester l'existence actuelle ou passée de potiers ..
heu ... non je déconne ... et merci pour toutes ces explications .

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Merci Daniel, very interesting.
Une question, que j'ai du déjà te poser, pourquoi ne va t-on pas vers ces argiles à marche forcée, pendant que le rover est encore en bon état?
Désolé, je suis impatient...

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Alain31 > "la présence d'argile serait un bon marqueur pour attester l'existence actuelle ou passée de potiers"

Sachant qu'un potier a beaucoup de choix dans les jattes..


adintc > "Une question, que j'ai du déjà te poser, pourquoi ne va t-on pas vers ces argiles à marche forcée, pendant que le rover est encore en bon état?"

De toute façon Curiosity est très lent, plus encore qu'Oppy.
Et je te l'ai déjà signalé en effet , Curiosity ne fait pas un rallye, il va encore faire de nombreux arrêts et plusieurs forages sur sa route, d'autant qu'en s'élevant la stratigraphie va changer et permettre d'en apprendre davantage sur l''histoire de ce cratère. La biologie et la découverte de molécules organiques complexes n'est qu'un des nombreux objectifs du rover.
Mais il est vrai qu'en août 2012 on pensait arriver aux argiles des premières pentes du Mont Sharp... en fin 2014 !.. On est très loin du compte, et il existe pas mal d'explications à cela..

Et puis si Curiosity avait déjà terminé sa mission... à quoi je servirais ici ????..

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Enlevez-moi un doute : c'est bien du sable en bas à gauche, sur la photographie du parcours du Rover ? On dirait un lac d'eau...

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Enlevez-moi un doute : c'est bien du sable en bas à gauche, sur la photographie du parcours du Rover ? On dirait un lac d'eau...

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Carlito , les conditions de pression et de température sur Mars rendent impossible l'existence d'un lac d'eau liquide. Pour mémoire la pression y est en moyenne de 6 mbar au sol, soit environ 170 fois moins que sur Terre (environ 8 mbar là où se situe Curiosity). Quant aux températures.. on va dire qu'on n'est pas vraiment aux Caraïbes . L'été près de l'équateur, au mieux on peut flirter avec des températures positives en milieu de journée.. et descendre à -70°C la nuit.

Ce que tu vois ce sont des rides de sable façonnées par les vents dominants, ici des vents du Nord-Ouest :


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Oui, je sais Daniel que ce n'est pas un rallye, mais je suis inquiet tout de même, le rover peut se péter un ligament, se faire une entorse ou bien un instrument principal faire une crise cardiaque ou une embolie...avant de se prendre les pieds dans la glaise. Oeuf corse, je ne le souhaite évidemment pas. Moi j'irai voir les argiles en premier et après je batifolerai...

Merci encore pour ces explications et tes commentaires.

[Ce message a été modifié par adintc (Édité le 01-09-2016).]

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Nouveau montage de Sean Doran avec notre héros en vadrouille.. images du 31 août 2016 (sol 1446) :
Il est quand même un peu fada de se risquer à monter sur la butte (ils en pensent quoi à Houston? ) :


Vue MastCam vers l'arrière et les remparts Nord - 1er septembre (sol 1447). L'atmosphère semble pas mal chargée en poussières :


[Ce message a été modifié par vaufrègesI3 (Édité le 02-09-2016).]

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Réjouis-toi adintc > Belle étape pour le rover : 65 à 70 mètres vers le Sud, en serpentant entre les derniers monticules des buttes Murray dont il est en passe de s'extraire. Le paysage devrait changer et la vue vers les pentes du Mont Sharp se dégager totalement.

Position de Curiosity au 2 septembre (sol 1448) – Phil Stooke :


On reconnaît la butte voisine de Curiosity à l'Est au terme de ce parcours – 2 septembre (sol 1448) :



Autres images NavCam du 2 septembre (sol 1448) :


À l'avant au Sud Ouest la vue se dégage au loin vers des mesas nettement plus imposantes que les buttes Murray :


À l'arrière au Nord Est les lointains remparts Nord. Noter que Curiosity a pris de l'altitude :


Arrière de la butte sur laquelle notre astronaute était perché :


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Merci Daniel d'avoir relayé mes inquiétudes à la Nasa. Le rover est en marche...La voie semble dégagée.

N'empêche que ce passage des Murray Buttes est de toute beauté.
Cela me rappelle l'ascension du Kilimandjaro, mêmes couleurs, mêmes paysages, même ambiance et la pente douce vers le sommet...

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Exact Nyctalope, ces paysages me font penser à "saddle" entre Kibo et Mawenzi!

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Dans le détail, on remarque des trucs qui font bien plus "exo-Terre" qu'exotiques..
Images MastCam du 2 septembre 2016 (sol 1448) :














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En même temps il existe sur Terre des formes d'érosion éolienne dans les grès qui ne sont pas sans rappeler ce qu'on observe là, à la grande différence évidemment que chez nous les reliefs sont beaucoup plus émoussés par l'action combinée d'autres facteurs d'érosion ainsi que par la plus forte gravité, qui ne permettent pas aux structures les plus fragiles de perdurer :





Bien que dans certains cas des formations assez stupéfiantes parviennent à résister :



Ce qui fait que pour ma part, je ne suis pas plus saisi par l'étrangeté de ces paysages que sur divers endroits remarquables sur Terre, particulièrement dans les déserts en grande partie épargnés par l'action des eaux de ruissellement ainsi que par l'activité biochimique de la végétation et des micro-organismes...
Je trouve qu'il se dégage de ces vues de Curiosity un curieux sentiment de familiarité en dépit de toutes ces différences subtiles qui pourtant sautent aux yeux dès qu'on y prête attention.
Je me demande sur Mars quel est l'âge caractéristique des plus fines dentelles sculptées par le vent visibles sur les images précédentes ?
Dizaines, centaines, milliers d'années ? Plus encore ?

[Ce message a été modifié par Alain MOREAU (Édité le 04-09-2016).]

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Il me semble, à vérifier auprès de Daniel (?) que les vues satellitaires du site de Curiosity ne montrent aucun cratère d'impact, à quelque échelle que ce soit, non ?

Si oui, ça montrerait un resurfaçage constant et "récent", au plus des milliers d'années, je dirais...

?

S

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"Ce qui fait que pour ma part, je ne suis pas plus saisi par l'étrangeté de ces paysages que sur divers endroits remarquables sur Terre"

Tout à fait, il faut dire aussi que la rotation/inclinaison de Mars est sensiblement la même que sur terre.
Les vents, les saisons, la force de Coriolis.. etc. doivent balayer sa surface peut-être avec une moindre force par rapport à la terre mais ce qui est vrai, les paysages de Mars ressemblent à nos déserts.

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Je m'étonne que personne n'ait remarqué cette flaque d'eau à gauche sous les stratifications ..


Alain > "Je me demande sur Mars quel est l'âge caractéristique des plus fines dentelles sculptées par le vent visibles sur les images précédentes ? Dizaines, centaines, milliers d'années ? Plus encore ?"


Pas d'infos précises sur ce point, c'est compliqué, mais il semble que pour arriver au résultat que nous voyons, il faut tabler sur une échelle de temps d'érosion éolienne de l'ordre de centaines de milliers d'années.
Sachant comme l'indique l'équipe scientifique de Curiosity qu'à l'échelle géologique - je cite : "l'érosion semble s'être produite rapidement et selon un processus continu et récent". Pourquoi "récent", pour l'heure on n'a pas la réponse. Mais ça valide parfaitement la remarque pertinente de Super plus haut.

Les buttes "Murray" et les roches tombées autour font partie de l'"Unité Stimson", c'est à dire du sable éolien qui s'est déposé pendant la période sèche par vagues successives en sédimentant et en cimentant par couches à chaque nouvel apport.. Ceci très probablement sur des dizaines/centaine millions d'années. Il est probable que "l'Unité Stimson" que nous voyons ait pu être plus épaisse que ce que les buttes "Murray" suggèrent. En témoignent les mesas visibles plus loin au Sud Ouest.
La zone du cratère Gale a connu une alternance de périodes humides et sèches, mais progressivement les périodes sèches s'installèrent plus longuement jusqu'à devenir permanentes (- 3,3 milliards d'années).

Sur la base du rayonnement cosmique subi par la surface de Mars et implanté dans les premiers décimètres les plus superficiels des roches et du sol martiens, leur teneur indique depuis combien de temps cette roche est en (sub)surface.
Par exemple, dans le cas des roches forées à "Yellowknife Bay", on trouve un âge de 78 ±30 millions d'années. Cet âge, associé à la morphologie du site, permet d'estimer la vitesse d'érosion éolienne à environ 1 mètre/Million d'année. Ce qui ne constitue pas une valeur absolue pour l'ensemble du cratère, mais permet de donner l'échelle.

L'âge des roches de la "formation Murray", le plancher originel du lac, tourne autour de 3,3 à 3,8 milliards d'année. La couche "Stimson" est bien sûr plus jeune, d'autant plus jeune pour les couches supérieures. Et vu la morphologie des mesas qui se profilent, la différence d'âge entre les couches inférieures et supérieures pourrait atteindre la centaine de millions d'années, ou plus..


[Ce message a été modifié par vaufrègesI3 (Édité le 04-09-2016).]

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